La séance du dimanche : Vietnam

Ken Burns et Lynn Novick  font revivre le traumatique Vietnam de l’intérieur. Une plongée sanglante au cœur de la tragédie qui a façonné la fin du XXe siècle. Ken Burns et Lynn Novick font revivre de manière inédite la guerre du Viêtnam au plus près de ceux qui l’ont vécue, Vietnamiens et Américains, dans une fresque documentaire digne d’ »Apocalypse Now « ou de « Voyage au bout de l’enfer ». En neuf épisodes, les réalisateurs retracent ces trente années de soulèvements et de destructions, qui firent plus de trois millions de morts, à travers les récits intimes de près d’une centaine de témoins. Simple militaire ou dirigeant politique, journaliste ou activiste, déserteur, diplomate ou sœur d’un soldat défunt, tous ont fait, observé ou subi cette tragédie aux dimensions épiques, mère de toutes les guerres modernes. Au fil d’une narration où le rythme s’accélère d’épisode en épisode, une foule d’archives inédites, fruit de dix ans de recherche, associée à de célèbres photos, des films amateurs ou des enregistrements sonores dévoilant les coulisses de la Maison-Blanche, racontent l’histoire de la fin du colonialisme, de la montée en puissance de la guerre froide et de la victoire d’un peuple de paysans contre la machine de guerre la plus dévastatrice au monde. Ou l’histoire d’un conflit qui a divisé l’Amérique et l’opinion mondiale pour toujours.

 

Premier volet : Indochine, la fin (1858-1961)

Au terme d’une guerre longue et brutale, les révolutionnaires indépendantistes du Viêt-minh, menés par Hô Chi Minh, mettent fin à près d’un siècle de domination coloniale française.Les accords de Genève, signés après la chute de Diên Biên Phu en 1954, divisent le pays en deux. Au Nord, le Viêt-minh communiste, soutenu par la Chine et l’URSS, veut réunifier le pays. Au Viêtnam du Sud, pris dans la logique d’une guerre froide qui s’intensifie, les États-Unis apportent leur soutien au régime autocratique du président Diêm. Début 1961, la ligne dure prônée par Lê Duân, premier secrétaire du Viêt-minh, encourage la guérilla menée dans les zones rurales du Sud par le « Viêt-cong » – surnom donné par leurs ennemis au bras armé du FNL, fondé par les indépendantistes du Sud.

 


Deuxième volet : Insurrection (1961-1963)

Le président Kennedy envoie des bataillons des forces spéciales combattre, aux côtés de l’armée sud-vietnamienne, l’insurrection viêt-cong qui gagne du terrain. Conseillé par le ministre de la Défense Robert McNamara, favorable au concept de « guerre limitée », le président Kennedy envoie des bataillons des forces spéciales combattre, aux côtés de l’armée sud-vietnamienne, l’insurrection viêt-cong qui gagne du terrain. Il autorise aussi l’usage du napalm et de l’agent orange, un défoliant qui ravage les campagnes. Dans les villes, la contestation monte contre le régime corrompu du président Diêm, dont le frère, Ngô Dinh Nhu, réprime avec violence les manifestations bouddhistes. Washington s’en inquiète et Neil Sheehan, alors jeune reporter au Viêtnam, est confronté à une réalité plus complexe que prévue. Fin 1963, Diêm et Nhu sont renversés puis exécutés, peu avant l’assassinat de Kennedy.


Troisième volet : Le bourbier (janvier 1964-décembre 1965)

Alors que le chaos menace à Saigon, où huit gouvernements se succèdent en dix-huit mois, Hanoï et le Viêt-cong multiplient les offensives dans le Sud. Le président Johnson, qui hérite d’une situation complexe à la mort de Kennedy, réplique en lançant des raids aériens sur le Nord-Viêtnam, puis, élu triomphalement fin 1964, envoie les premières troupes de marines au Sud-Viêtnam. L’opération « Rolling Thunder », qui noie le Nord-Viêtnam sous les bombes, alimente une opposition grandissante sur les campus universitaires. La mère et la sœur de Denton « Mogie » Crocker racontent comment ce garçon exalté parvint à se faire enrôler à 17 ans. Fan de Hemingway, la jeune Lê Minh Khuê a rallié l’armée nord-vietnamienne à 16 ans, après la destruction de son village par l’aviation américaine.


Quatrième volet : Le doute (janvier 1966-décembre 1967)

Le président Johnson envoie toujours plus d’appelés au Viêtnam tandis que des troupes nord-vietnamiennes renforcent le Viêt-cong au Sud. Sous le feu permanent de l’aviation américaine, de nombreuses femmes, dont Lê Minh Khuê, maintiennent ouverte la piste Hô Chi Minh, qui permet au Nord d’acheminer armes et matériel au Sud. Juin 1966 : « Mogie » Crocker meurt au combat à 19 ans. La lutte contre la guérilla viêt-cong engendre trois millions de réfugiés dans le Sud. Été 1967 : la contestation antiguerre vire à l’affrontement et des émeutes raciales éclatent à Newark et Detroit. Le marine John Musgrave revit la férocité de la bataille de Con Thien, mais aussi le courage et la solidarité montrés par ses compagnons. Début 1968, Robert McNamara, en bout de course, quitte le ministère de la Défense.


Cinquième volet : Révoltes (janvier-juillet 1968)

À la veille des célébrations du Têt (la fête du Nouvel An vietnamien), les troupes nord-vietnamiennes et les forces viêt-cong lancent une série d’attaques surprises coordonnées sur les grandes villes et les bases militaires à travers tout le Sud. Les combats font rage dans les rues de Saigon, où l’exécution sommaire d’un agent viêt-cong par le chef de la police est filmée en direct, faisant basculer l’opinion publique. À Hué, les assaillants de l’armée du Nord massacrent des civils avant de battre en retraite. Cette offensive est un échec militaire pour le Nord, qui subit d’énormes pertes, mais signe une défaite morale pour les États-Unis. Démobilisé, le caporal Roger Harris se sent déconsidéré parce qu’il est noir dans un pays déstabilisé par les émeutes raciales, la contestation et les assassinats successifs de Martin Luther King et de Robert Kennedy.


Sixième volet : Fantômes (juin 1968-mai 1969)

De Paris à Prague, de Berlin à Washington, l’esprit de révolte gronde. Comme tous les jeunes Américains en âge d’être appelés, Tim O’Brien fait face à un choix moral déchirant. Au Nord-Viêtnam aussi, ce sont les jeunes gens les plus modestes qui partent se battre tandis que les fils de dignitaires étudient à l’étranger. Fin 1968, le président Johnson, démoralisé, renonce à se représenter et cède sa place à Richard Nixon qui est élu après avoir approuvé la répression policière des manifestations antiguerre de Chicago et en promettant la paix. Au Viêtnam, des milliers de civils innocents sont tués, et des témoins des trois côtés dénoncent la sauvagerie du conflit.

 


Septième volet : Mer de feu (avril 1969-mai 1970)

Au printemps 1969, 543 482 soldats américains sont au Viêtnam et 40 794 ont perdu la vie. Le moral des troupes est au plus bas. Hal Kushner et Nguyen Tai, prisonniers de guerre, témoignent de leurs terribles conditions de détention, l’un au Nord-Viêtnam, l’autre au Sud. Un odieux massacre commis par des soldats américains à My Lai en mars 1968 est révélé au public et Carol Crocker, sœur du soldat « Mogie », manifeste contre la guerre. Le retour au pays est difficile pour le vétéran John Musgrave, qui manque de se suicider. Nixon commence à se désengager du conflit mais envoie en avril 1970 des troupes se battre au Cambodge. Une décision qui rallume les feux de la contestation, avivés par la mort tragique de quatre étudiants à l’université de Kent, Ohio.


Huitième volet : Guerre civile (mai 1970-mars 1973)

Avec le retrait progressif des troupes américaines, les forces sud-vietnamiennes, désormais seules, tentent en vain de couper la piste Hô Chi Minh au Laos. Leurs pertes sont terribles et, à Hanoï comme à Saïgon, des témoins déplorent la tragédie de cette guerre fratricide. John Musgrave rejoint le mouvement des Vétérans du Viêtnam contre la guerre, qui se fait entendre à Washington. Neil Sheehan publie dans le « New York Times » les « Papiers du Pentagone », un rapport confidentiel sur les dessous du conflit qui fragilise Nixon. Le monde entier proteste contre les bombardements massifs lancés par le président américain en réponse à une offensive nord-vietnamienne sur le Sud. Le photographe Nick Ut revient sur le contexte de sa photo d’une fillette brûlée au napalm. Fin 1972, Nixon est réélu haut la main, toujours soutenu par « la grande majorité silencieuse ».


Dernier volet : L’effondrement (mars 1973 à nos jours)

Alors qu’éclate le scandale du Watergate, la plupart des forces américaines quittent le Viêtnam après la signature d’un accord entre Hanoï et Washington prévoyant le retrait des troupes en échange du retour des prisonniers américains. Nixon démissionne en août 1973 et les États-Unis réduisent leur aide financière à un Sud-Viêtnam déjà appauvri, qui fait face à un déferlement d’attaques du Nord. Les civils fuient en masse toujours plus au sud, à l’instar de Duong Van Mai Elliott qui évoque l’exil de sa famille lors de la chute de Saïgon, le 30 avril 1975. Le Sud se rend. Le processus de normalisation communiste accable les vaincus et écrase l’économie du pays tout entier, provoquant le départ de 1,5 million de boat people. Quarante ans plus tard, Vietnamiens et Américains impliqués dans cette guerre en cherchent toujours le sens.

 

 

Do you speak camarilla

Le beau temps a mis tout Paris dans la rue, une partie pour la techno, une partie pour la paix, une partie pour Mélenchon. Donc, une manif de plus. Le trajet est nettement plus traditionaliste, […]

Genève (Suisse): appel de Malagnou à la manif du 7 octobre

L’HIVER SERA CHAUD !

#MalagnouRestera, on n’est pas tout seul !

Habitant-e-s de l’ancienne station de zoologie de Malagnou (Genève), nous lançons un appel à descendre dans les rues le samedi 7 octobre 2017. Punks, anticapitalistes, précaires, étudiant-e-s, artistes, retraité-e-s, mal-logé-e-s et mécontent-e-s de tout poil, nous souhaitons que ce fameux capharnaüm affirme à nos côtés ses désirs et son refus de la privatisation grandissante de la ville. La manifestation du 1er juillet n’était qu’un début, que dix Malagnou fleurissent partout !

Pourquoi manifester ? Notre maison collective, lieu d’habitation et d’organisation politique et contre-culturelle, est prise pour cible par les propriétaires des lieux, le conseiller d’Etat démocrate-chrétien Serge Dal Busco et son administration. Jamais à cours d’idées novatrices, ils souhaitent nous expulser (à une date encore inconnue) pour y substituer une institution caritative en carton-pâte. Un « diviser pour mieux régner » qui pourrait passer pour un habile stratagème, mais qui est surtout exemplaire de la démence calviniste qui frappe la classe politique de ce canton.

Réclamer le droit à la ville, subvertir la métropole

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas tant l’origine « squat » de Malagnou qui est visée que sa transformation en un lieu d’organisation politique, dans une ville où la moindre résistance doit être matée avec la précision d’une horloge suisse. De mensonges en menaces, d’interventions de la police anti-émeute en arrestations arbitraires, rien ne nous aura été épargné durant ces derniers mois. On veut nous rayer de la carte, c’est un fait, mais notre détermination reste intacte.

Le droit à la ville, ce n’est bien sûr pas seulement de garder Malagnou mais de développer des activités dans les interstices et résister concrètement à ceux qui veulent se l’accaparer, régies immobilières et services étatiques en premier chef. Loyers astronomiques, fermeture des lieux autogérés pour les remplacer par des cages dorées pour branchouilles, il devient presque impossible de passer une soirée dans cette ville sans avoir un sac d’or au fond des poches. Perdre sa vie à la gagner, voilà la seule option que ce système peut nous offrir. Cette ville, ils ne l’ont pas construite, ils ne la font pas vivre, ils veulent juste l’administrer froidement. Notre ville crève la bouche ouverte à cause de l’indigence des autorités.

Dans ce contexte, le droit à la ville doit se comprendre comme une volonté de reprendre le pouvoir sur nos vies, d’insubordination généralisé e face à un monde qui va dans le mur. Il suffit qu’une chanteuse entonne « laissez-nous mener la vie qu’on veut » pour que cela devienne le mot d’ordre d’une génération entière. Les revendications minimales sont les suivantes :

  • Pas d’évacuation de la parcelle de Malagnou sans un projet concret et intelligent !
  • Pour un bail de 99 ans pour toute la parcelle et une lettre d’excuses du gouvernement !
  • Pour la réquisition immédiate de TOUS les lieux vides, logements, bureaux, halles industrielles !

[Publié sur Renversé le 23 septembre 2017.]

L’État attaque Indymedia Grenoble et Indymedia Nantes… Solidarité !

Après la publication d’un communiqué revendiquant l’incendie d’un garage de la gendarmerie de Grenoble dans la nuit du 20 au 21 septembre, les sites Indymedia Grenoble et Indymedia Nantes ont été menacés par la police française. Les équipes qui administrent ces sites ont reçu des courriels de l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC) exigeant la dépublication sous vingt-quatre des articles concernés, sous peine de blocage et déréférencement des sites.

Les auteur·e·s du communiqué expliquaient que l’incendie du garage avait été mené « dans une vague d’attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci » dans l’affaire de la voiture de police brûlée du quai de Valmy. Dans l’incendie de ce garage à Grenoble, plusieurs dizaines de véhicules ont été brûlés. Voici le texte de ce communiqué :

Ce communiqué a également été repris en intégralité par des médias comme Le Dauphiné Libéré ou BFM-TV, sans que ceux-ci soient apparemment inquiétés…

« Provocation à des actes de terrorisme »

Comme le souligne l’équipe d’Indymedia Grenoble dans un communiqué, « cette requête (…) fait directement écho à l’attaque qui a eu lieu en Allemagne le 25 août dernier contre Indymedia Linksunten, attaque qui s’est soldée par la perquisition de quatre domiciles et un centre social autogéré, et ce pour des prétextes similaires ». Dans les deux cas, c’est la notion de « terrorisme » qui est mobilisée par les gouvernements pour censurer des médias libres, puisque la police française s’appuie sur la loi du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, et évoque une « provocation à des actes de terrorisme ou apologie de tels actes ».

Alors que les notions de terrorisme et de provocation ne sont pas définies, la loi française permet depuis février 2015 de faire disparaître des sites ou des textes sans recours au juge, sur simple requête de l’administration policière. À notre connaissance, c’est la première fois que ces dispositions sont brandies contre des médias alternatifs appartenant à la sphère anti-autoritaire. Les deux sites visés par les menaces des autorités ont décidé de retirer le communiqué de revendication incriminé. Les collectifs de modération de chacun des deux sites s’en expliquent dans deux textes distincts :

Après Indymedia Linksunten, Indymedia Grenoble et Nantes sont victimes de l’antiterrorisme (Indymedia Grenoble)
Entrepôt de gendarmerie en feu, que reste-t-il des libertés sur le Web ? (Indymedia Nantes)

L’usage de lois anti-terroristes pour attaquer spécifiquement des sites d’informations indépendants renvoie à la violence des peines requises contre les personnes inculpées dans l’affaire de la voiture brûlée du quai Valmy. Il s’agit tout autant de dissuader les militant·e·s que d’en dépolitiser les actes.

Depuis des années, les sites du réseau Indymedia permettent entre autres de rendre visible la nature politique d’actions directes. Cette nouvelle attaque contre des médias libres vise à faire taire les oppositions politiques radicales, et à criminaliser les collectifs et individus qui communiqueraient sur leurs objectifs politiques sans le prisme déformant des médias traditionnels. Cette attaque est aussi à rapprocher des perquisitions qui ont visé cette semaine les militant·e·s anti-nucléaires de Bure. Leurs ordinateurs, ainsi que la photocopieuse qui leur servait à imprimer des tracts, ont été saisis par les gendarmes. Tous les moyens semblent être mobilisés pour réprimer l’expression autonome des mouvements de lutte.

Comme nous le disions en mai 2015, suite à des poursuites visant le site toulousain IAATA.info : « Face à la répression, l’information est une arme ». Malgré les nouvelles formes de censure qui se déploient, nous continuerons à animer et à multiplier les espaces d’expression autonome. Soutien à Indy Nantes et Indy Grenoble. Solidarité avec les inculpé·e·s du quai de Valmy, et avec celles et ceux qui mettent des bâtons dans les roues de la machine répressive.

(Premiers signataires : Rebellyon, La Rotative, Paris-Luttes, Expansive, Renversé, Rennes-info, Le Jura Libertaire, Brest mediaslibres, Marseille Infos Autonomes, Manif’Est, CQFD, Lundi Matin…)

L'État attaque Indymedia-Grenoble et Indymedia-Nantes... Solidarité !

Après la publication d'un communiqué revendiquant l'incendie d'un garage de la gendarmerie de Grenoble dans la nuit du 20 au 21 septembre, les sites Indymedia Grenoble et Indymedia Nantes ont été menacés par la police française. Les équipes qui administrent ces sites ont reçu des courriels de l'Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication (OCLCTIC) exigeant la dépublication sous vingt-quatre des articles concernés, sous peine de blocage et déréférencement des sites.

Les auteur·e·s du communiqué expliquaient que l'incendie du garage avait été mené « dans une vague d'attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci » dans l'affaire de la voiture de police brûlée du quai de Valmy. Dans l'incendie de ce garage à Grenoble, plusieurs dizaines de véhicules ont été brûlés. Voici le texte de ce communiqué :

« Solidarité incendiaire
Ce jeudi, à trois heures du matin, deuxième jour du procès de la voiture brûlée.
Avons pénétré dans la caserne de gendarmerie Vigny-Musset. Avons incendié six fourgons d'intervention et deux camions de logistique. Le garage et l'entrepôt ont été ravagés sur plus de 1500 mètres carrés.
Cet acte s'inscrit dans une vague d'attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci.
Forte accolade à Kara et Krem.
Une pensée pour Damien, récemment tabassé par les flics.
Quelle que soit l'issue du procès, on continuera à s'en prendre à la police et à la justice.
Notre hostilité est un feu qui se propage.
Des nocturnes ».

Ce communiqué a également été repris en intégralité par des médias comme Le Dauphiné Libéré ou BFM-TV, sans que ceux-ci soient apparemment inquiétés...

« Provocation à des actes de terrorisme »

Comme le souligne l'équipe d'Indymedia Grenoble dans un communiqué, « cette requête (...) fait directement écho à l'attaque qui a eu lieu en Allemagne le 25 août dernier contre Indymedia Linksunten, attaque qui s'est soldée par la perquisition de quatre domiciles et un centre social autogéré, et ce pour des prétextes similaires ». Dans les deux cas, c'est la notion de « terrorisme » qui est mobilisée par les gouvernements pour censurer des médias libres, puisque la police française s'appuie sur la loi du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, et évoque une « provocation à des actes de terrorisme ou apologie de tels actes ».

Alors que les notions de terrorisme et de provocation ne sont pas définies, la loi française permet depuis février 2015 de faire disparaître des sites ou des textes sans recours au juge, sur simple requête de l'administration policière. À notre connaissance, c'est la première fois que ces dispositions sont brandies contre des médias alternatifs appartenant à la sphère anti-autoritaire. Les deux sites visés par les menaces des autorités ont décidé de retirer le communiqué de revendication incriminé. Les collectifs de modération de chacun des deux sites s'en expliquent dans deux textes distincts :

- Après Indymedia Linksunten, Indymedia Grenoble et Nantes sont victimes de l'antiterrorisme (Indymedia Grenoble)
- Entrepôt de gendarmerie en feu, que reste-t-il des libertés sur le Web ? (Indymedia Nantes)

L'usage de lois anti-terroristes pour attaquer spécifiquement des sites d'informations indépendants renvoie à la violence des peines requises contre les personnes inculpées dans l'affaire de la voiture brûlée du quai Valmy. Il s'agit tout autant de dissuader les militant·e·s que d'en dépolitiser les actes.

Depuis des années, les sites du réseau Indymedia permettent entre autres de rendre visible la nature politique d'actions directes. Cette nouvelle attaque contre des médias libres vise à faire taire les oppositions politiques radicales, et à criminaliser les collectifs et individus qui communiqueraient sur leurs objectifs politiques sans le prisme déformant des médias traditionnels. Cette attaque est aussi à rapprocher des perquistions qui ont visé cette semaine les militant·e·s anti-nucléaires de Bure. Leurs ordinateurs, ainsi que la photocopieuse qui leur servait à imprimer des tracts, ont été saisis par les gendarmes. Tous les moyens semblent être mobilisés pour réprimer l'expression autonome des mouvements de lutte.

Comme nous le disions en mai 2015, suite à des poursuites visant le site toulousain IAATA.info : « Face à la répression, l'information est une arme ». Malgré les nouvelles formes de censure qui se déploient, nous continuerons à animer et à multiplier les espaces d'expression autonome. Soutien à Indy Nantes et Indy Grenoble. Solidarité avec les inculpé·e·s du quai de Valmy, et avec celles et ceux qui mettent des bâtons dans les roues de la machine répressive.

(Premiers signataires : Rebellyon, La Rotative, Paris-Luttes, Expansive, Renversé, Rennes-info, ...)

Etouffement technologique : quand l’innovation tue le progrès humain

En moins de 10 ans les technologies numériques ont envahi tous les champs de la société. Que ce soit par l’apparition de nouveaux dispositifs matériels ou logiciels, plus aucun espace humain [ou presque] n’échappe à […]

Le soleil se lève toujours

Ce texte à été diffusé en premier en mai 2011, par les membres emprisonnés de la conspiration des cellules de feu en Grèce.


Traduction de l'anglais vers le français chaotique et désordonnée, surgissant du fond d'un bois et travaillée à la lueur d'une bougie. Dans tout les cas ça aura permis d'intenses discussions, réflexions, prises de tête et fous rires. Si t'as mieux, fais tourner, et si t'as d'autres textes on est preneures.

Janvier 2017
joiedevivre (a) riseup.net


Remarques

1. Compagnon vs camarade

La traduction du terme « comrades » nous a posé question, puisque le « camarade » français est souvent utilisé dans le milieu communiste, à l'inverse de celui de « compagnon », qui rappelle plus les idées anarchistes. Néanmoins ce dernier mot ayant le fâcheux inconvénient d'être genré, nous avons préféré gardé le terme « compas ». Se référant donc a compagnons/compagnonnes mais sans préciser le genre des personnes.

2. Féminisation

L'anglais est une langue plus neutre que le français, nous ne connaissions donc pas l'envie des auteures sur le sujet, donc nous avons cherché des tournures de phrases non genrées, et quand c'était pas possible, avons parfois féminisé, et parfois non.

Au passage, on ne pense pas que dégenrer le langage suffise à détruire les genres, voire même à les attaquer. Néanmoins, il nous semble important que chaque mot dont le nouvel orthographe nous choque, rappelle que la norme de ce monde, c'est le patriarcat.

3. Sur la notion de révolution

Nous partageons beaucoup d'idées présentées dans ce texte, mais les allusions récurrentes à la révolution nous ont quand même fait grimacer : nous n'adhérons pas à cette idéologie : que ce soit l'intérêt supérieur à l'individu, le dogme impliquant attentes et sacrifices, ou le concept même de société post-révolutionnaire.

Nous ne voulons pas révolutionner la société : nous voulons détruire la civilisation et les rapports de pouvoir qui gangrènent les rapports personnels.

Diffuse, critique et propage avec complicité et rage
Bonne lecture !


« La connaissance choisi ses projets,
chaque projet est nouveau et choisi ses moments,
Chaque moment est nouveau, mais émerge simultanément
de la mémoire de tous les moments qui ont déjà existé. »

The Interior Of the Absolute

I - Le Commencement -

L'organisation révolutionnaire, conspiration des cellules de feu n'est pas sortie de nulle part. Ce n'est pas comme si une ligne droite avait été tirée a travers l'espace et le temps.

C'est un futur ressurgissant du passé.

La conspiration comprenait une synthèse collective connectant vécus et points de vues de toutes les personnes y ayant pris part et tirant des conclusions valables des expériences des projets subversifs passés et des attaques auxquelles nous participions.

Cela représentait une étape supplémentaire dans nos désirs, non pas pour grimper une quelconque échelle de la hiérarchie informelle fétichisant la violence et ses méthodes, mais simplement pour avancer, aller de l'avant et explorer de nouvelles perspectives, faire la transition d'un groupe d'ami à une organisation, du spontané au stratégique.

Durant ce processus nous portions une position critique envers le passé, mais ne dévions jamais de notre route vers l'offensive. Nous sommes les inadaptés de l'anarchie, nées de ses moments forts comme de ses temps morts. De plus le but de la critique ainsi que de l'autocritique n'est pas de mettre fin à quelque chose mais exactement le contraire : c'est une aspiration à se renouveler.

Le fait que nous ne soyons pas actuellement entrain de passer en revue tout nos torts ne signifie pas pour autant que nous soyons effrayés a l'idée de reconnaître nos erreurs. Pour autant nous pensons que ce genre d'examens est bien mieux mené avec du recul et les idées claires que à chaud sous le coup de l'impulsion.

À aucun moment de notre brève et intense histoire nous n'avons perdu de vue d'où nous venions. Nous sentions que nous avions découvert quelque chose que nous avions en commun avec les compas anarchistes qui avaient commencé la lutte avant nous, engagé dans leurs propres batailles, et qui bien qu'arrêtés et emprisonnées ne courbèrent jamais l'échine. Nous découvrions la passion sans compromis pour une révolution qui connecte des histoires et des réalités de luttes de différentes époques mais qui partagent des contextes de libération individuelle et collectives.

Dans ce contexte nous avons forgé notre propre alphabet, parlant le langage de l'action directe, nous réfléchissions souvent à l'idée de créer une structure organisée. En tant qu'anarchistes nous nous distancions souvent du concept d'organisation parce que nous l'assimilions à des concepts comme : la hiérarchies, les rôles, les spécialisations, les « tu dois » et les obligations. Cependant les mots acquièrent le sens que leurs donnent les gens qui les utilisent. En tant que conspiration des cellules de feu nous nous sommes battus pour que change le sens même de « organisation révolutionnaire anarchiste ».

II - De l'étincelle à la flamme -

Depuis le tout début, nous avons rejeté l'idée d'un modèle centralisé et choisit de collectiviser des initiatives individuelles pour créer le socle de notre organisation. Ce qui émergea durant ces rencontres organisationnelles était des problématiques de cohérences, consistances et de responsabilité individuelles et collectives ainsi que de l'action directe comme façon de transformer nos paroles en actes.

Lors des rencontres de groupes chaque compas avait l'opportunité de proposer un plan d'attaque. de là, s'ouvrait un débat sur la planification, le timing, les analyses politiques et les problèmes opérationnels posés par la localisation de la cible. Durant ces discussions il n'y avait aucune garantie de trouver un accord. Parfois, s'opposaient des arguments développés dans une dialectique forte, spécialement au sujet de la stratégie et de la temporalité. Très souvent il y avait plus d'une proposition. Nous devions donc choisir laquelle nous allions sélectionner et lesquelles nous allions garder en réserve pour une prochaine fois. C'était un processus qui nous permettait de s'ouvrir à d'autres points de vues, d'élargir nos horizons, d'apprendre des expériences des autres, de défendre vigoureusement nos opinions, de comprendre comment reconnaître nos erreurs, saisir le concept de porter quelque choses toutes ensemble, d'être conscient du besoin de stratégie et plus important que tout, créer des relations non pas au nom d'un but révolutionnaire professionnel mais basées sur l'amitié, une camaraderie sincère et une solidarité tangible.

Nous aimons ce que nous faisons car cela contient notre essence même.

De plus la « conspiration » ce n'est pas juste nous tous ensemble c'est aussi chacune de nous pris individuellement. Même dans les cas où il n'y avait pas de consensus sur une action précise, nous nous ne soumettions pas au concept démocratique de la majorité. A la place, la minorité qui insistait pour porter l'attaque prenait l'initiative autonome de la réaliser. Cela se déroulait en parallèle avec le reste du collectif qui les soutenait à des moments spécifiques si nécessaires, jouant un rôle spontané dans l'organisation globale. C'est pourquoi certains communiqués étaient signé par des groupes (faction nihiliste, commando souffle de terreur, unité de guérilla terroriste), qui ressortaient de chaque initiative séparée.

Durant la seconde phase, après avoir trouvé un accord, que ce soit avec le collectif entier ou en initiatives séparées nous planifions l'attaque. Chacun de nous apportait son savoir, les informations étaient collectées depuis les journaux, les magazines et internet. La zone où l'action devait avoir lieu était repérée et cartographiée, l'approche et le repli étaient planifiés (en évitant les caméras et checkpoints policiers), incluant des routes alternatives pour parer à l'inattendu et bien sur en gardant en tête l'éventualité d'une confrontation avec les porcs [1].

Il y avait aussi un groupe de soutien, des planques, des moyens de demander de l'aide, etc (dans un prochain manuel nous analyserons et expliquerons nos expériences relatives à la façon de mener à bien une attaque [2])

Durant la 3ème phase (qui n'était jamais très loin de la proposition initiale) nous travaillions à un texte de communiqué. Quand un sujet était suggéré (par exemple attaquer la police) le/la compas qui avait fait la proposition argumentait pour son contenu. Alors une discussion commençait, durant laquelle chaque personnes s'appropriait le concept, exprimait des désaccords, pointait des problèmes et proposait d'autre façon d'approcher le sujet.

Aussitôt que les débats finissaient, peu importe le nombre de rencontres nécessaire pour le finir, le collectif portait ensemble ses thèmes centraux. Les axes principaux qui avaient été soulevés étaient réunis. L'écriture d'un communiqué spécifique était habituellement portée par celleux qui portaient la responsabilité de l'attaque et une fois écrit nous le relisions ensemble pour y apporter des ajouts, corrections et touches finales. Si le communiqué était relié à une initiative séparée seule les personnes ayant pris part à l'action l'écrivaient.

Les compas de thesaloniki fonctionnaient de la même manière et quand nous collaborions en tant que ccf athènes-thessaloniki les compas des deux cités coordonnaient leurs actions sur le principe de camaraderie et d'aide mutuelle.

III - Tout le monde fait tout -

Bien sur nous sommes bien conscientes des dangers inhérent à chaque projet collectif aspirant à se nommer anti-autoritaire qui sous leur apparente informalité reproduisent des comportements de domination, nous pensons que le but du pouvoir c'est diviser. Pour éliminer la possibilité de l'émergence d'une hiérarchie informelle dans nos groupes, nous nous attaquons directement à la spécialisation et aux rôles dès lors qu'ils surgissent. Nous disons : tout le monde fait tout. Tout le monde peut apprendre comment voler des véhicules, fabriquer des fausses plaques, falsifier des cartes d'identités et documents officiels, exproprier des biens et de l'argent, s'entraîner au tir, utiliser des armes à feux et des explosifs.

C'était et continue d'être important pour nous que les techniques et méthodes utilisées lors des actions soient claires et relativement simples à obtenir et préparer, leurs permettant d'être propagées et utilisées par toutes les personnes qui décident de se joindre à la nouvelle guérilla urbaine. Cela inclus de l'essence, des jerrycans, des bonbonnes de gaz, des bougies et autres qui peuvent facilement être obtenus aux supermarchés. Mais aussi des systèmes de retardateurs improvisés qui — après les recherches appropriées dans les manuels techniques ou guides trouvables sur internet, plus une petite touche d'imagination — sont fabriquables par n'importe qui. Nous n'oublions certainement pas que même si tout le monde fait tout chaque personne a aussi des habilités propres et des inclinaisons personnelles et qu'il nous semblerait dommage de lisser toutes ces différences. Avec le désir et la compréhension mutuelle comme guide chacun de nous entreprend ce qu'il se sent le plus capable de faire.

Par exemple si une personne est bonne pilote, voleur plein de talents ou a un don pour l'écriture cela ne veut pas dire que leur potentiel doit être supprimé au nom d'une fausse homogénéité commune. C'était à chaque compas de décider si il voulait offrir ses capacités et méthodes à ses autres complices sans pour autant prendre leur place. Et c'est d'autant mieux si cela arrivait de la façon la plus large possible, sortant du contexte étroit du collectif et en facilitant l'accès à l'entièreté du courant anti-autoritaire. Par exemple à travers la publication de guides pratiques distribués par les compas d'Allemagne qui contenait un certain nombre de façons de fabriquer des engins explosifs. De plus nos actions ne nécessitaient jamais de rôles fixes et immuables (et sans avoir recours à la rotation des taches qui n'est pas sans nous rappeler l'horreur de l'exploitation salariale). Toutes les compas trouvaient un avantage dans cette fondation commune qui leur permettaient d'être capables d'exécuter toutes les taches à chaque instant de l'attaque. Le processus d'amélioration de nos habilités à utiliser du matériel et des techniques est un processus d'autoformation naturel et continu. A travers ces lignes nous voulons souligner à quel point il est crucial de développer simultanément les capacités opérationnelles d'un groupe et ses points de vues révolutionnaires. A aucun moment l'un ne devrait s'intensifier sans que l'autre ne fasse de même. Quand il y avait des taches particulières elles se limitaient à un plan spécifique et étaient réparties suivant les désirs des compas qui y prenaient part.

IV – Toute une vie de guérilla -

Nous avons toujours pensé qu'une organisation ne doit pas être nécessairement exclusive aux compas qui y prennent part, nos actions ne commencent ni ne finissent dans un contexte de groupe. Le groupe est un des moyens pour atteindre la révolution. Pas une fin en soi. Car quand les moyens deviennent leurs propres raisons d'être des maux commencent à apparaître : comme l'avant- gardisme, les partis armés, les vérités dogmatiques, ... A travers la conspiration des cellules de feu, nous clamons ce en quoi nous croyons, ce que nous sommes et quels tendances nous représentons mais dans aucun cas nous ne sous entendons qu'il faille suivre une ligne directrice ou participer à nos groupes pour être reconnue comme compas.

De plus nous prenons aussi part aux processus extérieur à la conspiration comme rejoindre des campagnes d'actions coordonnées, participer à des assemblées, des marches et des manifestations, soutenir des actes de sabotages, coller des affiches et taguer des slogans. Mais nous n'avons jamais pensé qu'une action était supérieure à une autre. Car le polymorphisme de la guerre révolutionnaire consiste en un engagement ouvert et permanent qui n'a rien à voir avec un spectacle fétichisé (rejoindre la lutte armée est la seule chose qui compte) ou avec des conditions quantitatives à remplir (considérer la massification comme seul critère authentique pour la révolution).

Au contraire nous nous positionnons comme ennemis direct du « polymorphisme », des brèves de comptoirs, des speechs universitaires, des rôles de chefs et de suiveurs et de tout ces fossiles défenseur du dogmatisme et des habitudes ; qui sont des parasites du milieu anarchistes voulant seulement contrôler les jeunes compas, les saboter et les empêcher de créer leurs propres évolutions autonomes à travers un processus révolutionnaire.

Nous pensons que le concept de guérilla n'est une identité séparée, assumée uniquement quand nous engageons une attaque armée. De plus nous pensons qu'il est important de mettre en avant le privé comme le politique dans un contexte de libération totale. Nous ne sommes pas anarchistes uniquement quand nous lançons des cocktails molotov sur des cars de polices anti émeutes, participons à des expropriations, ou posons des engins explosifs. Nous sommes aussi anarchistes quand nous parlons à nos amis, prenons soin de nos complices, partageons de la joie et tombons amoureux. Nous ne sommes pas des soldats enrôlées dont le devoir est la révolution.

Nous sommes une guérilla de plaisir qui voit la connexion entre la rébellion et la vie comme un pré-requis pour passer à l'action. Nous ne croyons pas à une ligne de conduite irréprochable qu'il faudrait suivre à tout prix.

Durant ces deux dernières années, par exemple, de nouveaux groupes ont fréquemment parlé de braquages de banques comme une attaque contre le système en général. Leur communiqué et revendication sont une propagande puissante contre le travail, par les hold-up et expropriations frappant directement au cœur de la bête capitaliste dont le but est l'émancipation des huit heures d'esclavages salarial d'une part et l'obtention d'argent pour financer des projets révolutionnaires de l'autre part. Nous quittons les vieilles valeurs de la guérilla urbaine qui prenaient rarement position sur les braquages de banques. Nous pensons qu'il y maintenant une multitudes de nouvelles guérillas urbaines qui par des discours et pratiques s'opposent au travail de façon agressive aussi bien qu'à la prédation du système bancaire. Proposant l'expropriation armée comme un acte 6émancipateur et évidemment pas pour devenir riche.. Néanmoins nous ne considérons pas l'expropriation de banques comme un pré-requis pour participer à une nouvelle guerre de guérilla. Il y a une révolution mais il y a des milliers de façons de s'emparer de l'activité révolutionnaire.

D'autres compas peuvent choisir de porter des expropriations collectives de temples du consumérisme (supermarchés, centres commerciaux), pour reprendre individuellement ce qui nous a été « volé » et l'utiliser en fonction des besoins de chacun et par là même nous éviter d'avoir a dire : « bonjour patron » ou de prendre des ordres d'un supérieur. De plus cela participe à créer des liens profonds et à garder la conscience tranchante comme un couteau aiguisé pour la guerre qui finalement abolira toute forme de travail qui enrichit un patron et appauvri notre dignité. Nous ressentons la même chose au sujet du passage en clandestinité. La fétichisation de l'illégalisme ne nous inspire pas. Nous voulons que chacune agisse en accord avec ses besoins et désirs. Chaque choix à évidemment des avantages et des inconvénients. C'est vrai que quand un groupe choisi volontairement d'entrer en clandestinité (« disparaître » de l'environnement familial, amical, se procurer des faux papiers, etc) ça le protège certainement des yeux de l'ennemi. Mais en même temps leurs connexions sociales avec le milieu sont rompues et d'une certaine façon ils perdent leurs capacités même à communiquer. Bien sur la même chose ne s'applique pas si il y a des raisons objectives d'entrer en clandestinité (arrestation garantie ou tête mise a prix) dans ce cas elle devient le refuge qui permet aux personnes qui sont hors la loi de continuer à attaquer. Cela crée un besoin d'infrastructure de soutien parallèle. A la fois pour les groupes de guérilla eux mêmes que pour le milieu anti-autoritaire qui couvrirait la piste des compas recherchées.

Des prérequis pourraient être une certaine complicité et de la discrétion, des concepts qui sont fréquemment vu comme dépassés mais qui de notre avis devraient être remis au goût du jour. Si des compas d'un groupe de guérilla sont engagés dans une interaction régulière hors clandestinité - participant à des rencontres et processus prenant part au débat et créant des projets avec d'autres qui partagent des préoccupations communes - alors la nature hermétique des groupes de guérilla devrait être clairement protégée des oreilles indiscrètes et des grandes bouches. De plus l'attitude générale devrait être la discrétion afin d'empêcher que rumeurs assourdissantes deviennent des aimants pour les bâtards [3] des escadrons anti-terroriste.

Étant honnête avec nous même nous devons mentionner le fait que beaucoup d'entre nous on agit de façon totalement opposée à tout ce que nous venons de décrire, ce qui cumulé à des conduites dangereuses émanant du milieu anarchistes ont "mené" un nombre d'opération de police directement sur nous. Dans tous les cas l'autocritique est une base solide pour se développer soi même et fournir des explications, mais ce n'est pas l'objectif de ce texte nous y reviendrons plus tard.

V - La première phase de la conspiration et la proposition pour la nouvelle conspiration -

La guérilla s'est finalement échappée des pages des livres d'histoire, pour occuper la rue avec férocité. Parce que la guérilla urbaine n'offre pas d'utopie de liberté, elle donne accès à une liberté immédiate, qui permet à chaque personne de se définir elle même, et de s'émanciper de la passivité de cette société. Il y a maintenant tout autour de nous un grand bruit – celui, passionné, de la destruction qui se propage - résonnant avec les discours révolutionnaires qui suivent les explosions dirigées contre tout les symboles de la domination.

Une armada déterminée de groupes anarchistes a mis le feu à la tranquillité nocturne.

Des groupes avec des noms, qui reflètent le "menu" qu'ils réservent a la société (à athènes : comportements déviants pour la propagation du terrorisme, guerrier de l'abysse/complicité terroriste, conscience combattante révolutionnaire, formation Lambros Fountas guerrilla ; à thessaloniki : combattants du chaos, cellule de solidarité attaquante, cellule attaque incendiaire, comploteurs pour un désordre nocturne, cellule feu aux frontières, cellule conscience combative, cellule solidarité révolutionnaire, etc). Beaucoup de ces groupes ont aussi eu des relations avec un nouveau projet de libération internationale connu sous le nom de front révolutionnaire internationaliste / fédération anarchiste informelle (FAI-FRI).

Celleux d'entre nous qui ont pris des responsabilités en temps que membre de la conspiration des cellules de feu n'ont pas été intimidés par les douzaines d'années de prison que les tribunaux nous avaient réservé. D'ailleurs, nous sommes entrain de créer un collectif actif dans les prisons.

En ce qui nous concerne, la phase d'ouverture de la lutte est complétée. Pour autant, nous savons que rien n'est fini. La conspiration ne restera pas désarmée. Même en prison cela restera un engagement valide aussi bien qu'une proposition ouverte à des secteurs antagonistes de la métropole. La conspiration des cellules de feu à démontré qu'elle est un réseau de cellules, juste comme le suggère son nom. Actuellement nous ne sommes pas entrain d'essayer de passer en revue ses faits d'armes. Nous voulons simplement clarifier ses perspectives politiques.

Nous sentons que s'engager dans une nouvelle conspiration nous approchera d'autant plus de l'essence même du mot, donc nous ouvrons des possibilités pour faire des propositions pour une nouvelle conspiration, comprenant un réseau invisible et diffus de cellules qui n'ont pas de raison de se rencontrer en personne, mais qui, à travers leurs actions et discours se reconnaissent les unes les autres comme compas dans le même crime : la subversion de la loi et de l'ordre. Cette conspiration pourrait consister en individues et cellules qui agiraient, que cela soit de façon autonomes ou coordonnées (a travers des appels et communiqués) sans avoir besoin d'être en accord sur chaque position spécifique (par exemple le nihilisme, l'individualisme), cependant ils devraient être connectés sur la base de l'aide mutuelle, concentrée en 3 points.

Le premier point que nous proposons dans ce débat informel est l'accord sur le choix de l'action directe usant de toutes les méthodes possible pouvant endommager les infrastructures ennemies. Sans aucune hiérarchisation de méthode de violence, les compas peuvent choisir, du caillou à la kalashnikov. Dans tous les cas, l'action directe en elle même n'est qu'un fait divers, si elle n'est pas accompagnée d'un communiqué clamant les responsabilités de cellules ou d'individus qui y ont pris part, expliquant les raisons de l'attaque et propageant des discours révolutionnaires. Le stylo et le revolver sont fait du même métal. Ici notons que la conspiration de la période maintenant terminée n'a jamais ôté les méthodes incendiaires de son arsenal. Ça nous paraîtrait dommage si des jeunes compas pensaient que l'utilisation du nom de « conspiration » était conditionnée par l'utilisation de méthodes "supérieures" (explosif, par expl). La nouvelle guérilla urbaine dépend moins de modes opératoires que de la décision même d'attaquer le pouvoir.

Le second point d'accord est d'engager une guerre contre l'état en engageant simultanément une critique acerbe de la société. Depuis que nous sommes anarchistes révolutionnaires, nous ne parlons pas uniquement du malheur causé par le pouvoir et l'oligarchie régnante. Nous portons aussi une critique plus précise de la façon dont chaque opprimés accepte et propage les promesses de bonheur et de consumérisme promises par leur patron. Le fait que nous soyons en lutte contre l'état ne signifie pas que nous fermions les yeux sur les expressions complexes et diffuses de pouvoir régissant les rapports interpersonnels. Les discours anti-autoritaire altèrent et généralisent 8fréquemment les concepts comme l'état, soulageant ainsi le reste des gentes qui forment la société de leurs responsabilités. En faisant cela, ils créent un point de vue stérile qui traite des secteurs sociaux entiers comme sujets révolutionnaire, qu'ils soit appelés prolétaires ou opprimées, sans révéler la responsabilité individuelle que chacune de nous assume dans l'esclavage de sa propre vie.

L'état n'est pas une forteresse. Tu ne trouveras aucune porte qui t'amènerait à une quelconque sorte de machine qu'il te suffirait d'éteindre pour tout arrêter. L'état n'est pas un monstre que tu peux tuer avec un pieu dans le cœur. C'est quelque chose de tout à fais différent. Nous pourrions le comparer à un système : un réseau comprenant des milliers de machine et d'interrupteurs. Ce réseau ne s'impose pas de lui même à la société qu'il surplomberait. Il se diffuse à travers la société toute entière depuis l'intérieur de la société elle même. Il est même étendu aux sphères de la vie privée, régissant nos émotions à un niveau moléculaire. Il module les consciences, et est modelés par elles. Il connecte et uni la société, qui à son tour le nourrit et le sacralise dans un échange continu de valeurs et de normes. Dans ce jeu, il n'y a pas de spectateurs. Chacune de nous y joue un rôle actif. — Costa Pappas, Il n'y a pas de retour en arrière

L'ennemi peut être trouvé dans chaque bouche qui parle le langage de la domination. Ce n'est pas exclusif à l'une ou l'autre des races ou classes sociale. Ce ne sont pas juste des bourgeois ventripotentes autoritaires en costume-cravate. C'est aussi le prolétaire qui aspire à être patron, l'opprimé qui crache le venin nationaliste, l'immigrante qui glorifie le mode de vie occidental mais se comporte comme un petit dictateur parmi son propre peuple, le prisonnier qui balance les autres aux matonnes, chaque mentalité qui accueille le pouvoir et chaque conscience qui le tolère.

Nous ne croyons pas à une idéologie de la victimisation, dans laquelle l'état porterait tous les tords. Les grands empires ne se sont pas uniquement construit sur l'oppression. Ils se sont aussi construit sur le consentement et les applaudissements de la masse réunie dans les arènes romaines intemporelles de chaque dictateur. Pour nous, le sujet révolutionnaire c'est chaque personne qui se libère elle même des obligations du présent, questionne l'ordre des choses et prend part à la quête criminelle de la liberté.

En temps que première phase de la conspiration, nous n'avons aucun intérêt à représenter qui que ce soit, et nous ne passons pas à l'action au nom d'une quelconque classe, ou comme défenseures des opprimés. Le sujet c'est nous, parce que chaque rebelle est un sujet révolutionnaire qui parle à la première personne, pour finalement construire un collectif authentique : « nous ».

Le troisième point d'accord de notre proposition concernant la formation d'une nouvelle conspiration est la solidarité révolutionnaire internationaliste. En réalité, notre désir de nous impliquer toutes entier pour créer des moments d'attaque sur l'ordre du monde peut nous coûter la vie, et envoyer beaucoup d'entre nous en prison. « nous » ne fait pas référence à la conspiration, ou à aucune autre conspiration, il fait référence à tous les personnes insurgées, qu'elles participent à un groupe de guérilla ou agissent individuellement sur leur propre chemin de liberté. En tant que première phase de la conspiration, notre désir et notre proposition pour chaque nouvelle cellule c'est que la force révolutionnaire qu'engendre la solidarité soit exprimée - une solidarité qui jaillisse au travers de textes, d'actions armées, d'attaques, de sabotages, pour parvenir jusqu'aux oreilles des compas emprisonnées ou persécutés, et ce peu importe la distance qu'il lui faille parcourir.

La solidarité dont nous parlons ne requiert pas une identification politique absolue avec les accusées. C'est simplement le sentiment partagé d'être du même coté de la barricade, que nous nous reconnaissons l'une l'autre dans la lutte, juste comme un autre couteau enfoncé jusqu'à la garde dans la gorge du pouvoir. De plus nous proposons aussi du soutien pour la fédération anarchiste informelle / front révolutionnaire international pour qu'elle puisse être — comme l'on montré nos compas en italie — un moteur de nos luttes.

A partir de ce point, toute personne qui est d'accord (évidemment sans avoir à s'identifier elle- même) avec ces 3 points que nous proposons pourra – si elle le souhaite utiliser le nom de conspiration des cellules de feu en connexion avec la cellule autonome dont elle fait partie.

Exactement comme les compas des pays bas, qui bien que nous nous ne connaissons pas personnellement mais avec qui nous partageons la même sensibilité entre le discours et la pratique ont attaqué les infrastructures de la domination (attaque incendiaire et cyber attaque contre la Rabobank) et l'ont revendiqué en temps que conspiration des cellules de feu (cellule néerlandaise).

Nous pensons qu'un réseau de telles cellules, évitant toutes structures centralisées peut être capable de dépasser de loin les limites de plans individuels en explorant les réelles possibilités d'une coordination révolutionnaire entre structures minoritaires autonomes. Ces structures - sans se connaître les unes les autres personnellement - seront en retour capable, chacune à leur tour d'organiser des campagnes d'incendies criminels et d'attaques à la bombe à travers toute la grèce et à un niveau international en communiquant à travers leurs revendications.

Comme nous vivons des temps de suspicion, nous devrions clarifier certaines choses. Les actions se revendiquant au nom de la conspiration des cellules de feu mais n'étant en accord avec aucun des points que nous avons énoncé et ne prenant pas les précautions nécessaires pour prévenir des dommages sur autre chose que les cibles des sabotages attireront définitivement notre méfiance, et seront suspectées d'avoir été montées de toutes pièces par l'état.

Revenant à notre proposition, l'anonymat, en ce qui concerne les contacts personnels renforcera la nature hermétique des cellules autonomes, rendant la tache plus difficile pour la police pour les « compromettre ». Même l'arrestation d'une cellule entière qui prend part à la conspiration des cellules de feu ne mènera pas les autorités aux autres cellules, évitant ainsi le tristement célèbre effet domino, que nous avons vécu.

Dans le passé, le fait que nous, compas de la première phase n'avons peut-être pas été impliquées dans certains incidents ne nous a pas empêché d'exprimer publiquement notre soutien ou notre critique, et la même chose s'applique à présent si des compas décident d'utiliser le nom de l'organisation. Sans avoir besoin de se connaître, à travers les communiqués qui accompagnent les attaques, nous pouvons commencer un débat ouvert sur des réflexions et problèmes qui, même s'ils sont vus de différentes perspectives sont sans doute axés sur une même direction : la révolution.

Par conséquent, nous, compas de la première phase, assumons maintenant la responsabilité des discours que nous produisons à l'intérieur de la prison, signant en temps de conspiration des cellules de feu, suivi de nos noms.

La nouvelle conspiration devra maintenir et sauvegarder son indépendance en écrivant sa propre histoire de lutte. Cette façon de faire connectera sûrement les points sur la carte de la rébellion, les reliant les unes les autres vers la destination finale qu' est la révolution.

VI - l'épilogue reste encore à écrire.

A travers nos actions, nous propageons une révolution qui nous touche directement tout en contribuant à la destruction de cette société bourgeoise. Le but n'est pas simplement d'abattre les idoles du pouvoir, mais aussi de bouleverser radicalement les idées de plaisir matérialiste et d'espoir qui se nichent en son sein. Nous savons que notre quête nous connecte à plein d'autres personnes autour du monde, et via ce pamphlet nous voulons leur envoyer nos pensées les plus chaleureuses : la conspiration des cellules de feu aux pays-bas, la FAI en italie, la cellule autonome Praxedis g. pour la révolution immédiate, l'ELF/ALF au mexique, l'ELF en russie, aux anarchistes à bristol, en argentine et turquie, le gruppen autonome en allemagne, le commando vengeance 8 septembre au chili, les compas en suisse, pologne, espagne et londres, et à quiconque que nous avons oublié, et partout où le rejet de ce monde fleuri.

Ce texte n'a pas d'épilogue, parce que la praxis continuera toujours à se nourrir et se transformer elle-même. Nous faisons juste un arrêt rapide, concluant avec quelques mots anonymes :

C'est un moment étonnant quand l'attaque contre l'ordre du monde se met en place. Même au début, même si c'était presque imperceptible - nous savions déjà que très bientôt, peut importe ce qui arriverait, plus rien ne serait comme avant. C'est une charge qui démarre lentement pour prendre de la vitesse et de la puissance, passe le point de non retour et fait détonner ce qui, fut un temps, nous paraissait imprenable - si solide et protégé - , mais pourtant destiné à s'effondrer, démoli par les conflits et le désordre...

Sur ce chemin qui est le notre, beaucoup d'entre nous ont été tués ou arrêtées et certaines sont toujours entre les mains ennemies. D'autres, ayant déserté la bataille, ou étant blessés, ne réapparurent plus jamais. Certains autres manquèrent de courage, et battirent en retraite. Mais je dois dire que notre groupe n'a jamais faibli, même quand il a du faire face au cœur même de la destruction.

Conspiration des Cellules de Feu

Gerasimos Tsakalos
Olga Economidou
Haris Hatzimichelakis
Christos Tsakalos
Giorgos Nikolopoulos
Michalis Nikolopoulos
Damiano Bolano
Panayiotis Argyrou
Giorgos Polydoras

[1] Nous ne soutenons pas l'usage du terme porcs pour désigner la police que nous méprisons,nous avons par contre nettement plus d'estime pour les cochons !

[2] Si une personne a connaissance dudit manuel (si il existe déjà) nous sommes intéressées !

[3] On aime pas trop l'usage du terme bâtards comme insulte. En effet on est fiers d'être des bâtards nées hors mariages et contre l'idée de pureté et de famille !

Livre du samedi : Parcours de vie et de santé des Africains immigrés en France

Parcours
Parcours de vie et de santé des Africains immigrés en France

Annabel DESGRÉES DU LOÛ, France LERT

Pourquoi et comment l’infection VIH percute-t-elle la vie des immigrés d’Afrique subsaharienne en France ? Première étude quantitative d’ampleur menée par des chercheurs et des associations au sein de cette population particulièrement touchée par le virus, l’enquête ANRS Parcours a retracé en 2012-2013 les trajectoires migratoires, sociales, administratives et de santé de ces immigrés. Elle met en relief les difficultés d’installation, les bouleversements familiaux et professionnels à l’arrivée en France, et leurs conséquences en termes de santé.
Plus qu’une recherche en santé publique, Parcours est une étude sur l’immigration en provenance de cette région du monde, une immigration marquée par des années de fragilité administrative et d’insécurité au quotidien. Elle met au jour les facteurs structurels qui pèsent, souvent de façon durable, sur l’installation des immigrés en France et accroissent leurs risques d’être infectés par le VIH une fois sur place. Elle montre aussi l’importance des dispositifs qui mettent en œuvre le principe d’universalité de l’accès aux soins (AME, PASS, associations humanitaires) et la nécessité de les garantir.
Car la lutte contre le sida, véritable maladie de la précarité, passe par la réduction des inégalités de santé. Cette recherche a été conduite sous la responsabilité scientifique d’Annabel Desgrées du Loû (IRD), France Lert, Rosemary Dray-Spira et Nathalie Bajos (Inserm) et Nathalie Lydié (Santé publique France). Elle a été financée par l’Agence nationale de la recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), avec le soutien de la Direction générale de la santé et de l’agence Santé publique France.

Présentation du projet :

En France, pays de l’universalisme républicain, il existe peu de travaux qui portent sur un groupe de population d’une origine donnée. L’analyse des faits sociaux évite en général la caractérisation par l’origine, de peur qu’une lecture culturaliste occulte les processus sociaux ou politiques générateurs d’inégalités. Pourtant la question immigrée croise la question sociale sans s’y réduire.

Dans le domaine de la lutte contre le sida, devant le poids disproportionné de l’épidémie chez les immigrés venus d’Afrique subsaharienne, il est apparu indispensable d’envisager des études spécifiques dans ce groupe de population pour comprendre les causes du phénomène, appréhender l’effet des politiques de prévention et de soin ou encore mesurer l’impact de la maladie. C’est pourquoi des chercheurs et des associations se sont engagés dans l’enquête Parcours, menée en 2012-2013, qui a cherché à explorer comment les trajectoires migratoires, sociales, administratives et de santé s’entrecroisent et se construisent chez les immigrés africains vivant en Ile de France. Deux mille cinq cents personnes nées en Afrique subsaharienne, certaines affectées par le VIH, d’autres pas ont ainsi accepté de retracer leur histoire résidentielle, familiale, professionnelle, leur parcours de santé.

À partir d’une entrée « par la santé » et en mettant en perspective les trajectoires et les conditions de différents groupes, cette enquête permet de dessiner les difficultés d’installation des immigrés d’Afrique subsaharienne, les bouleversements familiaux et professionnels qui accompagnent l’arrivée en France, et leurs conséquences en termes de santé, y compris sexuelle.

L’ouvrage présenté ici rassemble les principaux résultats issus de cette enquête. Il montre en particulier que le VIH n’est pas une « maladie des Africains » mais une « maladie de la précarité ». En cela il permet de lutter contre le culturalisme et la stigmatisation, et s’adresse à toutes les personnes intéressées par la question de l’accueil des immigrés en France.

 

Parcours Santé Migration

Émission radio :  Sida et Africains immigrés en France : nouvelles données

Extrait

 

 

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Lire : Faire sensation. De l'enlèvement du bébé Lindbergh au barnum médiatique, de Roy Pinker

Faire sensation. De l'enlèvement du bébé Lindbergh au barnum médiatique [1] est consacré au traitement médiatique de l'un de ces « faits divers exceptionnels » qui « ont droit à une vie plus longue que les autres » : l‘enlèvement du fils de Charles Lindbergh, héros de la traversée en avion de l'Atlantique, l'assassinat de l'enfant, l'enquête et, enfin, le procès puis l'exécution de l'auteur présumé.

L'ouvrage propose une « analyse du bruit médiatique, en toutes ses composantes liées à la fabrication, à la diffusion et à l'écriture de ce bruit ». La richesse et les nuances de cette analyse défient toute tentative d'en rendre compte dans un résumé, inévitablement réducteur. On se bornera donc ici à donner un aperçu très incomplet.

Le fait divers et l'objet de l'ouvrage sont sobrement présentés sur la quatrième de couverture :

En mars 1932, le fils du célèbre aviateur Charles Lindbergh est enlevé puis assassiné. Quatre ans plus tard, à l'issue d'un procès contestable, Bruno Hauptmann est exécuté. Ce livre ne s'attarde pas sur les détails de ce qui est vite devenu “l'affaire du bébé Lindbergh” : il l'aborde comme un moment charnière de l'histoire des médias, où s'installent des méthodes sensationnalistes omniprésentes aujourd'hui. Roy Pinker est le nom de l'envoyé spécial que l'hebdomadaire Detective avait inventé dans les années 1930 pour couvrir l'affaire Lindbergh. II signe le travail d'un collectif d'universitaires rédigé par Paul Aron et Yoan Vérilhac, qui enseignent la littérature respectivement à Bruxelles et à Nîmes.

(1) Roy Pinker propose d'abord une analyse de « la fabrique du héros » (I. « Héros médiatique »), telle que la presse de l'entre-deux-guerres la met en œuvre, notamment quand elle dessine le « portait de l'aviateur en surhomme ». Autrement dit, « comment la médiatisation de l'aviateur et le fonctionnement même de la presse à l'époque ont conjugué leurs effets pour produire “l'affaire du bébé Lindbergh” ».

(2) Que nous apprend l'affaire Lindbergh sur le journalisme francophone – France, Québec, Belgique – dans l'entre-deux-guerres ? Telle est la question à laquelle s'efforce de répondre le deuxième chapitre (II. Le traitement journalistique de l'affaire). Parmi les réponses, celle-ci : à la différence des journalistes américains qui ont suivi « en temps réel » l'enquête et le procès (au point d'intervenir directement sur l'enquête elle-même), les médias francophones ont dû privilégier le recopiage et l'appropriation des informations diffusées par les médias américains. Ce faisant, ils ont produit une information unifiée et standardisée dans sa forme, en dépit des fortes variations selon les supports et les pays. Ainsi, « une sorte de texte global tend à circuler ». La tentation des médias francophones de livrer, sans en avoir les moyens, une information en continu (qui vaut non seulement pour les textes, mais également pour les images). « induit un effet d'incroyable confusion » et, s'agissant de la recherche du bébé, devient « vide d'événement et vide de sens ». Pour tenter de « donner du sens », il ne reste qu'à raconter et à dramatiser, aux limites de la fiction.

(3) Autre dimension de ce barnum médiatique : l'engouement pour la société américaine (« III. Cette étrange Amérique »). Deux logiques sont à l'œuvre dans les discours des médias francophones : la première est « mimétique » et procède par identification ; la seconde est « de différenciation » avec l'Amérique. « Un fait divers mondialisé », alors que le fait divers est généralement un « genre de proximité », suppose un traitement particulier. La « compassion universelle » se traduit par l'universalisation du tragique et du pathétique dont l'ouvrage analyse les modalités. Les médias francophones traduisent à leur façon le motif de la vengeance contre l'assassin en imitant une violence américaine dont ils entendent se distinguer, notamment à l'occasion de la mise à mort du coupable présumé. « Incompréhension, différenciation et dénonciation » : les médias francophones jouent de la distance au point qu'il arrive que l'affaire Lindbergh soit « transformée en un prisme permettant de saisir l'état d'un pays en pleine décadence ». Enfin, l'Amérique devient, dans ces médias, une « terre de fiction » et un « objet de satire ».

(4) Ce n'est pas tout. « Un peu à l'écart de l'impact de l'événement, prolongeant les discours de la presse sur d'autres supports, d'autres produits médiatiques s'imposent à l'attention » (« IV. Bébé Milou et autres produits dérivés »). Choisissant certains d'entre eux - « pas toujours les plus connus » -, l'ouvrage examine successivement « L'affaire en chansons », « Tintin en Amérique », « Le “cadavre exquis” de Salvador Dali », etc.


* * *

Les analogies avec le traitement médiatique de faits-divers contemporains ne manquent pas, mais elles peuvent inciter à des raccourcis trompeurs. En revanche, les méthodes d'analyse proposées par Faire sensation peuvent être une source féconde d'inspiration.

Henri Maler


[1] Éditions Agone-Contre-feux, 2017, 17 euros.

Avec 28 euros sur son livret d'épargne, elle est considérée comme fraudeuse

Quand Carmen a déposé une demande d'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), elle a omis de déclarer son livret d'épargne développement durable (ex-Codevi). Mal lui en a pris. Suspectée de fraude par sa caisse de retraite, elle s'est vu refuser le versement de son allocation. Alerté, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a rappelé à la caisse de retraite que le montant de son livret d'épargne ne changeait en rien les droits à l'allocation de solidarité de Carmen. Précisons qu'elle cachait un (...)

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Do you speak entre amis

Une belle journée de manifestation, ce jeudi 21 septembre, juste avant le passage des ordonnances pour la loi travail. La RATP simplifie les trajets, tous ceux correspondant au trajet de la manif sont zappés, la […]

Cessation d’activités ou d’actions des associations du Franc-Moisin

Il existe au Franc-Moisin, comme dans tous les quartiers populaires de France, des associations qui sont des fabriques de citoyenneté et qui, chaque jour, répondent aux besoins des habitants face à la relégation et à la souffrance sociale dont ils sont l’objet. Que cela concerne le domaine social, la culture, le sport, la santé, l’éducation et toutes les activités qui aident à conquérir, un mieux-être et à faire vivre les droits, les associations sont là, au travail. Demain faudra-t-il écrire « étaient » au travail ?

Depuis cet été le gouvernement a décidé le gel brutal des emplois aidés et des arbitrages budgétaires qui se traduisent par une diminution drastique des subventions aux associations.*

A court terme, cela signifie une cessation d’activité ou d’actions pour certaines associations historiques du quartier. A moyen terme, toutes fermeront ou seront mises en difficultés, réduisant de façon drastique leurs services.

Pour la population modeste qui doit déjà faire face à de nombreuses épreuves liées à la précarité et au chômage, c’est l’accès aux cours d’alphabétisation, à l’aide à la rédaction de CV, à l’accompagnement dans l’accès aux droits, à la culture ou encore aux soins qui est compromis.

Pour les partenaires de nos structures, cela signifie la fin des orientations dans un contexte de désengagement des services publics dans ces quartiers. Au niveau des salariés concernés, la conséquence est une perte d’emploi puisqu’aucune alternative n’a été proposée aux associations pour compenser la perte des aides associées à ces contrats.

Nous ne pouvons pas accepter cette brutale et injuste décision. En décidant de s’attaquer aux associations par la baisse des subventions politique de la ville et le gel des emplois aidés, ce gouvernement abandonne clairement la population de nos quartiers et affiche cyniquement son mépris pour les bénévoles et les professionnels investis au quotidien dans des conditions déjà difficiles.

Nous demandons le retrait immédiat de ces décisions qui nous condamnent, accentuent les inégalités et entravent l’accès à la citoyenneté.

Le 4 octobre les associations du Franc-Moisin cesseront leurs activités et manifesteront dans leur quartier avec la population et leurs partenaires.

Nous invitons toutes celles et tous ceux qui, à Saint-Denis et ailleurs sont en accord avec cette démarche à nous contacter et à être présents. Les associations défendront leur droit d’existence !

RENDEZ-VOUS le 4 OCTOBRE 2017 cours du Ru de Monfort

au Franc Moisin à 14 heures

Contact : collectiffm93@gmail.com

Collectif de Franc-Moisin : Acsbe-la Place Santé, Les Enfants du Jeu, Association des Femmes de Franc-Moisin,……

*L’Etat délègue aux associations des missions de service public qui ne veut pas assumer et en contre partie il subventionne des projets/actions. Pour permettre la réalisation du travail associatif il a inventé les emplois aidés qui permettent à des personnes de travailler au sein des associations et à celle-ci de conduire leur projets.

S.A.V. : S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 19 septembre 2017

Deuxième salve de nouveautés cette semaine et du très bon au programme : les excellentes GSP (avec Tobi Vail des Bikini Kill !), plusieurs extraits de la compilation « Marty’s world vol.2 » et que des supers groupes de la constellation Lumpy and the Dumpers (The Wad, Newt Patrol, BB Eye, Pineapple RNR et… Lumpy and the Dumpers), une pépite exhumée de 1981 (Mick Trouble), le punk de crooners de The Cowboys, de la power pop lofi de Nouvelle-Zélande (The Trendees), deux démos de nouveaux groupes locaux (Tôle Froide, Contractions), de l’indie australienne sous perfusion sonic-youthienne (No Sister) et puis un groupe de hardcore de Cleveland (Yambag) et deux autres de Austin (Impalers, Mujeres Podridas). Le tout, à écouter et à télécharger à partir des liens ci-dessous (playlist détaillée à la suite) :



Pour télécharger l'émission, cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous" - en cas de problème, répéter la même opération depuis la page suivante)

Playlist :

GSP : Theme from girlSperm
YAMBAG : Dog
THE COWBOYS : Yesterday’s men
THE WAD : I wanna be deleted
NEWT PATROL : Snuff it
NEWT PATROL : Hostile
NEWT PATROL : Chicken skin boy
BB EYE : Marinated toe
IMPALERS : Nazi burning man
THE TRENDEES : Friendfriendfr
MICK TROUBLE : Boogiemon stories
GSP : Life eraser
MUJERES PODRIDAS : No hay tiempo
NO SISTER : Score
CONTRACTIONS : Terrains vagues
THE TRENDEES : Abandoned hospital
PINEAPPLE RNR : All day
LUMPY AND THE DUMPERS : Ratas on las parades
TÔLE FROIDE : Maman a tort (Mylène Farmer cover)
MICK TROUBLE : Shut your bleeding gob you git
THE COWBOYS : Actors
BB EYE : Cherry cola
GSP : 20k band

S.A.V. : S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 12 septembre 2017

Emission raccourcie et un peu particulière cette semaine pour cause de…manif. Animateur déclinant mais playlist hardcore, punk et autres au taquet ! Au programme, que des nouveautés (ou presque) : du hardcore sombre donc (Lumpy and the Dumpers, Barcelona, Good Throb, Bad Breeding, Leather Jacuzzi, Limp Wrist), deux groupes locaux (Deletär, Tôle Froide), du punk (The Cowboy, Outcry, Citric Dummies, Suburban Homes, Pustostany, GG King), du synth-punk (Mark Cone), de la pop/indie (Mick Trouble, Slender, Piece War) et deux vieux morceaux aux paroles de circonstances (The Dicks, D.I.R.T.). Le tout, à écouter et à télécharger à partir des liens ci-dessous (playlist détaillée à la suite) :



Pour télécharger l'émission, cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous" - en cas de problème, répéter la même opération depuis la page suivante)

Playlist :

THE DICKS : Hate the police
THE COWBOY : The cowboy
LUMPY AND THE DUMPERS : Numbing agent
OUTCRY : It’s a joke
CITRIC DUMMIES : O.F.O.P.
CITRIC DUMMIES : Pet your dog
SUBURBAN HOMES : Unemployed
SLENDER : Magic
BARCELONA : La vida empuja
BAD BREEDING : The more the merrier
MARK CONE : Hoity toity boy
MICK TROUBLE : Second offence
GOOD THROB : Scum
PIECE WAR : Call on me
PUSTOSTANY : 2012
TÔLE FROIDE : Les Michel.le.s
GG KING : Another dimension
LEATHER JACUZZI : Leathrette spa
LIMP WRIST : They tell me
DELETÄR : Justice de bâtard
LUMPY AND THE DUMPERS : Ratas on las parades
D.I.R.T. : Democracy

Salaire minimum, accueil des migrants, sortie du nucléaire, mariage gay : Angela Merkel serait-elle de gauche ?

Les Allemands sont appelés aux urnes le 24 septembre pour renouveler leur Parlement. Angela Merkel a toutes les chances de remporter un quatrième mandat. Quel est le secret de cette longévité ? Conservatrice, prônant l'austérité en Europe avec les terribles conséquences sociales que l'on sait, sa politique ne peut cependant se résumer à cette dimension. C'est sous son gouvernement que l'Allemagne est sortie du nucléaire, que les énergies renouvelables se sont multipliées, qu'un salaire minimum a enfin été (...)

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Macron annonce la sortie de l’état de droit : et ça le fait rire…

Avec Macron et Collomb, ce qui est bien, c’est qu’il n’y a pas de filtre. En novembre, ont-ils dit, on sortira de l’état de droit… Euuh, d’urgence. Mais oui, on le savait un peu, mais […]

Clivage et discours dichotomiques au sommet

Emmanuel Macron, chef de l’Etat français [aux visages multiples] a fait un très beau discours humaniste à l’ONU. Janus Jupiter en action : La protection des réfugiés est un devoir moral et politique dans lequel la […]

Loi travail XXL : les dates et cartes des mobilisations en septembre

Face aux régressions sociales mises en œuvre par les ordonnances réformant le droit du travail, plusieurs mobilisations sont prévues d'ici fin septembre : une journée d'actions et de manifestations syndicales se déroule le 21 et « une marche contre le coup d'état social » est appelée le 23. Carte et lieux ci-dessous.
Jeudi 21 septembre, journée d'action syndicale, France entière : suite à la mobilisation du 12 septembre, la CGT lance un nouvel appel national à une journée interprofessionnelle de grèves et (...)

- ça bouge ! / , ,

Barré #6

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Ouvrir un numéro de Barré, c’est plonger dans un bain bouillant d’initiatives différentes, de pensées à contre-courant, de personnalités hors du commun ou d’une histoire non-officielle. Le numéro 6 de la revue n’échappe à la règle avec des reportages sur les méfaits de Monsanto au Burkina-faso, sur les salles d’injection légales au Danemark (vraiment instructif), la résistance des habitants de Vense ou le Roter stern, un club de foot alternatif et politisé à Leipzig. On y trouve également des interviews de Pakito Bolino – fondateur du Dernier cri, d’ailleurs en expo bientôt à Genève – ou de Franck Lepage à propos de la SCOP le Pavé et des conférences gesticulées.

D’autres tiennent plus du récit ou du témoignage, comme celui très stimulant sur la Borde, un centre de soin psychiatrique historique qui pratique des méthodes alternatives, ou un récit graphique sur le camp de squatters du bois de Vincennes.

Je regrette toujours que davantage d’articles ne touchent pas plus directement à la scène punk mais là, il y a quand même une « anti-discothèque des années 80 » choisie et aussi une rubrique « Fais-le toi-même » qui explique comment fabriquer un machine pour tester un montage électronique.

Voila, j’ai oublié un ou deux articles mais on ressort de cette lecture avec des idées plein la tête et l’envie de passer à l’action et c’est bien là l’essentiel. Soutenez Barré !

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Accord de libre-échange Ceta : les opposants demandent un référendum

« Ceta : Ne signez pas un chèque en blanc aux multinationales ! » C'est l'intitulé de la banderole déployée ce matin, 20 septembre, devant le Sénat, par les opposants à l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada. Cet accord, voté au Parlement Européen le 15 février dernier, va entrer en application provisoire demain, 21 septembre. Or, même la commission d'experts nommée par le Premier ministre Édouard Philippe a alerté sur le fait que « le climat est le grand absent de cet accord ». Ni le (...)

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Bure (Meuse) : Appel à organiser le soutien décentralisé à Bure dès ce soir ou dans les jours à venir

Bonjour à tous-tes !

Ici en direct de Bure où une opération de perquisition d’ampleur cible différents lieux. Ils ont notamment saisi la quasi intégralité du bureau de la Maison de résistance – photocopieuse comprise (heureusement, ils n’ont pas touché à notre chatte Minette qui aime se blottir). Et du matos. Etc, etc. Vitres pétées, portes fracturées, camarade embarqué pour « rébellion », habitants intimidés, contrôles filtrants, domiciles privés éloignés de Bure perquisitionnés avec petites questions sur la vie familiale de la personne, etc.

Bref, tout ça nous rappelle de grandes et touchantes heures de coups de filet sur les mouvements de lutte, même s’ils ne feront pas l’erreur de sortir cette fois-ci la qualification terroriste.

Là, sur le moment, nous nous sentons fragiles, vulnérables, choqué-e-s. C’est un vrai coup – même si cela fait des mois que nous nous y attendions. Mais on ne s’attend jamais vraiment, même quand on vit avec les flics partout, à les voir débarquer au coeur de nos lieux de vies, nos intimités, fouiller nos chambres, nos caravanes, camions, bureau, tout déplacer, fouiner avec leurs mains de mort tout ce qui constitue nos vies.

On ne s’attend jamais vraiment à ça, et ce qui nous fait tenir, ce qui nous donne de la force pour contre-carrer immédiatement leur opération politique, c’est de sentir tout le soutien et les messages d’affection et de pensées qui parviennent d’un peu partout.

Vu l’ampleur de la stratégie de tension déployée pour isoler et épuiser ce qui se joue à Bure, le soutien décentralisé est plus que jamais crucial et décisif.

Nous appelons donc, partout où vous êtes, via les comités ZAD/grands projets ou tout autre initiative, à organiser des rassemblements de soutien dés ce soir, ou dans les jours à venir, devant les Préfecture. Et à constituer, si ce n’est pas déjà fait, des comités de soutien. Pour faire face à la stratégie de la tension et affirmer la consistance de nos résistances, pour répondre par un sucroît de solidarité à ce qui vise à les affaiblir. Pour continuer de construire un mouvement d’ampleur qui, à Bure et ailleurs, refuse l’atomisation sous toutes ses formes.

Paris, Nantes, Grenobles, Bar-le-Duc ont commencé, il n’y a plus qu’à suivre. Envoyez les infos des rassemblement à l’adresse sauvonslaforet at riseup.net , nous nous chargerons de les compiler.

« Nous sommes corps à corps nous sommes terre à terre
Nous naissons de partout nous sommes sans limites. »

À très bientôt,

Des chouettes, hiboux et gravitant-e-s de Bure.

[Publié le 20 septembre 2017 sur vmc.camp.]

Liste des rassemblements prévus à ce jour :

  • Rassemblement de soutien organisé à Paris à 18h, appel à rassemblement au marché aux fleurs, métro Cité, à 18h. En solidarité également avec les camarades en procès de la voiture brûlée.
  • Rassemblement de soutien organisé devant la Préfecture de Bar-le-Duc à 17h30
  • Rassemblement à Nantes, rdv 18H à Commerce dans le cadre du Front Social.
  • Rassemblement à Grenoble, 17h30, au pied de la tour Perret, parc Paul Mistral, par le comité local de soutien contre les GPII. Assorti de ce message « BOn courage à vous, plein d’amour. Nik la BAC ».
  • Rassemblement à Nancy place Stanislas à 18h.
  • Rassemblement à Angers, 18h, devant la Préfecture d’Angers.
  • Rassemblement en cours d’organisation à Dijon.
  • Rassemblement en cours d’organisation en Alsace, on vous tient au courant dé sque possible.
  • Rassemblement en cours d’organisation à Reims, idem.

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