Autoradio : Autoradio - ACTU (22 10 2019)

Soyons honnêtes, l'année qui vient de se passer a eu son lot de drames pour la plupart d'entre nous. On dirait une faille cosmique, un trou noir de merde. C'est donc une émission dédicace ce mois-ci, qui s'intitule Partir. Elle a été pensée pour deux copines qui me sont chères, qui en ont chié et qui ont des projets de Partir. Le temps d'aller l'enregistrer, et Sainté perd un deuxième pote en deux mois. Le temps de la mettre en ligne et c'est à Paris que ça tombe. Alors la dédicace s'élargit, encore et encore. Alors prenez l'air si c'est ce qu'il vous faut, mais surtout prenez soin de vous, et prenons soin les uns des autres.

SNCF : l'accident qui montre que le « train sans contrôleur » est dangereux pour tout le monde

L'accident ferroviaire du 16 octobre révèle les graves problèmes de sécurité que font courir aux cheminots et aux usagers les trains régionaux qui roulent avec le conducteur comme seul agent SNCF à bord. Les trois quarts des TER dans les régions et tous les trains en Île-de-France sont concernés.
Mercredi 16 octobre, à 16h15, un TER de la ligne Reims-Charleville Mézières, en Champagne-Ardenne, percute un convoi exceptionnel resté bloqué sur la voie, à un passage à niveau. Le choc est violent. Le train (...)

- Résister / , , ,

Google et compagnie : main basse sur l'information

Depuis les années 2000, les géants du numérique n'ont cessé d'accroître leur influence dans la diffusion et la production de l'information. Aujourd'hui, de nouvelles formes de collusion sont à l'œuvre entre ces multinationales et les médias, au détriment du journalisme.

Note : cet article est tiré du dernier numéro de notre revue Médiacritiques, à commander sur notre boutique en ligne, ou à retrouver en librairie.

Le développement de l'usage d'Internet, à partir de la fin des années 1990, a bouleversé l'économie générale de la communication, et entraîné des transformations majeures dans le secteur des médias. Il a notamment conduit à la constitution d'un véritable oligopole dans le secteur de la distribution des contenus et des services en ligne. Les multinationales qui le composent sont désignées par un acronyme : GAFAM, pour Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft [1]. La montée en puissance de ces « géants du web » s'inscrit dans une évolution large de rapprochement du secteur des industries culturelles et médiatiques avec ceux des télécommunications et de l'informatique.


L'emprise des GAFAM


Les chercheurs Nikos Smyrnaios et Franck Rebillard ont étudié leur influence sur la production et la diffusion de l'information en ligne [2]. Ils expliquent la place centrale qu'occupent les GAFAM dans l'environnement numérique par leur rôle d'intermédiaires de l'information, ou d'infomédiaires. Ce rôle consiste à sélectionner, organiser, hiérarchiser et mettre à disposition des informations en ligne de manière personnalisée pour les internautes. Pour cela, sont élaborés des algorithmes complexes qui s'apparentent à des « boîtes noires » et qui contribuent à orienter les flux des informations. À ce titre, les GAFAM ont su se rendre indispensables, comme en témoignent les chiffres édifiants présentés par Nikos Smyrnaios [3] :

La fonction d'accès à l'information ou aux contenus en ligne est d'abord assurée par les moteurs de recherche. Dans ce domaine Google exerce une domination sans partage avec une part de marché mondiale de plus de 70%, dépassant les 90% en Europe. Dans le domaine de l'actualité, Google et Facebook sont les deux plus gros pourvoyeurs de trafic pour les sites d'information : ils totalisent plus de deux tiers du trafic entrant en moyenne en France comme aux États-Unis. Ils deviennent ainsi indispensables aux éditeurs de presse qui se trouvent dans l'obligation de se conformer à la fois à leurs exigences économiques et à leurs règles techniques.

Un des exemples les plus emblématiques des incursions des GAFAM dans la filière de l'information est la mise en place de Google News en 2002 aux États-Unis (un an plus tard, Google Actualités sera lancé en France). Ce service illustrait la capacité des algorithmes de la firme californienne à organiser les informations issues d'une multitude de sources et d'en organiser la consultation de manière individualisée. Son succès a permis à Google de se placer comme intermédiaire de premier plan entre les contenus des sites d'actualité et les internautes.

Ses concurrents ne sont cependant pas en reste, comme le montrent plusieurs enquêtes : la part de la population française ayant recours aux réseaux sociaux (comme Facebook ou Twitter) pour s'informer sur l'actualité atteindrait 45% en 2017 – jusqu'à 68% de la population états-unienne. Dans les deux pays, plus de la moitié des sondés utilisaient le téléphone portable à cette fin. Des pratiques convoitées par les GAFAM, et dont ils ont su tirer profit dès 2015 : le lancement d'Apple News, sur le modèle de Google News ; de Snapchat Discover et de Facebook Instant Articles, à destination des éditeurs de presse souhaitant adapter leurs articles sous forme de « snaps » [4] ou d'articles Facebook à chargement rapide – moyennant, bien sûr, partage des ressources publicitaires…


Les recettes publicitaires : entre coopération et compétition


Et c'est précisément là que le bât blesse. Les initiatives des géants d'Internet sur le terrain des entreprises médiatiques témoignent de leur rapport d'interdépendance, que Nikos Smyrnaios et Franck Rebillard qualifient de « coopétition » : coopération, d'une part, puisque les médias fournissent des contenus pour les infomédiaires qui, en retour, accroissent leur audience ; compétition, d'autre part, sur le marché de la publicité en ligne. En 2017 en France, en dehors des recettes publicitaires associées aux activités de moteurs de recherche (2 milliards d'euros captés à 90% par Google [5]), l'affichage de publicité contextuelle représentait 1,45 milliards d'euros répartis entre réseaux sociaux (669 millions), acteurs de la presse écrite (234 millions) et de la télévision notamment via les replays d'émissions (126 millions).

Dans la concurrence pour l'accès aux revenus publicitaires, les infomédiaires disposent d'une position stratégique, en amont des sites de presse. Le référencement des contenus de ces derniers leur permet de bénéficier d'une audience importante, monétisée sous forme de publicités. Mais cela ne va pas sans les protestations des éditeurs de presse, qui ont vu leurs revenus publicitaires fondre. Nikos Smyrnaios et Franck Rebillard évoquent les relations tendues entre le GESTE (groupement d'éditeurs de contenus numériques rassemblant les principaux médias nationaux français) et Google après le lancement de son service Actualités… ainsi que l'épilogue, dix ans plus tard :

À côté d'accords bilatéraux et ponctuels pouvant d'ailleurs donner lieu à versement monétaire, un accord collectif est finalement intervenu entre des entreprises médiatiques et un infomédiaire majeur, devenus si interdépendants qu'ils n'avaient finalement plus d'autre choix que de s'entendre.

En 2013, sous l'égide du Président de la République François Hollande, un fonds financé par Google (Fonds pour l'innovation numérique dans la presse) et cogéré par une association constituée de représentants des principaux newsmagazines et quotidiens nationaux français (Association de la presse d'information politique et générale) a été créé, se substituant d'ailleurs à une partie des aides publiques à la presse.

La mise en place de ce fonds a été critiquée par certains acteurs de la filière (en particulier les pure players par l'intermédiaire de leur syndicat professionnel Spiil) au motif que ses subsides étaient réservés aux médias les plus établis et conditionnés à l'utilisation des outils et des services de Google [6].

Ainsi est-on progressivement passé d'un rapport de coopération/compétition entre les médias et les infomédiaires à une vassalisation des premiers par les seconds. Une nouvelle étape est même encore franchie, selon les deux chercheurs, avec les nouveaux services de consultation de l'actualité mentionnés précédemment (Apple News, Snapchat Discover, Facebook Instant Articles). Dans le cadre de ces partenariats, les médias passent bien souvent par les régies publicitaires des GAFAM pour commercialiser leurs espaces de publicité, « parachevant le processus de délégation de leur activité de vente de publicité en ligne [7] ».


L'ingérence éditoriale des géants du numérique


Mais, au-delà de la question publicitaire, c'est surtout la question de l'impact de la mainmise des géants du numérique sur la production de l'information et ses formats qui est posée. Dans les années 2000 déjà, les éditeurs de presse en ligne étaient confrontés aux exigences du Search Engine Optimization (SEO), c'est-à-dire à « l'optimisation » du contenu des articles de sorte à maximiser leur visibilité sur les moteurs de recherche, et ainsi, l'audience – désormais mesurée instantanément à travers différents indicateurs. Autant de contraintes devant être prises en compte en amont par les journalistes, dans le choix des angles et la production des contenus (articles, vidéos…). Pour Nikos Smyrnaios et Franck Rebillard, l'emprise croissante des GAFAM s'est ainsi traduite par une accentuation des interventions uniformisantes des infomédiaires sur le fond (choix éditoriaux et du mode traitement journalistique) comme sur la forme (mises en page adaptées aux différentes plateformes notamment).

Ces interventions peuvent notamment prendre la forme de relations étroites entre les équipes éditoriales de certains médias et des infomédiaires dans le cadre des différents partenariats mis en place. C'est par exemple le cas, depuis 2016, entre Snapchat et la « Snapteam » du Monde, mais pas seulement… Le 5 septembre 2019, Facebook annonçait de nouveaux partenariats avec Le Monde, Brut et BFM-TV, visant à produire des contenus exclusifs pour Facebook Watch, une plateforme vidéo hébergée sur le réseau social. Dans le cas du Monde, en plus des fonds que lui octroie Facebook pour financer la « lutte contre les fake news » [8], le journal produit depuis la rentrée 2019 une série vidéo de 44 épisodes hebdomadaires consacrés à l'environnement. Nul doute que dans un tel cadre, les reportages sur les gros pollueurs du net vont fleurir dans les colonnes « facebookées » du Monde ! Mais qu'importe. Entre Louis Dreyfus, président du directoire du quotidien « de référence » et Laurent Solly, vice-président de Facebook pour l'Europe du Sud, le courant passe à merveille. Le premier ne manque pas de remercier Facebook d'être un « levier de croissance », faisant grimper en flèche le nombre d'abonnés digitaux, tandis que le second se félicite que la « culture marketing » soit désormais digérée :

Si, au départ, il a été difficile, pour les équipes du Monde, de partager la culture du marketing digital, le travail a été commun pour adopter nos pratiques au profit des services du quotidien. Nous avons donc identifié des bassins d'audience pour construire des parcours d'abonnement personnalisé. Et ce, via la promotion d'articles personnalisés, l'installation d'application, puis les offres d'abonnement, sans oublier, ensuite, les outils de fidélisation. [9]

Quant à BFM-TV, le rendez-vous est dorénavant quotidien sur Facebook Watch : depuis septembre 2019 en effet, l'animateur du soir Bruce Toussaint prend les rênes du programme « Bonsoir Bruce », qui, tout en n'excédant jamais les 10 minutes, prétend « approfondir l'événement d'actualité du jour grâce à l'expertise de la rédaction et une narration percutante. » [10] Vous avez dit misère ? Ainsi au-delà de la collusion entre médias et géants du numérique sur la gestion commerciale de la publicité, les relations étroites nouées entre les GAFAM et les médias ajoutent la dilution du journalisme dans le moule éditorial des grandes plateformes.


Menaces sur le pluralisme


Bien sûr, le développement d'Internet n'a pas apporté qu'un lot de mauvaises nouvelles pour le journalisme. Le « tournant numérique » a aussi rendu possible, en réduisant les coûts de diffusion, la mise à disposition d'une quantité considérable d'informations pour un large public ; ainsi que le développement de médias différents : sites d'information en ligne indépendants ou médias associatifs (comme par exemple… le site d'Acrimed). Autant d'initiatives s'efforçant d'apporter leur contribution au pluralisme médiatique malgré les contraintes économiques, autant de pratiques du journalisme affranchies de la course à l'audience et aux revenus publicitaires qui caractérise les grands médias.

Mais toujours est-il que dans l'écosystème médiatique, ces initiatives demeurent marginales, en particulier en comparaison avec l'influence considérable dont bénéficient les géants d'Internet. D'autant que la visibilité de la presse indépendante en ligne demeure, au moins en partie, dépendante des grands infomédiaires ; et que la visibilité accrue des médias « partenaires », acceptant les termes des GAFAM, se fait au détriment d'acteurs de plus petite taille et d'une information différente. Comme le note Nikos Smyrnaios, contrairement à certains discours enchanteurs sur les GAFAM, ces derniers « œuvrent moins en faveur de la diversité des opinions et du pluralisme culturel et politique qu'au profit d'une marchandisation accrue de la culture, de l'information et des rapports sociaux ».

Les GAFAM pourraient même contribuer à une forme de censure plus ou moins insidieuse. Plusieurs cas de décisions arbitraires en témoignent : fin août 2019 en France, l'audience de plusieurs pages Facebook de collectifs militants a brutalement chuté, sans que la raison en soit connue [11]. Un an auparavant, au nom du combat contre les « fake news » et l'ingérence des puissances étrangères, Facebook supprimait aux États-Unis plusieurs centaines de comptes d'activistes et pages de collectifs de gauche. En 2017, c'était Google qui était montré du doigt suite à la chute vertigineuse de plusieurs sites de gauche socialiste et anti-guerre [12].


***


Plusieurs multinationales disposent ainsi d'un pouvoir sans précédent sur la circulation et la production de l'information. La mainmise des GAFAM pose assurément une question démocratique majeure. Elle appelle différentes formes de réponses, comme le renforcement – nécessaire – des médias indépendants (et une vigilance quant à la réalité de cette indépendance vis-à-vis des géants du numérique). Mais elle appelle également une réponse politique. Celle-ci doit prendre la forme d'une réglementation ambitieuse et stricte du secteur des médias et des télécoms. L'information doit être un bien commun, et non une marchandise ou un levier d'influence dans l'escarcelle de grands groupes privés.


Frédéric Lemaire


[1] Liste à laquelle il conviendrait d'ajouter, pour l'Asie, des multinationales telles que Alibaba, Baidu ou Tencent.

[2] Voir Franck Rebillard et Nikos Smyrnaios, « Quelle "plateformisation" de l'information ? Collusion socioéconomique et dilution éditoriale entre les entreprises médiatiques et les infomédiaires de l'Internet » Tic&société, Vol. 13, N° 1-2, 2019.

[3] Nikos Smyrnaios, Les GAFAM contre l'Internet, une économie politique du numérique, INA, 2017.

[4] Les « snaps » sont de courts messages vidéo ou photo, échangés par les internautes sur l'application Snapchat.

[5] Ces recettes sont liées aux « liens sponsorisés », lorsqu'une entreprise paie Google pour apparaître en tête des résultats affichés sur le moteur de recherche.

[6] Voir Franck Rebillard et Nikos Smyrnaios, op. cit.

[7] Ibid.

[8] Facebook finance aussi Libération pour Checknews, ainsi que pour d'autres médias ayant développé des programmes similaires. La stratégie de Facebook en ce domaine a été intensifiée en 2017, notamment au travers du programme « Facebook Journalism Project », censé, comme le rapportait Le Monde (13 juil. 2017), « "aider" les médias, après une série de polémiques liées notamment à l'élection de Donald Trump et au rôle des "fausses informations" ».

[9] Propos rapportés dans l'article « Le Monde et Facebook intensifient leur partenariat », emarketing.fr, 5 septembre 2019.

[10] « BFMTV lance "Bonsoir Bruce", un programme quotidien inédit sur Facebook Watch », BFM-TV, 6 sept. 2019.

[11] Voir « Facebook anéantit l'audience d'une partie de la gauche radicale », Mediapart, 29 août 2019.

[12] Voir « Facebook escalates censorship of left-wing, anti-war organization », WSWS.org, 23 août 2018.

Haïti : « Seule la justice sociale permettra un retour à la paix et à la stabilité »

Le Collectif Haïti de France s'inquiète fortement de la crise sociale, politique et humanitaire sans précédent qui touche Haïti. « La corruption et l'impunité ne peuvent plus être tolérées », souligne le collectif. Tribune.
Le Collectif Haïti de France, association de défense des droits humains regroupant 80 associations de solidarité avec des partenaires haïtiens, s'inquiète fortement de la crise sociale, politique et humanitaire sans précédent qui touche Haïti.
La colère du peuple dure depuis plus d'un an (...)

- Débattre / , , ,

« Rétablir l'état de droit face à ces nouveaux despotes que sont les multinationales et les marchés financiers »

Les Nations-Unies travaillent à un nouveau traité pour contraindre les multinationales à respecter les droits humains et l'environnement. En France, une loi impose, depuis 2017, un « devoir de vigilance » aux grandes entreprises, à leurs filiales et sous-traitants. Cet outil juridique mettra-t-il fin à leur quasi impunité ? Explications de notre journaliste Olivier Petitjean, via ces bonnes feuilles tirées de son ouvrage Devoir de vigilance. Une victoire contre l'impunité des multinationales.
Le 27 (...)

- Résister / , , , , ,

Le Blog De La Distro : Nouveauté dans la distro 21/10/2019

Oyez Oyez !!
Je viens de rentrer quelques galettes et dans le lot y a du lourd

Kromozom 4 ‎– Hardcore Fun – à Boire Et à Manger (Et D’Autres Vieux Trucs Dedans)
Compilation regroupant les titres de la demo de 1984 au son d’époque, des titres rares de 1986 et 2017 et des reprise
http://ladistroelleamauvaisehaleine.fr/shop/index.php?route=product/product&product_id=718

 

 

Barrel Kick ‎– From The Past … To The Future
12 titres de Punk Rock band from Rennes avec des anciens Happy Kollo et Ebola aux manettes, leur 1er album
http://ladistroelleamauvaisehaleine.fr/shop/index.php?route=product/product&product_id=717

 

 

Humandogfood ‎– Apathy
Repressage en version picture disque du 1er album de Humandogfood (qqqquuue c’essssst joooooolllliie) avec toujours c’est 12 titres de punk à la holandaise (Antidote ca te parle?)
http://ladistroelleamauvaisehaleine.fr/shop/index.php?route=product/product&product_id=716

 

 

Sordid Ship ‎– Sordid Ship
Le 1er album de Breton de Sordid Ship. 9 titres de punk tendance hardcore avec pleins de relant surf (et ouai) sur un vinyle tout bleu avec le chanteur de Coupe Gorge au micro
http://ladistroelleamauvaisehaleine.fr/shop/index.php?route=product/product&product_id=715

 

 

Goo Goo Eyed – You can’t stop loving me
Le 1er Ep du cover band rock soul 60’s de Reims avec top’s et christelle des western specials
http://ladistroelleamauvaisehaleine.fr/shop/index.php?route=product/product&product_id=712

 

 

 

 

Et quelques livres

Pogo
Regards sur la scène punk française (1986-1991)
Photos de Roland Cros
Préface de Marsu (manager de Bérurier noir, Lucrate Milk…)
Co-édition avec Archives de la zone mondiale
http://ladistroelleamauvaisehaleine.fr/shop/index.php?route=product/product&product_id=714

La véritable histoire de beethoven
Années 80, il était une fois dans l’Est (de la banlieue parisienne), entre le RER et la nationale 19, une bande de jeunes créteux (ou presque) qui avaient décidés que puisque le punk c’était de choquer le bourgeois et bien eux, ils allaient choquer les punks. Ainsi sont nés les Ludwig Von 88. Des débuts dans des lieux improbables jusqu’à la scène de l’Elysée Montmartre en passant par des tournées « Punk, Anarchie et Confettis » en LN aux quatre coins de l’hexagone, de l’Espagne et de la Suisse au son du « pouika pouika » de la fidèle boite à rythme, l’histoire des quatre premières années de vie de ce groupe de rock alternatif nous est narré pendant 108 pages mêlant dessins et photos d’archives par Laurent-Ex-Laurent.
http://ladistroelleamauvaisehaleine.fr/shop/index.php?route=product/product&product_id=713

Pour tout le reste de la distro c’est par là : http://ladistroelleamauvaisehaleine.fr/shop/index.php?route=common/home

Et aussi si tu veux nous rencontrer en vrai on sera le 2 novembre aux 3 pièces à Rouen pour un concert Keponteam avec Rollin Wankers, Les Fossoyeurs Septik et Psycho Squatt
Si tu veux réserver des trucs envoi un mail qu’on te mettes ça de coté

 

Actu punk on the web : Punk is dead, get a job ! (Punxforum.net)

"Oiez Oiez

Et ui, le monde va être sauvé (ou pas), Punk is dead, get a job ! est de retour sur les ondes bio et durables.

Pour cette 1e de la saison 2 (ouais ouais comme sur Netflix ouais), on va se lancer sur le début d'une longue série, le Hardcore. Comme du punk, mais en plus sauvage.

Les rubriques qui ont fait notre gloire seront évidemment là (Cave à Master P, Points Goulag, No God No Raymond...), bref, tu seras devant ta radio.

Les horaires ont pas changé, lundi 21, à 22h en direct sur 93.3 ou là http://campus-clermont.net/ .

La bize."

Permalien

Anthropocène … de crime contre l’humanité ?

Anthropocène : Ère qui débute lorsque les activités humaines ont eu une incidence globale significative sur l’écosystème terrestre.

La terre a environ 4,5 milliards d’années…

Notre espèce, « sapiens-sapiens », apparaît il y a environ 300 000 ans…

Et découvre l’agriculture il y a environ 10 ou 12 000 ans…

La Révolution Industrielle démarre vers 1850

Notre espèce n’aura mis que quelques dizaines d’années à saccager notre biotop…
Avec nos copains Val, chimiste de formation et consultant en environnement, et Gilles, biologiste…

Cet article Anthropocène … de crime contre l’humanité ? est apparu en premier sur Polémix et la voix off.

sous pression! #458

artiste – album – titre

kronstadt – oi! l’album volume II – commune
ultra razzia – oi! l’album volume II – sanglantes certitudes
brutal chérie – antisocial et brutal – bêtise humaine
pavasse – pavasse – réveille-toi
8’6 crew – green and white ska – tu voulais dire stop
les happycuriens – leshappycuriens.mid – jeunesse oubliée
dynamite express – dynamite express – à bout de souffle
descarados – el canto de los humildes – columnas
descarados – el canto de los humildes – espacios
nina et les fils de – désensibilisation – psychotique
nuage flou – conversations avec nuage flou – nuits
12xu – on largue les amarres – le temps qui passe
mode alarme – walls…red lines…dangerous times – les temps ne changent pas
chaviré – maintenant que les flammes sont partout – alice, 1977
cuir – single single – trou noir
collision – la vie s’échappe – sale histoire
grabuge – oi! l’album volume II – pourquoi attendre
action sédition – rapport de force – no you can’t

clic droit pour télécharger

oi! l’album vol 2 (comp)

Arlon (Belgique): occupation les 26-27 octobre 2019 contre la destruction de la sablière

Bonjour à tous-tes,

Au sud de la Belgique, près de Luxembourg, Les Amis de la Sablière disent NON A LA DESTRUCTION DE LA SABLIÈRE D’ARLON.

L’ancienne sablière de Schoppach, située en périphérie de la ville d’Arlon, est répertoriée comme ZONE DE GRAND INTÉRÊT BIOLOGIQUE par la Région Wallonne en raison des nombreuses espèces qui y ont trouvé refuge, dont l’hirondelle des rivages, le triton crêté, deux espèces de papillons menacées et plusieurs plantes protégées. Avec ses 30 Ha, elle constitue également une zone tampon entre l’autoroute et le quartier d’habitation de Schoppach.

Malgré cela et au mépris des revendications des riverains, la sablière est menacée de bétonisation par un projet de ZONING pour PME comprenant bureaux et parkings, depuis son rachat auprès de la commune par l’inter-communale IDELUX-AIVE.

Voyant de multiples projets économiques, immobiliers et touristiques menacer de partout notre territoire, voyant notre impuissance à contester ces projets en usant les voies démocratiques, voyant l’écologie sacrifiée et la démocratie bafouée au nom d’un développement économique qui se croit incontestable, NOUS APPELONS A UNE OCCUPATION DE LA SABLIÈRE les 26 et 27 OCTOBRE dès 13H, qui prendra la forme d’un village de tentes.

À travers cette occupation symbolique, nous voulons montrer que nous sommes fermement opposés à ce énième projet destructeur et dénoncer le déni démocratique inhérent à de nombreux projets d’aménagement du territoire. Ce sera également l’occasion d’appeler à la première assemblée d’un Front commun des luttes de territoires et de souligner par ailleurs la nécessité d’agir concrètement pour le Climat, notamment en recentrant la problématique climatique sur la destruction des territoires et leurs écosystèmes spécifiques.

Les Amis de la Sablière

Vitry-Ivry (94): carnaval et 3 ans du Pylos, les 26 et 27 octobre 2019

Bien le bonjour,

Le 26-27 octobre sur Ivry/Vitry (94) ne sera pas un week-end classique.
Rien que deux jours de festivités pour le carnaval et les 3 ans du Pylos.
Deux jours pour affirmer qu’on existe et qu’on lutte ensemble.
Trêve de blabla, sans attendre la programmation de ses deux jours de folies.

SAMEDI 26:

Carnaval et marche populaire, départ de la place de la mairie d’Ivry à 15h.

L’hiver approche, il est temps pour les humains et les animaux de se mettre à l’abri.

Ce ne sont pas les coquilles vides qui manquent: trois millions de logements sont vacants en France ! Le Bernard l’Hermite et ses amis s’organisent pour s’y installer et leur redonner vie.

Célébrons ses drôles de bêtes par une déambulation sauvage à travers Ivry et Vitry, à la découverte de lieux étranges qui ont repris vie…

Rejoins-les, dans ta tenue la plus animale, pour réclamer la fin de l’ère des coquilles vides!

De lieux en lieux pour débarquer en fanfare au Pylos à 19h pour une soirée-concert mémorable.

Des concerts:

– Pépin et ses Pommettes, ukuléliste déjantée et ses joyeux compères
Diavolina Propulsion, surf-rock montreuillois
Sambuca soundsistema
– Torve, fusion audio-visuelle

En bonus des trucs à voir, à boire, à manger et à entendre.
Le Pylos de l’intérieur, des bars comme tu n’en as jamais vu, mais pas de spoil, c’est une surprise 😉
La fin de la soirée est prévue à 01h.

DIMANCHE 27:

Aprés-midi au calme au Pylos, on ouvre sans crainte ni remords à 15h, au menu:

– Le collapso logis : expérience théâtrale dans un monde effondré présenté par La Bricolette.
– Spectacle sur l’équilibre et le déséquilibre dans la construction d’un monde. Le tout avec un château de cartes en carton par Martial Visciano.
– Les malfaiteurs alchimistes sont de retour, un spectacle, une marionnette habitée par un émigré du Pylostan.
– Interludes engagés et humoristiques par Le Collectif des Gueux.
– Apocalypse Survivors : Jeux coopératifs de constructions grandeur nature.
– Jeux d’arcade vintage avec MED Arcade.
– Tube Machin, une installation sonore tout en tube made in Pylos.

Mais ce n’est pas tout, des Ateliers où tu apprends à faire !

– Initiations à la maroquinerie et au travail du cuir avec Atelier Q-Tanné.
– Initiations à la forge avec Forge et itinérance.
– Réparation vélo avec le Véloss, l’atelier vélos du Pylos.
– Le Cinéma du Pylos, pour des projections engagées sur le mal-logement.

Entrée Libre / Déguisement Conseillé

Le Pylos, 231 rue Gabriel Péri, 94400 Vitry-sur-Seine

Athènes (Grèce): reprise des évacuations de squats à Exarcheia

Alerte en ce moment à Athènes :

Après une longue pause, le gouvernement grec a décidé de frapper à nouveau. Ce matin [mercredi 16 oct. 2019], deux squats sont en cours d’évacuation par la police, des agents de renseignement, la police antiterroriste, des MAT (CRS) et des employés de la voirie de la mairie d’Athènes.

Le pouvoir a choisi de frapper le squat Hôtel Oniro, un squat de réfugiés/migrants que nous connaissons bien, voisin du Notara 26, et un autre squat, celui-là fantôme (ouvert en avril et quasiment abandonné), au croisement des rues Éressiou et Thémistokléous, c’est-à-dire juste à côté du K*Vox, base de Rouvikonas et de la structure autogérée de santé d’Exarcheia (ADYE).

Il y a donc clairement une volonté du gouvernement de soigner son image, après avoir été ridiculisé ces derniers temps par la mobilisation dans le quartier(1), mais aussi hors des frontières(2).

Le fait d’avoir choisi deux squats très proches du Notara 26 et du K*Vox n’est probablement pas le fruit du hasard : le Notara 26 est très actif dans la résistance du quartier et c’est le plus ancien des squats de réfugiés/migrants à Athènes, dans un immeuble appartenant au ministère du travail, et le K*Vox est sans doute le lieu le plus stratégique et symbolique d’Exarcheia, avec un grand espace donnant sur la place qui sert de base au groupe Rouvikonas et dont le côté droit héberge le dispensaire médical autogéré du quartier. Notara 26 et le K*Vox sont également deux des principaux squats de l’assemblée du quartier nommée No Pasaran, à l’initiative de nombreuses manifs et actions. Bref, le pouvoir a voulu envoyer un signal fort à l’encontre de ces lieux, mais sans oser les attaquer pour l’instant.

On peut également remarquer que cette nouvelle offensive de l’État grec se produit deux jours après l’inculpation de plusieurs membres de Rouvikonas pour 4 actions à la fois, notamment les attaques de l’ambassade et du consulat de France en solidarité avec les victimes de la répression dans l’hexagone(3).

Comme on peut le voir sur les photos placées sous la carte du quartier, tout est fait pour essayer d’empêcher de photographier les enfants raflés. Des enfants et adultes qui vont être envoyés à la direction de la police des étrangers, puis dans des camps pour la plupart. Ces camps grecs(4) qui sont la honte de l’Europe : où tant de personnes sont entassées, humiliées, martyrisées et trouvent parfois la mort (incendies, intempéries, rixes, intoxications alimentaires, maladies…).

Autrement dit, le pouvoir rafle des gens qui vivaient paisiblement dans leur lieu, en autogestion, avec des assemblées, un peu comme une grande famille recomposée et solidaire, pour les séparer et les envoyer vers des lieux pour la plupart fermés, froids, austères, autoritaires et mortifères.

Une fois de plus, le pouvoir est un voleur de vies.

Une trentaine de réfugiés dont beaucoup d’enfants ont ainsi été raflés au squat Hôtel Oniro. Par contre, dans le squat fantôme de la rue Éressiou, il n’y avait qu’une seule personne : un étranger selon le communiqué de la police copié-collé à l’identique par les agences de presse, puis régurgité par les médias mainstream à la botte du pouvoir.

Rappel des évacuations précédentes (par trois fois) :
– le 26 août, dans « Exarcheia sous occupation policière »
– le 19 septembre, juste à côté d’Exarcheia, à l’ouest
– le 23 septembre, juste à côté d’Exarcheia, à l’est

Plus que jamais, nous appelons à soutien pour continuer à faire pression sur les autorités grecques partout dans le monde, notamment sur les ambassades et les consulats.

En Europe comme en Orient, le pouvoir est un fossoyeur d’utopie, mais nous sommes des graines, nous ne manquons pas d’idées pour riposter et nous sommes bien plus nombreux/ses qu’il le croit. Rien n’est fini, ni à Exarcheia ni ailleurs.

Yannis Youlountas (avec d’autres compagnons de lutte du quartier)

Notes:
(1) Par exemple, un réoccupation symbolique et festive du squat Spirou Trikoupi le 20 septembre ou encore l’annonce délirante du président du parlement grec, aux côtés du nouveau chef de la police, qui veut bâtir «une ligne Maginot contre Rouvikonas».
(2) Des actions et soutiens sur tous les continents (…).
(3) Convoqués avant-hier, Giorgos et Nikos de Rouvikonas viennent d’être inculpés pour l’attaque de l’ambassade et du consulat de France (en solidarité avec les victimes de la répression dans l’hexagone).
(4) Incendies puis inondations, récemment dans le camp de Moria à Lesbos.

[Publié le 16 octobre 2019 sur le blog de Yannis Youlountas.]

Nantes: expulsion de la Maison du peuple

Une fois de plus, le préfet de Loire-Atlantique a choisi d’employer la méthode «force et peur» pour procéder à l’expulsion des habitant.e.s (dont un grand nombre de femmes et enfants) de la Maison du peuple, rue Jules Ferry à Nantes [ce mardi 15 octobre 2019].

Ce n’est pas moins de 18 fourgons de police qui ont cerné le bâtiment au petit matin. Les forces de l’ordre ont défoncé une porte arrière pour pénétrer dans le lieu et mettre à la rue les occupant.e.s. Puis ils ont formé un cordon dit «de sécurité», pour empêcher toutes personnes de pénétrer dans cette zone, tenant à l’écart les journalistes et militants présents dans la rue.

Les familles étaient contraintes de rester dans la rue, sous la pluie, sans aucune prise en charge immédiate.

Des militant.e.s présent.e.s ont alors décidé d’occuper une salle de la mairie annexe de Doulon pour que ces familles se remettent de la violence subie ce jour.

Comme par «enchantement», des solutions étaient enfin proposées en fin de matinée, avec des hébergements provisoires à Clisson (…) et sur Nantes.

Pourquoi pas avant l’expulsion par la force ?

Nous dénonçons :

– la méthode employée, alors que les occupant.e.s avaient acté de quitter ce lieu dans les délais négociés avec le propriétaire.

– l’attitude des forces de l’ordre, bien trop nombreuses et se permettant d’exercer une violence inacceptable, ainsi que le coût exorbitant pour une évacuation qui se serait très bien passée sans un tel déploiement de force (sic).

– l’inaction des services de l’État pour trouver des solutions avant expulsion pour ces familles en très grande détresse sociale.

Nous demandons et exigeons :

– que cessent de pareilles pratiques pour l’évacuation des légitimes réquisitions citoyennes (sic), et que soit privilégiée la négociation (sic). C’est au Préfet d’y mettre fin !

– un moratoire sur les expulsions sans solutions, car les mises à la rue ne sont plus acceptables.

– que les services 115/SIAO/CAO/CADA soient renforcés en termes de moyens et d’intervenants.

– que les collectivités locales trouvent des hébergements pérennes et stables pour tou.te.s celles et ceux qui actuellement vivent dans des conditions de vie indignes de notre pays, en réquisitionnant les logements vacants ou bâtiments pouvant faire office de lieu d’hébergement.

– que l’accès au logement autonome se fassent réellement et plus rapidement, dans le cadre du plan «Logement d’abord» qui tarde à se mettre en application.

– que les décisions des tribunaux administratifs, obligeant l’État à mettre en œuvre l’hébergement des requérant.e.s, soient respectées dans les termes fixés et pour une période sans discontinuité (pas de remise à la rue).

– l’application stricte de la loi DALO pour les personnes et familles en errance sociale.

Un toit pour toutes et tous sans distinctions, c’est un droit et c’est la loi ! (sic)

Communiqué du Dal 44 en PDF.

Email de contact: nantes.dal44_AT_laposte.net

Img_49551-medium

Img_53961-medium

[Publié le mercredi 16 octobre 2019 sur Indymedia-Nantes.]

Saint-Victor (12): communiqué de la part des habitant-e-s de feu la libre commune de l’Amassada

Bonjour à toustes,

Nous avions envie de nous retrouver aujourd’hui pour écrire collectivement un texte narrant l’expulsion de l’Amassada de notre point de vue, nous qui avions fait le choix depuis plusieurs mois d’y vivre de manière permanente.

Aujourd’hui, une semaine et demie depuis la destruction de notre maison, nous avons enfin trouvé un lieu oû nous poser, nous reposer. Juste après les expulsions nous nous sommes retrouvé-e-s sans logement -heureusement nous avons pu compter sur l’accueil d’ami-e-s pour nous héberger- et nous avons dû faire face au cours de la semaine à l’arrestation de plusieurs de nos ami-e-s et camarades.

Ce n’est qu’aujourd’hui alors que nous avons un nouveau lieu, que nous prenons plus conscience de ce que nous avons perdu et de qui est arrivé. L’émotion nous prend en écoutant une amie raconter son ressenti de ce qu’il s’est passé mardi 8 octobre. En fait nous nous rendons compte que nous ne sommes pas prêt-e-s à écrire un texte relatant la nuit et journée de mardi…

Voir son habitat se faire détruire, les différentes constructions que nous avions baties tout autour, la vie que l’on y avait créée, tout ça balayé en une matinée par des monstres de fer et leurs stupides soldats. Le transformant en une surface sans vie, grillagée.

Egalement nous ressurgissent en mémoire tous les moments passés, les joies, les colères, les pleurs, les liens qui s’y sont crées.

Ils ont beau avoir détruit notre lieu de vie, cela ne remet aucunement en cause notre détermination à combattre ce projet et son monde qui va jusqu’a faire du vent une ressource lucrative.

L’ironie du sort fait qu’aujourd’hui nous nous retrouvons à habiter dans une maison face à l’actuel transformateur de Saint Victor et Melvieu, au lieu de Le Planol.

Vous êtes les bienvenu-e-s pour nous visiter, nous rejoindre, pour préparer la suite et notamment le grand week-end de résistance des 1-2-3 novembre.

Comme l’a dit un ami : « Ils vendent le vent, soyons tempêtes ».

Pas res nos arresta.

L’Amassada en exil
De la plaine au planol, le 17 octobre 2019

Contact: amassada@@@riseup.net

l'ayatollah du rock : [the Sisters of Mercy] i was right (to be there)

Date : samedi 19 octobre 2019   Le Bataclan affiche complet en ce samedi soir, un public pas très jeune, mais plutôt apte à dépenser des sous, que ce soit au bar ou au merch' (30€ le t-shirt, 50€ le sweat, ce sera sans moi !), et si je ne [...]

Droit d'informer : Nous ne devons pas nous habituer aux intimidations, aux gardes à vue et aux poursuites judiciaires

Acrimed cosigne cette tribune, parue sur le site Rapports de force. Elle fait suite à l'interpellation et à la convocation en justice du journaliste indépendant Guillaume Bernard, qui couvrait une manifestation des gilets jaunes à Toulouse [1].

Droit d'informer : Nous ne devons pas nous habituer aux intimidations, aux gardes à vue et aux poursuites judiciaires


Le journaliste Guillaume Bernard qui écrit pour les sites d'information Rapports de force, EcomNews, et le magazine Sans Transition, a rejoint la longue liste des journalistes inquiétés cette année par les forces de l'ordre. Pour son 48e samedi de couverture des manifestations des gilets jaunes à Toulouse où il diffuse A Rebrousse Poil, un petit journal papier gratuit, notre collègue a été arrêté par des policiers. Ceux-ci l'ont accusé de jets de projectile sur les forces de l'ordre. Une accusation évidemment infondée.

Pourtant Guillaume Bernard, en plus d'être empêché de poursuivre son travail de couverture de la manifestation du 12 octobre, a dû subir une garde à vue de 24 h, prolongée d'encore quelques heures, avant que le parquet ne décide d'abandonner les charges incongrues de jets de projectile. Malgré tout, il est ressorti du commissariat avec une convocation devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour le vendredi 18 octobre. Il devra y répondre de l'accusation farfelue de rébellion. La version policière est contestée par un témoin décrivant une arrestation dans le calme, et contredite par une vidéo montrant le journaliste embarqué sans opposer de résistance par les forces de l'ordre.

Ce n'est pas parce que le nombre de journalistes entravés dans leur métier d'informer, interpellés, voir même placés en garde à vue ou poursuivis ne cesse d'augmenter que nous devons nous habituer à ces intimidations. Nous observons ces derniers mois de trop nombreuses entraves à la liberté d'informer. La convocation de trois journalistes et du directeur de publication de Mediapart lundi 14 octobre par le parquet de Paris pour un article sur l'affaire Benalla en est une énième illustration.

Il est inacceptable que les pouvoirs publics limitent ou empêchent les journalistes d'informer le public. C'est pourquoi nous réclamons la relaxe pure et simple de Guillaume Bernard. Une condamnation ne serait en l'espèce que l'octroi d'un permis d'empêcher les journalistes de faire leur métier.


Premiers signataires


Rédactions : Acrimed, Bastamag, Fakir, Mensuel Le Ravi, Radio GI.NE, Rapports de force, Rue89 Lyon, Sans Transition, Street Press, Street Politics, La Mule du pape, Alternative libertaire, L'Anticapitaliste hebdo


Journalistes : Pouria Amirshahi (directeur de publication de Politis), Syrine Attia, Nathalie Auphant (Actualités Sociales), Maxime Bayce, Asma Benazouz, Ingrid Bergo, Jonathan Bondelet (Actualités Sociales), Sarah Bos (Actualités Sociales), Magali Chouvion (Sans Transition), Jean Constance (cofondateur Radio GI·NE), Maïa Courtois (Actualités Sociales), Guillaume Davranche, Élise Denjean (Europe 1), Camille Desmaison-Fernandez, Solène de Larquier, David Dufresne, Ivan du Roy (Bastamag), Marion Esquerré, Elsa Gambin, Martin Goillandeau (CNN International), Raphaël Guillet, Eléonore Hughes, Antoine Jégat, Alexis Kraland, Didier Labertrandie, Samuel Lacroix (Philosophie magazine), Maëlle Lecointre, Lorrie Le Gac (cofondatrice Radio GI.NE), Emeline Le Naour, Quentin Lepoutre, Victor Mallétroit (France 2), Maxime Martinez, Nicolas Mayart, Edwy Plenel (Mediapart), Stéphane Ortega (Rapports de force), Antoine Piel, Clothilde Ravel (Afrique intelligence), Maxime Ricard (Actualités Sociales), Emmanuel Riondé, Jean Baptiste Rivoire (Canal+), Mathilde Saliou (Mind Fintech), Nesrine Slaoui, Léo Tixador, Stéphane Trouille (reporter vidéaste indépendant), Stan Vignon, Lucas Wicky, Gilles Wullus (Politis), Sarah Younan (Radio Gi.ne)


Collectifs/organisations : Les Amis du Monde diplomatique Toulouse, Collectif Ricochets, SNJ- Solidaires, SNJ-CGT, Université populaire de Toulouse, Fondation Copernic 31, Union syndicale Solidaires, Union communiste libertaire


Citoyen.ne.s : Frédéric Delarue (Historien des médias), Jean-Jacques Gandini (coordinateur Legal Team LDH Montpellier), David Guenot, Corentin Lecourt (réalisateur), Jean François Mignard (président d'honneur LDH Toulouse), François Ruffin (député de la Somme, réalisateur et rédac'chef de Fakir), Pascal Gassiot (Fondation Copernic Toulouse), Gilles Daré (Fondation Copernic Toulouse), Annie-France Mistral, Stella Montbello (Fondation Copernic Toulouse), Framboise Morandat (MSF Suisse et MDM France), Marie-Claude Saliceti (psychologue clinicienne), Victor Vauquois (scénariste), Vincent Verzat (Partagez c'est sympa), Samuel Zobrist


[1] Lire aussi le communiqué du SNJ et du SNJ-CGT.

Pizzza : SABBAT ROUILL’ le samedi 9 novembre!!!!

LE SAMEDI 9 NOVEMBRE à 19h
ça se passe à la rouille (la rouillardiere 44110 soudan)
Les sorcières sont de sorties!!!!
Installations, taromancies, spectacles, concerts…:
-Circé Deslandes (sorcière contemporaine-paris)-Futurs morts (batcave-aveyron)-Frau friette (spectacle)-Catisfaction (riot girl-angers paris)-Les kendirontelles (chansons)-Tendresse sauvage (folk punk?)

ça va être super!!!!!viens avec ton balai!
bar thématique, bouffe au chaudron Entrée prix libre

Photo



l'ayatollah du rock :
[les Rats] on ne s'emmerde pas

Date : vendredi 18 octobre 2019   Cela faisait plus de neuf ans que je n'avais pas mis les pieds à la Pena Festayre, il y a eu pas mal de changements depuis lors, un bar réservé aux artistes, un accès par un petit escalier bien caché, mais la [...]

Dupont de Ligonnès. Jour 2 : l'autocritique médiatique n'aura pas lieu

À la suite du fiasco médiatique suscité par l'affaire Dupont de Ligonnès, la plupart des grands médias ont, en guise de mea culpa, retracé « la chronologie d'une information erronée » (AFP), documenté « les coulisses d'une fausse piste » (BFM-TV) ou rejoué le « récit d'un emballement » (Le Monde). Ils ont, en d'autres termes, contourné le problème, en se mettant dans la peau de « décodeurs », là où une critique digne de ce nom aurait surtout dû questionner les pratiques journalistiques et le fonctionnement du système médiatique qui conduisent – et conduiront – à produire de fausses informations à une échelle industrielle. Et le faire en sortant de l'entre-soi [1].

À tout seigneur tout honneur : commençons avec le journal par qui tout a commencé. Le 12 octobre, Le Parisien publie un communiqué dans lequel il présente ses excuses à ses lecteurs ainsi qu'à « la famille des victimes et à celle de la personne interpellée à tort. » Le quotidien mentionne qu'il a été informé, aux alentours de 20 heures, « par cinq sources, dont certaines au cœur de l'enquête, que la police écossaise avait confirmé l'interpellation à l'aéroport de Glasgow et la validation de l'identité de Xavier Dupont de Ligonnès par la comparaison d'empreintes digitales. » Un second article paru le même jour, « Affaire Dupont de Ligonnès : cinq sources pour une fausse piste », revient en détail sur le déroulé des faits, de même qu'un podcast, « Xavier Dupont de Ligonnès : histoire d'une méprise ».

Autant dire que Le Parisien a mis le paquet. Mais pour dire quoi ? Eh bien (de nouveau) pas grand-chose…

Autoadministré par le rédacteur en chef, Stéphane Albouy, ex-directeur du service « police-justice », et son remplaçant à ce poste, Damien Delseny, cet examen journalistique ressemble même plutôt à une justification a posteriori du fiasco. Ils décrivent en ces termes le moment où une rédaction décide d'envoyer valdinguer la Une d'un numéro et la double-page afférante, à seulement quelques heures (minutes ?) du bouclage :

Stéphane Albouy : Vendredi soir, je suis de bouclage. […] D'ailleurs, il est bien avancé, on est un peu avant 20h, on a programmé en Une un dossier sur la situation des Kurdes. La Une est quasiment finalisée, je fais un tour des services. Je passe aux IG, le service des informations générales qui s'occupe des faits divers, et là, le chef de service qui est présent, Geoffroy Tomasovitch, me dit : « On a une info sur Dupont de Ligonnès ». On se met en ordre de bataille.

Les Kurdes pourront attendre car la suite, on la connaît : Le Parisien supprime la Une « quasiment finalisée » pour placarder la photo de Dupont de Ligonnès, avec un surtitre clinquant sur fond noir : « Arrêté ». Stéphane Albouy, rappelant cette décision, questionne-t-il cet « ordre de bataille » ? S'interroge-t-il sur le sens d'un tel revirement, opéré dans la précipitation ? Rien de tout cela. La démarche lui semble au contraire totalement « naturelle ». En d'autres termes, la prépondérance du fait divers sur toute autre actualité – et non des moindres en l'occurrence ici, puisqu'il s'agit d'une intervention militaire de premier plan – ne pose aucun problème à l'ancien chef du service « police-justice » [2]. Pas plus que la soumission du quotidien à la logique du scoop, ni ce qu'elle provoque dans l'organisation du travail des journalistes.

Idem pour le rapport aux sources policières, que le rédacteur en chef semble considérer, in fine, comme un non-problème. La garantie est affichée : « cinq sources » différentes ont été consultées. Cinq sources à différents niveaux hiérarchiques, cinq sources à différents endroits de France, mais cinq sources… policières. Or, que démontre le reste de « l'affaire » ? Que cela ne suffit pas de s'appuyer seulement sur des sources policières, qui ne remplacent pas un travail d'enquête et de terrain.

Puisque l'affaire Dupont de Ligonnès semble si importante pour les services de faits divers, et puisque des fausses pistes avaient déjà été suivies par le passé, pourquoi ne pas redoubler de précaution en prenant le temps de réellement diversifier ses sources ? Pourquoi ne pas attendre d'avoir accès à certains documents – comme la photo du suspect, qu'ils ont eue en leur possession le lendemain matin – avant de publier ? Autant de questions auxquelles nous ne prétendons pas avoir toutes les réponses, et qui prêtent à débat – y compris au sein d'Acrimed ! – mais qui méritent au moins d'être posées. Cela n'a pas été le cas.

Au contraire, Stéphane Albouy prend le soin de ne surtout pas remettre en cause les relations de proximité entretenues entre les rédactions et la police :

C'est très souvent plusieurs années de relation de confiance, d'échanges. C'est quelqu'un que l'on côtoie depuis longtemps, très souvent, qu'on a parfois rencontré au détour d'un dossier, sur une scène de crime, dans un commissariat de banlieue quand il était jeune. Pour certains et certaines de ces sources, on a presque, je dirais, grandi ensemble. C'est des gens dont la carrière est parallèle à la nôtre d'une certaine manière, et c'est véritablement comme ça que ça se construit.

Des pratiques qui ne se voient pas interrogées, malgré le fiasco du week-end. Qui n'entache en rien la foi inconditionnelle vouée aux déclarations policières, comme le résume plus grossièrement un présentateur de CNews le samedi 12 octobre :

[L'information] est vérifiée puisqu'elle vient de la police ! […] C'est un procès qui est en train de naître autour de la presse, on est évidemment confus hein après la soirée d'hier. […] Si jamais y a un mea culpa à faire, a priori il n'est pas à faire en premier lieu autour des médias qui ont relayé une information sourcée. [3]

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, puisque l'information était « sourcée ». Seul problème : de nombreux médias – dont CNews – ont été nombreux à endosser directement la nouvelle sans lui accoler la mention « selon la police écossaise »… soit en se passant, précisément, de préciser leur source.

Un élément que piétine aussi allègrement le rédacteur en chef de Marianne, Thomas Vampouille, au cours d'une séance d'auto-justification prétentieuse sur Twitter. Le journaliste commence par dédouaner Le Parisien (et avec lui, tous les autres médias) de toute responsabilité, en affirmant que tous ont bien mentionné la source de l'information. De quoi se demander… d'où Thomas Vampouille tire ses sources. Car ce n'est pas toujours ce que nous avons pu constater dans notre précédent article en transcrivant une partie des débats des chaînes d'information en continu, ou en réalisant un montage de pas moins de 20 « Unes » de la PQR le 12 octobre : parmi celles-ci, aucune, précisément, n'indique « selon la police écossaise », y compris dans les textes de Une, comme ce fut le cas de La Dépêche :



Au sujet des Unes, le journaliste concède certes une « erreur », mais il semble oublier qu'elles n'ont pas été les seules concernées, et persiste : « Les médias sont restés transparents sur la source de leur info, du début à la fin ». Vous avez dit « gonflé » ? Et vous avez bien dit, car le réd' chef n'en a pas encore terminé :



Autocélébration et blancs-seings : après un tel fiasco, voilà qui permettra certainement de ne pas attiser la défiance envers les grands médias et leurs chiens de garde. Quant au fait de se demander si les médias sont dans « leur rôle » en diffusant « à chaud » et en continu des informations dont les enquêteurs préviennent qu'elles demandent confirmation ; s'ils sont dans « leur rôle » en s'exonérant de leur devoir d'enquête au bénéfice de la logique du scoop, Thomas Vampouille a la réponse : c'est oui !



On applaudit.


La presse confond critique et « décodage » de l'info


Ailleurs dans la presse, l'autocritique médiatique brille également par son absence. Relevant davantage de récits chronologiques livrés comme autant de « décodages » au nom de la « transparence », les articles fleurissent et semblent bien déterminés à rejouer le match sous tous les angles… sauf en s'attaquant au cœur du problème.

C'est le cas de l'AFP, affirmant qu'elle « dispose de quatre sources policières françaises différentes avec lesquelles les journalistes ont l'habitude de travailler en confiance. » Elle poursuit : « Les enquêteurs, prudents, attendent cependant "les comparaisons ADN pour être complètement certains", selon ces sources. » Visiblement, les enquêteurs sont plus prudents que les journalistes ! Mais ce n'est pas cela qui conduira l'AFP à poser la question de la précipitation, et encore moins celle de la surenchère médiatique autour du fait divers.

Idem au Monde.



Le 15 octobre, le quotidien affirme dans son édition papier :

Dans un souci de transparence et d'éclaircissement quant au traitement de l'actualité, nous publions le récit de ces quelques heures où une information incorrecte a été publiée sur notre site.

Et c'est reparti pour un tour ! Le Monde ne manque pas, d'ailleurs, de détailler combien ses journalistes ont cravaché en plein week-end :

Au fil des heures, des doutes de plus en plus importants apparaissent sur l'identité véritable de la personne interpellée. Toute la matinée, nos journalistes actualisent l'article publié la veille […]

Mais là encore, pourquoi ne pas dépublier en attendant d'en savoir plus ? Les travers d'une information à flux tendu ne semblent donc pas interroger les préposés au « décryptage ». La « transparence » et les « éclaircissements » sont à leur comble. L'autocritique, elle, est passée à la trappe. Pourtant la rédaction prétendait, dès le début de l'article, s'attaquer à deux questions prometteuses…

Comment ce qui s'est avéré une information erronée a pu être repris aussi largement par les médias pendant plusieurs heures ? Comment est-elle parvenue au Monde, à quelle heure et comment avons-nous choisi de la diffuser ?

… mais nous n'avons toujours pas de (vraies) réponses concernant la première.

Même démarche à Libération. Dans l'édition du 14 octobre, le quotidien consacre une double-page à l'affaire et privilégie également un « retour en arrière » sur les faits par rapport à une véritable analyse critique. Dans l'article « De l'emballement médiatique à la douche écossaise », la journaliste pose pourtant de bonnes questions (« Comment expliquer qu'une information erronée ait pu être ainsi propagée ? La fascination pour l'affaire a-t-elle pris le pas sur la prudence ? »)… mais ne trouve en définitive rien à redire au fonctionnement du système médiatique.

Dans ce désert de la critique, on en viendrait presque à célébrer le courage de 20 Minutes : dans son édition papier, le gratuit a publié un entretien avec une sémiologue, maîtresse de conférences, revenant sur les ressorts de l'emballement médiatique. Quelques centaines de signes noyés au milieu des publicités, certes, mais qui ont au moins le mérite d'exister et d'apporter des éléments de critique [4].




Et à la télévision ? Les journalistes font l'autruche


Incarnation de l'information à flux tendu, les chaînes d'information ont évidemment joué un rôle important dans l'emballement médiatique. Comme la presse, toutes sont revenues le 12 octobre sur « les coulisses d'une fausse piste » (BFM-TV), ont expliqué aux téléspectateurs « comment [elles avaient] travaillé » (LCI) ou encore « pourquoi les médias, dont franceinfo, se sont trompés » (France Info). Dans leurs sujets, les deux chaînes privées ne posent pas même le début d'un questionnement sur la surexposition d'un fait divers sur plus de quinze heures d'antenne parfois (souvent ?) jusqu'au ridicule. Les éléments rapportés par le making-of de BFM-TV sont pourtant édifiants :

La soirée est ensuite émaillée d'informations contradictoires. […] Les sources de journalistes de BFMTV continuent de les appeler à « la vigilance » […]. « Vers 23 heures, on nous dit que tout ne correspond pas » explique Sarah-Lou Cohen, cheffe du service police-justice de BFMTV. Pourtant, la police écossaise est selon nos informations « très claire » vendredi avec les enquêteurs français sur l'identité de l'homme interpellé à partir des premiers résultats. Les heures suivantes, de nouveaux doutes apparaissent.

Ainsi apprend-on que les sources de BFM-TV auraient appelé les journalistes « à la vigilance ». Voilà qui aurait pu conduire à remettre en question l'importance démesurée accordée au scoop, et à interrompre l'édition spéciale, le temps d'en savoir plus. Que nenni. Le direct s'est même poursuivi jusque très tard le lendemain. Bilan : des heures de meublage, d'extrapolations, et de fausses nouvelles… pour rien.

De son côté, le directeur de France Info Vincent Giret estime « avoir pris toutes les précautions nécessaires dans le traitement de cette affaire » :



Plaider en faveur de l'enquête, c'est bien… adapter les publications et l'antenne aux doutes qu'elle suscite, c'est mieux ! Car malgré le travail des reporters de la télévision publique, la chaîne n'a pas hésité à mobiliser massivement, et jusqu'au lendemain matin, tous les ressorts du feuilletonnage du fait divers : invitations d'experts, psychiatres, criminologues, journalistes-enquêteurs, retour sur les dates-clés de l'affaire, etc. Un peu court, donc, comme justification [5]


La meilleure défense, c'est l'attaque !


Restent les originaux. Hervé Gattegno, rédacteur en chef du JDD, se fend le 13 octobre d'un édito intitulé « Tout le monde s'est trompé sans que personne ait menti ». Et il démarre en fanfare :

Entre vendredi soir et samedi matin, quelque chose s'est produit entre la police et la presse, sous le regard stupéfait des Français qui méritent des explications. Fake news ! crient promptement les contempteurs des médias, contaminés par le trumpisme ambiant.

À l'attention de ceux qui tentent de porter une critique argumentée des grands médias : prenez garde, « le trumpisme » vous guette ! Et si Hervé Gattegno assure que les médias doivent assumer cette erreur et la documenter, sa conclusion, alertant sur les fake-news des réseaux sociaux, est sans appel : il est urgent de ne rien changer pour que tout change !

La police a alerté prématurément la presse et le système s'est emballé, parce que rien ne justifiait d'attendre pour diffuser une information donnée comme certaine par ceux qui croyaient qu'elle l'était. Tout le monde s'est donc trompé sans que personne ait menti. C'est aussi simple, aussi bête que cela. Le reconnaître ne suffira pas à nous préserver (vous préserver) des contre-vérités à l'avenir. Mais à l'heure où prospèrent supercheries et intoxications de toutes sortes, amplifiées par des réseaux peu regardants, pour abolir peu à peu la frontière entre le vrai et le faux, c'est accepter l'idée que l'erreur est humaine et qu'elle nous guette ; pour mieux la distinguer des mensonges qui nous menacent.

Bref, c'est la faute à « l'humain », certainement pas aux logiques de fonctionnement des grands médias… qui s'en tirent à bon compte.

Au Huffington Post aussi, la cible semble être prioritairement celles et ceux qui critiquent les médias :



Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auteur ne prend pas de gants. D'abord, en présentant de manière indifférenciée toute critique comme un « règlement de compte avec la presse ». Avant d'amorcer une profonde synthèse des critiques à l'égard du système médiatique : « L'occasion était trop belle. […] Faute de coupable dans ce mystérieux dossier, il est question pour certains de condamner la presse dans son ensemble. » Et pour finir, en mettant dans le même panier des critiques venues d'extrême-droite ou de la France insoumise, donnant à penser que les unes et les autres se valent. Un tantinet d'attention aurait pourtant conduit le journaliste à relever que ni le ton, ni le fond n'étaient pourtant les mêmes [6]. Mais qu'importe.

Pour finir, cerise sur le gâteau offerte – comme souvent – par les « Grandes Gueules » (RMC). Tandis qu'Alain Marschall revient sur la « machine infernale » et qu'Olivier Truchot pointe les « donneurs de leçon des réseaux sociaux », une chroniqueuse avance une théorie des plus originales :

De toute façon, la liberté individuelle, de conscience et de critique fait qu'on est aussi responsable de ce qu'on consomme comme information : est-ce qu'on veut approfondir des sujets ? En France, il y a une liberté. On peut aller à la bibliothèque, on peut acheter plein d'articles. Voilà donc, c'est bien d'aller dire : « J'ai consommé un truc ultra rapide à la télé et c'est mytho ». Bah ouais, mais t'as le droit aussi d'aller consommer autre chose si ça te plaît pas.

« Consommateurs » d'info, vous voilà prévenus : en tant que co-responsables des dérèglements médiatiques, veillez à privilégier les « petits gestes » individuels et annexes, et laissez les gros polluer l'information en paix.


Pauline Perrenot


[1] Cet épisode est à verser au dossier des pseudo autocritiques médiatiques, dont vous trouverez un large aperçu dans le numéro 22 de notre revue Médiacritiques en accès libre.

[2] Notons qu'à ce jour, les Kurdes n'ont toujours pas fait la Une du Parisien.

[3] La citation est extraite d'un montage vidéo réalisé par Arrêt sur images.

[4] Notons que l'entretien est plus étoffé dans sa version web.

[5] On relèvera tout de même cet article de France Info, dans lequel Vincent Giret répond aux auditeurs sur le traitement éditorial de l'affaire. Les interpellations sont, sans surprise, nettement plus incisives.

[6] Citée par le journaliste, la députée européenne Manon Aubry tentait d'énoncer posément le cœur du problème : « Unes de presse à la pelle, chaînes d'info en boucle et emballement médiatique ahurissant pour... Rien ! Après l'effacement du drame de Lubrizol en raison du décès de Chirac, nouvelle illustration de la nécessité de questionner la hiérarchisation de l'info. »

La Voix du Nord - 18/10/19Article corrigé+excuses de la...





La Voix du Nord - 18/10/19

Article corrigé+excuses de la rédaction

Paysans-boulangers : l'autonomie plutôt que la soumission à l'agro-industrie

Grâce à l'activité boulangère en plus des cultures, de nombreux petits paysans s'installent et comblent notre appétit pour un pain plus naturel. Rencontres avec ces paysans qui privilégient l'autonomie, et dont le développement fait grincer les dents des lobbies agro-industriels.
« A pourvoir : emploi nécessitant de nombreuses compétences théoriques et pratiques, mais pas en informatique. Goût pour les travaux agricoles, le feu de bois et la relation commerciale. Sens de l'organisation et master en (...)

- Inventer / , , , , ,

S.A.V. : S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 15 octobre 2019

Une émission de nouveautés avec, au programme : un extrait du nouveau single d’Uranium Club, quelques titres en exclu des futurs LPs/EPs de Faux Départ, Doctrina, Docks et Slumb Party, le nouvel album de Heavy Metal, une touche d’indie pop avec Mick Trouble et les australienNEs de Thigh Master, P.P. Rebel et The Stroppies, un nouvel extrait de la k7 de Catisfaction, des musiques de synthés actuelles (Green Sahara) ou anciennes (Aviador Dro), du hardcore new-yorkais façon Toxic State records (Dollhouse, Pobreza Mental), deux extraits de l’excellent album de 2018 de Cruelster et le punk des allemandEs de Lassie ! Le tout, à écouter et à télécharger à partir des liens ci-dessous (playlist à la suite) :



Pour télécharger l'émission, cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous" - en cas de problème, répéter la même opération depuis la page suivante)

Playlist :

CRUELSTER : Why do they do that to me back then
DOLLHOUSE : Summmer love
SLUMB PARTY : All these boxes
URANIUM CLUB : Two things at one pt.1
FAUX DEPART : Désertion
HEAVY METAL : Savagely beaten by funk
GREEN SAHARA : Creatures of the night
AVIADOR DRO : Nuclear, si
MICK TROUBLE : Getting even with feathers
THIGH MASTER : Exodus
P.P. REBEL : Where the quiet go
THE STROPPIES : Production lines
DOCTRINA : Alimentar su final
CATISFACTION : En enfer
POBREZA MENTAL : Desaparecer
LASSIE : Phonecalls on my deathbed
CRUELSTER : The pipeline could work
DOCKS : Rocher massue

l'ayatollah du rock :
[LIFE] it's not a con

Date : jeudi 17 octobre 2019   C'est jeudi soir, et il y a du monde, beaucoup de monde à l'Espace B, et si on respirera à peu près pendant la première partie, le concert de tête d'affiche verra la température monter très largement, ce qui, en [...]

Dupont de Ligonnès : à France Info, le fait divers était presque parfait

Une fois de plus, la chaîne d'information en continu du service public a démontré son alignement sur ses concurrentes du privé. France Info s'est en effet jetée à corps perdu dans l'emballement médiatique autour de Xavier Dupont de Ligonnès, seulement quelques minutes après la publication du scoop (devenu naufrage) du Parisien. Sombre et triste histoire ! Car le moins que l'on puisse dire, c'est que la rédaction en chef avait mis ses équipes en branle pour concocter aux auditeurs et téléspectateurs le meilleur récit possible du fait-divers. Si elle n'avait été fausse de A à Z, l'information aurait été presque parfaite !

La recette est rapide :

1. Prenez une grosse marmite, et versez-y toute l'information (pas besoin de vérifier la qualité ni la provenance) ;
2. À l'aide de formules choc et de flash info, touillez le mélange sans relâche. Laissez cuire pendant plusieurs heures sans jamais cesser de remuer ;
3. Ajoutez, de temps à autres, quelques doses « d'expertise » ;
4. À mi-cuisson, saupoudrez le mélange avec quelques interviews d'enquêteurs-romanceurs, le ragoût n'en sera que meilleur ;
5. Couvrez le tout avec des archives, et laissez cuire jusqu'au lendemain.

Une recette que France Info a respecté au pied de la lettre si l'on en croit la communication de la chaîne sur son compte Twitter !


- 21h03 : Le « flash » tombe et les conditionnels sont au placard :



- 21h31 : Suite à une enquête au long cours, France Info met la main sur LA preuve. Celle qui a causé la perte de Xavier Dupont de Ligonnès :



- 21h40 : Premières mises en perspective historiques



- 22h06 : Premier face-à-face avec expert. Interview de Jean-Marc Bloch : « aujourd'hui présentateur de l'émission "Non élucidé" [Véridique ! NDLR] sur RMC Story, Jean-Marc Bloch n'a jamais cru à la thèse du suicide de Xavier Dupont de Ligonnès. »



Nous vous livrons l'intégralité des questions de France Info, tout en prudence et modération :

- Retrouver un fugitif après huit ans de cavale, est-ce rare ?
- Vous avez toujours pensé qu'il était vivant ?
- Qu'est-ce qui en fait une affaire exceptionnelle ?


- 23h00 : Deuxième face-à-face avec expert. France Info interroge Jean-Michel Laurence, « co-auteur de Le mystère Dupont de Ligonnès, paru en 2016 aux éditions de l'Archipel. »



Là encore, l'entretien témoigne d'une grande précaution :

- Vous étiez sûr qu'il était vivant. Pourquoi ?
- Quels sont les éléments que vous aviez ?


- 23h30 : Troisième face-à-face avec expert. Le récit médiatique est à point. S'ouvre le chapitre bien connu de la psychologisation. Entretien avec Anne-Sophie Martin, « journaliste et réalisatrice de France 2, qui a enquêté sur l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès, également auteure d'un livre où elle raconte "sa déchéance sociale" et sa "grande détresse psychologique" ».



Un entretien qui permet opportunément d'en remettre une nouvelle couche :

- C'est l'une des plus mystérieuses énigmes criminelles ?
- Est-ce que tout cela était prémédité ?
- C'est un personnage à plusieurs facettes ?


- 23h45 : Quatrième face-à-face avec expert. La psychologisation bat son plein : le criminologue fait son entrée !



- 00h20, le 12 octobre : Nouvelle mise en perspective à la radio publique. Les experts sont couchés.



- 8h20, le 12 octobre : les experts sont réveillés… et de retour !



Et il s'agit cette fois de l'un des plus fins limiers du Parisien. Dès le chapô de l'entretien, le suspense est à son comble : « "Je pense que l'on risque d'être surpris dans les jours et les semaines qui viennent", annonce le journaliste, qui suspecte la complicité du proche entourage du fugitif. » Reconnaissons qu'il n'a pas eu tout à fait tort…


- 8h30 : L'heure des premiers doutes...



- 10h56 : L'étau se resserre sur les premiers de l'info



- 12h36 : « Gloups »

Les sources d'Acrimed proches de l'enquête sont formelles : l'onomatopée se répand partout dans la rédaction.



- 12h48 : Patatras.



Fin de partie.


***


L'affaire Dupont de Ligonnès pourrait prêter à sourire si elle n'était pas le triste reflet d'un système médiatique dominé par la course au scoop et le mimétisme ; de la capacité des rédactions à meubler aveuglément, pourvu que les plateaux soient occupés ; de la surface délirante qu'elles réservent aux faits-divers ; de la confiance inconditionnelle qu'elles accordent à la police et à ses déclarations, à l'origine du « journalisme de préfecture » ; de leur amnésie quant aux fiascos passés et aux pratiques professionnelles qui les ont provoqués ; de leur éternel talent, enfin, pour les mea culpa superficiels qui mettent en question à peu près tout… sauf le cœur du problème : nous y reviendrons dans un prochain article.


Pauline Perrenot

La P'tite Blan et l'île de Nauru...

Notre monde s'effondre... Cette semaine, depuis sa campagne, la P'tite Blan nous parle de l'effondrement à Nauru qui augure du nôtre ! Pour en savoir plus sur l'histoire de Nauru, vous pouvez écouter notre émission avec Luc Folliet pour la sortie de son livre Nauru, l'île dévastée : Comment la civilisation capitaliste a détruit le pays le plus riche du monde aux éditions la Découverte. - La p'tite Blan / , ,

Sur l'école avec Laurence de Cock, historienne et docteure en sciences de l'éducation.

Cette semaine, dans Les Oreilles loin du front, nous avons eu le plaisir de recevoir Laurence de Cock, historienne et docteure en sciences de l'éducation, qui est venue discuter avec nous de son ouvrage École, publié dans la collection « Le mot est faible » aux éditions Anamosa. Nous avons parlé réformes, pédagogies alternatives, inégalités, laïcité, démocratisation... mais aussi émancipation (...) - Emissions /

Marseille: procès du squat Saint-Just

Depuis 10 mois, des mineurs isolés et des personnes en demande d’asile occupent le squat du 59 avenue de St-Just alors que les institutions chargées de les mettre à l’abri, leur refuse délibérément un toit.

Pour le procès du squat Saint-Just, rendez-vous Place Monthyon, devant le TGI jeudi 17 octobre à 14h, tables d’infos des différentes organisations, prises de parole, et départ ensemble pour rejoindre le cercle de silence à l’angle Canebière – Cours St Louis à 17h30.
Durant cette semaine, il s’agit de rappeler que nous sommes toujours là, non pour pallier la démission de l’État et du Département, mais pour les contraindre enfin à transformer leurs promesses en actes, et à mettre en œuvre leurs obligations légales.

Nos différentes interpellations sont restées inefficaces et nous continuerons à dénoncer le non-accueil de ceux qu’on appelle « étrangers ».
Des dizaines de mineurs, des centaines de familles, vivent dans la plus grande précarité, à la rue, dans des bidonvilles ou dans des squats, en plus des 320 habitants du 59 St Just.
Il n’est pas juste que les droits des mineurs, des demandeurs d‘asile ne soient pas respectés.
Il n’est pas juste que le Conseil Départemental, que la Préfecture, se reposent sur la solidarité pour assumer les responsabilités et obligations légales qui leur incombent.
Mais il est juste que la solidarité s’exerce envers tous ceux dont les droits fondamentaux sont bafoués.

Collectif 59 St-Just
59 avenue de Saint Just
13013 Marseille
collectif59stjust [at] gmail [point] com
https://squ.at/r/6hki


Des squats à Marseille: https://radar.squat.net/fr/groups/city/marseille/squated/squat
Des squats expulsés: https://radar.squat.net/fr/groups/city/marseille/field_active/1/squated/evicted
Des groupes à Marseille: https://radar.squat.net/fr/groups/city/marseille
Des événements à Marseille: https://radar.squat.net/fr/events/city/Marseille

Les sans papiers: https://radar.squat.net/fr/groups/topic/sans-papiers


Publié sur Radar: https://squ.at/r/7ep1

Droit d'informer : nous ne devons pas nous habituer aux intimidations, aux gardes à vue et aux poursuites judiciaires

Le journaliste Guillaume Bernard, arrêté par les forces de l'ordre à Toulouse alors qu'il couvrait une manifestation, comparaît ce 18 octobre pour « rébellion ». De nombreux journalistes et rédactions, ainsi que plusieurs organisations, élus et militants associatifs lui apportent leur soutien et dénoncent une énième entrave à la liberté d'informer.
Le journaliste Guillaume Bernard qui écrit pour les sites d'information Rapports de force, EcomNews, et le magazine Sans Transition, a rejoint la longue liste (...)

- Chroniques / ,