Ep. 15 : "Nous étions toutes les deux comme envoûtées."

Aujourd'hui, premier volet d'une réflexion autour de l'autrice étatsunienne Sarah Orne Jewett (1849-1909), qui a vécu trente ans avec sa compagne Annie Fields ce qu'on appelait à l'époque un "mariage de Boston".

Lecture : Sarah Orne Jewett, Le pays des sapins pointus, 1896, 1906. Editions de l'ENS, traduction française de Cécile Roudeau

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Lyon : Nouvelle expulsion d’un squat réservé aux mineurs isolés étrangers

Le nouveau lieu réquisitionné pour héberger les mineurs isolés a été expulsé illégalement ce 21 juin sur ordre de la préfecture et avec le consentement coupable de la Métropole.

Déjà, le 29 mai 2018, vers 6h30-7h00, un squat appartenant à la ville de Lyon situé au 1 et 3 impasse des chalets qui abritait 50 mineurs isolés s’est fait expulser par les forces de l’ordre. Au même moment David Kimelfeld, Président de la Métropole de Lyon et donc responsable de l’hébergement des mineurs isolés étrangers, animait une réunion inter-associatives pour « améliorer l’accueil » de ces derniers. Sur ces 50 mineurs, 45 ont été relogés provisoirement -jusqu’au 4 juillet- par la Métropole. Beaucoup trop d’entre eux sont aujourd’hui à la rue, en particulier les primo-arrivants. C’est pour quoi nous avons décidé d’ouvrir deux des nombreux bâtiments vides que possèdent la Métropole et Grand Lyon Habitat ce dimanche 17 juin, pour en loger une partie, au 43 rue Etienne Richerand et 7 rue des Petites Sœurs Lyon 3e.

L’ouverture de ces bâtiments a été rendue publique mercredi 20 juin vers 18h30, preuves d’occupation à l’appui, rendant alors impossible une expulsion policière sans procédure judiciaire. Et pourtant, une expulsion policière illégale et violent a bel et bien eu lieu ce jeudi 21 juin vers 14h, remettant les jeunes mineurs à la rue. Les policiers n’ont pas hésité à gazer et taper sur ces derniers et les soutiens présents, dont au moins un a été blessé. Trois personnes ont été interpellées pour des motifs encore inconnus.

D’un côté, David Kimelfeld et la Métropole prétendent se positionner -médiatiquement- du côté des mineurs isolés étrangers ; de l’autre, ils expulsent sans ménagement d’un bâtiment leur appartenant, ceux-là même qu’ils devraient héberger.

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Nous ne laisserons pas passer cette expulsion illégale sans rien faire !

Solidarité avec les trois personnes interpellées !

Un squat de fermé, dix de ré-ouverts !

Le collectif Copain.es des mineurs et sympathisant.e.s

[Publié le 22 juin 2018 sur Rebellyon]

Gadjo ! Mange tes morts !

Ça sort chez l'éditeur Steinkis et vaut largement ses 20 zorros. Manouches est le cinquième album que Kkrist Mirror consacre au peuple tsigane. C'est dense, pugnace, dramatique. Ça rend de la noblesse aux nomades et toute leur laideur aux notables. Michto !

Il y a un peu de théâtre dans cette scène. La famille Maier débarque au comico. Une amende de 4 000 euros pèse sur les Manouches pour avoir osé stabiliser leur terrain avec une nappe de graviers – aux moindres pluies, l'endroit vire gadoue. Si le terrain leur appartient bel et bien, il est resté, par un étonnant hasard, non constructible alors que tout autour les maisons ont poussé. Discrimination ? « Putain, on est français depuis 1570 ! » se lamente Archange sur un banc de la maison poulaga. « ... Mais on fait pas partie de la société ! » ajoute Abraham. « ... Si ! Pour souffrir ! » conclut Azzo d'un profond lamento. Puis d'ajouter plus tard devant un flic affairé sur son clavier : « J'ai déjà été en prison, moi. J'ai volé une boîte de sardines. Le juge m'a demandé combien y avait eud' sardines dans la boîte. J'ai répondu trois sardines. J'ai eu trois mois ! » Perdu dans le décompte, le flic répète à voix haute : « Trois mois, vous dites, pour trois boîtes de sardines ? »

« – Non, non ! Trois mois pour trois sardines ! Heureusement que j'avons point tchourave une boîte eud' p'tits pois ! Hahaha ! »

JPEGAzzo, c'est son nom pour l'état civil français. Dans le clan manouche, on l'appelle Pioupiou à cause de sa cervelle de moineau. Archange, c'est Tinoir because une certaine matité. Tinoir, c'est la figure de l'album. Il est une sorte de patriarche, un fragment de cette mémoire tsigane lézardée de persécutions. Surtout, c'est lui le grand négociateur face aux gueules d'huissier et de pandore qui se ramènent inlassablement pour dégager les nomades dès que se posent les caravanes sur un bout de terre. Tinoir n'a eu qu'un seul amour, une seule femme : Marie. Son nom de voyageuse : La Blanche. Tinoir et La Blanche, des blases pareils, on dirait le couple sorti tout droit des studios Disney. On en est loin. Enfant, La Blanche a crevé de faim derrière les barbelés du camp de concentration de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). Elle en a conservé quelques stigmates : « Un corps de petite taille et la peau sur les os. »

Montreuil-Bellay, le dessinateur Kkrist Mirror y avait consacré un précédent album : Tsiganes. Obsédé par la question gitane, Mirror récidive en 2016 avec le sublime Manouches. Cinq ans de boulot, un travail d'orfèvre étalé sur 130 pages : l'artiste nous offre un noir et blanc aux effiloches incertaines, canevas d'ombres en torsade. Les Manouches viennent d'Inde, l'encre de Mirror de Chine. Résultat : de ce graphite fort en contraste naissent des lavis de larmes, de mots complices et de colères usées. C'est qu'au fil des siècles, la damnation des Manouches se rejoue inlassablement à la manière de ces antiques mythologies grecques. Le pinceau de Kkrist Mirror a délaissé les villes et les routes pour tracer les visages. Sourires frondeurs, danseuses extatiques, regards tour à tour épuisés ou hallucinés, Manouches se lit comme un album de famille.

Signal d'alarme

L'ambition de ce nouvel album est claire : donner à voir à quoi ressemble le quotidien des derniers nomades aujourd'hui. L'histoire de Tinoir et La Blanche, l'auteur y a eu accès grâce à son ami Daniel Brossard, instituteur itinérant auprès d'enfants manouches. Pendant que ce dernier faisait la classe, Kkrist Mirror donnait bénévolement des cours de dessin. L'histoire qu'il raconte se passe sous les années Sarkozy, mais elle est toujours valable aujourd'hui. « Valls poursuit la même politique que Sarkozy », résume l'auteur au téléphone. Gitan, Tsigane, Rom, Manouche, qu'importe le flacon, l'ivresse du bouc-émissaire sera toujours assurée. Kkrist : « Tu te souviens du maire de Cholet qui avait déclaré en 2013 qu'Hitler n'en avait pas tué assez ? » Sa saillie génocidaire avait valu au député-maire Gilles Bourdouleix une amende de 3 000 euros. Une paille. Finalement annulée par la Cour de cassation, en décembre 2015, au prétexte que les propos avaient été tenus hors de tout cadre public ! Faut pas pousser, c'est pas comme si Bourdouleix avait tchouravé une boîte de sardines.

« Là où j'habite, il y a pas si longtemps, les Gitans pouvaient encore chiner. Même s'ils se faisaient bouffer par les chiens des paysans, au moins ils circulaient. Maintenant, ils ont même plus le droit. Dès qu'ils passent, les mairies appellent la gendarmerie et on leur fait la misère », raconte l'auteur. Essayant de recoller les morceaux d'une histoire fragmentée au gré des États-nations, Tinoir dénude la métaphore du « Talon d'fer... La machine des puissants qui veut de nouveau anéantir les petits en leur prenant tout... » Aux sédentaires arrimés à leur lopin de terre ou à leur pavillon de banlieue, il adresse cette mise en garde : « Ça a toujours commencé par nous, on est le signal d'alarme des sociétés ! » Le temps de quelques pages, Kkrist Mirror a bâti une passerelle entre eux et nous. Ne pas se leurrer cependant, l'enjeu dépasse le cadre de l'empathie et frôle la mise en garde : « À chaque fois qu'on s'attaque plus sévèrement aux Manouches, c'est mauvais signe pour tout le monde. C'est eux qui ont essuyé les plâtres des premiers camps de concentration suite aux lois eugénistes des années 1920. »

Les petits forçats du journalisme

À l'heure où lycéens et lycéennes s'arrachent les cheveux pour trouver leur orientation, Challenges, BFM, Le Figaro et L'Express révèlent une information de taille, émanant du site de recherche d'emploi Qapa : « Journaliste est le métier qui recrute le moins en 2018 ». Si les contours de la profession ne se réduisent pas à la possession de la carte de presse, force est de constater que le nombre de sésames délivrés par la Commission de la Carte d'Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP) ne cesse de baisser depuis 2012.

Une diminution du nombre de journalistes encartés qui s'explique en partie par des conditions d'embauche qui répondent de moins en moins aux critères de délivrance de la carte édictées par le CCIJP : « Il faut exercer la profession depuis trois mois au moins consécutifs, et tirer de cette activité le principal de ses ressources, c'est-à-dire, plus de 50 %. Naturellement, les fonctions exercées doivent être de nature journalistique. Enfin, l'employeur doit être une entreprise de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée. »

Précarité galopante, augmentation de la part d'employeurs qui recourent à l'auto-entreprenariat [1], activités difficilement assimilables à du journalisme, travail bénévole, sont autant de contraintes qui pèsent sur les aspirants au métier. Inquiète de voir les rangs de la profession fondre lentement, la rédaction d'Acrimed a épluché les petites annonces glanées sur le site des anciens du Centre de formation des journalistes (CFJ), ainsi que sur quelques sites d'offres d'emplois. Florilège.

Au CFJ, indépendance et investigation à l'honneur...

Comme toutes les grandes écoles qui se respectent, le Centre de Formation des Journalistes (CFJ) [2], dispose d'un « espace emploi » sur lequel des offres sont régulièrement publiées. Leur consultation est réservée aux membres de l'association des anciens du CFJ, elle même « ouverte uniquement à tou(te)s les diplômé(e)s de l'école CFJ, formation première ». Comprenez par là que les étudiants en alternance ne peuvent pas y adhérer, seuls celles et ceux qui ont suivi la formation initiale sont invités à s'acquitter des 70 euros d'adhésion annuelle – somme relativement modique au regard des frais d'inscription de la « formation première » qui atteignent 6 790 euros l'année.

C'est donc à la crème de la crème des jeunes diplômés-journalistes que s'adressent ces offres d'emploi. Mais cette élite se rêvait-elle en porte-voix d'entreprise en réussissant le concours d'entrée hyper sélectif ? Pas sûr... Pourtant, c'est bel et bien ce qui l'attend si l'on en croit les intitulés des annonces. D'un poste de « chargé(e) de communication pour une start-up » à celui de « chef de projet événements digitaux (H/F) pour un groupe bancaire », en passant par « rédacteur (H/F) pour une agence de voyage », on est loin « des valeurs fondamentales et déontologiques de la profession » si chères à la prestigieuse école de la rue du Louvre. Difficile en effet de garantir « respect des faits […], liberté et honnêteté du commentaire » lorsque vos missions s'apparentent davantage à du marketing, à de la communication ou à de la publicité pour des sociétés ou des intérêts privés.





Polyvalence on vous dit !

« Adaptabilité » et « polyvalence » sont devenus les maîtres mots dans bon nombre de secteurs professionnels. Le journalisme n'échappe pas à la règle. Et l'arrivée du numérique a sans doute accéléré le processus : sur le web un journaliste doit faire preuve d'une multitude de compétences en matière de rédaction, de mise en images – photo ou vidéo –, de mise en page, de référencement, etc. Une diversification des tâches dont certains recruteurs seraient tentés d'abuser.

Dans une offre d'emploi publiée sur Pôle Emploi, un employeur d'une société antiboise sollicite un ou une secrétaire de rédaction capable tout à la fois de « gérer le courrier, les appels téléphoniques, réceptionner les clients, commander les fournitures de bureau, envoyer les colis, mettre à jour le site internet, gérer les réservations d'hôtels, de voitures, de l'assurance moto, etc. » Une série de missions auxquelles s'ajoutent « la correction d'articles journalistiques, de maquettes, la gestion du planning d'impression et des routages sans oublier... la recherche des packs cadeaux Noël/St Valentin ! »

L'employeur en question semble conscient de l'ampleur de la tâche à accomplir, tâche qu'il qualifie lui-même de « challenge »... Alors à vos plumes-téléphones-agendas-plannings-faxs-minitels-ordinateurs-appareils photos- scooters- et... au boulot !



La presse est en crise et les restrictions économiques contraignent les rédactions à geler les embauches ? Heureusement, les recruteurs sont imaginatifs...


Travailler pour travailler, c'est ce que propose Le Figaro. Dans une annonce publiée en avril 2016 pour un poste de journaliste « social media » [3] dont les missions participent plus de la communication numérique que du métier de journaliste, il est demandé aux postulants, en prévision de l'entretien, de répondre à une série de questions destinées à définir les améliorations qui pourraient être apportées au site :

Répondre dans votre mail aux trois questions suivantes de manière brève, soit trois ou quatre phrases par question. Ceci est destiné à être développé en entretien.

A) Qu'est-ce que vous appréciez particulièrement sur les réseaux sociaux du Figaro ?
B) Qu'est-ce que vous souhaiteriez abandonner ou feriez disparaître – et pourquoi ?
C) Si vous deviez lancer un projet réseaux sociaux ou participatif au Figaro, lequel serait-il et pourquoi ?

Un grappillage d'idées à bon compte qui ne s'arrête pas là puisque les candidats sont également invités à « réaliser un bulletin » suivant le modèle du site.

S'abonner au compte Snapchat du Figaro : lefigarofr, si ce n'est pas fait. Regarder les bulletins quotidiens L'actu en Snaps (réalisés en 30 – 45 minutes). Réaliser un bulletin L'actu en Snaps sur le compte de votre choix, avec toutes vos bonnes idées créatives et votre propre "patte". Dans votre mail, donner le nom de ce compte Snap pour qu'on puisse visionner le petit bulletin ! Enregistrez votre story sur votre téléphone ou votre tablette afin qu'on puisse la re-visionner ensemble en entretien.

Un travail non rémunéré et n'offrant aucune garantie d'embauche, mais dont Le Figaro pourrait bien s'inspirer par la suite. Alors pour faire passer la pilule, le trait d'humour s'impose :

Nous n'attendons évidemment pas que vous ayez les punchlines de Norman Thavaud (...) ou la cravate de David Pujadas (......), mais nous souhaitons voir comment vous pouvez mettre à profit votre inventivité au service de l'info en vidéo sur #lerezosocio !

Quant à nous, si nous n'attendions évidemment pas de l'organe de presse de la famille Dassault qu'il s'érige en organisation syndicale, il faut bien admettre qu'il pousse ici assez loin la duplicité patronale en collectant des idées gratuitement pour son site internet sous prétexte de processus de recrutement.


De la poudre aux yeux pour... du fard à paupière

Le travail non rémunéré, une idée qui, décidément, plaît aux recruteurs. Tant et si bien que certains tentent de séduire les éventuels postulants en travaillant leur style rédactionnel : proximité linguistique, tutoiement, traits d'humour douteux, discrimination de genre, sexisme…

En la matière, la palme revient à une annonce du site « Avion de chasse » dont la présentation annonce la couleur.

Une « bombe atomique », « un canon », « un avion de chasse »… Tous ces termes désignent un seul et même profil : une femme sublime. Notre site « Avion de chasse » regroupe toutes les plus belles créatures de la planète. Notre média 100% masculin traite tous les thèmes : sport, people, cinéma, politique etc. Une seule condition : une jolie femme doit être le sujet principal de nos contenus. »

Côté rémunération, l'employeur plane complètement et ne semble effectivement pas prêt à redescendre sur terre :

La rédaction d'ADC recherche des stagiaires pour une durée de 2 mois maximum. Pour l'heure, nous ne pouvons vous proposer qu'un statut de pilote bénévole, mais regarder des jolies femmes toute la journée, ça n'a pas de prix croyez-nous ! Être au bureau et mater des vidéos sexy en tout sérénité, c'est inestimable...


Le site www.omagazine.fr apprécie quant à lui tellement les bénévoles qu'il les destine à tous types de poste. Ainsi, trois offres pour des jobs de rédactrices et de styliste photo ont été publiées sur le site de recherche d'emploi www.indeed.fr.

Deux de ces annonces proposent respectivement des postes de rédactrice web mode/beauté, et de rédactrice web société & féminisme. Rappelons tout d'abord que conformément à l'article L 1142-1 du Code du travail, « nul ne peut mentionner ou faire mentionner dans une offre d'emploi le sexe [...] du candidat recherché. » [4] La dérogation à la loi n'est envisageable que si l'appartenance à l'un ou l'autre sexe est la condition déterminante de l'exercice de l'activité professionnelle [5]. Et en l'occurrence, on ne voit pas bien ce qui pourrait empêcher un rédacteur d'occuper de telles fonctions.

Quitte à faire fi de la législation en vigueur, pourquoi s'encombrer d'une fiche de paye ? Ainsi ô Magazine propose, en guise de rémunération, du bénévolat « avec de nombreux avantages ». Pas de salaire à la fin du mois mais des voyages, livres, échantillons, etc. Outre le devoir d'impartialité journalistique nettement mis à mal, on assiste ici a un piétinement éhonté du Code du travail. Car si, comme l'indique la CCIJP, « depuis 10 ans, les revenus médians des pigistes et CDD dégringolent respectivement de 8% et 18% » [6] que penser d'une rémunération en fard à paupière ? Une inconséquence dont le recruteur aura certainement pris conscience puisque la société publie une troisième offre à destination des stylistes photo. Pas question, cette fois, de dilapider la trousse à maquillage, l'annonce est claire : « Rémunération : aucune ».


***


Un secteur professionnel déjà profondément ravagé par la précarité, des offres d'emploi qui bafouent le métier de journaliste, des processus de recrutement qui servent de boîte à idées éditoriale gratuite, des modalités d'embauche qui torpillent le Code du travail. Voilà donc les perspectives proposées aux jeunes diplômés des écoles de journalisme : devenir les ouvriers hypers qualifiés, sous-payés et sans statut de publications qui dans nombre de cas ne seront que des supports para-publicitaires. À ce compte-là, si en 2018, journaliste est le métier qui recrute le moins, peut-être faut-il s'en réjouir...


Élodie Gabillard


[1] Voir le communiqué du SNJ à propos des journalistes auto-entrepreneurs.

[3] L'expression désigne les personnes chargées des publications sur les réseaux sociaux et du développement de ces mêmes réseaux.

[5] Article R. 1142-1 du Code du travail.

DIS Z’EURS MERDE AUX DEEZERS

Tubercule Rescue Centre

Lulu l'Nantais

Le journal satirique nantais, La Lettre à Lulu, a vingt ans. Entretien avec notre complice Nicolas de La Casinière.

JPEGLulu ? Lulu ? Qui es-tu ? Où vis-tu ?

La lettre à Lulu a été lancée – sans élan – à Nantes en décembre 1995, avec l'idée d'éviter tout ce qui ressemble à du marketing. Pas de promo de lancement, un journal quasi introuvable (deux points de vente seulement au départ), qui paraît quand il veut, sans prévenir. Depuis vingt ans, Lulu a soigneusement évité les enquêtes de lectorat, les recettes de vente des magazines, palmarès des hostos, hit-parades des écoles de management et autres marronniers.

À Marseille, on nous a dit que tu étais l'enfant caché du Canard enchaîné et du Monde libertaire, c'est vrai ?

Le trio du départ voulait, c'est vrai, tenter de faire un Canard enchaîné à la nantaise, même si ça sentait le renfermé, le notable mité et l'enfant caché. Mais c'est pas vraiment ça, on a rarement de « Gorge profonde », style Watergate, nous orientant vers des scandales locaux – même si ça peut arriver. On manque sans doute d'assiduité dans les coulisses des services décentralisés de l'État qu'on ne fréquente pas : communauté urbaine, département, région et autres assises poiliticardes qui ont leur siège ici. (On pourrait leur faucher leurs sièges, mais y a pas de roulettes). Pour le reste, le journal est libertaire sans doute, mondial pas encore, mais on préfère l'image du sale gosse qui saute dans les flaques. De temps en temps, ça éclabousse.

Lulu, comment vis-tu ?

Aujourd'hui, on commet quatre numéros sans pub par an. Les ventes se font dans deux cents kiosques de la région nantaise, plus quatre librairies, une demi-douzaine de bistrots. Tout ça permet de payer l'imprimeur et les timbres pour les envois aux 200 abonnés. Nos contributeurs sont des journalistes, des dessinateurs qui ont des boulots à côté ou sont au RSA. Tout le monde est bénévole. La rédaction n'est pas très organisée ni assemblée-généralisée. On bricole les bouclages. Pas vraiment un modèle pour les générations futures.

Sérieusement, faire un journal papier, c'est pour les vieux schnocks, non ? Tu sais comment ça marche Internet, on peut t'y trouver ?

JPEGLe canard papier, c'est quand même bien, pour lire aux cagoinces, non ? On tient aux échanges humains que permet le papier. Cela dit, avec l'âge, on s'est un peu adaptés à l'époque : on va peu sur Facebook, on alerte par mail de la sortie du journal. Concession minimale : on a un site web, où l'on trouve le numéro en cours, en téléchargement payant, et tous les précédents depuis 1995 archivés en accès gratuit. Ce qui vaut des demandes régulières de retrait ou de déréférencement d'articles anciens, au titre du droit à l'oubli. Un principe qu'on trouverait en soi légitime, mais on n'a pas tranché sur ce sujet. Il y a des demandes plus ou moins véhémentes, par voie d'avocat ou non, émanant de gens qui sentent mauvais : négationnistes, élus moisis, détenteurs de pouvoir, mais parfois aussi de victimes qui ne veulent plus qu'on puisse googliser leur histoire d'un clic. Le hic, c'est que ça nous escagasserait de faire disparaître nos archives, au bout de cinq ans par exemple, ce qu'on n'imaginerait pas dans les bibliothèques. Pas simple de trouver une mesure équitable.

Les luttes près de chez toi, c'est tes copains ou tu gardes tes distances ? Et avec les politiciens locaux, tu t'es fâché ?

On garde la distance de la proximité. La ZAD est un territoire voisin où vivent et luttent des gens qu'on aime bien. Avec les politiques, on n'a pas de relations, pas de connivences de petits-fours ou de voyages de presse qui scellent des liens. On n'a pas à se fâcher, puisqu'on n'a jamais été potes. Mais qu'on les agace, ça, c'est possible… Faudrait leur demander. Au département, il y a apparemment des ordres de ne jamais répondre à Lulu. Ailleurs, c'est plus flou.

Tu as 20 ans et toutes tes dents aujourd'hui, c'est rare pour un journal indépendant ! C'est reparti pour vingt ans ?

Notre économie minimale, facture de l'imprimeur et timbres, nous permet de continuer. On s'est pensés comme un journal éphémère qui perdure. On garde à l'esprit que ça peut s'arrêter un jour, ou que si d'autres personnes veulent reprendre, ça leur appartiendra. En attendant, tant que ça nous fait marrer de faire des pieds de nez narquois, on poursuit.

Comment une poignée d'élus bloquent une alimentation saine pour tous les enfants

C'était l'une des mesures emblématiques du projet de loi issu des États généraux de l'alimentation : atteindre 20 % de produits bio dans la restauration collective publique d'ici 2022. Adopté en première lecture par les députés le 30 mai, cet objectif inscrit dans l'article 11 du projet de loi a été supprimé lors de son examen en Commission des Affaires économiques le 14 juin. Trente sénateurs du groupe Les Républicains ont en effet porté un amendement qui conserve le seuil de 50 % de produits de qualité et (...)

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Revenir au transport maritime à la voile : une alternative écologique souhaitable et désormais réaliste

Transporter des marchandises à la voile d'une rive à l'autre de l'océan Atlantique, et en finir avec les pollutions générées par les porte-conteneurs géants ? Plus qu'un pari, l'équipe de Towt, une jeune entreprise installée à Douarnenez dans le Finistère, en a fait une réalité, qu'elle tente désormais d'installer dans la durée. Ses bateaux sont capables de relier la Grande-Bretagne comme de faire la grande traversée, à leur propre rythme, sans fioul, accompagnés de leur chargement de thé, de café, de chocolat (...)

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Dans les Hautes Pyrénées, l'UD CGT dénonce le commando Delta et s'oppose à l'extrême droite et ses idées

VISA vous propose la lecture du communiqué de presse de l'UD CGT du 65: Suite aux agissements du "commando delta", groupuscule d'extrême droite qui a attaqué plusieurs centres d'accueil de réfugiés et les locaux de journaux.

L'UD réaffirme le combat antifascisme et reprend le mot d'ordre "Migrants bienvenue" au nom de ses adhérents !

Rassemblement unitaire à Lyon le 22 juin contre l'ouverture de l'école de Marion Maréchal

Non à l'ouverture de l'école de Marion Maréchal Le Pen à Lyon
 
L’école privée dirigée par Marion Maréchal qui se voudrait un « institut de sciences sociales, économiques et politiques » ouvrira ses portes à la rentrée de septembre 2018 à Lyon, dans le quartier de la Confluence au 56 rue Denuzière.
 
Une école … Ou un nouveau fief de l’extrême-droite à Lyon ?
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Grenoble : Le Patio Solidaire contre les expulsions et les frontières

Nous ne savons pas quel sort sera réservé au Patio après le 30 juin, puisque nous restons sans réponse de la Présidence de l’Université… La menace d’une expulsion est présente !

Nous nous donnons rendez-vous vendredi 22 juin à 8h30 au Patio pour marcher ensemble vers le Conseil d’Administration, où la question sera débattue. Nous nous y rassemblerons pour le petit-déjeuner, intervenir à l’assemblée, y présenter nos revendications et montrer que nous sommes unis quoi qu’il advienne autour du Patio solidaire !

« Appel à défendre le Patio Solidaire »

Depuis le 5 décembre 2017, le Patio Solidaire est occupé par une soixantaine de personnes prises dans des situations administratives diverses. La majorité de ses habitant.e.s sont en situation de demande d’asile. Légalement, l’Etat doit leur fournir un hébergement. Ce qu’il ne fait que rarement. La plupart sont aussi concernées par les procédures de Dublin. Le ministère de l’Interieur cherche à les déporter vers les premiers pays par lesquels elles sont entrées en Europe (souvent l’Italie). Ces pays sont les seuls où leur demande d’asile peut-être étudiée.

Le Patio Solidaire est un ancien laboratoire de droit au coeur du campus. Autogéré, il est progressivement devenu un espace de vie, d’échanges et de rencontres entre étudiant.e.s, enseignant.e.s, activistes, chercheur.e.s, habitant.e.s du Patio, de Grenoble, de Saint Martin d’Hères et au-delà, en exil ou non.

Mi-mars, une lettre était envoyée au Président de l’Université, au Vice-président en charge de la Recherche et à l’ensemble des membres du Conseil d’administration (CA). Elle revenait sur la richesse des liens tissés au Patio et la diversité des activités qui s’y sont déployées (formations mutuelles, recherches collectives, ateliers artistiques, sorties culturelles, organisation d’évènements publics…). Un ouvrage collectif est même issu d’une de ces rencontres et sera bientôt publié. Il est intitulé « Le bureau des dépositions. Angle de transformation des politiques migratoires et des Etats-Nations capitalistes ». La lettre proposait le vote d’une motion qui viserait à maintenir le Patio et améliorer les conditions d’hébergement et de vie jusqu’à l’ouverture d’un nouveau lieu d’habitation et de travail sur le campus selon des modalités à discuter collectivement.

Le 23 mars, une délégation du Patio intervenait donc au CA pour exposer la situation et les revendications des habitant.e.s. Le CA votait finalement, à l’unanimité, « la prolongation de l’hébergement transitoire des migrants jusqu’au 30 juin 2018 accompagnée de la poursuite des démarches visant à aboutir à leur relogement ».

Aujourd’hui, nous sommes à une semaine de cette échéance du 30 juin et l’équipe présidentielle ne répond plus à nos sollicitations. Le 6 mai, nous répondions au Directeur Général des Services, Joris Benelle, suite à sa demande d’intervention des services techniques pour des prélèvements d’amiante. Dans cette réponse, nous nous inquiétions déjà de l’absence d’avancées concernant le relogement des habitant.e.s et la relocalisation du Patio dans un bâtiment plus adapté. Le 5 juin, nous écrivions au Président de l’UGA pour le rencontrer et discuter des engagements pris fin mars. Ces messages sont restés sans réponse.

Au delà du 30 juin, nous ne savons pas quel sort sera reservé au Patio par une équipe présidentielle qui fait la sourde oreille. Nous nous donnons rendez-vous vendredi 22 juin à 8h30 au Patio pour marcher ensemble vers le Conseil d’Administration. Nous nous y rassemblerons pour petit-déjeuner, intervenir à l’assemblée, y présenter nos revendications et interpeler l’équipe présidentielle pour obtenir des engagements fermes.

Puis, dès samedi 23, rendez-vous au Patio à partir de 15h pour fêter les 6 mois de vie du Patio avec des conférences-débats, repas et concerts. Enfin, le lendemain, un tournoi de foot est organisé à partir de 13h.

M. le Président, soyez innovant ! Inventons avec le Patio le lieu d’une Université-Monde solidaire, Et pas celui de la répression d’une experience humaine et politique unique !

Face à la menace d’une possible expulsion du Patio Solidaire, nous invitons tous les soutiens, toutes celles et ceux qui souhaitent se solidariser auprès de ses habitant. e. s, à rejoindre les dates suivantes :

22 juin, 8h30 au Patio : Petit-déjeuner au Conseil d’Adminsitration de l’Université. 23 juin, à partir de 15h au Patio : Conférence, repas, concert ! 24 juin, à 12h au Patio : Tournoi de foot 29 juin, à partir de 20h au 38 rue d’Alembert : Soirée de soutien, théâtre, repas, concert 30 juin, à 15h au Patio : Rassemblement contre l’expulsion !

L’adresse : 1041 Rue des Résidents, 38400 Saint-Martin-d’Hères. (Tram B et C, arrêt Condillac-Université.

[Publié le 20 juin 2018 sur Indymedia Grenoble]

Une nouvelle vague d'arrestations vise les militants anti-nucléaire

Samedi 16 juin, quelque 3000 personnes se sont rassemblées à Bure contre le projet de site d'enfouissement de détectes nucléaires, Cigéo. Quatre jours plus tard, le 20 juin, les activistes antinucléaires de Bure ont subi une nouvelle vague de perquisitions et d'arrestations. Dès 7 h du matin, une dizaine de lieux ont été perquisitionnés, à Verdun, Bure, Commercy, et même Paris. Huit personnes ont été placées en garde à vue.
Même l'avocat des militants de Bure a été arrêté à son cabinet parisien et placé, (...)

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"Je travaille, donc je suis" avec Margaret Maruani et Sophie Pochic

Cette semaine on a reçu les sociologues Margaret Maruani et Sophie Pochic à l'occasion de la sortie du livre "Je travaille, donc je suis" qui propose d'éclairer, dans une perspective internationale et à travers des objets d'étude novateurs, les débats contemporains articulant genre et travail. Cet ouvrage s'appuie sur une hypothèse forte : le travail est une fenêtre sur le monde social – sur ses hiérarchies, ses tensions, mais aussi sur ses transformations – et l'analyse de la place des femmes et des (...) - Emissions / , , , ,

La lutte

La lutte linogravure encre typo sur papier Fabriano Rosaspina 220gr blanc. 35x50cm (papier) 14 exemplaires numérotés et signés sur ma boutique

La P'tite Blan, la prime de l'ex-PDG de Carrefour et le licenciement de milliers de salarié.e.s

La P'tite Blan nous parle de Carrefour qui bichonne son ex-PDG et ses actionnaires, tout en virant les travailleurs. Pour info, devant le scandale, Georges a renoncé à sa prime de 3,9 millions de "non concurrence". A l'heure où la chronique a été écrite il devait prendre la tune, mais bon comme tout le monde a grillé le scandale, il a fait genre je suis quelqu'un de bien... M'enfin il lui reste encore beaucoup trop. Et surtout je suis sûre qu'il a négocié pour se rattraper sur autre chose. (...) - La p'tite Blan / , , , ,

« J'ai rêvé d'un centriste »

Marseille, 1er avril 2017. Pendant que Bennahmias affirmait son soutien à Hamon à la fin d'une réunion PS où quinze bougres se chamaillaient, Macron déployait son plus beau sourire pour un meeting à guichets fermés.

Rond-point du Prado : les taxis marseillais sont en ordre de marche contre l'ex-banquier à l'émail diamant. Ils ont ces mots de bienvenue pour chacun : « Vous allez sucer Macron, entrez c'est par là. » Sur leurs voitures, on lit : « Macron évite de nous prendre pour des cons… On est pas des couillons ! » Ils ont mal digéré Uber.

Dans le hall qui se remplit de 6 000 centristes, la musique est à fond et six écrans géants permettent de voir l'estrade. Au milieu des drapeaux bleu-blanc-rouge déployés par des militants de fraîche date, une seule marque est vendue, celle du sauveur suprême alias E-M, alias En Marche, alias Emmanuel Macron. Pas une buvette dans cette grande messe. Geneviève, BCBG, la soixantaine, le portrait craché d'une fillonniste qui a une « certaine idée de la France ». Macron ? « Il inspire » et « Juppé était trop vieux ». Geneviève ne supporte pas les idées extrêmes, « qu'on assimile Maghrébins et délinquants », par exemple. Pourtant, elle se sentait bien auparavant au RPR puis chez Sarkozy, saison UMP ou LR. Allez comprendre…

Par Rémy Cattelain. {JPEG}

Dans le carré VIP, Nicolas, 20 ans, tee-shirt « Macron Président » : « Mes parents votent UMP, mes grands-parents Le Pen. » Castaner, le député local, entame justement un discours cosmopolite contre le FN. Il cite l'évêque Pontier tout en se proclamant laïc. Faible écho dans la salle. Tout près de moi, une militante des Quartiers nord m'initie : « Je ne me sens ni de droite ni de gauche, je rêvais d'un centriste. »

Le porte-parole du candidat sermonne les indisciplinés : « On ne siffle pas dans les meetings d'Emmanuel ! Ils n'ont pas de figures », adresse-t–il au public marseillais. Il félicite encore Estrosi, le président LR de la région élu contre le FN avec les voix de Castaner, pour sa position sur le Planning familial. Ma voisine approuve. La salle ne mord pas. Jamais depuis Éric Besson, on n'aura vu un socialiste si bien se coucher devant un élu de droite. Sauf Emmanuel qui « craint dégun ». Ben tiens ! On fait sauter le public qui se prête assez peu à ces appels faciles aux phocéens. « Emmanuel, c'était l'astéroïde, puis l'outsider et maintenant c'est le favori », lance-t-il depuis la tribune. Le grand homme est en passe de conquérir les étudiants des écoles de commerce et leurs parents. Un peu plus loin, Michel, dentiste à la retraite, s'esbaudit au moment où la rockstar entre en scène, toutes dents dehors : « Il a du charisme, il a dû avoir un appareil », m'assure-t-il avant d'ajouter : « Il vit son aventure comme un vrai sacerdoce. » C'est vrai que je commence à voir l'auréole derrière Emmanuel. « Indignité et grande faute » pour les pécheurs résonnent dans la bouche de l'abbé Macron qui prêche au centre. Il sait faire rêver le petit commerçant : « On va supprimer le RSI. » Sans culpabiliser le fonctionnaire.

Diana, 22 ans, étudiante franco-sénégalaise en gestion administrative, nettoie les toilettes du parc Chanot où se tenait le meeting. Elle aurait bien voté pour le Macron. Pas de bol, elle n'est pas inscrite. Pendant qu'elle change les rouleaux de PQ, Emmanuel se déchaîne contre le code du travail. Baisser les charges des employeurs, simplifier les prud'hommes, augmenter la flexibilité. Tout y passe. Tout le code trépasse. « L'ouvrier, quand l'usine devient numérique, il est pas fichu ! »

Un président « central » qui salue sous les ovations, « les Arméniens, les Comoriens, les Sénégalais, les Maliens… » Et les punks anarchistes ? (On a frisé le « Salut à toi » des Bérus). Heureusement, à la fin, tous feront de très bons Marseillais, de très bons Français…. Ouf, on a eu peur ! De la Révolution [1]...


[1] Titre du livre d'Emmanuel Macron.

Champ de batailles : un film sur la difficulté à devenir parents

Le documentaire Champ de batailles nous plonge dans la vie d'un centre parental du Calvados qui accueille des mères et des pères que la justice a déclarés inaptes à être parents. Une équipe de professionnelles tentent de leur apprendre à élever leurs enfants pour qu'un jour, ces parents puissent retrouver leur autonomie. Chronique par l'association Les Lucioles du doc.
Dans un monde où les parents se doivent d'être surdoués, pouvant mener de front une vie de cadre épanoui tout en jonglant avec la crèche (...)

- Chroniques /

Après avoir détourné « Basique » d'Orelsan, les soignants toulousains en lutte préparent un nouveau clip

Leur vidéo est devenue virale, atteignant plus de cinq millions de vues sur Facebook, et plus de 200 000 sur Youtube en une semaine. Les soignants en lutte du CHU de Toulouse ont adressé un message fort à leurs directions ainsi qu'au gouvernement en s'inspirant du célèbre clip « Basique » d'Orelsan. Avec l'opération « On refait le match », les syndicalistes de la CGT souhaitent mobiliser encore plus largement les personnels soignants, du CHU mais aussi des cliniques et Ehpad de Toulouse et des alentours. (...)

- ça bouge ! / , , ,

En Argentine, la vague verte pour le droit à l'avortement veut en finir avec le machisme et les féminicides

Après plus de 22 heures de débats ininterrompus et une longue nuit de suspens, les députés argentins ont finalement voté à une courte majorité, le 14 juin, la légalisation de l'avortement. La loi doit désormais passer devant le Sénat, plus conservateur. Une première victoire qui doit beaucoup au mouvement populaire et à la mobilisation des femmes, et notamment des plus jeunes.
Combien étaient-elles dans la nuit du 13 au 14 juin à braver les températures négatives de Buenos Aires en ce début d'hiver (...)

- Résister / , , , , ,

Les CRA

Un appel à signatures (et à humanité)

Voilà le lien : http://agir.lacimade.org/retention

Merci 

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CRA_006
Article de France soir
CRA_007
Article de La Cimade
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Article d’Info migrants

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La vidéo du centre de Mayotte
CRA_012
Décryptage du projet de loi
CRA_013
Les réactions de nos glorieux gouvernants

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Pour signer : http://agir.lacimade.org/retention

 

 

 

Deux jours pour apprendre à vivre sans déchets

Réduire ses déchets n'est pas insurmontable. Mais par où commencer ? Pour répondre à cette question l'association En Transition et Sakaïdé organisent un week-end, en Loire-atlantique, à Sucé-sur-Erdre, les 23 et 24 juin pour découvrir et apprendre les bases du mode de vie zéro déchet. Au programme : réalisation de produits cosmétiques et ménagers, ateliers cuisine, cueillettes d'herbes sauvages comestibles, moments d'échanges et de discussions. A l'issue du stage, un accompagnement de plusieurs mois vers le (...)

- ça bouge ! / , ,

Voix rebelles de Saint-Denis

16 mars. Sous le dôme de la Maison des étudiants de Paris 8 (Saint-Denis), le collectif Paroles non-blanches organise une journée contre les violences policières. Sur le parvis, une responsable engueule les jeunes femmes qui ont investi la salle sans permission.

« Vous n'avez pas honte d'obliger le personnel à faire des heures sup' ?! », hurle la dame outrée. Deux vigiles noirs viennent s'accouder au comptoir de l'entrée et, comme pour désavouer leur cheffe, vont assister au débat avec un intérêt certain. Sont présents Samir Baaloudj, de l'ex-Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB) ; Ramata Dieng, de la coordination de familles Vies volées ; Youcef Brakni, militant de Bagnolet ; un groupe nourri de membres du collectif Vérité et Justice pour Adama, dont Youssouf Traoré, récemment sorti de prison. La grande sœur, Assa Traoré, arrive avec trois enfants affublés du célèbre T-shirt noir : « Sans justice, vous n'aurez jamais la paix. » Elle s'assoit et, face à un public multicolore, dénonce le harcèlement policier, judiciaire et médiatique que subit sa famille. « Si mon frère Bagui est en prison, c'est pour réduire au silence un témoin-clé, lui qui a été le dernier à voir Adama vivant dans la gendarmerie. Pour nous, Bagui, Yacouba et les autres sont des prisonniers politiques. »

« Ce que réalise Beaumont-sur-Oise avec son auto-organisation, c'est le retour d'un espoir perdu, salue Samir Baaloudj. Ce rapport de forces créé par un quartier, on n'avait plus vu ça depuis Villiers-le-Bel il y a dix ans. » Le vétéran de Dammarie-les-Lys [1] dézingue les manœuvres qui démobilisent : « À Clichy-sous-Bois, après la mort de Zyed et Bouna, le PS a envoyé l'avocat Mignard pour éteindre le feu. Pareil qu'avec SOS-Racisme ou les people de l'antiracisme médiatique, sans ancrage local. Pour nous, le porte-parole, c'est le quartier. La star, c'est le quartier. » On se souvient de la première conférence de presse collective, impressionnante de cohésion, des amis d'Adama Traoré au lendemain de sa mort. « C'est en ne laissant personne parler à notre place qu'on peut gagner. »

Ramata Dieng met en garde l'assistance : « Nos quartiers ont servi de laboratoire pour tester des techniques de maintien de l'ordre qui ont ensuite été appliquées contre des grévistes ou des manifestants. Attention, en période de crise sociale, elles pourraient se retourner contre l'ensemble de la population. » Baaloudj surenchérit : « Pour nous, l'état d'urgence dure depuis 60 ans ! » Décrété pendant la guerre d'Algérie, cet état d'exception sera réactivé lors de la révolte des banlieues de 2005, puis après les attentats du 13 novembre 2015 – et prolongé depuis. Une éternelle opération de « pacification » se rejoue dans la tête des responsables policiers.

Les lignes bougent entre « grandes causes » et bagarres locales, mais aussi entre violence et non-violence. « Ces jours-ci dans les banlieues, il y a des émeutes, scande Samir. Si les gens se rassemblent cagoulés dans la rue, c'est avant tout pour que les affaires Théo ou Adama ne tombent pas à l'eau. Si on ne casse rien, tout le monde s'en fout, on nous laisse crever. Ce sont des émeutes politiques, car à côté de ça, on s'organise en comités pour informer, faire un suivi juridique, discuter… » Baaloudj parle stratégie : « Il faut faire gaffe à ce que la Marche du 19 mars ne soit pas une fuite en avant dans un agenda national hors sol. La cause des familles risque d'être récupérée pour leur faire endosser des discours qui ne sont pas les leurs. On ne va pas décourager les gens de marcher derrière les familles : elles le méritent. Mais nous, on n'est pas là pour reconstruire la gauche des partis, on participe à la reconstruction de nos quartiers populaires, comme au Petit-Bard, à Montpellier. » De fait, la famille Traoré n'ira pas à la Marche. D'autres y participeront tout en critiquant les tentatives de noyautage, et l'embauche de vigiles privés pour sécuriser la Marche, aux frais de la caisse de soutien aux familles. C'est le cas de Vie volées ou du collectif Hocine Bouras de Strasbourg.

À propos d'inspiration et d'influences politiques, les anciens proposent des pistes : « Certains kiffent les Black Panthers sur leur page Facebook, se moque Baaloudj, mais ces gens-là, ce n'était pas juste une bande de meufs et de mecs qui posaient avec des guns à la main. Les panthères étaient capables de se lever à 5h du mat' pour distribuer des petits-déj' aux mômes des quartiers ! » Brakni en rajoute une couche : « Pourquoi aller chercher si loin un modèle ? Comme si nous n'avions rien à transmettre de notre propre histoire ! Notre mémoire commune est ici, avec le Mouvement des travailleurs arabes des années 1970, par exemple. »

Une jeune femme interroge : « Quel type d'alliance pouvons-nous tisser avec les Blancs s'ils ne vivent pas les discriminations dans leur chair ? » Samir répond en sage : « Des Blancs sans privilèges, dans mon quartier, il y en avait. Certains étaient avec nous dans le MIB. On partageait la même précarité de jeunes des cités. Mais ils savaient que, quand on croisait une patrouille, il y avait moins de risque que ça tourne mal pour eux. C'est sur cette conscience et ces amitiés qu'il faut construire et devenir forts. »

Assa Traoré, vêtue d'un tissu wax aux couleurs vives, conclut sur la « mauvaise France qui tue nos frères et nos enfants ». Et en mode au revoir et à bientôt : « La bonne France a besoin d'une révolution ! »

Par Etienne Savoye. {JPEG}


[1] Lire « Quand les émeutiers s'organisent », CQFD no38.

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Souscription 2018 : appel à la mobilisation générale !

Plaidoyer (inquiet) pour que les dons affluent…



Les temps sont difficiles. Alors que nos précédentes souscriptions ont comblé toutes nos attentes, parfois au-delà de nos espérances, celle que nous avons lancée en avril dernier a bien du mal à prendre corps. Nous en sommes à 15 000 euros en deux mois et attendions le double.

Peut-être nos campagnes à répétition, presque une chaque année depuis cinq ans, lassent-elles nos généreux donateurs et plus largement celles et ceux qui nous lisent. D'autant plus que l'appel aux dons du public devient un mode de financement presque ordinaire pour des associations comme Acrimed, sans publicité ni subvention, qui tiennent à maintenir la gratuité de leurs sites.

Certains considèreront que cette gratuité n'est que de façade puisque nous leur demandons de payer d'une autre façon. Nous leur objecterons que la gratuité telle que nous la pratiquons s'adresse en particulier à celles et ceux qui ne peuvent pas payer. Et l'on ajoutera qu'en matière de contenu éditorial, il n'y a pas de formule magique : la gratuité totale se paie toujours, en perte de qualité et d'indépendance.

Peut-être aussi, probablement même, certains de nos généreux donateurs ne savent-ils plus où diriger leur sollicitude, tant les causes méritant ou nécessitant d'être soutenues peuvent paraître nombreuses, et estiment-ils que notre combat est moins essentiel et urgent que d'autres. À ceux-là nous disons que nous ne voulons certes pas qu'ils négligent d'autres bénéficiaires à notre profit.

Mais, et nous ne les surprendrons guère, nous plaidons aussi pour un soutien à la critique des médias, qui n'a jamais été aussi indispensable alors que l'indépendance et le pluralisme de l'information sont quotidiennement foulés au pied, tant par le nouveau pouvoir qui s'applique depuis un an à démontrer son mépris pour le journalisme et la liberté d'informer, que par les oligarques qui accentuent encore et encore leur mainmise sur le paysage médiatique.

En attendant et espérant des jours meilleurs où notre activité ne serait pas sans cesse fragilisée par notre précarité financière, nous nous permettons d'insister pour une participation, même modique, de toutes celles et ceux qui le peuvent à cette campagne de dons.


Vous pouvez faire des dons, cela ouvre droit à déduction fiscale.

Vous pouvez adhérer à l'association, si vous partagez notre critique des médias, et cela ouvre aussi droit à déduction fiscale.

Vous pouvez vous abonner à la revue Médiacritique(s).

Vous pouvez faire tout ça à la fois !


« Si un nouveau monde est possible, d'autres médias le sont aussi. Pour qu'un nouveau monde soit possible, d'autres médias sont nécessaires ! »


Acrimed


Post-scriptum : À ceux qui n'ont pas encore utilisé ce moyen de nous aider, nous rappelons que les dons que nous recevons donnent droit à une réduction d'impôts de 66 % de leur montant, droit qui a été reconnu à Acrimed à la suite d'un long procès avec l'administration fiscale.


« Il va bien falloir prendre parti dans la guerre en cours, entre les managers et les alliés du vivant »

D'un côté la biodiversité disparaît à grande vitesse, à cause des pesticides, du bétonnage et de la déforestation industrielle. De l'autre, de plus en plus de populations et territoires se soulèvent contre ces projets funestes. Dans son ouvrage Être Forêts, habiter des territoires en lutte, le philosophe et bâtisseur Jean-Baptiste Vidalou se penche sur la forêt, lieu de résistances à l'exploitation de la terre et des hommes, défendue par « ceux qui élaborent et font vivre des communs » : « Un monde pluriel, (...)

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LA FRANCE PUE RADIO SHOW 19/06/2018

Playlist :

Coche Bomba (F) / Oi Polloi (Ecosse) / Lebenden Toten (US) / Lumpy & the Dumpers (US) / Ersatz (F) / Pestfest (Allemagne) / Sin Logica (Suisse) / Cold Meat (Australie) / Blystex (US) / Long Knife (US) / Warthog (US) / 12 Hour Turn (US) / Transistor Transistor (US) / Morpheme (Japon-US) / S.H.I.T. (Canada) / Les Slugs (Belgique) / The Truth (Serbie) / Missratched (F) / Christophe Sourice (F) / Lane (F) / Faze (Canada) / Dona Maldad (Venezuela) / Page Ninetynine (US) / Small Brown Bike (US) / The Kathmandu Killers (Nepal) / Lost World (Allemagne) / Damaged Head (Suède) / Anti-Playax (Espagne) / Ripcord (UK) / Artymus Pyle (US) / Unarm (Japon) / Apparatus (Malaisie) / Bread & Water (US) / Bombenalarm (Allemagne) / Today is the Day (US)

TODAY IS THE DAY

la gravure sataniste

L'accouchement est politique

Une émission bonus de ta voisine est féministe :
en septembre 2017, Béatrice Cascales et Laetitia Négrié étaient venues présenter leur livre L'accouchement est politique au Poil, la bibliothèque féministe du Mas d'Azil. Voici des extraits de leur présentation.

Béatrice Cascales et Laëtitia Négrié, L'accouchement est politique, éditions L'instant Présent, 2016.

Musique :
Elizabeth Cotten, Freight Train
Melissa Laveaux, Scissors