Filmer, photographier, enregistrer les forces de l'ordre dans l'exercice de leur métier, est un droit et doit le rester

Acrimed cosigne un communiqué collectif initié par Reporters en colère (REC), suite aux récentes annonces concernant le contrôle des vidéos montrant des violences policières.

Mediapart a révélé le 16 février 2020 que Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, « envisage[rait] de contrôler la diffusion des vidéos [montrant des violences policières]. Selon (...) la Direction générale de la police nationale (DGPN), une étude sur des "évolutions juridiques" est actuellement menée pour rendre notamment obligatoire le floutage de tous les agents. » Une information démentie par le ministre le 19 février, mais bien confirmée par ses propres services quelques heures plus tard.

Nous, journalistes - reporters d'images, photojournalistes, rédacteurs•trices, titulaires de la carte de presse ou non - associations de défense des droits humains et usagers des médias, tenons à alerter l'opinion publique sur de telles menaces. Il en va de la liberté de la presse et, plus largement, du droit d'informer et d'être informé•e. Le floutage aurait pour conséquence directe, en premier lieu, de compliquer et de ralentir fortement la diffusion des images d'opérations policières - notamment en matière de maintien de l'ordre -, de sorte que ces images seraient bien moins nombreuses à être mises en circulation.

Or, sans ces vidéos, la réalité des violences policières resterait trop souvent invisibilisée, niée dans son existence même. Elle l'a trop souvent été dans les quartiers populaires d'abord, dans les manifestations, aux abords des lycées, sur les piquets de grève, et désormais contre nous, journalistes de terrain et associations de défense des droits, qui les documentons et participons à les visibiliser, via nos enregistrements, souvent diffusés sur les réseaux sociaux et repris par les médias traditionnels.

L'existence d'images les attestant, et la possibilité même d'enregistrer et de les diffuser, rend leur réalité tangible contre les dénégations répétées des autorités françaises ces derniers mois, ces dernières années.

Ces vidéos peuvent aussi constituer des éléments de preuve pour la justice, comme pour la mort de Cédric Chouviat, d'Aboubakar Fofana, et d'autres victimes.

Alors que la multiplication des images ces dernières années a permis à la société entière de progresser dans la prise de conscience de l'existence des violences policières, la publicité de ces images provoque des réactions visant à renforcer l'anonymat des forces de l'ordre et participe de leur impunité. De nombreux•ses policier•es en maintien de l'ordre opèrent désormais masqués (visages camouflés, casque, cagoule, numéro de matricule - RIO - absent), au mépris des lois et des obligations déontologiques, notamment rappelés par le Défenseur des Droits.

Il s'agirait, si la Place Beauvau accédait aux demandes de certains syndicats de police, de rendre toujours plus difficile l'accès à une information indépendante sur le travail de la police. Devons-nous rappeler que la force publique, au service de tous, doit être observable en tout temps, par toutes et tous ? Dans un Etat de droit respectueux du droit international, la liberté d'informer, et donc le droit de filmer la police, prime sur le respect de la vie privée dès lors qu'il s'agit de filmer des fonctionnaires de police dans l'exercice de leur fonction, sans porter atteinte à leur dignité.

Ce principe a été exprimé à plusieurs reprises, tant par l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, que par le rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de réunion et d'association.

Non seulement il serait dangereux de renforcer l'anonymat des policier•ères, mais il y a même lieu, au contraire, de renforcer les possibilités de leur identification pour prévenir les violences policières, notamment via le respect du port du numéro de matricule (RIO).

Le port de ce numéro est en effet obligatoire, conformément à l'article R434-15 du code de la sécurité intérieure qui dispose que : « Le policier ou le gendarme exerce ses fonctions en uniforme. Il peut être dérogé à ce principe selon les règles propres à chaque force. Sauf exception justifiée par le service auquel il appartient ou la nature des missions qui lui sont confiées, il se conforme aux prescriptions relatives à son identification individuelle. »

Il n'y a aucune raison pour que de telles études se poursuivent.

Pour que vive la liberté de la presse !

Pour que vivent le droit à l'information et le droit d'informer !

Filmer les agents des forces de l'ordre, sans les anonymiser, dans le cadre de l'exercice de leur fonction doit rester un droit !

Paris, ce 21 février 2020

Signataires : Collectif REC (Reporters En Colère) – SNJ (Syndicat National des Journalistes) – SNJ-CGT (Syndicat National des Journalistes CGT) – Syndicat interprofessionnel de la presse, des médias, de la culture et du spectacle - SIPMCS-CNT – Syndicat Général des Journalistes Force Ouvrière (SGJ-FO) – CFDT - Journalistes – Fédération Européenne des Journalistes (EFJ) – Profession : Pigiste – Ras-la-Plume – Collectif YouPress – Amesty International – LDH – ATTAC – ACRIMED – Solidaires – Collectif LaMeutePhoto – Collectif OEIL – Collectif MacadamPress – Collectif Extra Muros – Mr Mondialisation – Taranis News – Là-bas si j'y suis – Source-média – Media 25 – Bastamag – Politis – StreetPress – Radio Parleur – SDJ Mediapart – SDJ LeMédiaTV – Arrêt sur Image – Collectif GERDA – Me Arié Alimi – David Dufresne – Sihame Assbague – Samuel Gontier

Actu punk on the web : ROTTEN EGGS SMELL TERRIBLE #37 (Punxforum.net)

[...]dispo dans les distros habituelles et en commande chez moi pour ceux qui ont des difficultés avec les zones urbaines...

40p A4 le sommaire doit apparaÎtre sur l'image, c'est toujours un travail d'équipe avec le retour de Laurent pour la (les) couverture(s)! merci de votre attention , le 37°5 sera un split avec Kraspek normalement! A bientôt!
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Votre commune peut-elle se convertir à une agriculture 100% locale et 100% bio ?

Combien d'hectares agricoles pour nourrir ma ville ? Combien d'agriculteurs en plus, d'emplois créés, si on relocalise la production alimentaire ? Et si on convertit en 100% bio ? Outil inédit, le site « Parcel » permet de faire ces calculs. Pour les citoyens et les élus qui souhaitent engager la transformation agricole de leur territoire.
« C'est bien le bio, mais on ne peut pas nourrir la planète avec ! » Qui n'a pas entendu cette phrase lorsqu'on évoque la possibilité de changer de modèle agricole ? (...)

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Le palmarès 2019 des éditocrates (BD)

Une chose est sûre : ils ne se sont pas ménagés. Aussi la compétition a-t-elle été rude et le choix difficile. Mais nous vous proposons notre palmarès 2019 : le meilleur du pire des éditocrates ! Les visuels sont issus du dernier numéro de notre revue Médiacritiques... que vous pouvez encore vous procurer, si ce n'est pas déjà fait !


Antonin Padovani

SDHI, ces pesticides épandus massivement qui s'attaquent à tous les êtres vivants

Connaissez-vous les SDHI ? Ces nouveaux fongicides, censés s'attaquer seulement aux champignons qui menacent les récoltes, s'en prennent en fait à tous les êtres vivants. Un « danger immense » selon des scientifiques. Le journaliste Fabrice Nicolino leur consacre son dernier ouvrage, Le crime est presque parfait. Entretien.
Basta ! : Épandus massivement depuis 2013 en France, les pesticides SDHI « inquiètent au plus haut point », dites-vous, car ils s'attaquent à la fonction respiratoire de tous les (...)

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Fugue en si mineur

Depuis le 19ème siècle, le regard de la société sur la jeunesse s'est transformé. Quelles que soient les stratégies employées par les dirigeants successifs, la logique est restée la même : préserver les intérêts des classes possédantes.

Ce texte a été publié à l'origine en février 2006 sur Nantes indymedia à l'occasion d'une occupation de chantier de construction de la nouvelle prison pour mineur-e-s, à Orvault (banlieue nantaise).

Depuis le 19ème siècle, le regard de la société sur la jeunesse s'est transformé. Quelles que soient les stratégies employées par les dirigeants successifs, la logique est restée la même : préserver les intérêts des classes possédantes.

De l'innocent coupable à l'enfant criminel : de la préservation de l'ordre moral à la mise en place d'un nouvel ordre économique.

Au début du 19ème siècle, la prise en charge des enfants délinquants, le plus souvent des vagabonds, se veut éducative, il s'agit de préserver l'ordre moral. Les « filles perdues » sont placées dans les institutions religieuses, les « refuges du Bon Pasteur », pour être rééduquées à grands coups de repentance et de pénitence. Les garçons sont, eux, enfermés dans les colonies agricoles pour devenir de bons paysans, loin des villes. On parle à cette période d'« innocents coupables » et on associe la guérison à la punition.

Autour de 1840, les révoltes populaires se succèdent en pleine révolution industrielle. Des transformations importantes ont lieu dans la structure même de l'économie et des modes de vie. Les pauvres sont contraints de quitter les campagnes et leurs activités vivrières pour devenir ouvriers en ville. Le vagabondage et le chapardage sont d'autant plus réprimés que ces pratiques viennent entraver la mise en place progressive du droit à la propriété privée. On assiste à un renforcement des perspectives pénitentiaires pour les enfants et à la fin de la dimension éducative de la peine. Aux yeux de la société, « l'innocent coupable » devient « l'enfant criminel ». Jusqu'au milieu des années 1930, la politique répressive à l'égard des enfants va se poursuivre avec la mise en place des colonies pénitentiaires et des bagnes pour enfants. Durant cette période, le travail va être un élément important de la peine : il s'agit de faire du travail une nouvelle forme de subordination, dont le capitalisme industriel en plein essor a besoin.

Le sens éducatif de la peine.

En 1934, suite à des campagnes de presse vigoureuses, l'opinion publique soutient les mineurs en révolte de la colonie pénitentiaire de Belle-Ile. Le [ regard de l'opinion change de nouveau : ces enfants ne sont plus seulement menaçants, ils sont aussi victimes. Au sortir de la guerre, l'expérience des camps et le retour des prisonniers de guerre accélèrent cette tendance. L'ordonnance de 1945 va instaurer dans les textes la primauté de l'éducatif sur le répressif : on sépare la peine et la mesure éducative, et on redonne un sens éducatif à la peine. Mais l'enfermement demeure avec un nouvel arsenal de structures coercitives (centres d'observation, internats de rééducation ou IPES, internats correctifs...). La toute nouvelle direction de l'éducation surveillée a beaucoup de mal à sortir de la culture pénitentiaire. 1951 voit la création de structures éducatives, centrées sur une action individuelle en lien étroit avec la psychiatrie.

À partir de 1955, les préoccupations sécuritaires refont surface. La jeunesse apparaît de nouveau comme potentiellement dangereuse. En 1958, les centres spéciaux d'observation de l'éducation surveillée (CSOES) sont mis en place dans l'enceinte des prisons. La volonté est de sortir les jeunes de l'enfermement au sein de l'administration pénitentiaire, ces structures sont donc gérées par l'éducation surveillée mais reste au sein des quartiers pénitentiaires.

C'est dans les années 70 seulement que l'éducation surveillée va plus loin et décide de fuir l'espace carcéral, en créant ses propres lieux d'enfermement : les centres d'observations fermés. Il ne s'agit officiellement plus de prison mais les murs d'enceinte, les grilles sont toujours de rigueur. En 1979, Peyrefitte ferme les CSOES, mais il ne met pas pour autant fin à l'enfermement des mineurs en France.

À partir des années 80, on ne jure plus que par l'action éducative en milieu ouvert (AEMO). Même si les travailleurs et travailleuses sociales identifient bien que ce qui est nommé délinquance est une réaction aux injustices sociales, la réponse faite aux jeunes, c'est la psychologisation.

Le renforcement des technologies de discipline.

En 1990, c'est le retour à une perception du/de la mineurE dans sa dangerosité sociale.

Il s'agit de surveiller et contenir toute une partie de la population reléguée géographiquement, socialement et économiquement. Ces « classes dangereuses » sont au centre des nouveaux dispositifs de gestion des territoires urbains considérés comme problématiques et, donc à canaliser.

Naissent, ainsi, en 1993, les premiers Contrats Locaux de Sécurité (CLS), ayant comme objectif de coordonner les actions de la justice, la police, la municipalité et les institutions éducatives après avoir établi un diagnostic de la « délinquance locale ». Puis, sous « l'autorité » des procureurs de la République, sont créés les Groupes Locaux de Traitement de la Délinquance (GLTD). Bras armés des Contrats Locaux de Sécurité, ces groupes affinent le contrôle sur les territoires où, selon eux, le niveau d'insécurité mettrait en péril la cohésion sociale (ou pacification sociale, au choix).

Au début des années 2000, les technologies de discipline alliant l'éducatif, le médical (via la psychologie et la psychiatrie) et le carcéral se renforcent avec la création de nouveaux établissements. Les premiers Centres Éducatifs Renforcés (CER) ouvrent en 1998, on en dénombre 57 en 2002 quand sont créés les Centres Éducatifs Fermés (CEF) avec comme objectif : un CEF par département. Toujours en 2002, le ministère de la Justice programme la construction de nouvelles prisons dont 7 Établissements Pénitentiaires pour Mineurs (EPM). Les mineurEs sont depuis longtemps incarcéréEs dans les quartiers qui leurs sont « réservés » dans les taules (leur nombre est, d'ailleurs, en constante augmentation). Mais avec ces EPM, c'est la première fois dans toute l'histoire moderne que l'état associe le terme « prison » à la gestion des mineurs et leur enfermement. Cela participe au processus de banalisation des prisons.

Ces EPM nous sont « vendus » comme des lieux éducatifs. En réalité, ce sont bien les 3 leviers de normalisation que sont l'éducatif, le médical et le carcéral, qui sont en jeu ici.

Quant à l'outil médical et son versant psychologie, on assiste ces derniers temps, à un retour en grâce de courants de la psychologie issus du début du siècle dernier (notamment le comportementalisme) qui identifiaient des caractères innés dans les déviances et la délinquance. Nous présenter la délinquance comme une maladie est effectivement un des objectifs du récent rapport de l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médical) sur le trouble des conduites chez l'enfant et l'adolescent. Ce rapport vient valider « scientifiquement » les derniers rapports parlementaires ayant trait à la prise en charge des mineurs et à la prévention de la délinquance (rapport Hermange, rapport Bénisti). Pour l'INSERM, le « terme de trouble des conduites exprime un comportement dans lequel sont transgressées les règles sociales. Ce trouble se situe donc à l'interface et à l'intersection de la psychiatrie, du domaine social et de la justice ». C'est là une tentative de faire passer la transgression des règles établies par le pouvoir comme étant intimement liée à la question de la santé mentale des êtres. Ainsi, toute attitude hors du cadre établi, ne renverrait pas à une remise en cause du système, mais à une inadaptation personnelle relevant du domaine psychiatrique.

L'éducation comme outil d'intériorisation des normes du système en place.

On peut constater des allers-retours permanents entre répression et « éducation ». Mais, ne devons-nous pas interroger plus précisément cette notion d'éducation ? Lorsque l'on parle d'éducation aujourd'hui, il s'agit avant tout de conformer les individus à ce qu'on attend d'eux : obéir aux règles qu'on leur pose sans qu'ils les remettent trop en cause ; se préparer non pas, comme on veut nous le faire croire, à devenir autonome et critique mais à devenir productif et utile à la société, à savoir se vendre et se satisfaire de sa condition...De nombreuses pédagogies ont tenté, et tentent de sortir de ce schéma mais, dans l'ensemble, ce qui se passe au niveau de l'école, de la famille et des autres espaces éducatifs s'inscrit dans une logique générale. La surabondance de règles qui quadrillent tous les domaines de la vie constitue un cadre qui vise à nous faire intérioriser des modes de vie spécifiques (le salariat dans toutes ses déclinaisons, l'individualisme, la consommation...). Ces modes de vie spécifiques auto-alimentent l'ordre idéologique et économique actuel, qui en engraisse certains et en détrousse d'autres. On vise à assurer la stabilité du régime et sa reproduction non plus seulement par la force mais par la mise en place d'une autorégulation citoyenne et par la croyance que ce système est indépassable.

Dans ce sens, un ensemble d'institutions a été utilisé et/ou mis en place pour éduquer des « citoyens » : la famille, l'école avec son internat, la religion, la caserne, le salariat... Ces dernières institutions se constituent en relais de la famille, premier lieu de socialisation et de transmission des valeurs morales dont a besoin l'ordre établi pour se perpétuer. D'une part, on y apprend la discipline et l'obéissance par les premières relations hiérarchiques entre et avec les parents. Dans le même temps, on y intègre, sous la pression des pairs, les comportements adéquats à la vie en société : le travail, la consommation, la raison. Aujourd'hui plus que jamais, l'état intensifie son contrôle sur ce que doit être l'éducation familiale et, lorsque la famille a été rendue défaillante (précarisation, stigmatisation,...), des institutions « spécialisées » prennent en charge les enfants pour pallier à cette carence dans l'éducation, au cas où un individu échapperait par chance au conditionnement recherché.

Le développement des sciences humaines qui dissèquent les comportements sociaux, par le biais de la sociologie, et individuels, par le biais de la psychologie, a nourri ce mouvement. La compréhension des processus agissant dans la société a permis la mise en œuvre toujours plus efficace de certains mécanismes. Ces mécanismes visent à asseoir les individus dans le rôle social qui leur est attribué, à apprivoiser les comportements et lisser ou éliminer les fonctionnements humains considérés comme « anormaux ».

Pour susciter l'adhésion, cette éducation sociale a besoin de reposer sur des liants abstraits, ceux de la démocratie et de la nation, maintenus par la peur de l'Autre, de l'Étranger. Ces liants sont d'autant plus efficaces qu'ils s'inscrivent au niveau mondial dans la « Guerre des Civilisations ». Ainsi, les mythes de l'individu, de la démocratie et de l'égalité, participent entre autres à entretenir l'apathie générale.

Cette éducation vise à la constitution d'une société sans conflit, individualisée, technicisée, simplifiée, avec une diversité contenue où chacun reste à sa place. Elle ne permet pas de se poser des questions sur le sens de nos vies, mais nous apprend à digérer les réponses qu'elle a pour nous.

Des instances répressives nécessaires au maintien de l'ordre établi.

Les récents projets d'EPM sont les derniers outils d'éducation/intégration. Parce que la famille et autres institutions échouent encore parfois à faire intérioriser la discipline et les normes sociales, les instances répressives sont encore nécessaires au maintien de l'ordre établi pour les adultes comme pour les enfants. La psychiatrie et la prison sont de celles-là. À l'expression d'une colère, d'une inadaptation au système dans lequel nous vivons, on répond hospitalisation et enfermement.

En effet, la psychiatrie s'est posée, ces dernières années, comme un pilier répressif. En dix ans, le nombre d'hospitalisations d'office ou à la demande d'un tiers a augmenté de 86 %. Tout écart à la norme relève désormais du domaine de la maladie et ce, dès le plus jeune âge. La psychiatrie joue entre deux types d'enfermement : l'enfermement physique et/ou la camisole chimique, prenant en charge des personnes en réelle difficulté psychique mais aussi qui « simplement » dérangent. La « pilule de l'obéissance », comme la Ritaline, dont les ventes ont explosé ces dernières années en particulier pour faciliter la scolarisation, en est une illustration parfaite. Cela mène ainsi de plus en plus de personnes à perdre le droit et la capacité à décider de leur propre existence. Pour les proches, cela traduit aussi un abaissement du seuil du « supportable » et un manque d'espace communautaire, en capacité de prendre en charge ou de soulager les difficultés de la personne, en dehors des institutions.

La prison, y compris les EPM (Établissements Pénitentiaires pour Mineurs), est le second pilier de cette répression. De nouveaux délits apparaissent, des délits deviennent des crimes, les peines sont de plus en plus importantes, en terme de prononcé de la peine comme d'exécution... et il faut construire, construire de nouvelles places de prison, opération qui constitue une « merveilleuse » manne financière. La prison est une instance qui sert à faire peur. Cette institution a aussi et surtout pour but de soumettre de force les corps et les esprits à un degré toujours plus élevé. C'est ce qu'on appelle « donner l'exemple ». Il s'agit de « devenir adulte » – entendons « être adulte » comme « être ayant acquis norme et discipline ».

La composition de la population carcérale ne doit rien au hasard. On ne se soumet pas aisément à un système qui humilie et qui rabaisse, qui ne laisse que très peu de perspectives.

Ces deux formes de réponse, l'enfermement psychiatrique et carcéral, marquent le refus de cette société d'être mise en jeu et, par leur existence, limitent les velléités de remise en cause. Elles permettent de ne jamais lire la violence de l'enfant à la lumière de la violence de l'autorité, ni son hyperactivité à celle de son manque d'espace et de dépense d'énergie. Exception faite de leur caractère illégal, que représentent le deal ou le vol à l'étalage en comparaison du commerce orchestré par ceux qui sont au pouvoir ? Comment aborder la question des déviances sexuelles, sans interroger l'image véhiculée des hommes et des femmes et les frustrations affectives ? Autant de questions que nous avons envie de nous poser et de poser.

Faire exister un rapport de force.

C'est là un rapport de force qui se joue entre des logiques et des intérêts différents. Pouvons-nous et devons-nous taire nos révoltes, accepter nos oppressions, abandonner nos rêves et oublier notre force ? Le débat démocratique nous permet de « parler », de nous « exprimer », mais c'est comme crier dans un oreiller. Rien ne répond à la violence déployée pour nous assujettir. Dans les pays occidentaux, le pacifisme a été érigé en valeur morale. Les actions « symboliques » sont devenues peu à peu le seul mode acceptable d'expression politique, et encore, dans la mesure où elles ne mettent plus physiquement en jeu les corps. Car bien souvent, le refus d'utiliser la violence va maintenant de pair avec le refus de s'y confronter : on préfère s'y soumettre que d'y résister, accepter ce qui se passe autour de nous plutôt qu'y faire face. Dans le même sens, nous rencontrons quotidiennement des conflits, des actes de colère et de rage, venus de nous-mêmes ou d'autres personnes, auxquels nous refusons de faire face. On préfère déléguer la gestion de ces actes à l'état et à des compagnies privées, au prix d'accepter le pouvoir qu'ils prennent sur nos vies, alors qu'il serait essentiel pour nous d'appréhender et de porter collectivement la complexité de ce monde.

Nous ne pouvons accepter que l'on enferme des êtres, prix de la bonne tenue de ce monde. Nous n'avons pas plus d'intérêt à l'ordre qu'au désordre. Parce qu'il existe des positions irréconciliables, il nous paraît nécessaire de lutter ensemble et/ou de manière diffuse pour les faire vivre.

Réveillons nos colères d'enfant…

Publié à l'origine dans le cadre d'une lutte contre la construction d'une prison pour mineur : https://nantes.indymedia.org/articl...

Cette prison pour mineur entre en fonctionnement en septembre 2008, et enferme actuellement 30 personnes. Le 27 septembre 2018 un rapport d'une mission sénatorial parle d'ouvertures de nouveaux établissements pour mineur.es (EPM), actuellement au nombre de 7, de nouveaux centres éducatifs fermés.

A bas tous les lieux d'enfermement.

Remise en page en 2019.
Contact - mise en page : souslaplage@ @ @riseup.net

Pour la libération de Julian Assange

Il n'est que temps : depuis quelques semaines, en France et ailleurs, de plus en plus de personnes, d'organisations, de syndicats, de médias et de politiques se mobilisent pour soutenir Julian Assange.

Lors de son arrestation par la police britannique dans l'ambassade d'Équateur à Londres le 11 avril 2019, nous avons condamné le choix de la justice des États-Unis de poursuivre le journaliste pour espionnage, alors qu'il allait purger une peine de 50 semaines de détention dans une prison britannique de haute sécurité [1]. Désormais Assange est accusé par les États-Unis d'avoir enfreint l'US Espionage Act, cette loi sur la révélation d'informations sensibles transmises à des puissances ennemies.

Le 24 février 2020 débutera le procès en extradition de Julian Assange. Ce jour-là, des dizaines de rassemblements auront lieu un peu partout dans le monde et en particulier à Londres. En France se tiendra le 20 février à Paris une réunion publique en soutien à Julian Assange et aux lanceurs d'alerte.

Julian Assange, rappelons-le, risque une peine de prison de 175 ans aux États-Unis pour avoir révélé au monde des faits. Des faits repris par des dizaines de médias, dont les directeurs ne risquent pas, eux, de se retrouver derrière des barreaux…

Si quelques organisations comme FreeAssange le soutiennent avec constance depuis qu'il s'est réfugié dans l'ambassade d'Équateur, d'autres prennent le train en marche : tant mieux ! Reporters sans frontière – toujours prompte à s'indigner des atteintes à la liberté de la presse dès lors qu'elles ont lieu en dehors de l'occident – se réveille enfin et vient de lancer une pétition ici : signons-la des deux mains !

Il n'est que temps : en décembre 2018, le silence des médias qui avaient profité des révélations de Wikileaks était ainsi inquiétant et nous le dénoncions [2]. Les actions de soutien étaient rares – mais non inexistantes : c'est ainsi qu'en février 2019, Acrimed a pu participer à une soirée de soutien à Julian Assange aux côtés de son ancien avocat Juan Branco [3].

Dans le pays natal de Julian Assange, ainsi que le relate le site du Grand Soir, « le député Andrew Wilkie, élu indépendant de la circonscription fédérale australienne de Clark, a déposé une pétition au Parlement australien demandant que l'extradition américaine de Julian Assange soit abandonnée et que M. Assange retourne en Australie. » Cette pétition compte plus de 270 000 signatures et « est l'une des plus importantes jamais déposées au Parlement australien ».

Félicitons-nous de ces mobilisations et des appels à soutien ! Et pour que demain, il soit encore possible d'enquêter sur une nation – fut-elle la plus puissante du monde – ou de révéler des mensonges de grande ampleur, Julian Assange doit être libre.


Mathias Reymond
Pour Acrimed


« Supprimer le départ anticipé, c'était pas le deal » : aux côtés des égoutiers, trahis par la réforme des retraites

Le seul avantage dont bénéficient les égoutiers est leur retraite anticipée. Celle-ci est aujourd'hui menacée. La réforme des retraites ? « Dégueulasse », estiment ces ouvriers qui passent 900 heures sous terre chaque année, et ont une espérance de vie de treize ans inférieure à celle des cadres. Reportage à Lyon de notre partenaire L'âge de faire.
L'agent soulève la lourde plaque qu'il dépose à côté du trou béant. S'en échappe une vapeur épaisse à l'odeur caractéristique, « l'odeur d'égout ». « C'est pas (...)

- Résister / , , ,

Doomsisters : prochains concerts en vosgie

Keep the rage : Keep The Rage #310 - Vendredi 14 février - Playlist et Podcast

Keep The Rage #310 - Vendredi 14 février - Playlist et Podcast
Playlist:

01 PREMIERE LIGNE - Prison de poupées (s-t 2013)
02 - CUIR - Mode Branleur - ( lp - 2020 )
03 -  COCCYX - Maurice Canon ( démo - 2013)
04 - PATRICK SEBASTOI - Le bonhomme en boots - ( démo - 2016)
05 -  F! - Ultralibéraltruisme (L'âge d'or du Bronze - 2018)
06 - RYAAM - Seconde Classe - ( 2017)
07 -  FUEL FOR RIOT - Soundtrack_To_Revolution (maxi ep - 2009)
08 - HORS CONTROLE - Les Couleurs Dans Le Temps - ( Les Couleurs Dans Le Temps - 2019)
09 -  THRASHINGTON DC - Flee the state (Let Your Body Talk - 2009)
10 - EMBUSCADE - Sangaris - ( démo - 2019)
11 -  COP PÖRN - Beyond Your Eyeballs - 1000 ants (Bite the bullet - 2018)
12 - FONTANELLE - R.A.S.H. - ( Noi?!?e Eindrücke - 2018)
13 -  BAIN DE SANG - We are the blood we are the fear ( we are the blood we are the fear EP - 2015)
14 - SOCIAL ENEMIES - Your Perfect World - ( Between Repression & Revolt - 2019)
15 - STICKY SNAKE ticky Snake - Hip hop revolution feat. FL-How & Da'Pro (Force Pure) (Boycote les arrivistes II - Black side 2019)

Pour télécharger le podcast, cliquez sur l'article.

Keep the rage : Keep The Rage #309 - Vendredi 07 février - Playlist et Podcast

Keep The Rage #309 - Vendredi 07 février - Playlist et Podcast
Playlist:

01 - NAPALM DEATH - The Kill - ( Scum - 1987)
02 -  LOIC EUZEN -  le bohemien (d'amour et d'eau croupie - 2012)
03 -  ANCIENT EMBLEM - winter soltice - ( Funeral Pyre - 2019 )
04 -  PUSTULE L'ARDECHOIS - Radicalement votre (Pustule l'Ardéchois et son bidule - 2001)
05 - CHIENS - France de merde / Rehab - ( TrendyxJunkyx -2020)
06 - INNER TERRESTRIALS -  moutain of led (X - 2004)
07 - DOOMSISTERS - connaitre son ennemi - ( Combattre leur idée de l'ordre - 2020)
08 -  ASIDE - capitalist pigs (split shortcut-aside - 2003)
09 - RADIUM GRRRLS - no violence - ( Up to no good - 2019)
10 - IGORRR -melting_nails (Nostril - 2010)
11 - TROPIQUE DU CANCER -  Les Bagnoles - ( démo - 2019)
12 -  BLOCKHEADS - Misery (Shapes of misery - 2006)
13 - BÉRÉTTA - Carlotta - ( Gotham et des larmes - 2015)
14 - ARKANGEL -  Annihilating Your Peace
15 - MISANDAO - Chinese Boot Boys - ( Chinese Boot Boys - 2009)
16 - GU GUAI XING QIU - Mange le caca (st - 2004)

Pour télécharger le podcast, cliquez sur l'article.

Podcast (2-1) : Contre la métropolisation capitaliste (avec Isabelle Attard, Guillaume Faburel & Floréal M. Roméro)

TÉLÉCHARGER LE PODCAST

En cette période d’agitation électorale, les grandes villes auraient, nous dit-on, les solutions face à l’effondrement du vivant. Un emploi dans un fab lab ? Un post-it bleu ou rose pour faire démocratie ? Des fermes en aquaponie pour notre autonomie ? Des jeux olympiques face au mur climatique ? Soyons sérieux·ses. C’est sans nul doute la raison pour laquelle nous assistons, justement dans les grandes villes, à une effervescence des mobilisations, accompagnées du mot d’ordre de la radicalité.

Or, si les causes premières de ces crises sont effectivement à trouver dans les régimes urbains d’accumulation l’efficacité de tels mouvements demeure limité. Pourquoi ? En fait, il persiste quelques croyances vives quant à la puissance politique de la transformation sociale et écologique de et par la ville, la grande, celle en voie active de métropolisation. Et si les formes de vie imposées à chacun·e par le néolibéralisme, métropolitain, nous maintenaient dans la réalité hégémonique du fétiche de la marchandise et de ses formes actualisées de biopouvoir ?

Cette rencontre entre Isabelle Attard, Guillaume Faburel et Floréal M. Roméro a permis de croiser plusieurs trajectoires de pensée et d’action, depuis celles mettant en critique les régimes passionnels de l’urbain métropolisé et l’assujettissement politique qui en découle très directement, jusqu’aux perspectives ouvertes par le municipalisme libertaire et son écologie sociale et les expériences décentralisées de l’autonomie.

Enregistré à la Maison de L’Écologie de Lyon le 22 janvier 2020

FanXoa : 8 mars : l’effet Matilda [CNRS Occitanie ouest]

En perspective de la journée du 8 mars. Le savoir est une lutte.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le dimanche 8 mars 2020, le CNRS Occitanie ouest poursuit son partenariat avec le Quai des Savoirs, le Club de la presse Occitanie et les associations Wikimédia France, Femmes & Sciences et Maths en scène afin de mettre en lumière des femmes scientifiques contemporaines et historiques, dont certaines ont été dépossédées de leur travaux de recherche.

On parle de l’effet Matilda : ce phénomène désigne l’occultation, le déni, le vol ou la minimisation de la contribution des femmes à la recherche et à d’importantes découvertes, trop souvent attribuées à des collègues masculins.

Rendez-vous donc au Quai des Savoirs pour une programmation exceptionnelle autour de Matilda : exposition de portraits de femmes scientifiques ayant subi l’effet Matilda, ateliers multimédia, lecture, éditathon pour apprendre à rédiger sur Wikipédia, ballade dans les rues de Toulouse à la recherche des femmes scientifiques !

L’exposition “La science taille XX elles” réalisée par le CNRS et Femmes & Sciences sera exposée d’une part sur la place du Capitole dans le cadre des événements proposés par Toulouse Métropole et, d’autre part, à l’INSA Toulouse. Elle sera aussi présentée à Paris et au CNRS IDF Sud, à Gif-sur-Yvette !

Venez participer à cet événement de culture scientifique et rencontrer des femmes scientifiques toulousaines !

Contact  : Magali Jacquier, chargée de mission, service communication de la délégation CNRS Occitanie-Ouest.

Infos pratiques :
Quai des savoirs, allée Matilda, Toulouse, 10h-18h. Site du Quai des savoirs

Source : CNRS

Au début des années 80, l’historienne des sciences Margaret Rossiter théorise l’effet Matilda : elle remarque que les femmes scientifiques profitent moins des retombées de leurs recherches, et ce souvent au profit des hommes. Voici le portrait de quatre femmes qui se sont fait spolier leur découverte scientifique.

Actu punk on the web : Facebook c'est le Monsanto du web : Vivent les punks cyber-paysans ! (La Zone Punkaotique v3)

[...]Et je profite de mon passage à l'antenne de Konstroy (sur Fréquence Paris Plurielle 106.3mghz pour ceux qui nous écoutent en peau de caste) pour m'adresser solennellement aux groupes (et aux autres d'ailleurs, labels, fanzines, orga de concerts) : faites des sites web ! Des vrais. Sans pub, sans tracker. Offrez-donc à votre public un espace de répit pour leur vie privée et leur temps de cerveau disponible !
[...]
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Actu punk on the web : LE RIEN PUBLIC - 2ème édition (Punxforum.net)

Je viens de retirer Le Rien Public, zine compilation de vieilles affiches dijonnaises tout en riso. 32p de vieux souvenirs en A4. Imprimé à Toner toner. Dispo pour 5 balles à La Luttine (Lyon), Le Fanzinarium / Motor Books & Psycho Zines (Paris), Black Market (Dijon) et dans les distros qui les ont encore peut-être (LFP, FZM, Stonehenge, etc.). 65 exemplaires.
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Lexique pour temps de réforme des retraites

Depuis le début des grèves et mobilisations récentes, on entend la même petite musique médiatique : réforme inéluctable, galère des usagers, manifestants réfractaires... Un vocabulaire bien connu, que nous mettions déjà au jour en 2003, dans un « lexique pour temps de grève et des manifestations » (réactualisé en 2010). Nous proposons ici une nouvelle adaptation de ce lexique dont la plupart des termes sont (hélas) toujours aussi pertinents... comme chacun pourra le constater !

Note : nous serons présents jeudi 20 février pour distribuer ce lexique sous forme de tract pendant les manifestations contre le projet de réforme des retraites. Le tract est disponible en format PDF.

Pédagogie de la réforme


« Réforme » : Quand une réforme proposée est imposée, cela s'appelle LA réforme. Et s'opposer à cette réforme devient : le « refus de la réforme ». Le terme désigne tout spécialement les attaques successives du système des retraites par répartition. La réforme est bonne par essence, et louée par les éditorialistes. « Les réformes de fond, comme celle des retraites, sont nécessaires et même indispensables. » (Sonia Mabrouk, FigaroVox, 12/12/19) « C'est la réforme la plus nécessaire et la plus symbolique du quinquennat. » (Alain Duhamel, 13/09/19)

« Modernisation » : L'effet attendu de LA réforme. LA modernisation est, par principe, aussi excellente que LA réforme... puisque, comme l'avait fort bien compris M. de La Palisse, la modernisation permet d'être moderne. « Personne ne peut contester qu'il était urgent de moderniser l'un des piliers centraux de notre protection sociale » (Les Echos, 23/01/20)

« Ouverture » : Se dit des opérations de communication du gouvernement. « L'ouverture » traduit une volonté « d'apaisement », de « dialogue » ou de « compromis ». Exemple : « Ce matin, le Premier ministre se dit confiant sur un compromis […] c'est une position d'ouverture, de dialogue que voilà. » (Sonia Mabrouk, Europe 1, 07/01/20)

« Apaisement » : Se dit de la volonté que l'on prête au gouvernement. « Édouard Philippe joue la carte de l'apaisement . » (20h de France 2, 06/12/19)

« Concertation » : Se dit des réunions convoquées par un ministre pour exposer aux organisations syndicales ce qu'il va faire et pour écouter leurs doléances, de préférence sans en tenir aucun compte. Le gouvernement est toujours « ouvert » à la « concertation ». Il est de bon aloi d'enjoindre aux syndicalistes d'y prendre part : « Serez-vous à la table des négociations ou de la concertation tout à l'heure ? » (Nicolas Demorand face à Philippe Martinez, France Inter, 07/01/20)

« Pédagogie » : Devoir qui s'impose au gouvernement (plus encore qu'aux enseignants...). Ainsi, le gouvernement fait preuve (ou doit faire preuve...) de « pédagogie ». Tant il est vrai qu'il s'adresse, comme nos grands éditorialistes, à un peuple d'enfants qu'il faut instruire patiemment. « La gageure pour ce gouvernement, c'est de trouver, enfin, la bonne pédagogie pour sa réforme. » (Bernard Poirette, Europe 1, 04/01/20)

« Concession » : À l'issue d'une « concertation », des modifications à la marge du projet de réforme sont parfois jugées nécessaires pour « casser le front syndical » (Alain Minc, CNews, 11/12/19). Ces « concessions » sont parfois décriées : « Est-ce que vous n'avez déjà pas fait trop de concessions ? » (Éric Brunet face à une députée LREM, BFM-TV, 19/12/19)

« Réformistes » : Désigne ou qualifie les personnes ou les syndicats qui soutiennent ouvertement les réformes gouvernementales ou se bornent à proposer de les aménager. Les syndicats « réformistes » sont aussi parfois également qualifiés de « progressistes ». Ils sont « condamnés à s'entendre » avec le gouvernement (Nathalie Saint-Cricq, France 2, 12/12/19), à l'opposé des syndicats « réfractaires » (voir ce mot).


Dans le « chaos » des grèves


« Pagaille » : Se dit des encombrements un jour de grève des transports. Par opposition, sans doute, à l'harmonie qui règne en l'absence de grèves. « Un week-end de pagaille dans les gares aujourd'hui, vous leur présentez des excuses ce matin à ces Français qui sont dans la galère ? » (Damien Fleurot, Europe 1, 22/12/19)

« Galère » : Se disait des conditions d'existence des salariés privés d'emploi et des jeunes privés d'avenir. Se dit désormais des difficultés suscitées par la grève. On peut aisément les mettre en images et les imputer à un coupable : le gréviste. « Qui galère ? Le salarié de la SNCF galère ? Ou celui ou celle qui fait 20 km à pied pour aller bosser ? Qui galère le plus ? Qui ?? » (Jean-Jacques Bourdin, BFM-TV et RMC, 10/12/19) La « galère » recouvre également toutes les perturbations liées aux mobilisations sociales, déclinées à longueur de journaux télévisés.

« Usagers » : Victimes par excellence des « galères », les « usagers » sont l'objet de la compassion sans faille des éditocrates. Quand bien même lesdits éditocrates ignorent superbement, en temps normal, la condition des populations concernées… « Cette grève elle pénalise les plus fragiles, ceux qui n'ont pas forcément de voitures pour aller travailler, ceux qui habitent loin des centres-villes… » (Marc Fauvelle face à Philippe Martinez, France Info, 09/12/19) « Cette France qui a envie de travailler, à cette France dont on parle peu, à cette France qui souffre du manque à gagner dû au contexte social, est-ce que vous y pensez ? » (Sonia Mabrouk face à Yves Veyrier, Europe 1, 05/12/19)

« Otages » : Synonyme « d'usagers ». Terme approprié pour attribuer les désagréments qu'ils subissent non à l'intransigeance du gouvernement, mais à l'obstination des grévistes… Ainsi certains éditorialistes expriment leur solidarité avec « ceux qui vont être pris en otage par la SNCF ou la RATP » (Nicolas Beytout, Europe 1, 25/11/19). Un terme cependant moins employé à la suite de la prise d'otage (bien réelle) de novembre 2015.

« Noir » : Qualifie un jour de grève. En 2005, c'était un mardi. En 2009, un jeudi. En décembre 2019 ce fut carrément une « semaine noire ». « Rouge » ou « orange » sont des couleurs intermédiaires réservées aux embouteillages des week-ends, des départs ou des retours de vacances. Le jour de grève, lui, est toujours « noir ».

« Chaos » : Se dit sobrement des conséquences des journées « noires ». « Grève des transports : dans le chaos de la gare du Nord » (JT de France 2, 12/12/19). Pour désigner les conséquences d'un tsunami ou d'un tremblement de terre… chercher un autre mot ?


Feu médiatique sur les mobilisations


« Réfractaire » : Se dit des opposants aux mesures imposées par le gouvernement : « Avec Martinez, on est dans le camp […] des Gaulois réfractaires . » (Wendy Bouchard, Europe 1, 15/12/19) Les « réfractaires » forment un « front du refus ». « Vous ne voulez pas faire un pas […] C'est non à tout. » (Nicolas Demorand face à Philippe Martinez, France Inter, 07/01/20)

« Radicalisation » : Se dit de la résistance des grévistes et des manifestants quand elle répond à la « fermeté » du gouvernement. « On est en train de parler de radicalisation pour certains actes : bloquer des raffineries, s'introduire, si ça a été le cas, dans un siège de parti, et d'autres choses. » (Sonia Mabrouk, Europe 1, 04/01/20) À l'inverse, on ne parlera pas de la « fermeté » des manifestants ou de la « radicalisation » du gouvernement.



« Corporatisme » : Mal qui menace n'importe quelle catégorie de salariés qui défend ses droits, à l'exclusion des tenanciers des médias. « Chaque profession va regarder devant sa porte et se demander, non pas si cette réforme est bonne pour la France, mais si elle est bonne pour elle. » (Alain Duhamel, RTL, 13/09/19)

« Grogne » : Un des symptômes avant-coureurs de mobilisations sociales, et un signe de l'animalité privée de mots des « grognons ». « La grogne sociale est à son comble » (L'Opinion, 19/11/19). Voir notre rubrique consacrée à ce mot, ainsi qu'une analyse de son utilisation.

« Essoufflement » : Se dit de la mobilisation quand on souhaite qu'elle ressemble à ce que l'on en dit. « Le mouvement s'essouffle-t-il ? » (JT de France 2, 30/12/19) Un diagnostic qui peut être établi chiffres à l'appui (sondage, affluence des manifestations)… à condition de ne pas se poser la question de la pertinence desdits chiffres, et de taire d'autres chiffres qui disent le contraire.

« Violence » : Impropre à qualifier l'exploitation quotidienne, les techniques modernes de « management » ou les licenciements, le terme s'applique plus volontiers aux gens qui les dénoncent, et aux mots qu'ils emploient pour le faire. « Le patron cheminot de la CGT est un type, un garçon rude et violent, qu'est encore plus rude dans le vocabulaire, dans la rhétorique que ne l'est Martinez » (Yves Thréard, 21/12)

« Troupes » : Mode d'existence collective des grévistes et des manifestants, quand ils répondent (ou se dérobent) aux appels et aux consignes des syndicats. Parler de « troupes de manifestants », de « troupes syndicales », de syndicats qui « mobilisent » ou « ne contrôlent pas » leurs « troupes ». « C'est pas vos troupes d'abord et les Français ensuite ? » (Alba Ventura, RTL, 09/12/19)

« Ultras » : Désigne, notamment au Figaro, les grévistes et les manifestants qui ne se conforment pas au diagnostic « d'essoufflement ». Autre synonyme : « Jusqu'au-boutistes ». « On est dans le jusqu'au-boutisme pour coincer encore les Français ou on propose les choses pour essayer d'en discuter ? » (Nathalie Lévy face à Yves Veyrier, Europe 1, 17/12)


Paroles, paroles


« Éditorialiste » : Journaliste en charge des éditoriaux. Pour ne pas se laisser enfermer dans cette lapalissade sortie du dictionnaire, l'éditorialiste est condamné à changer de titre pour se répandre simultanément dans plusieurs médias. Et donner, de préférence, un point de vue original. Ainsi la réforme des retraites est-elle « cohérente » selon Le Monde (04/11/19), « ambitieuse » pour Le Figaro (04/09/19), ou encore « un projet extraordinairement audacieux » pour l'indéboulonnable Alain Duhamel (BFM-TV, 11/12/19).

« Interviewer » : Journaliste en charge des entretiens. Les meilleurs d'entre eux sont des éditorialistes modestes puisqu'ils ne livrent leurs précieuses opinions que dans la formulation des questions qu'ils posent. L'interviewer est un éditorialiste condamné aux points d'interrogation. « Une réforme qui, en tout cas sur le papier, est équitable pour tout le monde, et rassemble tout le monde sous un régime universel, supprime les 42 régimes, supprime votre régime autonome, est-ce que dans l'esprit vous trouvez ça équitable et juste ? » (Léa Salamé, France 2, 05/12/19)

« Expert » : Invité par les médias pour expliquer aux grévistes et manifestants que le gouvernement a pris les seules mesures possibles, et a fait preuve « d'ouverture » : « les vagues de contestations après les annonces d'Édouard Philippe sont d'autant plus étonnantes qu'il y a eu des concessions significatives de la part du gouvernement. » (François Lenglet, RTL, 12/12/19)

« Débat » : Se dit notamment des sessions de papotage qui réunissent autour d'une table l'élite pensante des « experts » et « éditorialistes ». Exemple exemplaire : le plateau des Informés sur France Info (radio et TV) où se succèdent en vase clos éditocrates parvenus ou en devenir, prétendus « experts » et autres communicants.

« Micro-trottoir » : Cette forme avancée de la démocratie directe permet de connaître et de faire connaître l'opinion des « gens ». Victimes par excellence des « galères », les « usagers » sont d'excellents clients pour les micro-trottoirs : tout reportage se doit de les présenter comme excédés ou résignés et, occasionnellement, solidaires. Comble de la modernité, ces micro-trottoirs peuvent désormais prendre la forme « d'appels à témoins » sur les réseaux sociaux.



« Opinion publique » : S'exprime dans les sondages et/ou par l'intermédiaire des « grands journalistes » qui lui donnent la parole en parlant à sa place ou à la place « des Français ». Dans les sujets des journaux télévisés et/ou micro-trottoirs, quelques exemplaires de « l'opinion publique » sont appelés à « témoigner ». Les grévistes et les manifestants ne font pas partie de « l'opinion publique », qui risque de (ou devrait...) se retourner contre eux. Nouveauté (ou presque) : les sondages en ligne autoadministrés par les éditocrates en charge de l'opinion publique.


Adaptation par Frédéric Lemaire, sur la base du travail de Henri Maler et Yves Rebours.


Post-scriptum : Notre lexique sera diffusé sous forme de tract lors de la manifestation du 20 février. Vous le trouverez ci-dessous en version PDF.

Facebook c'est le Monsanto du web : Vivent les punks cyber-paysans !

Dimanche dernier (le 16 février 2020, donc), je suis passé à Konstroy pour une sombre histoire de bizness ayant à la mafia du livre... J'en ai profité pour passer de la zique que je kiffe : SheWolf, Catisfaction, et MollyMcHarrell. Et prenant appui sur un titre de Shewolf, je me lançai dans une vibrante chronique (en tous cas le micro devant moi a bien vibré) en forme d'appel à cultiver son bout de web bio.

[Chronique Konstroy du 16/02/2020]

On vient de s'écouter "Childhood", un titre de She-wolf. Sur l'album. Sorry, not sorry (déso pas déso pour les non-anglophones). Ce titre parle de la nostalgie de l'enfance devant ce monde pourri (mais en plus poétique). Et sur cet album on y trouve aussi une chanson intitulée "Au nom du pair" qui parle de toxicité masculine et de paternalisme pernicieux en milieu libertaire. C'est fou ça, dès que des meufs jouent en non-mixité elles composent des titres qui tapent sur les mecs et dénoncent le patriarcat. C'est à croire, mais je ne peux le croire, qu'il y aurait un problème patriarcal dans nos milieux punks et libertaires. Nooon, ça se saurait depuis le temps...
Pour en revenir à l'album, dans le livret elles racontent dans un chouette texte comment elles se sont barrées de la capitale, paris, royaume de la surconsommation et de l'esclavage salarié, pour un bled paumé dans le centre de la france, où la vie est plus rude, mais la liberté bien plus grande. C'est vraiment un très beau texte et je vous conseille fortement de vous procurer ce CD, ne serait-ce que pour lire ce texte, qui donne une couleur toute particulière au groupe lui-même et puis qui nous fait bien réfléchir à nous sur notre propre condition vis à vis de tout ça. Et pour se procurer ce CD, c'est simple à faire, le groupe à une page de merch sur son site web.
Car oui, ce qu'il ya de bien, aussi, avec Shewolf, c'est qu'elles ont un vrai site web, sans pub, avec leurs dates de concerts, des photos, une biographie, et une boutique. C'est reposant de pouvoir s'imprégner de l'esprit d'un groupe, de son univers, sans avoir à cliquer comme un malade sur des popups qui vous bloquent l'accès au prétexte que vous n'êtes pas inscrit sur tel ou tel collecteur de données personnelles.

Et je profite de mon passage à l'antenne de Konstroy (sur Fréquence Paris Plurielle 106.3mghz pour ceux qui nous écoutent en peau de caste) pour m'adresser solennellement aux groupes (et aux autres d'ailleurs, labels, fanzines, orga de concerts) : faites des sites web ! Des vrais. Sans pub, sans tracker. Offrez-donc à votre public un espace de répit pour leur vie privée et leur temps de cerveau disponible !
Alors je sais... vous allez me répondre d'un air blasé que j'ai raison mais que vous être des gros fainéants, avec cet air sous-entendu que vous portez votre fainéantise avec fierté, comme une sorte d'étandard  "ah ouais nous on est des gros faineants". Sauf que ce n'est pas de fainéantise dont il s'agit mais de soumission à la commodité. La commodité c'est un concept qui désigne la facilité procurée par la technologie. On irait pas se remettre à laver son linge à la bassine on a un lave-linge, on irait pas faire sa vaisselle à la main depuis qu'on a un lave-vaisselle, on irait pas coller des affiches sur les murs de la ville depuis qu'on a internet, et on irait pas faire un site web depuis qu'on communique sur facebook. La commmodité, c'est quelque chose de pratique qui rend les anciennes techniques super pénibles. Mais c'est pas parce que c'est pratique, que c'est pas dégueu. Le roundup par exemple c'est pratique.

La plupart du temps, dans les groupes de musique, ya le (ou la) préposé.e à l'internet. Parce que comme ça gonfle tout le monde de s'en occuper, on délègue le bordel à celui qui se propose. Et celui qui se propose, souvent c'est celui qui s'agite le plus sur facebook. Il est tout content de faire une page pour son groupe, comme ça il peut se la péter dans son propre réseau (allez faites pas genre c'est pas vrai, on sait tous que ça fonctionne comme ça) (depuis myspace et ses thanks for the add, on sait tous que vous allez sur les sacs à pubs pour vous la péter). Par contre faire un site web, un vrai, assurer une communication respectueuse de la vie privée de son public, ça c'est chiant. Et oui. C'est comme ça.
Si on pouvait se passer du capitalisme de surveillance en un claquement de doigts, sans rien faire, et bien ça se saurait. Si on pouvait sortir de la société de surconsommation et du neo-liberalisme rien que par la puissance de la pensée, on aurait pas le monde de merde qu'on a ctuellement.


On sait tous qu'il faut manger bio, et donc qu'il faut produire bio. Et pourtant vous avez des palanquées d'agriculteurs qui défendent bec et ongles Monsanto et son monde. Parce que passer au bio ça pas être simple. Tout le monde sait que le glyphosate c'est cancérigène, que Monsanto c'est un péril pour la santé publique, que le monde géré par Monsanto c'est une horreur sanitaire, sociale, et écologique. Et pourtant ils sont nombreux à défendre ce modèle, basé sur les pesticides, les ogm, et le brevet du vivant.

Et bien Facebook c'est le Monsanto du web. Chaque organisation, chaque groupe qui utilise facebook c'est un cyber-agriculteur qui balance des pesticides sur le web.
Ces dernières années, dans le monde réel (on devrait dire le monde matériel, mais je fais vite), on a vu se développer une paysannerie bio, des amap, des biocop, des circuits courts, des ressourceries, de la vente directe. Tout un monde qui se construit en dehors du monde de Monsanto.
Et bien, c'est pareil pour Facebook. Il ya des expériences collectives, non intrusives, sans pesticide, qui ont vu le jour en dehors de Facebook et son monde. Et faire son propre site web, c'est cultiver son potager, sans pesticide, sans Monsanto, sans ogm.

Alors ça prend du temps, et oui, c'est comme ça. Souvent faire des choses respectueuses des autres, de l'environnement, ça prend du temps. Il en va de notre vie privée comme de notre santé, on la respecte pas avec des grosses machines ultra-liberales remplies de trackers publicitaires ou de perturbateur endocriniens. Et les deux modes de vies sont pas incompatibles hein, on peut très bien se fournir dans une amap et s'enfiler des pizzas industrielles de temps à autres. On peut très bien aller gaiement se faire ficher sur les collecteurs de vie privée, et en parallèle cultiver son bout d'internet bio, sans pesticide, respectueux de ses visiteurs. Les deux sont compatibles. Et c'est lorsque l'on a commencé, doucement à se réapproprier notre temps de cerveau disponible, notre vie privée, c'est à ce moment là que l'on commence à être dégouté de l'autre monde, celui de Monsanto et de Facebook.


Allez hop, camarades keupons, à partir de maintenant on se sort les doigts du cul, on se lave les mains (parce que sinon c'est pas très très respectueux), on se retrousse les manches, et on fait son potager web biologique :
A partir de maintenant, on fait des sites bio, sans pubs, sans tracker publiciatire !
A partir de maintenant, on communique grace à des newsletters ! (oui c'est cool de recevoir les newsletters d'un groupe qu'on aime bien)
A partir de maintenant, on met ses vidéos sur Yiny !
A partir de maintenant, on met ses annonces de concerts sur Razibus !

A partir de maintenant, camarades punks, label, orga, fanzine,  on se convertit à la cyber-paysannerie, on part cultiver des site web bio... A bas Monsanto, a bas Facebook, vives la cyber-paysannerie, vive les punks cyber-paysans !  
(Et vive l'anarchie ! … musique !)

 

L'émission Konstroy complète se trouve >ici<

Note :
- Le site de SheWolf : http://she-wolf.net/
- Le site des MollyMcHarrel : http://mollymcharrel.dawaband.net/

- Yiny : https://www.yiny.org/ Une site de partage vidéo basé sur Peertube, qui a le même "moteur" que Mastodon, et qui donc fait aussi parti ce que l'on nomme le Fediverse. Actuellement, sur Masto et Yiny je me suis lancé dans une série #LeLiveDuJour où je publie quotidiennement un morceau live parmi ceux que j'ai enregistré dans les années 2010...

- Razibus http://razibus.net/ Agenda de concert.

Le combat d'un collectif contre les pesticides, et pour transformer les campagnes

Tandis que les industriels vendent des pesticides par millions de litres, agriculteurs et riverains comptent leurs malades et leurs morts. Depuis quatre ans, dans l'ouest de la France, un collectif se bat aux côtés de ces sacrifiés de l'agrochimie, multipliant les actions. Rencontre.
Le 15 janvier dernier, une quarantaine de personnes ont occupé les bureaux de la Sécurité sociale de Saint-Brieuc, dans les Côtes d'Armor. Objectif : obtenir le rétablissement des indemnités journalières de Gisèle, 57 (...)

- Résister / , , ,

Konstroy : Konstroy - ACTU (18 02 2020)

- Actu -  

SOUTIEN POUR LA LIBRAIRIE DU MONDE LIBERTAIRE le 15 mars 2020 à Paris (75)

14/02/2020

L'émission avec Nothing to tell   est dispo  >ici<

 

 

C'est bon à savoir...

Lors des directs au CICP, vous pouvez écouter ET VOIR les retransmissions de concerts ici :
http://konstroy.net/outside

Suivez-vous sur Mastodon :
  https://mstdn.io/@Konstroy

 

Agenda Konstroy :

09/02 : Skeletons serigraphie, Natasha kikx, Sagittarius A

16/02 : nothing to tell

23/02 : Tabula Raza/Dead Boobs

 

On y était

SOIRÉE DE SOUTIEN POUR LA COORDINATION ANTIRÉPRESSION le 02/02/2020 à Paris (75)

WARUM JOE + RIKKHA + THE FLUG le 17 janvier 2020 à Paris (75)SOLIDARITÉ AVEC LA LUTTE DES COMMUNAUTÉS ZAPATISTES le 17 novembre 2019 à Paris (75)

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Actu punk on the web : MOSKWA : besoin d aide ! (Punxforum.net)

Le classique groupe punk polonais MOSKWA a besoin de dates en France, pouvez-vous les aider ? Ou envoyer des adresses de gens qui auraient des plans ?
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FanXoa : Zozan Cudi [24 Héroïnes électriques]

Alors que les femmes et les enfants d’Idlib, au nord de la Syrie, sont actuellement la cible d’attaques meurtrières dans le conflit syrien, rappelons-nous de l’engagement des femmes. Zozan Cudi était de celles qui aspiraient à une vie digne pour les siens dans le nord-est syrien, dans la zone semi-autonome kurde. Partie tôt trop, il y a près de trois ans.

Zozan et une amie combattante dans les Unités de défense de la femme

De son vrai nom Zozan Temir, originaire de Qamishlo, est une résistante kurde. Elle s’engage dans les Unités de Protection du Peuple (YPG) pendant la guerre civile syrienne. Elle est remarquée par les médias occidentaux lors du siège de Kobane à la fin de l’année 2014. Elle y défend la ligne des Unités de défense de la femme, unité militaire exclusivement féminine, symbolisant la bravoure des combattantes kurdes face à l’Etat islamique (IS). Elle est tuée à 24 ans le 15 novembre 2017 lors d’une opération de ratissage turque dans une zone kurde. Après sa mort, le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) revendique son affiliation. FX

Illustration, FX, « Zozan, la combattante de Kobané », acrylique, 41×33, 26 juin 2019.

sous pression! #477

artiste – album – titre

les trois huit – split/les partisans – jeunesse fichée
les partisans – split/les trois huit – mauvais garçons
action sédition – split/bull brigade – octobre 61
bull brigade – split/action sédition – pour ma classe
litovsk – split/syndrome 81 – brest
syndrome 81 – split/litovsk – désert urbain
les ordures ioniques – split/komptoir chaos – pyromane
komptoir chaos – split/les ordures ioniques – personne pour te soutenir
fortune cookie club – split/nique à feu – bonheur planifié
nique à feu – split/fortune cookie club – country comme toé
bauxite – split/notépok – misérable
notépok – split/bauxite – la ressource
the prowlers – france-québec: face à face – voisin de le terreur
la gachette – france-québec: face à face – matricule 728
hors contrôle – france-québec: face à face – ni oubli ni pardon
22 longs riffs – france-québec: face à face – ton combat

clic droit pour télécharger

les trois huit /// les partisans

Après le blocage de BlackRock : nous sommes fiers de cette jeunesse !

Près de 250 personnalités, universitaires, scientifiques, écrivains, cinéastes, artistes et politiques signent une tribune de soutien suite au blocage par des manifestantes et manifestants du siège de Black Rock le 10 février.
En juillet 2019, Emmanuel Macron exhortait les manifestant-e-s pour le climat à « rendre la vie impossible aux dirigeants ». Lundi 10 février, il a été pris au mot : des centaines de manifestant-e-s Youth for Climate et d'autres collectifs ont envahi le siège de la (...)

- Débattre / , ,

STRIP 5: 18 02 2020

Dessine-moi les médias : réforme des retraites, violences médiatiques

« Réforme des retraites, violences médiatiques », tel est le thème du dernier dossier de notre revue Médiacritiques. Nous publions ci-dessous les dessins de Mathieu Colloghan qui illustrent ce numéro... que vous pouvez encore vous procurer sur notre boutique, si ce n'est pas déjà fait !










Mathieu Colloghan

L'histoire de Catherine et Enya, empoisonnées aux pesticides dans l'indifférence de l'État

Catherine et sa fille sont malades. Leurs animaux, eux, sont carrément morts. Convaincue, analyses à l'appui, qu'elles sont victimes de pesticides, la mère cherche à identifier les produits épandus dans les champs autour de chez elle. Une démarche semée d'obstacles... et de menaces.
Catherine habite un petit village de Mayenne. Elle est convaincue qu'elle et sa fille Enya ont été empoisonnées par les pesticides épandus dans les champs de maïs autour de chez elles. Et c'est aussi l'avis du laboratoire qui (...)

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Athènes (Grèce): Koukaki leur est tombé dessus

Depuis 2017, la communauté d’occupation de Koukaki (Matrozou 45, Panaitoliou 21, Arvali 3) a mis en place un exemple compétitif différent de vie communautaire dans le centre d’Athènes. Grâce à son organisation horizontale, au travail collectif et à la persévérance, elle a mis en place des projets ouverts et sociaux de logement communal, de bains publics et de lavomatic, de partage de vêtements, d’espaces pour des événements publics et une bibliothèque multilingue. Opérant dans une zone qui s’est transformée de quartier résidentiel en station touristique de première classe, la communauté des squats de Koukaki a levé un talus contre les politiques répressives et économiques de l’État et des patrons, contre le fascisme, le racisme et le patriarcat. Foyer vivant de la résistance, elle a également soutenu activement et s’est associée à d’autres luttes, projets politiques et assemblées publiques [1].

Une telle communauté active d’égalité et de solidarité ne pouvait pas passer inaperçue. Comme beaucoup d’autres squats et projets politiques à Athènes, les squats de Koukaki ont été pris pour cible à de multiples reprises par l’Etat, tant par les gouvernements syriza et nea dimokratia que par des attaques fascistes [2]. Face aux expulsions et à la répression, les camarades ont résisté et défendu leur communauté en reprenant les maisons et par des interventions dynamiques.

Leur forte résistance est devenue un enjeu politique central le 18/12/2019, lorsque la police a expulsé les trois squats, et le 11/1/2020, avec les opérations policières spectaculaires d’expulsion des maisons de Matrozou 45 et Panaitoliou 21, toutes deux reprises par les camarades plus tôt dans la journée.

Reprendre et défendre les squats était une action contre la peur que la répression étatique nous fait subir… une réponse raisonnable à l’irrationalité d’un système financier qui jette violemment les gens dans des trous à rats, des rues et des camps de concentration, alors que des milliers de bâtiments restent abandonnés et vides [3]. Par leur forte résistance, les camarades ont répondu à la violence exercée sur tous les squats et les personnes en difficulté par des expulsions, des arrestations, la terreur et la peur. Par leur résistance collective, les camarades ont donné une réponse symbolique à l’attaque de l’État et du capital contre le travail, les soins de santé, l’éducation et le logement, le pillage néolibéral des ressources naturelles et la gestion nécropolitique des vies. Une réponse symbolique à la violence omniprésente que les pouvoirs publics sèment quotidiennement dans les villes, les communautés locales et les frontières, depuis les prisons de Moria, Petrou Ralli et Korydallos, jusqu’à Skouries, Agrafa et la mer Egée.

La haine avec laquelle la police a attaqué les camarades de la communauté squattée de Koukaki, ainsi que les résidents locaux et les camarades solidaires, n’a rien de surprenant. L’État est bien conscient que les résistances collectives et la solidarité doivent être frappées sans relâche, afin qu’elles ne deviennent pas un exemple à suivre pour tous celles et ceux qui nient (ou peuvent nier) et contestent l’individualisation et la concurrence sauvage du marché libre, un exemple à suivre pour tous celles et ceux qui résistent à prendre leur vie en main. Pourtant, ce qu’ils ne parviendront jamais à saisir, c’est que nos liens, nos luttes et nos idées collectives ne sont pas confinés dans des murs et ne peuvent être expulsés. Nous continuerons à être solidaires de nos camarades, de tous ceux qui résistent dans les luttes sociales qui se déroulent. Parce que la lutte n’est ni légale ni illégale, elle est juste.

SOLIDARITÉ AVEC LES SQUATS ET POUVOIR AUX PERSONNES ARRÊTÉES
TOUT EST À NOUS CAR TOUT A ÉTÉ VOLÉ
DES SQUATS DANS DES VILLAS ET DES MAISONS ABANDONNÉES
POUR UN MONDE DE SOLIDARITÉ, D’AUTOGESTION ET DE LIBERTÉ

Squat Dervenion 56, février 2020, Athènes.
https://squ.at/r/1lps
https://dervenion56.espivblogs.net/

[1] Sur la communauté d’occupation de Koukaki https://athens.indymedia.org/post/1602457/
[2] Expulsions le 12/3/2018, 18/12/2019 et 11/1/2020, et attaques fascistes le 26/02/2018 et 14/03/2018.
[3] Texte sur la réoccupation de Matrozou 45 et Panaitoliou 21 le 11/01/2020 https://fr.squat.net/2020/02/01/athenes-grece-reoccupation-de-squats-a-koukaki/


Collectif d’occupation de Koukaki
m45community [at] riseup [point] net
https://squ.at/r/43uf

Des squats en Grèce: https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) en Grèce: https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR
Des événements en Grèce: https://radar.squat.net/fr/events/country/GR


[Publié en grec le 8 février 2020 par le squat Dervenion 56].

Radio Manif – L’Hôpital saigne !

Radio Manif : Paroles de salarié-e-s de l’Hôpital Public,
de profs, d’étudiants, de musiciens, de jeunes, de moins jeunes, de vieux,
et même d’anciens combattants…

Toujours dans la rue !

Pendant que les cheminots reprennent leur souffle…

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Je(ux) d'enfant

Ce mois-ci FFF vous propose de jouer ! Grâce à notre grande roue de la fortune, on défie les lois du fil, et on erre dans nos souvenirs d'enfance…
Il était une fois… Les jeux qui nous ont construites !
On se conte, on se raconte, et puis on part en reportage : dans un parc, dans un supermarché du jouet… Enfin, on découvre la fabumalheureuse histoire du Monopoly et la vie de Barbie !
On vous souhaite une bonne écoute !

Musiques :
Le dictionnaire Larousse de Mansfield Tya
Garçon de Sages comme des sauvages
Man down, Rihana
La petite Josette, Anne Sylvestre
Cat's eyes – générique
Une puce un pou (contine trad)
Bang bang, Sheila
L'arbre est dans ses feuilles (contine trad québéquoise)

Pour aller plus loin :
Facebook ou tumblr « paye ton jeu »

Je(ux) d'enfant | Radio d'Ici
Voir en ligne : c'est par ici !

#Kollekthon : une émission spéciale en soutien aux caisses de grève le 17 février

Basta ! est partenaire du Kollekthon, opération de soutien aux grévistes en lutte contre le projet de réforme des retraites. Alors que débute l'examen du projet par les députés, plusieurs médias indépendants s'associent pour une émission de plus 5 heures en direct, à partir de 18h ce soir, avec des intellectuels, des artistes, des responsables associatifs, syndicaux et politiques. Cette émission sera diffusée depuis les studios du MédiaTV et en duplex de l'Assemblée populaire qui se tiendra à proximité (...)

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