La « dé-fête du travail » au programme du festival de cinéma Images mouvementées d'Attac

C'est autour du démantèlement du code du travail que se concentrera la prochaine édition du festival de cinéma Images mouvementées, organisée par l'association Attac. Des projections de films, des débats et des rencontres avec les réalisateurs se dérouleront du 30 septembre au 2 octobre prochains, au cinéma 5 Caumartin, à Paris Saint-Lazare. Un événement dont Basta ! est partenaire.
Alors que les générations précédentes avaient acquis au fil du temps de plus en plus de protections et de garanties associées (...)

- ça bouge ! / ,

Le chaudron puant

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A six mois de la présidentielle, l’ambiance en France est très particulière. Médiatiquement, politiquement et socialement, les discours les plus primaires et les plus réactionnaires ont recouvert la plupart des réflexions. L’espace politique français — au sens large — est passé des débats de société de fond aux polémiques les plus puantes. Ce constat est possible non pas par la seule observation des chaînes de télévision ou de radio les plus plébiscitées, mais aussi par les titres de la presse papier et internet, ainsi — et surtout — que les échanges sur les « grands » réseaux sociaux. Le chaudron commence à bien bouillir, rempli d’ordures, et son odeur se répand de plus en plus fortement, recouvrant la plupart des paroles, actes ou initiatives « progressistes ».

L’idée même d’améliorer la société, par la lutte contre les inégalités, la meilleure répartition des richesses et du travail, la nécessité d’un projet collectif, d’un renouveau des institutions et du système politique à bout de souffle, de créer des nouvelles conditions pour le vivre ensemble, de changer de modèle économique, a été recouverte par des ordures polémistes et primaires : une sorte de guerre des petites phrases sur le registre des micro-problèmes et de leurs micro-solutions. Mais le chaudron puant n’est pas seulement français. Il devient mondial. Comment cela est-il possible, et comment supporter — voire lutter — contre ce nouvel environnement politico-médiatique ?

Le populisme : faire de la politique de comptoir pour ratisser large, mais sans prendre la tête

Le concept de populisme a été détourné de sons sens, en France, en quelques années, nécessairement, puisqu’étant réservé originellement à des idées des partis d’extrême droite. Il ne pouvait alors être utilisé par d’autres. Désormais, le populisme se déclare comme un mode politique de proximité du peuple, de parler vrai [au peuple], de se préoccuper des problèmes du peuple, de vouloir le bien du peuple, etc… La réalité du populisme est pourtant toute autre, puisqu’il est à la fois historiquement et politiquement le ferment du fascisme. Le plus grand populiste de l’histoire contemporaine est Mussolini. Ses discours, son comportement, toute sa sinistre carrière politique sont basés sur ce concept de populisme. Le Duce a été copié de nombreuses fois, et peut-être jamais égalé, encore que…

Nationalisme, patriotisme, racines [des origines], grandeur [perdue] à restaurer, analyses et solutions simples, à la portée de tous, gouvernance de « bon père de famille », paternalisme donc, et déclaration des « ennemis » à abattre, ou des minorités à contraindre sont les principaux ingrédients qui nourrissent la recette du populisme dans ce chaudron pestilentiel.

La politique en France a toujours subi le populisme de certains, mais à la marge. La langue de bois, le politiquement correct, la pensée unique ont été les pendants extrêmes du populisme (alors réservé au poujadistes dont Jean-Marie Le Pen et sa fille sont issus) durant des décennies. Mais pour autant, de De Gaulle à Pompidou, de Giscard à Mitterrand, en passant par Chirac, les chef d’Etat de la Vè République — sauf de Sarkozy et Hollande — ont toujours refusé de pratiquer le populisme. Que ce soit pour gagner une élection, comme dans leur gouvernance. Encore que la campagne de Chirac de 1995, avec son slogan « Mangez des pommes » commençait à donner une bonne idée de la suite des événements. « La feuille de paie ne doit pas être l’ennemi de l’emploi« . Voici ce qu’en disait le journal l »Humanité sur Internet, en 1995 :

« Il maintient que «la feuille de paie n’est pas l’ennemi de l’emploi», mais, dans le même temps, justifie le gel des salaires annoncé par le premier ministre, et ajoute même que «la feuille de paie des fonctionnaires est aussi la feuille d’impôt». La contradiction présidentielle entre les aspirations au changement, ses propres engagements à réduire la fracture sociale, et les actes, qui vont à contresens, s’aiguise. Question: quand désignera-t-on les vrais privilégiés de l’argent ? Sur les essais nucléaires, Jacques Chirac s’est montré défensif. Nouvelle baisse dans les sondages du président et du gouvernement. »

Six mois après son élection, Chirac augmentait la TVA, après une campagne axée sur un concept très « à gauche » : la réduction de la fracture sociale. Cherchez l’erreur…

Mais le vrai populisme du chaudron puant actuel n’était pas encore là : les débats ouverts par les journaux et les médias radiotélévisés se situaient encore au dessus de la ceinture, parlant de problèmes sociaux réels, d’inégalités concrètes, d’amélioration des conditions du plus grand nombre au sein de la société, bien que quelques prémisses du chaudron soient déjà présentes. « Le bruit et l’odeur » avait déjà été lancé par le même Chirac avant son élection, une première histoire d’interdiction de foulard musulman avait été tentée et abandonnée au début des années 90…

Pour résumer le populisme français : il se situe dans la croyance qu’une majorité d’électeurs sont mécontents, qu’ils sont plutôt incultes, qu’on peut leur faire croire que leurs problèmes sont avant tout causés par une partie de la population étrangère à la « patrie originelle » (gauloise ?), ou  cause de blocages créé par des groupes d’intérêts qui prennent tout le monde en otage (les syndicats en général) et que le bons sens, l’évidence dans les décisions à prendre, sont celles que prendraient n’importe quel « bon père de famille ».

Dans ce registre, le populisme résume chaque cause d’un problème à un unique facteur. Pour le concept du chômage et de « l’emploi » : c’est à cause des « charges » sur les salaires (qui sont en réalité, les cotisations sociales pour abonder les recettes publiques et maintenir le système de répartition collectif) qui empêchent la compétitivité. Pour l’insécurité, c’est le communautarisme, le refus de l’intégration et le radicalisme religieux. Et pour le reste, ceux qui font bouillir le chaudron évitent d’en parler. Culture, santé, éducation, énergie, préventions (de consommation de drogue, de la délinquance, du suicide, etc.) actions associatives, lutte contre les inégalités croissantes, précarité, emploi : tous ces sujets, complexes, loin des préoccupations des « masses », sont très peu abordés, voire totalement occultés ou réduits à leur plus simple expression. Le débat sur la énième réforme de l’éducation nationale s’est effectué sur les horaires, l’apprentissage pur des fondamentaux ou l’éveil des enfants en groupe, le rétablissement de l’uniforme pour certains, la sécurité scolaire et introduire des tablettes informatiques pour faire rentrer le numérique dans l’éducation nationale…

Le gloubi-boulga mortifère…

Ce populisme, cette recette mortifère qui bouillonne dans le chaudron puant, trouve un combustible multiple pour le cuire à feu doux et permanent. La parole s’est libérée avec le quinquennat Sarkozy ou chacun se devait d’être « décomplexé« . Chacun à sa place, mais décomplexé. Tout le monde était encouragé à laisser aller la parole la plus libérée possible.

Les 1% ont pu exposer toute l’indécence de leur pensée, les 99% ont pu montrer toute l’étendue de leur racisme, qui traduit souvent une haine de leur condition… Les politiques ont pu exprimer tout ce qu’ils pensaient que le peuple voulait entendre. Et comme le fonds de commerce du FN fonctionne plutôt bien depuis des dizaines années, pourquoi ne pas aller piocher dans ce discours ?

Les politiques sont sans doute ceux qui alimentent le plus le feu sous le chaudron. Le point marquant a sans conteste été le fameux cynique et opportuniste débat sur l’identité nationale lancé par Nicolas Sarkozy en octobre 2009. Cette brèche monumentale portée au pacte républicain ne s’est jamais refermée et tous s’y engouffrent, clivant, segmentant la société.

Les politiques excellent également dans le contre-exemple, ce qui nourrit le populisme. La batterie de casseroles de Sarkozy suffirait à elle-même à illustrer cette attitude qui consiste à ressasser : faites ce que je dis, pas ce que je fais. Mais à gauche, les exemples sont multiples également. Cahuzac pour ne citer que celui-ci. En Europe également avec Jean-Claude Junker ou Neelie Kroes…

La presse n’est pas en reste. En relayant, en transformant en clickbait la moindre phrase, aussi ignominieuse soit-elle, elle rajoute du combustible, encourage les uns et les autres à répondre, avec chaque fois des arguments pires que les précédents. Et sa mise sous tutelle par sept grands patrons français n’aide pas à rétablir le contrat de confiance entre les rédactions et leurs lecteurs tant les exemples de censure ou d’auto-censure se multiplient…

Le peuple, quant à lui, au lieu de demander des comptes à ses politiques, à la presse, au lieu de leur dire qu’ils ne sont pas élus pour cela, qu’ils ne sont pas lus pour cela, le peuple clique, retweete, participe. Il participe à la radicalisation globale. Oui, certains se radicalisent façon Daesh. D’autres se radicalisent façon Marine Le Pen , façon Patrick Buisson ou façon Eric Zemmour (à qui la presse donne tant de place). Bien sûr, les uns tuent ou posent des bombes, les autres éructent des idées nauséabondes. Ce n’est pas la même chose. Mais par la radicalisation, des mots et des idées, c’est in fine la confrontation qui s’annonce.

Le grand remplacement… des cerveaux

Il faut lire la fachosphère sur Twitter ou Facebook pour bien comprendre la transformation en cours. Dédé du 68, Gérard88 et les autres en sont persuadés, l’extinction des Français gaulois est en cours. Même ce gauchiste de Sarkozy le dit, c’est donc que c’est un fait acquis et partagé. Le « grand remplacement » s’opère. Les musulmans Sarazin (forcément islamo-nazis) reviennent. Demain, il n’y aura plus un Gaulois dans ce pays. Il est temps de faire quelque chose avant d’être submergés.

Prenons deux minutes pour analyser ces inepties. Elles font, comme le populisme décrit plus haut, fi de toute analyse scientifique, ne s’encombrent pas de réflexion et simplifient à l’extrême.

La preuve du grand remplacement ? Les bouchers sont tous hallal désormais. Fini le petit boucher du quartier, bien gaulois, avec du saucisson, des tripes et des pieds de porc en rayon.

En fait dans l’esprit de la fachosphère IRL ou sur le réseau, il existerait une société immuable, figée, depuis les années 50, une France du Général de Gaulle, qui n’aurait pas bougé. Ou si, qui aurait été forcée de se cacher dans des caves, tandis que les Sarazin, les Chinois, les Martiens, peut-être, auraient peu à peu investi les appartement, les maisons et les commerces laissés vacants par la population gauloise, fuyant vers les caves. Une société en mutation, qui se métisse tant par les couleurs, les cultures, les croyances, c’est inconcevable. Cela n’existe pas. Et pourtant…

Pour qui a vécu les transformations de nos voisins espagnols, ou anglais, ou même allemands ces 30 dernières années… Toutes les sociétés évoluent, se transforment. Des habitudes de vie disparaissent. Et pour preuve, les pulls jacquard, les mocassins à pompon, plus personne, ou presque, n’admet que ce soit à la mode. Peu de Gaulois, pensent encore en 2016 que pour faire entrer un garçon dans la vie d’adulte, il faut l’emmener au Bordel. En 1900, si. On divorce un peu plus aujourd’hui aussi qu’au début du siècle. Est-ce mal ? Est-ce bien ? Peu importe, c’est juste une évolution des mœurs, des habitudes de vie. C’est nécessaire, humain.

Le fameux « grand remplacement« , ou plus simplement l’évolution de la société, risque même d’arriver dans les endroits les plus inattendus. Comme par exemple en Iran ou en Arabie saoudite. Car ce qui semble acquis pour l’éternité, ne l’est en fait pas, et tout change…

L’extrême-droite française se focalise actuellement sur les « islamo-nazis ». En d’autres termes, les terroristes de Daesh. Le terme permet d’allier islamistes (un peu vague mais fait référence dans leur têtes aux radicaux qui posent les bombes) et nazi. Ce dernier point est intéressant, car par opposition, il permet à celui qui prononce ce terme, de s’en exclure. L’extrême-droite ne serait donc pas nazi, ni fan de cette idéologie. Pourtant…

Par extension, l’immigration qui ferait tant de mal aux Gaulois, selon l’extrême-droite, est une sorte de cellule dormante des islamo-nazis. A l’inverse, les Gaulois, sont des gens bien sous tout rapport. Encore une fois, la globalisation est à l’œuvre. Ce serait considérer que tous les Gaulois sont des gens parfaits alors qu’une foule d’études scientifiques très sérieuses prouvent qu’il y a de nombreux crétins durs dans cette population. Même des gens agressifs, violents, délinquants, terroristes, assassins, homophobes, sexistes… Bref de tout, comme partout. Mais sortir de la généralisation, c’est un peu compliqué pour notre fachosphère.

Les grands débats de société… en 140 caractères

Ce basculement massif vers le populisme s’est effectué pour une grande part avec la possibilité du relais populaire des petites phrases, rumeurs, théories fumeuses et autres saillies politiques via les réseaux sociaux. Pas Internet, mais les réseaux sociaux, dont les deux plus importants sont Facebook et Twitter. Cet emballement des Français (qui comptent parmi les plus grands utilisateurs de Facebook de la planète) pour ces « médias numériques populaires » ont très rapidement été perçus comme une opportunité de la part de la presse, et des médias radiotélévisés. La situation financière calamiteuse et la perte de lecteurs de cette première l’a poussée à monétiser le buzz généré par les plateformes californiennes de « partages et d’échanges d’informations », allègrement suivies par les secondes.

Nous sommes arrivé à un moment où le tempo de l’actualité est rythmé à moitié par les tweets ravageurs de politiciens ou des citations de leurs discours, d’extraits d’interviews. Le tout en 140 caractères maximum. Ou avec un post sur un mur. L’approximation, la fausseté, voire les mensonges les plus flagrants sont ainsi relayés à la vitesses des tuyaux numériques. Un petit maire de droite extrême bien raciste ordonne une interdiction de tenue de plage portée par quelque femmes d’origine maghrébine, et c’est un buzz médiatique qui dure un mois. Un mois… Emportements, militantisme, rejet, agacement, indignation, tout y passe…

C’est en fait une nouvelle période qui s’est ouverte, celle de la création des sujets d’actualités politiques par la foule, ou par les « stars des réseaux sociaux », qu’elles soient des politiques ou non. Les groupes militants de tous bords sont donc très friands de ce phénomène, puisqu’en quelques clics, voire quelques aides automatisées (principe de l’astroturfing), une foule se crée, prête à en découdre, à défendre, attaquer, se plaindre, s’indigner, mais dans tous les cas : fait parler d’elle et surtout de son sujet.

Ces nouvelles formes de débats médiatiques commencent à être observés plus attentivement pour tenter de comprendre à la fois leur fonctionnement et les enjeux démocratiques, de société qu’ils impliquent. La rédactrice en chef du Guardian, Katharine Vinter, s’est fendue d’un article à ce propos cet été, traduit dans Courrier International. Ses constats sont plutôt sombres, amènent des réflexions, parfois lapidaires, mais pas sans intérêt :

« A l’heure du numérique, il n’a jamais été aussi facile de publier des informations mensongères qui sont immédiatement reprises et passent pour des vérités. »

La journaliste analyse plusieurs emballements médiatiques nationaux au Royaume-Uni dont la fameuse affaire de « la tête de porc » — dans laquelle David Cameron aurait introduit ses parties intimes — ainsi que la campagne pour le Brexit. Dans les deux cas, les mensonges, rumeurs, affirmations non vérifiées ont été amplifiées via les réseaux sociaux au point de devenir des vérités, des certitudes. Une fois l’emballement passé, que ce soir dans le cas du Brexit ou de la tête de cochon, il s’est révélé que rien n’était vérifié. Aucun témoin pour Cameron, et des politiques pro-Brexit avouant qu’ en fin de compte, il ne leur serait pas possible de faire ce qu’ils assénaient durant la campagne— mais une fois le Brexit voté…

Un article reprenant celui de Viner cherche à comprendre ce qu’il se passe au delà de l’amplification des rumeurs et de l’emballement des foules sur les réseaux sociaux. Un phénomène très important est celui de l’influence des algorithmes et de l’enfermement des usagers des réseaux dans leurs propres convictions, dans leurs propres sphères de croyance.

Tom Steinberg (@steiny), le fondateur de MySociety a réagi après la victoire du Brexit à ce sujet :

« Je cherche activement des gens qui se réjouissent de la victoire des pro-Brexit sur Facebook, mais les filtres sont tellement forts et tellement intégrés aux fonctions de recherche personnalisées sur des plateformes comme Facebook que je n’arrive pas à trouver une seule personne contente de ce résultat électoral, et ce alors que près de la moitié du pays est clairement euphorique aujourd’hui »… Pour lui, il y a là un facteur de division extrêmement grave de la société : « nous ne pouvons pas vivre dans un pays où la moitié des gens ne savent strictement rien de l’autre moitié ».

Amère mixture…

Les politiques ont décidé de continuer coûte que coûte dans la même voie, et les média, incapables de se remettre en question suivent le mouvement. Le principe d’un chaudron-arène puant, populiste à souhaits, où chacun essaye de surenchérir sur l’autre dans les propositions les plus basses du front et simplistes à l’extrême risque de perdurer jusqu’à la fameuse élection de 2017. Celle où tous les sondages donnent Marine Le Pen au deuxième tour. Celle où les réseaux sociaux relayent et donnent le « la » de l’actualité « chaude ».

Le contrat social français est en réalité un lointain souvenir, les bulles de pensées unilatérales des réseaux sociaux vont continuer à enfler, et aucune alternative au populisme ambiant ne semble poindre à l’horizon. Ni groupe, ni individu ne se hisse au dessus de la mêlée, et s’ils existent, aucun média d’influence n’a l’air de vouloir leur donner la parole. Comme si la nécessité d’aller jusqu’au bout de la recette était une obligation. Le chaudron puant sera visiblement touillé jusqu’au bout, et quand il faudra avaler sa mixture, il est probable que ce soit la grimace qui prédomine pour le plus grand nombre. Le poison amer du populisme est-il un passage obligé pour forcer l’ensemble d’une société à changer positivement ? Probable. Mais combien de victimes fera-t-il avant cette potentielle bascule ?

Gisquettes' Talks #45 - Emission du 23 Septembre 2016 - Interview Poison Inside

Podcast, tracklist et liens.
Tracklist :
Poison Inside - Spit on Me
Queen Adreena - Pretty Like Drugs
Walls of Jericho  - Fight the Good Fight
Jinjer - Scissors
Poison Inside - Suck
The Dogbones - All your Friends (Are Going to Kill You)
LashDown - Face Our Time
Blind Ivy - Godless
Katastrophy Wife - Liberty Bell
All For Nothing - Burn the Lies
Poison Inside - Dying
Reaching Hand - Nothing Left
Oathbreaker – Origin

 

Gisquettes' Talks #45 - Emission du 23 Septembre 2016 - Interview Poison Inside
"Poison Inside est un groupe rennais formé depuis 2013 et composé de quatre musiciens à la batterie, guitare, basse et chant-tueur à fleur de peau.
Etant tous issus de courants musicaux différents, le groupe trouve sa place sur un terrain post metal et plutôt grunge, et reste toujours sous tension.
Poison Inside vous emmène dans son univers bien à part, à tendance schizophrène, mêlant sensibilité enfantine et violence outrageante."

Prochain concert :
12 Novembre 2016, au Marquis de Sade à Rennes.
Soirée Gisquettes Attack.

Lien :
https://www.facebook.com/Poison-Inside-176049585869547/


 

Pour télécharger le podcast, cliquez sur l'article.

sous pression! #311 (26 septembre, 2016)

artiste – album – titre

rixe – les nerfs à vif – à contre-courant
mayday – excepté une fois à verdun – coup pour coup
nanana – sensations – sensations
makach – makach – crève hippie crève
faux départ – faux départ – tv panik
fortune cookie club – l’album à roland – le vice-consulat
les sherrif – électrochoc – où sont les wc?
the horny bitches – génération sherrif vol. 2 (comp) – arrêtez de bitcher
bérurier noir – souvent faucher toujours marteau – protesta
les partisans – les partisans – dignité
rpg-7 – un paso un largo camino – lucha
rpg-7 – un paso un largo camino – guerilleros
bermudes – filles allégoriques – la descente
l’équipe – déclarer forfait – bat de baseball
the red riding – demo – passager rouge
ultraptérodactyle – sludge pop – larme de sang ironique
warnoar – warnoar – j’me mets des claques
scrap -démo – toujours partant
cartouche – bread & roses – un wonderbra autour du cou

clic droit pour télécharger l’émission


l’Angoisse

  L’Angoisse (3è version donc) linogravure d’environ 12,5×15,6cm sur papier Arches 16,6x20cm, encre noir Vignette. 45 exemplaires numérotés et signés (chaque exemplaire présente ses propres particularités, la photo n’est pas représentative de toutes les impressions) 30€ port compris

Toulouse: lettre ouverte adressée au directeur de l’hôpital Purpan

Nous n’allons pas disparaître…

Depuis lundi 19 au soir, nous occupons le pavillon Armengaud vide et abandonné de l’hôpital Purpan. Cette occupation a lieu suite à l’expulsion imminente par Habitat Toulouse, du bâtiment dans lequel nous vivions. Cette réquisition [Note de Squat!net: il s’agit d’une occupation, et non d’une réquisition.] est l’unique solution que nous avons trouvée pour ne pas passer l’hiver à la rue. Les pouvoirs publics ne donnent aucune suite à nos démarches administratives pour accéder à un logement ou à un hébergement.

Nous sommes des familles, des personnes seules, des femmes seules avec enfants, des personnes âgées et de différentes régions du monde.

Nous sommes 75 personnes dont 25 enfants.

Nous nous sommes retrouvé-e-s ici à Toulouse pour différentes raisons : politiques, économiques, sociales ou familiales, et nous tentons simplement, comme tout le monde, de construire ou reconstruire notre projet de vie.

Nous sommes en formation, à la recherche d’un emploi, travailleurs et travailleuses précaires… et nos enfants sont scolarisé-e-s. Nous ne cherchons pas absolument à nous justifier, seulement, nous en avons assez d’entendre dire qu’on est des fainéant-e-s, et toutes sortes de propos racistes bourrés de préjugés.

Nous avons fait les démarches administratives nécessaires pour tenter d’accéder à un hébergement ou à un logement. Mais face aux critères de plus en plus stricts du marché de l’immobilier, au laissez-faire des pouvoirs publics, et au manque de places d’hébergement d’urgence, nous nous retrouvons contraint-e-s de nous mettre à l’abri dans des bâtiments vides et abandonnés, pour ne pas être à la rue et dans l’insécurité (sic).

En tant que directeur d’un établissement de santé publique, votre fonction est de permettre à tous et toutes l’accès aux soins et à la santé. Les pouvoirs publics mènent actuellement une politique répressive, mettant des personnes dans une insécurité matérielle et sanitaire. Nous demandons à la direction de l’hôpital public de soutenir notre action : la défense de la santé commence par un accès au logement pour tous et toutes. Plutôt que de vendre des bâtiments à des promoteurs immobiliers privés, de privatiser des services, de supprimer des postes, de rendre les conditions de travail insupportables et inhumaines au point qu’il y ait eu quatre suicides chez le personnel en juin 2016, l’hôpital public se doit d’être solidaire des actions revendiquant un logement pour toutes et tous !

Ce lundi matin la préfecture enverra les forces de l’ordre pour expulser le bâtiment où nous vivions jusqu’ici. Face à cette situation d’urgence nous n’avons pas d’autre choix que d’occuper l’hôpital et nous sommes déterminé-e-s à ne pas retourner à la rue. Depuis jeudi, la seule réponse du directeur général Mr Le Moigne à notre demande de dialogue a été de renforcer la « sécurité » du bâtiment. Routes barrées, vigiles 24h/24h, barrières tout autour du pavillon. Ils nous parquent prétextant « la sécurité incendie », en réalité ils nous empêchent d’emménager. Nous n’avons pas d’autres choix que de continuer à nous installer pour ne pas être à la rue.

Au lieu de soutenir les solutions alternatives que nous sommes contraint-e-s de trouver par nous-mêmes, la seule réponse que nous avons eu jusqu’ici : la répression et les expulsions. C’est déplacer le problème. Nous n’allons pas disparaître.

CONTRE LA REPRESSION, LE MEPRIS, ET L’INUJUSTICE,
VENEZ NOMBREUS.E.S DEVANT LE PAVILLON ARMENGAUD
LUNDI 26 SEPTEMBRE A 17H
POUR UNE CONFERENCE DE PRESSE ET UN GOÛTER DE SOUTIEN

Le collectif Lascrosses

Agriculture urbaine : comment les jardins étudiants fleurissent aux abords des résidences universitaires

À proximité des campus, des « maisons de l'étudiant » ou des résidences du Crous, les projets de jardins partagés, basés sur des démarches solidaires et autogérées, attirent de plus en plus de jeunes gens à mesure qu'ils fleurissent sur le territoire. Inspirées des « Incroyables comestibles », ces initiatives visent l'autosuffisance alimentaire ou, à défaut, à apprendre à leurs usagers à cultiver leurs fruits et légumes bio, si possible en partageant le produit de la récolte. Pour eux, il ne s'agit pas seulement (...)

- Inventer / , , , , , , ,

La fabuleuse histoire du Rock’n’roll

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En Gironde, malgré les risques de cancers, les écoliers restent exposés aux pesticides

En Gironde, dans le village de Villeneuve, au milieu des vignobles des Côtes de Bourg, 23 élèves et leur institutrice avaient été intoxiqués il y a deux ans par l'épandage de fongicides sur les parcelles attenantes à leur école. Un an plus tard, en août 2015, une étude de l'institut national de veille sanitaire met en évidence un nombre important de cancers pédiatriques dans la commune de Preignac, autre commune girondine, en plein vignobles de Sauternes. En février 2016, l'émission Cash investigation (...)

- En bref / , ,

Torae / Crown (feat. 3D Na’tee)

Le médiateur de Radio France répond à Acrimed : mépris, condescendance et autosatisfaction

Il y a quelques semaines, nous publiions un article intitulé « Les drôles de “médiations” du médiateur de Radio France », dans lequel nous pointions le manque d'impartialité récurrent de Bruno Denaes qui, à au moins quatre reprises au cours des derniers mois, s'est appliqué à éluder voire à discréditer les remarques des auditeurs, préférant prendre le parti des journalistes mis en cause ou leur opposer ses propres opinions. Notre article n'a pas échappé et a visiblement déplu à Bruno Denaes qui a entrepris de nous répondre dans un long billet mis en ligne sur le site de Radio France. Une réponse exemplaire des procédés mis en œuvre par Bruno Denaes dans ses « médiations » lorsque les critiques des auditeurs heurtent trop frontalement ses convictions.





Mépris et condescendance

Avec pour commencer une bonne dose de mépris et de condescendance à l'endroit d'Acrimed et de l'auteure de l'article. Ainsi, Bruno Denaes, qui se dit « attaqué par un site qui se veut “observatoire des médias” », ne daigne pas même citer Acrimed, ni renvoyer vers notre site – craignant peut-être que les internautes trop curieux préfèrent notre critique des médias à sa pédagogie molle et autosatisfaite. Le médiateur de Radio France croit bon d'ajouter que notre « attaque » aurait été, perfidie suprême, « relayé[e] par le réseau Twitter » – réseau sur lequel, effectivement, Acrimed est activement suivi par un nombre notoirement plus conséquent d'internautes que… le médiateur de Radio France, par exemple !

Il se contente ensuite de mentionner « un article publié sur internet », tout en omettant soigneusement – deux précautions valent mieux qu'une – d'insérer le lien qui renverrait à l'article en question, évitant que le lecteur qui aurait souhaité se faire une idée de son contenu par lui-même puisse le consulter trop aisément [1]. Des procédés plus que douteux et un brin mesquins pour un journaliste qui, deux lignes plus loin, se targue de s'appuyer « sur son expérience, sur les principes d'éthique et de déontologie ». Mais ce n'est pas tout.

Bruno Denaes évoque succinctement le contenu de ce mystérieux article : « Un article totalement à charge se fondant sur trois exemples précis ». On s'attendrait donc à ce que le médiateur de Radio France revienne en détail sur chacun de ces trois exemples et démontre en quoi nos critiques sont « totalement à charge ». Pourtant, de ces trois exemples il ne sera quasiment jamais question dans la suite de l'article.


Autosatisfaction

On appréciera d'abord la morgue avec laquelle Bruno Denaes introduit son premier point : « Revenons tout d'abord sur le rôle du médiateur que j'aurais été heureux d'expliquer à l'auteure de l'article me mettant en cause. » On ne voit pas bien en quoi ces explications seraient nécessaires, puisque notre critique ne portait en aucun cas sur le « rôle » du médiateur, difficilement contestable en lui-même, mais bien sur la façon dont Bruno Denaes l'incarne. Un contresens entrainant un hors sujet, voilà qui pourrait prêter à sourire sous la plume d'un journaliste qui affiche volontiers des postures professorales…

Après une fastidieuse typologie des remarques qu'il reçoit et des réponses qu'il y apporte, Bruno Denaes se lance dans un nouvel exercice de pédagogie qu'il intitule : « Expliquer nos fonctionnements ». En guise d'explications, deux paragraphes de mise en cause des auditeurs et de leurs critiques « infondées ou militantes ou liées à une méconnaissance de nos fonctionnements ». S'il revient bien sur l'émission consacrée aux compteurs Linky, que nous critiquions dans notre article, c'est pour ne pas en démordre : ces compteurs sont inoffensifs, les remarques des auditeurs nulles et non avenues. Ce faisant, il ne répond en rien à notre critique qui ne consistait évidemment pas à prendre position dans cette controverse scientifico-technique, mais à regretter que le médiateur ait presque constamment cherché à tourner en ridicule les auditeurs qui l'avaient contacté [2].

Pour le reste, Bruno Denaes persiste et signe, se contentant d'une position de principe, sans revenir sur les émissions auxquelles nous nous référions précisément (sur le terrorisme, le mouvement social ou le Brexit) : selon lui, les auditeurs ont des « oreilles militantes », « nous écoutons la plupart du temps avec le prisme de nos opinions, en manquant singulièrement d'objectivité et de recul. Et c'est aussi le rôle du médiateur de le rappeler », comme de rappeler que « les antennes recherchent en permanence un équilibre ». En résumé, les auditeurs seraient consubstantiellement aveuglés par leur partialité, les journalistes et les rédactions seraient par essence impartiaux et objectifs, et le rôle du médiateur serait de rappeler ces vérités simples et incontestables aux premiers. Une bien étrange conception du public, du journalisme et de la « médiation ». Et Bruno Denaes de conclure en célébrant, en toute modestie, « le travail méticuleux et acharné du médiateur ».


***

Dans cette réponse comme dans les émissions que nous critiquions, le médiateur de Radio France semble confondre médiation et autojustification, explication et plaidoyer pro domo, neutralité et parti-pris, tout en esquivant les remarques les mieux étayées. Bref, une médiation, même « méticuleuse et acharnée », ne suffirait sans doute pas pour dénouer les désaccords entre Bruno Denaes et Acrimed !


Blaise Magnin


[1] Nous avions pour notre part, dans notre article consacré au médiateur de Radio France, et comme nous le faisons toujours, inséré les liens vers les émissions que nous critiquions.

[2] On se souviendra par exemple d'un Bruno Denaes se désolant en ces termes : « Se faire peur, on a l'impression que les gens adorent ça. »

« Travailler plus pour gagner moins »

En plein mouvement contre la loi Travail, des correcteurs et correctrices ont décidé de lancer une offensive contre les patrons de l'édition soit-disant de gauche. Avec une revendication des plus élémentaires : ne plus être payé à la tâche et bénéficier des mêmes garanties que les autres travailleurs. Après une fin de non-recevoir, la bataille recommence en septembre. Entretien avec le collectif des correcteurs précaires de Paris.

CQFD : Comment est né le collectif ?

Cerise : Avec l'obligation légale d'offrir une mutuelle à chaque salarié instituée en janvier 2016, le statut des Travailleurs à domicile (TAD) est devenu problématique pour les patrons de l'édition, car ils se sont demandé que faire des TAD en CDI qui travaillent très peu. Ceux-ci leur auraient coûté de l'argent avec la part patronale obligatoire qu'ils doivent payer pour la mutuelle. Le SNE (Syndicat national de l'édition – les patrons de l'édition) a donc cherché à créer une « catégorie objective » de salariés auprès de la Sécurité sociale, c'est-à-dire un statut spécial pour nous extraire du régime des mutuelles et légaliser un régime à part. Heureusement, les syndicats ont refusé la proposition, et la Sécu n'a tout simplement pas répondu. Mais cela a permis de reparler en réunion mixte paritaire du statut des TAD, qui étaient jusque-là plutôt mis de côté par les syndicats. Depuis, une TAD syndiquée assiste à ces réunions, ce qui permet d'aborder les questions nous concernant. Cette représentante syndicale a ensuite décidé de réunir des correcteurs TAD pour discuter point par point des termes de l'annexe IV de la Convention collective de l'édition à laquelle nous sommes rattachés. Parallèlement, les syndicats se réunissaient aussi pour faire leurs propositions.

On a donc organisé des réunions entre correcteurs, sans que personne ne soit juriste, pour décortiquer les choses et voir ce qu'on pouvait changer dans nos conditions de travail. TAD, c'est une position particulière, car travailler chez soi offre une grande liberté, mais on doit la négocier contre une grande précarité. C'est un métier dans lequel les gens peuvent travailler ensemble à distance sans jamais se croiser pour un café ou une réunion de travail en chair et en os. Nous rencontrer et partager nos expériences a permis d'établir une série de propositions pour la révision de l'annexe IV auprès du SNE, qui nous a répondu que le statut devait « rester attractif pour tout le monde ». Sous-entendu pour les patrons, car où est l'attractivité pour nous ? Cette réponse nous ayant passablement énervés, nous avons lancé une pétition en ligne pour faire connaître nos problématiques et avoir du soutien extérieur. Le fait que le mouvement social contre la Loi travail soit actif à ce moment-là a sûrement aidé à la visibilité de notre lutte, puisque ce ne sont pas seulement des gens du milieu de l'édition qui ont signé.

Quelles sont les conditions de travail d'un correcteur ?

Pour ma part, cela fait une dizaine d'années que je suis correctrice. Comme beaucoup de mes collègues, j'ai longtemps été payée en droits d'auteur. Les éditeurs utilisaient très largement ce mode de paiement – en toute illégalité, puisque nous ne sommes pas auteurs –, car ça leur permet de ne pas payer de charges. Aujourd'hui, les patrons de l'édition ont de plus en plus recours au statut d'autoentrepreneur, qui leur permet de ne pas salarier leurs employés, tout en étant relativement conformes au droit du travail.

Le problème demeure : même en étant salarié, comme c'est mon cas, en TAD, nous avons un statut très précaire. Je n'ai pas de contrat de travail, je suis en CDI de fait, car je travaille depuis longtemps avec le même employeur. Nous sommes tous très éclatés, très peu au courant de nos droits, et j'ai pour ma part appris par hasard que j'étais en CDI. Il n'y a donc aucune clause spécifique dans mon emploi, aucune négociation préalable, aucun document signé. L'annexe IV nous garantit un statut de salariat, avec les avantages liés au Comité d'entreprise, et une mutuelle largement prise en charge par l'employeur dans la maison pour laquelle je travaille, ce qui n'est par exemple pas le cas d'un autoentrepreneur qui doit se débrouiller seul pour les soins. Cependant, l'annexe IV ne nous garantit pas le nombre d'heures travaillées dans le mois. Nous sommes donc en CDI, mais sans assurance d'un salaire en fin de mois, car nous sommes payés à la tâche, c'est-à-dire au nombre de signes relus. Notre revendication principale – mais il y en a bien d'autres – porte donc sur ce système de paiement aléatoire, et nous aimerions qu'à partir d'un calcul des heures travaillées à l'année, le salaire soit lissé. Avoir un revenu minimum garanti.

Aujourd'hui, on ne sait jamais d'un mois à l'autre ce qu'on va gagner. Il arrive donc qu'en milieu de mois, on se retrouve à courir après les boulots pour payer son loyer, car on voit que l'entreprise ne va pas nous donner assez de boulot cette fois-ci. Cela dit, ce statut est comme un privilège par rapport à celui d'autoentrepreneur (AE), car on peut alors se faire éjecter du jour au lendemain sans préavis. C'est du salariat déguisé : le travail est le même que pour un salarié en CDI en TAD, les deux n'ont aucune garantie de retravailler d'un livre à l'autre, mais le TAD est plus protégé en cas de licenciement effectif. Pour l'AE, la question n'est même pas celle d'être viré ou pas, puisqu'il n'est jamais vraiment engagé, mais de continuer à être ré-engagé d'un boulot à l'autre. Ce qui impose bien sûr une grande docilité dans l'exécution des tâches demandées par l'employeur. Et cela met aussi la pression aux travailleurs en CDI, car si on rechigne à faire quelque chose, l'employeur peut trouver un AE pour s'en charger, et le boulot nous file sous le nez. Or le recours aux AE est de plus en plus fréquent. Dans notre collectif, certains ont le double statut : TAD et AE pour pouvoir travailler les mois où l'employeur principal ne donne pas assez de boulot. Malheureusement, nous avons du mal à fédérer une population éclatée, habituée à devoir dire oui à tout pour pouvoir gagner sa vie, pas du tout habituée au collectif du fait même de notre statut de travailleur à domicile. Et dans tout ça, personne ne peut vraiment faire grève.

Et le travail en lui-même change-t-il ?

Tout est devenu plus rapide pour réduire les coûts humains avec des délais sans cesse plus serrés, et moins bien structuré. Il n'y a par exemple qu'un seul passage de correction sur les livres, alors qu'avant il y en avait deux – ou bien, on fait l'impasse sur la préparation de copie [1], et le correcteur se retrouve à faire deux boulots en un. On nous demande souvent de bosser pour les jours fériés ou les week-ends sans augmentation de taux horaire. C'est un travail en montagnes russes, avec des périodes de chômage technique imposé et de grands coups d'accélération très stressants.

Le boulot du préparateur, comme celui du correcteur, demande un niveau de qualification assez élevé, il faut vérifier les sources, parfois réécrire des passages en s'adaptant au style et à l'univers de l'auteur, avoir une culture générale extrêmement vaste pour pointer les incohérences techniques ou culturelles. Être en mesure de faire des allers-retours avec l'auteur tout en restant cordial et judicieux dans les échanges. On a aussi pris une partie du boulot du maquettiste, en préparant les feuilles de style de sa composition. Bref, avec le même salaire, plutôt bas et sans augmentation, on a une feuille de mission qui ne cesse de s'allonger, et il nous faut garder l'esprit ouvert en permanence. Or la précarité, ça ne libère pas l'esprit.

Vous travaillez dans une grande maison d'édition de gauche, cela facilite les rapports avec l'employeur ?

Les maisons d'édition, même si leur politique éditoriale est orientée à gauche, appartiennent souvent à des groupes, et sont fatalement prises dans des logiques d'entreprise, avec des actionnaires, qui rattrapent bien vite leurs grands idéaux affichés. Les petites maisons indépendantes, souvent par manque de fonds, ont recours à des AE (ou à du droit d'auteur), mais comment peut-on être militant et précariser ceux qui travaillent pour vous, appliquer la politique salariale la plus libérale et favoriser l'exploitation ? On peut faire tous les beaux discours qu'on veut, la politique est finalement la même partout : travailler plus pour gagner moins. Et cette règle est en vigueur dans les maisons qui publient les livres les plus critiques du système et les plus révolutionnaires.

Comment envisagez-vous la continuation de votre collectif et de votre lutte ?

On voudrait un avenant à l'annexe IV, mais ce que le SNE s'est pour l'instant contenté de proposer, c'est un rappel des bonnes pratiques. Bref, quelque chose qui ne sera jamais appliqué. Du coup, on ne va pas lâcher, et on prépare des rassemblements et des journées d'action dès septembre.

Signer la pétition !

Les 451

Suite à L'Appel des 451 publié dans Le Monde en septembre 2012, ce groupe a mené plusieurs enquêtes sur l'économie du livre, et organisé des rencontres en France, en Espagne ou en Italie visant à réunir des travailleur/euses des différents métiers de la chaîne. Le texte La querelle des modernes et des modernes permet notamment de mieux comprendre le livre comme une marchandise prise dans l'économie libérale contemporaine, et donne des pistes de lutte. L'idée principale est de ne pas séparer l'édition critique de l'agir révolutionnaire : publier de belles idées peut s'accompagner de pratiques cohérentes. Les 451 (température à laquelle brûlent les livres dans le roman de science-fiction Farenheit 451 de Bradbury) sont en sommeil depuis mars 2014. Jusqu'au grand incendie ?

Textes disponibles par ici !


[1] La préparation de copie consiste non seulement à corriger orthographe, grammaire, syntaxe, mais également à vérifier les faits énoncés, à contrôler la logique du texte, ou encore à s'assurer de l'unité dans les noms propres. Dans cette phase, le correcteur est souvent amené à proposer des reformulations. La correction est l'étape d'après : traque des coquilles et problèmes de typographie.

Des habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes – 1/6 – Dominique, habitant « historique »

Si un jour des historiens honnêtes écrivent l’Histoire de cette lutte, ils diront des habitants de la ZAD qu’ils sont des résistants. Pas des terroristes.

Légitime combat contre ce projet d’aéroport INUTILE, (celui de Nantes Atlantique fonctionne à 40% de sa capacité). Massacre écologique. Dangereux bétonnage d’une zone humide, (faudra pas pleurer à la prochaine inondation). Enorme gabegie d’argent public qui pue la corruption par la mafia VINCI. Scandale politique et démocratique… Ce criminel projet d’aéroport est une horreur emblématique et médiatique, parmi des dizaines d’autres Grands Projets Inutiles : Incinérateurs. Tunnels TGV-TAV. Lignes très haute tension…

Contrairement à ce qu’affirme la propagande des médias dominants, -qui présentent les « zadistes » comme un noir bloc d‘ultra-gauchistes-paumés-drogués-violents-, cette lutte fédère une mosaïque gens tous différents, d’horizons divers, venus là pour tenir le terrain avec les paysans dits « historiques ».

Pour user de mots nobles devenus des insultes, la ZAD est une extraordinaire expérience démocratique, où l’on protège la chose publique (la res publica). « Société » qui, depuis des années, fonctionne sans police, sans tribunaux, sans HP… et sans chef. Bien que certains s’en défendent, les « zadistes » (ré)inventent une sorte de « parlement permanent » où tous sont « députés ». Dans le bocage nantais, ce territoire d’environ 10 kilomètres sur 2, cultivé partout en jardins maraîchers, produit de la nourriture, et en exporte !

Premier épisode de cette série de six portraits d’habitants de la ZAD. Six individus qui ne parlent pas pour la ZAD , mais de la ZAD, en leur nom propre.

Vous avez déjà rencontré Dominique Fresneau de l’ACIPA lors de précédentes émissions. Dominique est né à Notre-Dame-des-Landes. Son père, paysan, lutte contre ce projet depuis les années 70…

Samedi 8 Octobre 2016 : Grande manifestation sur la ZAD…   A lire…   Site de la ZAD…   Merci à Valk pour les photos.

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Calais: bienvenue aux migrant-e-s ! Manif le 1er octobre 2016

Un an après la noyade du petit Aylan Kurdi sur les côtes grecques, qui semblait avoir secoué les consciences des politiciens européens, on meurt toujours en nombre en Méditerranée, sur le chemin vers l’Europe et à ses frontières intérieures et extérieures. A Calais la population du bidonville dépasse les 10 000 personnes dans des conditions de vie toujours plus effroyables ! Là comme ailleurs en Europe, la situation ne fait que s’aggraver pour les migrants, démontrant ainsi l’inefficacité et le caractère meurtrier des politiques actuelles.
À Calais, le démantèlement du camp annoncé par les uns et réclamé par les autres, ne saurait être une solution !
Pas plus que la construction du grand mur de quatre mètres de haut et un kilomètre de long prévu le long de la route nationale 216 vers le port de Calais !
Aussi, un an après une première manifestation de Paris à Calais, nous appelons à nouveau à une grande manifestation à Calais le samedi 1er octobre, pour exprimer notre solidarité active aux migrants à Calais, protester contre les politiques européennes, en particulier ici française et britannique, et affirmer notre plein droit à l’asile et à la liberté de circulation et d’installation pour tous les migrants. Le cadre juridique de l’asile, son application toujours plus restrictive, comme nos politiques migratoires, sont en décalage complet avec les réalités migratoires actuelles : le motif environnemental n’est pas pris en compte tandis que la distinction entre les causes politiques et économiques, artificielle et absurde, nie la multiplicité des migrations et dépolitise la question de l’environnement !

Nous exigeons :
– Que la Grande-Bretagne assume ses responsabilités par rapport aux migrants, que la France rompe unilatéralement les accords du Touquet.
– Que le dispositif national d’accueil tant annoncé et promis voie enfin le jour en France, le seul pays d’Europe où les migrants sont laissés à la rue sans protection ni prise en charge !
– La suppression du règlement de Dublin et le démantèlement de Frontex, qui sont les premières causes des
drames que vivent aujourd’hui les migrants en Europe et à ses portes.
– La fermeture de tous les lieux de rétention, centres ou hotspots en Europe, dans le prolongement de l’Appel international lancé en juin 2016.
Plus que jamais, nous réaffirmons qu’une autre Europe est nécessaire, plus solidaire, démocrate, ouverte sur le monde et plus égalitaire! Plus que jamais, nous nous opposons aux politiques racistes et criminelles actuellement mises en œuvre à l’encontre des personnes étrangères en Europe.

NOUS APPELONS À MANIFESTER À CALAIS
LE SAMEDI 1ER OCTOBRE 2016
À 14H, DÉPART DE LA «JUNGLE» (ARRIVÉE PLACE D’ARMES)
MIGRANT-E-S BIENVENUE !

Premiers signataires: ADIF, ATMF, BAAM, CISPM, Collectif La Chapelle debout!, CPSE, Collectifs sans papiers et sans droits 26/07, Coordination Rhône-Alpes des CSSD Rhône-Alpes, CSP75, DIEL, Fédération de Paris du MRAP, Fédération SUD Éducation, Fondation Frantz Fanon, Liste des Sans Voix 18ème, NPA, RUSF Université Paris 1, SNPES-PJJ/FSU, SUD Éducation Paris, Survie, Union Syndicale Solidaires…

[Le tract en PDF, avec les infos sur les départs en bus.]

La séance du dimanche : Les dockers de Liverpool

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Les Dockers de Liverpool (The Flickering Flame) –Un récit de morale contemporaine- est un film britannique réalisé par Ken Loach, sorti en 1997.

« Ce n’était pas seulement un boulot, ça a toujours signifié davantage. Être docker, c’était un style de vie. C’était le plus beau jeu du monde. » (un ancien docker).
Le 28 septembre 1995, la Mersey Docks and Harbour Company a licencié 329 dockers et une bonne centaine de plus pour avoir observé le principe le plus élémentaire de solidarité : « Ne jamais franchir un piquet de grève ». Les dockers de Liverpool se battent contre toutes les menaces qui pèsent depuis ces dernières années sur leur salaire et leurs conditions de travail. Ceci devrait être leur dernière bataille, ou peut-être leur victoire la plus importante. Au delà de leurs conditions de travail, c’est leur métier, leur ville, leur culture, en un mot leur dignité que vont tenter de défendre les dockers.
« Le documentaire a beaucoup d’importance pour moi, quand j’ai essayé d’affirmer des choses très ouvertement ou quand j’ai voulu laisser des gens s’exprimer directement. La plupart du temps, on passe par la médiation d’interviewers professionnels qui ne laissent pas les gens s’exprimer directement« . Ken Loach.

 

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S.A.V. : S.A.V. sur Radio Canut : Spéciale Punk anglais #5 (20 septembre 2016)

Cinquième émission de la série consacrée aux premières années de la scène punk anglaise ! On s'intéresse, ce coup-ci, à la foisonnante scène UKDIY du tournant des années 1970-1980 (après une précédente émission centrée exclusivement sur l'année 1979). Au programme, une série de groupes méconnus et dans des registres variés : The Seize, The Fakes, Slowguns, Slight Seconds, Dum Dum Dum, Club Tango, Toys, The Tunnelrunners, Jelly Babies, Tronics, The Perfectors, Armed Force, Jangleties, Another Pretty Face, One Gang Logic, Occult Chemistry, The Rejects, The Scrotum Poles, Hardware, Contact, Six Minute War. Le tout, à écouter et à télécharger à partir des liens ci-dessous (playlist détaillée à la suite) :



Pour télécharger l'émission, cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous")

Playlist :

THE SEIZE : In for me
THE FAKES : Look-out
SLOWGUNS : TV movie
SLIGHT SECONDS : Where were you
DUM DUM DUM : Dum dum dum
CLUB TANGO : Performance
TOYS : My mind wanders
THE TUNNELRUNNERS : Plastic land
JELLY BABIES : Soylent green
TRONICS : Shark fucks
THE PERFECTORS : Tiny radio
ARMED FORCE : Popstar
JANGLETIES : Happy all the time
ANOTHER PRETTY FACE : All the boys love Carrie
ONE GANG LOGIC : Who killed sex ?
OCCULT CHEMISTRY : Occult chemistry
THE REJECTS : Vision smashed
THE SCROTUM POLES : Pick the cat's eyes out
HARDWARE : Walking
CONTACT : Someone like you
SIX MINUTE WAR : Giles Hall

S.A.V. : S.A.V. sur Radio Canut : Spéciale Punk anglais #3 (26 avril 2016)

Troisième partie de la spéciale punk anglais, consacrée cette fois-ci à toute une série de groupes méconnus et à l'existence éphémère de l'année 1979. Garanti 100% tubes ! Au programme, plongée dans la scène UKDIY et le punk kbd anglais avec : The Disco Zombies, The Cigarettes, The Meanies, The Rivals, The Freeze, The Commited, The Jermz, Nightrider, Spelling Missteaks, Fun 4, The Scabs, The Negatives, Klips 1988, Speedball, Tinopeners, Disco Students, Lip Moves, Flackoff, The Petticoats, Blanks, The Sods, Armed Force, The Innocent Vicars, They Must Be Russians. Le tout, à écouter et à télécharger à partir des liens ci-dessous (playlist détaillée à la suite). Ah ouais, et pas d'émission SAV les deux prochaines semaines... on se retrouve le mardi 24 mai !



Pour télécharger l'émission, cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous")

Playlist :

THE DISCO ZOMBIES : Drums over London
THE CIGARETTES : They're back again, here they come
THE MEANIES : It's true
THE RIVALS : Future rights
THE FREEZE : For j.p.s. (with love and loathing)
THE COMMITED : Crash victim
THE JERMZ : Power cut
NIGHTRIDER : Stay clean
SPELLING MISSTEAKS : Pop star
FUN 4 : Singing in the shower
THE SCABS : Amory building
THE NEGATIVES : Love is not real
KLIPS 1988 : Ultimatum
SPEEDBALL : No survivors
TINOPENERS : I'm not your types
DISCO STUDENTS : Kafkaesque
LIP MOVES : Guest
FLACKOFF : The king is dead
THE PETTICOATS : Normal
BLANKS : Understand
THE SODS : No pictures
ARMED FORCE : Attack
THE INNOCENT VICARS : Antimatter
THEY MUST BE RUSSIANS : Psycho-analysis

Konstroy : Konstroy - ACTU (25 09 2016)

- Actu -  

maj du 25/09/2016 :

- Le podcast du 18/09, avec les 3 Gnomes et Radio Terror est disponible >ici<

- Prochaine émission :

Dim 25 sept => Invités : We need tutorials et Don't surrender

 

... et suivez-nous sur Diaspora*

 

Planning Konstroy :


Dim 2 oct : Ultra Bernard + Itw The Boring + Itw Suzard
Dim 9 oct : The Angry Cats  + Itw Astro Zombie
Dim 16 oct : CICP / CSIA-Nitassinan avec James Bar Bowen - Fatal Monstrum - Sihasin
Dim 23 oct : Les Fossoyeurs
Dim 30 oct : Motor Books & Psycho Zines + guest à confirmer
 

KILLER ETHYL - 12" 85 (Fin de siècle)
















Vous vous rappelez de l'émission Décibel et de son présentateur en costard Jean-Lou Janeir? Un Jean lou Jeinerqui n'avait pas l'air d'y toucher mais qui nous parlait de groupes qu'on ne voyait nulle part ailleurs. C'est sûr, c'est pas aux Enfants du rock qu'on aurait pu voir un clip de Franz Kultur,  Wart, Electronaze ou Killer ethyl!!
Mais on est pas là pour cracher sur les enfants du rock, bien que ce soit pas l'envie qui m'en manque et qu'il y ait vraiment matière, mais on on est là pour causer de Killer ethyl, groupe vu et apprécié dans l'émission décibel le 1er février 1985.
Apprécié, peut être pas... disons que le coté légèrement potache me rebutait un peu. Sans parler de la moustache du guitariste et de sa guitare sans tête comme ça se faisait dans les années 80. Mais n'empêche qu'il y avait quelque chose qui me plaisait dans ce morceau, un cynisme et une punkittude évidente malgré le manque de crête et de son saturé.
30 ans après, j'en ai plus rien à foutre de ces histoires d'appartenances à un clan où il faut porter tel ou tel vêtement ou coupe de cheveu et surtout pas celle-ci ou celle là. Bien que, j'ai encore une certaine intolérance par rapport à la moustache. Un pote plus âgé que moi, lui c'est la barbe qu'il ne supporte pas. A l'époque où il avait 20 ans (courant 70), c'étaient les babas qui portaient la barbe. A la mienne, peu étaient barbus mais ceux qui portaient la moustache, c'étaient aussi un peu les babas, mais surtout les beaufs et mon père. Dans le cas des Killer ethyl, j'ai plutôt l'impression que la moustache était une sorte de provocation et 30 ans après, j'apprécie encore plus!
Les paroles aussi, qu'est ce qu'elles me plaisent! Jésus reviens supplié, répété comme une litanie, ça me fait mourir de rire. Dire qu'il y en a pour croire à ces conneries!! Pareil pour J'artourne à l'l'fabrique qui en vrai français doit signifier je retourne à l'usine, dire qu'il y en a pour croire à ces conneries!!!!
Jésus reviens est le premier disque de Killer ethyl. Ensuite ils ont sorti un album et un 45 et le tout a été compilé avec moult bonus sur un cd appelé Worst of volume 1. Un volume 2 existe, c'est dire si le groupe a été prolifique. Par contre, je ne sais pas du tout ce qu'il y a sur ce volume 2. D'après discogs, ce seraient des morceaux des années 90 et des années 2010. Le cadavre du groupe serait encore tiède? Ça m'en a tout l'air puisque Killer ethyl passait en concert chez eux à Lille en 2012. Ça ressemblait à une formation ponctuelle et tant mieux! J'ai maté les photos, le guitariste n'est plus moustachu et le batteur est barbu. Rien ne va plus, moi je vous le dis!
Sinon à part ça, il y a à l'origine un insert dans ce disque que je n'ai jamais eu. Si quelqu'un a ça et peut me le scanner ou m'en envoyer un exemplaire...

KILLER ETHYL - 12" 85 (3 mp3 en 320kbps + pochette recto/verso = 23MB)

Marseille : le lycée Thiers contre la population, arrestations et contrôles

Vers 17h30 ce 20 septembre, une descente de police a eu lieu sur la place Thiers. Six personnes (et non pas cinq comme on le pensait plus tôt) ont été embarquées lors de cette opération, et de nombreuses autres contrôlées. Ce n’est pas la première fois que ce genre de situation se déroule ces derniers temps dans la zone. Et le lycée y joue un rôle sécuritaire de premier ordre.

Déjà le 9 septembre, la police était venue sur la place, au moment où se préparait le Tattoo Circus, festival de tatouage (et autres) de soutien aux inculpé-e-s du mouvement social contre la loi Travail et à celles et ceux arrêté-e-s lors des campagnes de solidarité avec les migrant-e-s, mené-e-s notamment par le Collectif Soutien Migrants 13, aussi connu sous le nom de Mamba. Ce 9 septembre, ils avaient déjà contrôlé plusieurs personnes qui s’attelaient à l’activité dangereusement subversive de couper des citrons pour faire de la limonade (d’où la désormais célèbre phrase « Qu’est-ce que vous faites avec ces citrons ? ») et menacé de faire intervenir les services de la Ville pour débarrasser le mobilier (tables, chaises…) qui y avait été installé pour un pique-nique. Services qui ont bien fini par venir.

Si les forces de police se font plus présentes sur la place du lycée Thiers ces derniers temps, c’est notamment parce qu’une réunion a eu lieu en début de mois entre la direction du lycée et des représentants des forces de l’ordre, à la demande du lycée. Sa direction ne voit en effet pas d’un bon œil la présence sur la place d’une maison occupée depuis bientôt plus d’un an et demi, le Raccoon, où ont été organisés plusieurs événements de solidarité ou de réflexion sur des thèmes variés, globalement orientés sur les luttes sociales. La direction aurait peur que cette présence sur la place « radicalise les lycéens », en cette période d’agitation sociale, mais aussi qu’elle les fasse basculer dans la drogue ou qui sait quoi d’autre. Les forces de police quant à elles, ne pouvant procéder à l’expulsion, se sont engagées à venir sur place chaque fois que quelque chose était organisé, de façon à créer une situation de harcèlement. Le tout en jouant sur les dispositions liées entres autres à l’état d’urgence qui permet de contrôler toute personne aux alentours d’un lycée sans motif valable (le motif étant le risque potentiel d’attentat terroriste), ce dont ils ne se privent donc pas. C’est aussi la raison qu’ils invoquent pour faire quitter la place aux personnes qui voudraient y rester tranquillement installées le soir.

Aussi aujourd’hui 20 septembre, une bonne vingtaine de policiers (brigade canine, cyclistes, civils…) a fait irruption sur la place du lycée Thiers et ont commencé à réaliser ces contrôles, aboutissant à l’arrestation de six personnes, rapidement transférées au poste de police. Là, on leur a pris leurs empreintes et leur nom, leur demandant leur pays d’origine, etc. Toutes ont ensuite été relâchées. D’après les premières informations, le prétexte serait une « vente de cigarettes aux élèves du lycée » pour justifier l’ensemble.

D’autres personnes ont également été contrôlées à cette occasion : certaines qui sortaient d’immeubles proches, d’autres qui se trouvaient dans la rue, sur la place, d’autres encore accourues en soutien… Finalement, une autre dizaine de personnes est mise à part pour contrôle d’identité, le tout sous la menace de la brigade canine de « lâcher les chiens » (ce qui finira par arriver, puisque l’un des chiens – heureusement muselé – a sauté à la gorge d’un lycéen qui passait par là à ce moment-là) et la supervision de la commissaire qui commence à être une habituée puisqu’elle était déjà présente rue Bel Air lors de l’expulsion du Mamba 3, lors de laquelle trois personnes avaient été arrêtées, mais aussi à celle du premier Mamba, où elle avait refusé de rendre le permis de conduire d’une personne contrôlée à cette occasion (ce qui s’appelle un vol), ou avait encore fait preuve de ses talents de tirage de cheveux lors de l’arrestation d’une camarade lors de la venue de Bernard Cazeneuve du côté du Mucem, cette fois à l’occasion des protestations contre la loi Travail.

Certaines de ces personnes contrôlées ont de plus été prises en photo sur des téléphones par la police, et on leur a montré (furtivement) une ordonnance ou une commission du procureur qui justifiait leur intervention sur la place Thiers. Finalement, à ceux qui demandaient la raison de ces contrôles, il a été répondu « attroupement illégal » (qui n’a été causé que par leur présence).

Le lycée Thiers porte donc bien son nom. Si le lycée n’a pas encore le curriculum du personnage dont il porte le nom, il participe à présent à la dénonciation et à la répression des militant-e-s politiques contestataires, à la mise en place de l’intensification des arrestations de personnes sans-papiers et plus généralement à conserver son image d’école d’élite, qui ne produirait que des éléments bien cadrés et adaptés à la perpétuation du système dans lequel nous vivons, en se servant du cadre ultra-sécuritaire et xénophobe qui se tisse progressivement dans nos quartiers et dans tous les aspects de la vie. C’est d’autre part entre ses murs qu’enseigne le « polémiste » Bighelli, à l’honneur de l’édition marseillaise de la Provence d’aujourd’hui, souverainiste, invité d’honneur lors de colloques du Front National et professeur de ces élèves modèles. Le lycée n’a sûrement pas apprécié de voir ses jeunes barricader ses entrées dès le mois de mars pour participer aux manifestations politiques contre la Loi Travail et ainsi développer des positions antagonistes, incohérentes avec le futur qu’on leur réserve. Ces mêmes barricades qui à nous, nous avaient donné le sourire, car elles nous faisaient sortir de l’hiver.

Aujourd’hui le lycée Adolphe Thiers lie un rôle d’éducation à celui de la répression et du nationalisme, il joue la carte de l’écrasement et de la dénonciation plutôt que celui du développement de la solidarité et de la pensée critique. Donc oui, ce lycée porte bien son nom. Espérons qu’il ne cherche pas à pousser l’analogie plus loin.

En attendant, continuons à développer une solidarité concrète contre la répression, par la réappropriation collective des bâtiments vides, des rues et des places, et par l’accueil de tous et toutes dans nos villes, dans nos vies, sans frontières et sans identitarismes malsains.

[Publié le 20 septembre 2016 sur MIA.]

Livre du samedi : Boulots de merde / Julien Brygo et Olivier Cyran

1507-1

Boulots de merde !

Du cireur au trader, enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers

Julien BRYGO, Olivier CYRAN

Pas un jour sans que vous entendiez quelqu’un soupirer : je fais un boulot de merde. Pas un jour peut-être sans que vous le pensiez vous-même. Ces boulots-là sont partout, dans nos emplois abrutissants ou dépourvus de sens, dans notre servitude et notre isolement, dans nos fiches de paie squelettiques et nos fins de mois embourbées. Ils se propagent à l’ensemble du monde du travail, nourris par la dégradation des métiers socialement utiles comme par la survalorisation des professions parasitaires ou néfastes.
Comment définir le boulot de merde à l’heure de la prolifération des contrats précaires, des tâches serviles au service des plus riches et des techniques managériales d’essorage de la main-d’œuvre ? Pourquoi l’expression paraît-elle appropriée pour désigner la corvée de l’agent de nettoyage ou du livreur de nans au fromage, mais pas celle du conseiller fiscal ou du haut fonctionnaire attelé au démantèlement du code du travail ?
Pour tenter de répondre à ces questions, deux journalistes eux-mêmes précaires ont mené l’enquête pendant plusieurs années. Du cireur de chaussures au gestionnaire de patrimoine, du distributeur de prospectus au « personal shopper » qui accompagne des clientes dans leurs emplettes de luxe, de l’infirmière asphyxiée par le « Lean management » au journaliste boursier qui récite les cours du CAC 40, les rencontres et les situations qu’ils rapportent de leur exploration dessinent un territoire ravagé, en proie à une violence sociale féroce, qui paraît s’enfoncer chaque jour un peu plus dans sa propre absurdité. Jusqu’à quand ?

Sarkozyx le Gaulois contre les médias

Nous publions un communiqué du SNJ-CGT (Acrimed).

Sans doute dopé par une assistance en transe, lors d'un dîner-débat avec des lecteurs de Valeurs actuelles, Nicolas Sarkozy s'est lâché : « Ceux qui réussissent plus que les autres sont attaqués parce que la réussite est suspecte. Moi, je veux une capacité de réussite pour chacun d'entre nous. C'est compliqué dans un pays comme le nôtre car ça va demander du courage, et certainement des médias orientés un peu plus comme Valeurs actuelles et un peu moins comme France Télévisions ! »

Puis, comme son auditoire en demandait plus, il a enfoncé le clou :

« Les journalistes de France 2, ça donne une idée de ce qu'était Che Guevara. »

Sarkozyx le Gaulois est reparti en guerre contre les journalistes et contre les médias qui, quand ils ne sont pas à ses pieds pour l'adorer (selon lui), sont aussitôt taxés de militantisme d'extrême-gauche.

Que David Pujadas et Léa Salamé soient d'infâmes gauchistes, voilà qui avait dû échapper à beaucoup de téléspectateurs [1]. Sarkozyx avait sans doute abusé de potion magique pour oser comparer les journalistes de France 2 à Che Guevara.

La campagne électorale est d'ores et déjà indigne d'un pays qui se réclame encore des Lumières. Les arguments les plus scandaleux ont cours et, les échéances s'approchant, on peut craindre le pire (s'il n'est pas déjà atteint).

Le candidat Sarkozy donne largement le ton de l'indécence, dénonçant les journalistes, renvoyant des étudiants gabonais dans leur pays et, bien entendu, fermant les frontières aux « invasions des hordes islamiques », bref multipliant toutes les outrances pour exister dans les médias et pour ramener son électorat parti à l'extrême-droite.

Dans son dernier ouvrage Tout pour la France [2], il souhaite retirer au CSA la nomination des présidents d'audiovisuel public, supprimer progressivement la publicité à Radio france et France télévisions. Il estime qu'il y a sans doute une chaîne de trop et ajoute « Quant à la nouvelle chaîne d'info du service public, quelle est son utilité alors même qu'il y a déjà trois chaînes d'info gratuites et TNT ? ».

Sarkozy souhaite aussi une loi pour favoriser la concentration dans le secteur des médias ! Il écrit aussi « La dérision, la polémique, l'investigation racoleuse ont trop souvent pris le pas sur la découverte, la science, la culture », faisant référence à des programmes comme Cash Investigation ou les émissions d'humour de France Inter.

Le SNJ-CGT appelle les journalistes à dénoncer ce qui ne doit pas être réduit à de simples dérives verbales ou à des insultes gratuites, mais ce qui correspond bien à des orientations politiques de plus en plus xénophobes et à des régressions sociétales.


Montreuil, le 22/09/2016


Source : site du SNJ-CGT


[1] Cela a également échappé à Acrimed. Voir notre article « Hommage à David Pujadas et Léa Salamé, journalistes intransigeants » (note d'Acrimed).

Le Chéribiblog : Romantisme révolutionnaire

Fais pas semblant, on en a tous révé, le matin dans le demi-sommeil du réveil : la personne que l’on aime est en danger, quand soudain on surgit pour la sauver. En cheval blanc ou en scooter crème, avec un shotgun ou des prises de ninja, ce qui revient au même.
On s’est tous imaginé résister aux balles, aux chausses trappes, aux humiliations, au désespoir. Briser des murs, des chaînes, emporter l’aimé(e) – voire toute l’humanité – sur un destrier loin des aléas du train-train quotidien, à 20 000 lieues des turpitudes amères, en un temps révolutionnaire. Héros du quotidien, un idéal de paladin.
Et puis on se réveille, le boulot nous appelle, les nouvelles nous assomment, les turpitudes c’est pour ta pomme. Fini les fantasmes, acharne-toi à briser la glace dans laquelle ta sale gueule te rappelle qu’hier la société n’a pas bougé, t’as juste bu trop de bières éventées.

Allez, laisse-moi réver, encore un peu. Conjurer le mauvais sort. Désolé d’y croire encore.
Et parce qu’on n’est rien que des passionnés ne sachant guère abdiquer, la bande-son choisie démange nos envies : soul, reggae, rock et fanzine pas encore sorti.

Bref, cherche pas à tout déchiffrer, pour patienter avant l’avènement du nouveau ChériBibi, viens plutôt te réfugier dans les sons prodigués par le Chéribibeat Sound-System ce vendredi 30 septembre au Drunken, bar à bibines artisanales sis 19 rue Girard à Montreuil. Puis le lendemain, nous tiendrons une table à quatre mains pour le 1er Bar Zines, toujours à Montreuil : un événement salutairement consacré à la presse alternative, celle qu’on défend, qu’on fait vivre et qui nous empêche de nous flinguer en nous indiquant la voie à dépaver pour narguer l’autorité en enchaînant les ricochets.

Bar zinesEnfin (du moins pour ce mois-ci), ton ChériBibi sera comme chaque année à la JIMI, à Ivry, le samedi 8 octobre pour échanger, blablater, se bourrer la gueule et tabasser le vieux monde comme il le mérite. Que voulez-vous, on se refait pas… Y’a peut-être plus rien à sauver, ni prince ni princesse des bas-fonds pour refaire surface, mais aucun hôpital psychiatrique ne nous empêchera de ruer dans les brancards !

La Haye (Pays-Bas): Le maire veut fermer le Centre Autonome

Autonoom_Centrum_Den_Haag_2016La semaine dernière, le Centre Autonome (AC)  de La Haye a reçu une lettre du maire leur demandant la fermeture de la maison au n°4 de Harstenhoekweg où se trouve un centre social depuis le mois de février. Le mandat a été émis parce qu’un café illégal se trouverait dans la bâtiment. L’AC était déjà en discussion avec la municipalité afin de trouver une solution à cette soit disante situation illégale mais le maire n’a pas voulu en attendre l’aboutissement.

Le maire a donné l’ordre de fermeture du bâtiment à partir du 22 septembre à midi. Toutes les activités ont été temporairement suspendues le temps que la situation devienne plus claire. Nous n’abandonnons rien et nous allons décider avec nos avocats des suites contre la décision du maire.

Cet ordre de fermeture est le dernier pas de Jozias van Aartsen, maire de La Haye, dans la série de mesures répressives prises à l’encontre des lieux anarchistes et autonomes. Quelques anarchistes de la Haye ont écrit un texte sur ces mesures: « L‘interdiction de terrictoire contre des anarchistes dans un contexte élargi de répression à la Haye ». Il est clair que la situation actuelle n’est pas un incident isolé mais fait part d’un processus généralisé. Le maire tente à nouveau de fermer des lieux fonctionnants hors du système politique parlemantaire. Gardez un oeil sur le blog du Centre Autonome pour des nouvelles.

Autonoom Centrum Den Haag
Harstenhoekweg 4, 2587SL Scheveningen (La Haye)
Pays-Bas
https://acdenhaag.wordpress.com
acdenhaag [at] riseup [point] net

Autonoom Centrum Den Haag:
https://radar.squat.net/fr/den-haag/autonoom-centrum-den-haag

Les squats aux Pays-Bas:
https://radar.squat.net/fr/groups/country/NL/type/squat

L’agenda pour les Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/events/country/NL

Tous les groupes (squats, collectifs) aux Pays-Bas:
https://radar.squat.net/fr/groups/country/NL

Cool Marriage : Psycho Disco review from MRR #401, by Sami Fink. Thanks Sami!...





Psycho Disco review from MRR #401, by Sami Fink. Thanks Sami! New issue out sooner or later.

Brigitte Bop - World Wide Pogo : Nouvel album : Les gens aiment bien

Le nouvel album de Brigitte Bop arrive (doucement).
Voici la 1ère ouidéo pour vous allécher avec plein d’images de l’enregistrement : Dans la Meuse.
Si vous tenez jusqu’au bout,vous pourrez même voir la pochette !

Brigitte Bop - World Wide Pogo : B Bop en Bretagne : première

Attention, on joue samedi à 15 H 30.
Mettez vos réveils !

09-2016-rennes

 

Intoxiqués aux pesticides, deux salariés obtiennent enfin une indemnisation de leur employeur

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Sarko – Il faut déradicaliser David Pujadas

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