Compromis

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Radioactivity @ La Mécanique Ondulatoire (Paris)



En gros, on prend les mêmes et on recommence en changeant de rôles en ajoutant un ancien The Marked Men, et on obtient Radioactivity. Probablement un des concerts que j'avais le plus envie de voir cet été, et je ne fus pas déçu du résultat. Ces derniers délivrèrent un excellent concert, et un des meilleurs que j'ai vu cette année.










Radioactivity - La Mécanique Ondulatoire (Paris)
24/08/2016

Bad Sports @ La Mécanique Ondulatoire (Paris)



Souvenirs en image du concert de jeudi dernier. J'ai malheureusement loupé les 2 premiers groupes étant à la fois arrivé tard sur place et ayant passé beaucoup de temps dehors avant de me décider à rentrer, mais le set de Bad Sports s’avéra une excellente surprise dans un registre Power Pop aux fortes consonances Garage Punk fort bien mené.







Bad Sports - La Mécanique Ondulatoire (Paris)
24/08/2016

Pause cintiq

La séance du dimanche : La permanence / Alice Diop

la permanence affiche
C’est à la fin d’un long voyage sur les chemins de l’exil que l’on entre à la Pass (Permanence d’accès aux soins de santé) de l’hôpital Avicenne, à Bobigny. C’est le seul lieu en Seine-Saint-Denis à proposer des consultations gratuites et sans rendez-vous aux migrants primo-arrivants. Dans un bureau exigu et défraîchi, le docteur Jean-Pierre Geeraert, épaulé de deux psychiatres et d’une assistante sociale, y reçoit des hommes et des femmes atteints dans leur chair et dans leur âme, dont les blessures sont si profondes qu’elles sont parfois indicibles.

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Pendant plusieurs mois, la réalisatrice Alice Diop ( La mort de Danton, Vers la tendresse) a installé sa caméra entre les quatre murs de ce refuge fragile. Inspirée par les photographies de Gordon Parks et les documentaires de Frederick Wiseman, elle capte les silences, les regards, les paroles rares, en plans fixes, sans commentaires. De dos ou visage face caméra, le plus souvent dans un anglais précaire, les patients évoquent leurs souffrances, plaies ouvertes. Sans jamais pouvoir être tout à fait guéries, du moins sont-elles pansées par ce médecin qui, aux conséquences des persécutions, des sévices et de la misère, oppose un calme et une bienveillance indéfectibles malgré les difficultés, notamment budgétaires, auxquelles il est confronté. Au fil des mois, naît alors l’espoir d’une vie meilleure lorsque, très rarement, une demande d’asile est acceptée, donnant à Jean-Pierre Geeraert l’occasion d’un trait d’humour comme celui qu’il adresse à un patient guinéen : « Maintenant, vous allez avoir les soucis d’un homme libre ! »

Valls burkini

Valls en burkini

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Bitpart : Crows-An-Wra / Bitpart – September 2016 Tour


Bitpart part en tournée avec les amis de Crows-An-Wra (UK) du 31 août au 12 septembre!!! France, Asturies, Espagne, Catalogne et France. La liste des concerts et quelques flyers ci-dessous. (Il reste encore quelques dates à caler…) Merci à toutes les personnes qui nous ont aidé à monter la tournée!!! ❤

Bitpart will be on tour with Crows-An-Wra (mates from UK) from August 31st to September 12th!!! France, Asturias, Spain, Catalonia and France again. List of shows and a few flyers below. (We still have to figure out a few shows…) Thanks to everyone who helped us set the tour!!!

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31st Aug.: PARIS, France – Le Milord
https://www.facebook.com/events/1741813769419459/
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1st Sept.: TOURS, France – Canadian Café
https://www.facebook.com/events/848457178622417/
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2nd: MONTAIGU, France – Le Zinor (Destructure Fest)
https://www.facebook.com/events/259008241138346/
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3rd: BORDEAUX, France – Növo Local
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4th: ???
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5th: ORTIGUEIRA, Galicia
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6th: OVIEDO, Asturias – Lata de Zinc
https://www.facebook.com/events/1754115448176944/
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7th: MADRID, Spain – Wurlitzer Ballroom
https://www.facebook.com/events/172057433204459/
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8th: ZARAGOZA, Spain – Arrebato
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9th: VIDRERES, Catalonia – La Piscina Vidreres
https://www.facebook.com/events/571923832995892/
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10th: ???
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11th: GRENOBLE, France – La BAF
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12th: ???
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Montrez moi ces seins

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I SPY / PROPAGANDHI - split 10" 94 (Recess)






























Déjà 20 ans, voir plus que j'ai acheté ce split 10'' chez Sneakers à Chalon. Et ça fait combien de temps que ce magasin mythique a fermé ses portes? Je dis mythique parce que combien de gamins de Chalon et de la région venaient passer leurs samedis après midi làbas. Bon fallait oser, parce que la Chantal, elle était pas commode! Tu pouvais repartir en t'ayant pris une chasse et pas revenir avant un moment de peur de t'en reprendre une autre parce que ça fiasait un moment que tu n'étais pas passer. Elle était un peu taciturne la Chantale (je me rends compte que j'en parle au passé de Chantal, mais elle pas morte, rassurez vous, c'est juste qu'elle a fermé la boutique), mais son Sneakers, quel mine d'or!!! Comme je disais, c'est là bas que j'ai trouvé ce merveilleux split 10'' entre autres merveilles et toutes les fois que j'y  allais, je revenais avec un truc. Maintenant, il y a internet, on trouve beaucoup plus de choses mais il y a pas ces rapports humains houleux et chaleureux qu'on pouvait avoir à Sneakers.
Et c'est aussi avec Chantal qu'on est allé voir Propagandhi à Paris. Ce concert était annoncé comme l'événement de l'année en France (c'était il y a combien de temps déjà... Je préfère pas y penser) et je me demande si il ne fallait pas réserver ses places tellement ce concert suscitait l'engoument auprés du public français. Je me rappelle avoir parlé devant la salle avec un minot qui m'a tapé du feu. Le mec commençait mal, figurez vous qu'il me voussoyait. Bon ok, j'avais déjà dans les 35 piges et sans doute l'âge des ses parents mais mec, on est dans un concert punk, tous le monde se tutoie.Si ça se trouve dans 5min on se marche dessus dans le pogo, alors autant se passer de la politesse tout de suite. On a taillé le bout de gras avec le gamin et dès qu'on a abordé le domaine des concerts, j'ai vu ses yeux s'allumer. C'est vrai que vous avez vu Lag wagon? Et Good riddance aussi? J'avais accéder au statut de grand maitre du punk, le retour au tutoiement était totalement impossible! Quel âge il peut avoir ce merdeux maintenant? Tiens, peut être l'âge que j'avais quand il m'a croisé. Est ce qu'il porte encore des tshirts Nofx? Est ce qu'il écoute encore Propagandhi? Est ce qu'il a des gosses qui à leur tour vont dans des concerts peuplés d'individus interlopes et qui sont béats d'admiration devant leur père parce qu'il a vu Propagandhi en concert? Lit-il ce blog? Si c'est le cas...
Dans mon souvenir, le concert n'était pas aussi extraordinaire que ce à quoi je m'attendais, que ce à quoi on m'avait poussé à m'attendre. Mais sans doute que c'était très bien quand même, à vrai dire, je ne m'en souviens plus beaucoup...
Ce qu'avait en plus Propagandhi en cette époque où le punk à roulettes régnait, c'est que c'était un groupe engagé et qu'ils disaient pas de la merde. Bon, j'exagère, il y avait plusieurs groupes un peu plus concernés mais eux, j'avais l'impression qu'ils étaient au dessus de la mêlée.
I spy, c'était un peu dans le même style, plus punk peut être, plus brut aussi. On retrouve un paquet de mecs de ces deux groupes dans les groupes dont on a parlé ces derniers temps sur PNMT, en tous cas, c'est la même famille.

PROPAGANDHI / I SPY - split 10" 94 (13 mp3 en 320kbps + pochette recto/verso/intérieure + insert recto/verso = 59MB)

Hollande – Encore candidat !

Hollande conférence

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Quel bonheur ! (bis)

Livre du samedi : Putain de mort / Michael Herr

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Résumé :
En 1967, Michael Herr part pour le Vietnam comme correspondant de guerre du-magazine américain Esquire. Les extraordinaires « dépêches » qu’il envoie vont servir ensuite de matériau de base à ce livre. Putain de mort (titre original : Dispatches) connaît en effet outre-Atlantique un succès sans précédent, cependant que la critique, et des écrivains comme John Le Carré, William Burroughs, Irwin Shaw et bien d’autres saluent la qualité exceptionnelle du livre et le talent de son auteur.
Michael Herr, libéré des contraintes journalières du journalisme, parfaitement indifférent aux explications officielles comme aux débats moralisateurs concernant l’action des Américains au Vietnam, nous fait ici réellement voir ce que personne, aucun roman ou document sur la guerre ne nous avaient montré : les hommes aux prises avec le destin. Noirs ou Blanc, officiers ou soldats, civils ou même journalistes : voici l’horreur hallucinante et hallucinée de ce qu’on n’ose appeler leur « vie ». Des épisodes, des scènes, des visions d’une intensité extraordinaire. Au siège de Khe Sanh… Dans le piège d’un hélicoptère en flammes… Tapis dans une rizière, attendant l’attaque vietcong, tandis que sur le magnétophone d’un soldat la guitare de Jimi Hendrix lance ses éclats et ses rythmes… Dans la bataille, en compagnie de trois jeunes photographes, dont le fils d’Errol Flynn, qui laissera sa peau là-bas… Vivant quotidiennement les imaginations délirantes des films de guerre, sur fond lancinant de rock and roll… A jamais piégés par le cauchemar et la souffrance…
Évoquant cet enfer dans un style puissant et neuf, méditant sur la chose vue et en même temps sur celui qui voit, Michael Herr nous donne avec Putain de mort un livre unique, le livre sur le Vietnam, sur l’épouvante sanglante de la guerre et aussi sur ce que signifie faire partie des survivants.

Michael Herr fut également le co-scénariste d’«Apocalypse Now» et de «Full Metal Jacket».

« Pour les sorties de nuit les médecins vous donnaient des pilules, la Dexedrine et son haleine de serpents morts gardés trop longtemps dans un pot. Moi je n’en ai jamais eu besoin, un léger contact ou n’importe quel bruit du même genre m’excitait à haute dose. Quand j’entendais le moindre son hors de notre petit cercle crispé je flippais en priant Dieu de ne pas être le seul à l’avoir entendu. Deux rafales dans la nuit à un kilomètre de là et j’avais un éléphant à genoux sur la poitrine, il fallait que j’aille chercher l’air jusque dans mes bottes. Une fois j’ai cru voir une lueur bouger dans la jungle et je me suis surpris à presque murmurer : « Je ne suis pas prêt à ça, je ne suis pas prêt à ça. » C’est là que j’ai décidé de laisser tomber et de faire autre chose de mes nuits. Et je n’allais pas aussi loin que ceux qui tendaient des embuscades ou que les Lurps, les patrouilles de reconnaissance en profondeur, qui sortaient toutes les nuits pendant des semaines et des mois, allaient ramper près des camps de base VC ou le long des colonnes des Nord-Vietnamiens. Déjà je vivais trop près de mes os, je n’avais plus qu’à l’accepter. En tout cas je gardais les pilules pour plus tard, pour Saigon et la déprime horrible que j’y trouvais chaque fois. »

« Mais quelle histoire il m’a racontée ! Aussi partiale et aussi vibrante que toutes les histoires de guerre, il m’a fallu un an pour la comprendre :
« Une patrouille est partie dans la montagne. Un homme est revenu. Il est mort avant de nous dire ce qui s’était passé. »
J’ai attendu la suite, mais ce n’était pas ce genre d’histoire. Quand je lui ai demandé ce qui s’était passé, il m’a juste regardé avec l’air de me plaindre, de dire que, putain, il n’allait pas perdre son temps à raconter des histoires à un con comme moi.
Pour sortir de nuit il se peignait le visage, une vision de terreur, pas comme les visages maquillés que j’avais vu quelques semaines avant à San Francisco, l’autre extrême du même théâtre. Il passait des heures debout dans la jungle aussi calme et anonyme qu’un arbre mort et que Dieu aide ses adversaires s’il n’y en avait pas au moins une demi-section – c’était un bon tueur, un de nos meilleurs. »

« Dans les mois suivant mon retour, les centaines d’hélicoptères que j’avais pris se sont amalgamés jusqu’à former une sorte de métacoptère collectif, c’est ce que j’avais alors de plus sexy dans le crâne : ce qui venait détruire ou sauver, fournir ou ruiner, la main droite et la main gauche, quelque chose d’agile, de facile, de malin, d’humain ; l’acier brûlant, la graisse, les sangles en toile saturée de jungle, la sueur qui refroidit et se réchauffe encore, une cassette de rock and roll dans l’oreille et la main sur la mitrailleuse de la porte, l’essence, la chaleur, la vitalité et la mort, la mort elle-même à peine une intruse. Les hommes d’équipage disaient qu’une fois qu’on avait transporté un mort il restait toujours là, il volait avec vous. Comme tous les combattants ils étaient incroyablement superstitieux, ils dramatisaient tout, mais (je le savais) c’est horriblement vrai : s’exposer de près aux morts vous rend sensible à la force de leur présence et fait naître en vous de longs échos, très longs. Il y a des gens si délicats qu’un regard suffit pour les balayer, mais même les troufions abrutis jusqu’à l’os avaient l’air de sentir qu’il leur arrivait quelque chose de plus, quelque chose de fatal. »

« Un jour, il est arrivé une lettre d’un éditeur anglais qui lui demandait d’écrire un livre avec pour titre provisoire Fini la guerre et pour but d’ôter une fois pour touts « tout prestige à la guerre ». Page n’en revenait pas.
« Ôter tout prestige à la guerre ! » Je veux dire, comment bordel ! Est-ce qu’on peut faire ça ? Allez donc faire disparaître l’attrait d’un Huey, le prestige d’un Sheridan… Tu peux, toi, effacer le charme d’un Cobra ou  d’une défonce sur China Beach ? C’est comme de prendre son prestige à une M-79, d’enlever son charme à Flynn. » Il a montré du doigt une photo qu’il avait prise, Flynn en train de rire comme un fou (« On gagne », disait-il) avec un air de triomphe. « Il n’y a rien de mal à ça, mon gars, n’est-ce pas ? Vous laisseriez votre fille épouser ce garçon ? Ohhhh, la guerre vous fait du bien, on ne peut pas enlever tout attrait à ça. C’est comme de vouloir enlever son attrait au sexe, ou aux Rolling Stones. » Il en restait sans voix, et agitait les mains dans tous les sens pour souligner la démence de ce qu’on lui demandait.
« Je veux dire, tu le sais bien, on ne peut pas faire ça ! » Nous avons tous les deux haussé les épaules en riant, et Page est resté un instant pensif. « Quelle idée ! a-t-il dit. Ohhh, que c’est drôle ! Enlever son foutu charme à une foutue guerre ! » »

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Bonne rentrée !

Léo Ks

Montréal (Québec): quand la nuit tombe dans Hochelag’…

Quand la nuit tombe, les chauve-souris dansent

fuckexploitationMardi dernier, le 16 août, une panne de courant généralisée a plongé Hochelaga dans l’obscurité. Plus de lumière dans les rues, plus de caméra qui fonctionne… En réalisant ce qui se passait, on s’est rapidement lancé des regards entendus et on s’est souri à la lueur des chandelles. On a ramassé nos imperméables et quelques outils, puis on est parti.es jouer dans la nuit. La pluie torrentielle avait perturbé la machine étouffante de la ville et son système de surveillance. La tempête nous offrait un répit, un instant de chaos à ne pas manquer.Complètement détrempé.es, le coeur joyeux, on s’est promené.es dans les rues en improvisant nos cibles avec excitation. On a pris quelques précautions : prévoir une voie de sortie pour chaque endroit et désigner des personnes qui faisaient le guet. La noirceur était notre complice. On s’est amusé.es jusqu’au retour de l’électricité, puis on est rentré.es chez nous sans l’ombre d’un problème.

On a éclaté les vitrines de trois endroits gentrificateurs : sur Ontario, le restaurant Burrito Revolution et un magasin de cigarettes électroniques, ainsi que, sur Ste-Catherine, le café bobo Le Dîner.

On a crevé les pneus de deux chars de luxe.

On a couvert de graffitis plusieurs endroits. Sur la boulangerie Arhoma, qui a déjà été visée par une action similaire par la passé, on a écrit : On vous lâchera pas / Hochelag ≠ Plateau. Sur le Jean Coutu : Toi aussi tu fais partie du problème / Fuck ton empire. Sur le Dollorama : Fuck l’exploitation / Solidarité sans frontière. Sur l’agence immobilière Royal Lepage : On veut pas de vos condos. On a aussi redécoré tous les chars du concessionnaire automobile sur Ste-Catherine où on prévoit construire 120 condos, y allant de classiques tels que Pas bienvenus ou Mange ton bourg, mais aussi d’inspirations plus funky comme Spaghetti.

La prochaine fois qu’une telle occasion se présente, on espère vous croiser dans la rue !

[Publié en août 2016 sur Montréal Contre-Information.]

Ça s'est passé cet été : « La Feuille de Chou » relaxée

Avec du retard, puisque l'information date du mois de juillet et que nous avons été nous aussi en partie victimes de la « trêve estivale », nous reproduisons le court communiqué publié par « La Feuille de Chou », média strasbourgeois en ligne indépendant, radical et engagé :

Au terme de 17 mois de procédure, le Tribunal a prononcé ce matin la relaxe pour le directeur de publication de La Feuille de chou, Jean-Claude Meyer, dans le procès qui l'opposait à la Ville de Strasbourg par le biais du chef de la Mission Roms, Jean-Claude Bournez, plaignant officiel.

Pour mémoire, et comme nous nous en étions fait l'écho, Jean Claude Meyer était mis en examen depuis le 10 juillet 2015, suite à une plainte en diffamation de Jean-Claude Bournez, chef de la Mission Roms de la Ville de Strasbourg, suite à la publication de deux articles en décembre 2014 :

- « Noël à Strasbourg : le chef de la mission rom de la ville demande l'expulsion d'une dizaine d'enfants dont deux sont des nourrissons » (12/12/2014)

- « Une femme avec neuf enfants laissée à la rue par la ville de Strasbourg » (19/12/2014)

Jean-Claude Meyer, fondateur et directeur de publication de « La Feuille de Chou », était accusé « [d']avoir tenu des propos portant atteinte à l'honneur et à la considération de Jean-Claude Bournez ».

Or, comme le rappelait la pétition de soutien au média strasbourgeois et à son directeur de publication, « les billets incriminés ne disent que la triste réalité des actions menées par la Mission Roms et ses agents, confirmée, depuis, par d'autres médias, Les Dernières Nouvelles d'Alsace et Rue89 Strasbourg en particulier. »

Une tentative d'intimidation judiciaire constituant une grave atteinte à la liberté d'expression et d'information, qui n'aura finalement (et heureusement) pas abouti. Nous ne pouvons que nous en féliciter.

Keep Calm And Listen

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Mexico: lettre de Pier, de l’Okupa Ché, après avoir été expulsé du Mexique vers le Chili

Le 31 juillet 2016 aux environs de midi, plusieurs personnes qui se trouvaient aux abords de la Cité Universitaire ont été retenues avec violence par les vigiles de l’UNAM- Université Nationale Autonome du Mexique. Après avoir été brutalement tabassées, elles ont été remises aux Granaderos [police anti-émeute mexicaine].

Samedi 6 août 2016
Précisions concernant les faits survenus au Mexique

Ce dimanche 31 juillet, nous sommes 6 jeunes à avoir été détenus à l’intérieur des installations de l’Université Autonome de Mexico [UNAM], après avoir été tabassés et torturés par des fonctionnaires de la sécurité interne de l’UNAM. Je dois préciser que ce fait n’est pas un fait isolé puisque cela est dû à la persécution constante et au harcèlement que subit l’espace de travail autonome et autogéré Okupa Ché.

Après avoir été détenus pendant deux jours à l’intérieur de la préfecture de police Camarones, nous les 6 jeunes avons été remis en liberté à condition de payer la somme de 40.000 pesos mexicains [2.000 euros] dans un délai de 15 jours pour obtenir notre liberté définitive.

Pour ma part, étant étranger et n’ayant pas mon passeport sur moi, j’ai été transféré dans les locaux de l’office d’immigration Las Agujas, où je suis resté détenu et sans communication avec mes proches à partir du mardi après-midi. Pendant que j’étais enfermé, mes amis n’ont pas eu le droit de me remettre mon passeport, dans le seul but de retarder les démarches ; dehors, tous les copains étaient inquiets de ma situation car il leur a été dit que j’étais mis en examen, ce qui a contribué à les inquiéter encore plus, toute information me concernant leur étant refusée.

Après m’avoir emmené deux jours de suite à l’hôpital et gardé plusieurs heures sans être pris en charge, dans la nuit du jeudi, alors que l’on me ramenait à l’office d’immigration, j’ai eu la surprise de voir la voiture se diriger vers l’aéroport, pour soi-disant recharger un téléphone portable. Après plusieurs heures de détention dans une camionnette, des agents de l’immigration sont arrivés pour me dire que j’allais être renvoyé dans mon pays, sans me donner ni les raisons ni les motifs justifiant mon renvoi dans ce pays pourri qu’est le $hili.

Les raisons sont plus que claires et évidentes, il s’agissait de criminaliser le fait que j’étais engagé dans un espace anti-autoritaire et autonome, ce qui a été mis en évidence par les questions concernant cet espace et le mouvement Okupa, tant par la police mexicaine que par la police $hilienne.

Après 8 heures de vol j’ai été remis à la police (la maudite PDI), qui a continué le harcèlement en raison de mon appartenance à l’espace okupé, me remettant en liberté vers 7h30 du matin me relâchant dans l’aéroport sans rien. J’ai donc dû faire la manche pour arriver à Santiago et pouvoir prendre un bus jusqu’à Valparaiso.

Arrivé à Valparaiso j’ai rejoint un lieu sûr et j’ai alors pu retrouver mes amis, mes proches, mes compagnons, tous surpris car personne n’avait rien su de ma situation ni de comment j’allais. Aujourd’hui, ayant retrouvé la tranquillité de mon foyer, je peux me permettre de préciser les faits et remercier tous ceux qui se sont inquiétés de notre situation.

Je peux dire qu’en ce moment je vais bien, j’ai juste été tabassé, mais la douleur n’est pas due aux coups brutaux mais à la séparation d’avec mes compagnons, avec qui j’ai partagé des moments et des sentiments. Mais nos cœurs rebelles et indomptés ne se laisseront pas soumettre, ni par les coups les plus brutaux ni par les harcèlements incessants dont nous sommes l’objet quotidiennement.

Rien ne nous fera plier, ni ici ni ailleurs.

Il ne me reste qu’à remercier toutes les personnes qui constamment se sont inquiétées de notre situation, les copains qui sont restés jour et nuit à l’extérieur de la préfecture sans se soucier de la pluie, de la tristesse, du froid et de l’angoisse.

Merci à tous ceux qui, bien que libérés, n’ont cessé de s’inquiéter pour moi et ont été présents tous les jours où j’étais détenu à l’Office d’immigration, sans jamais me laisser seul bien que je ne puisse pas les voir (je ne donnerai pas de noms mais vous savez bien de qui je parle).

Merci de tout cœur à eux tous. Merci aussi à tous ceux qui malgré la distance se sont intéressés à notre situation et se sont mobilisés et continuent à se mobiliser pour nous aider dans tout ce qui était possible.

Cette semaine nous vendrons des bons de soutien pour envoyer de l’argent en solidarité à nos compas mexicains pour ce qu’ils sont en train de subir. Les bons peuvent être achetés soit auprès des compas du Komédor (cantine) Végétarien(ne) soit à moi-même.
Que la solidarité détruise les frontières.

Assez de répression et de persécution contre les espaces autonomes et okupés
Feu à toutes les prisons et les universités
Pour l’insurrection et la rébellion constante de nos vies
A bas l’autorité
Sans peur de la mort

Je vous serre fort dans mes bras et j’envoie des bises à tous les compas de l’Okupa Ché, vous me manquerez, mais bientôt nous nous reverrons, vous savez très bien que vous occuperez toujours un coin dans mon cœur indompté.

Pier le punk maudit
Contester toujours !
Punx toujours !

[Traduit par Amparo / correction Myriam.]


Les violences policières, les montages juridiques et médiatiques reviennent et s’exacerbent au moment où les autorités universitaires tentent de mettre fin à l’occupation de l’Auditoire Che Guevara [espace de travail autonome et autogéré Okupa Ché], espace qui a été occupé depuis la grève historique de l’UNAM- Université Nationale Autonome du Mexique, en 1999. Pendant 17 ans, les autorités n’ont cessé de provoquer un nombre incalculable d’affrontements et de harcèlements contre les occupant-e-s et sympathisant-e-s de cet espace, créant une atmosphère de persécution et de lynchage médiatique, d’emprisonnement et de répression.

Voir également : Halte à la diffamation et à la persécution de nos compagnon‑e‑s anarchistes Mario González et Nuria Ramírez

Sources: KehuelgaIndymedia-Mexico, La Cruz Negra Anarquista reporta, Okupa Ché , Sexta Azcapotzalco.

FRENCH JERKS : Otium Adei - Sang d’encre On a enregistré de nouveau avec notre...



Otium Adei - Sang d’encre 

On a enregistré de nouveau avec notre groupe. Pas de commentaire, a vous de voir

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jeu de plage

Dijon: l’ancien Hôtel de la rue des ateliers occupé par des migrants

Demandeurs d’asile – Nouvelle occupation à Dijon – appel à soutien !

Un bâtiment laissé vide situé 22 rue des ateliers à Dijon est occupé depuis quelques jours avec la soixantaine de migrants laissée sans solution d’hébergement depuis l’expulsion du squat de la rue Reggio le 8 juillet dernier. Pour s’assurer que les habitants du lieu ne subissent pas de tentative d’expulsion illégale, nous appelons le plus grand nombre de personnes possible à venir sur place aujourd’hui [dimanche 21 août] et demain matin lundi dès 6h pour un petit déjeuner solidaire. Vous trouverez ci-dessous le communiqué envoyé à la presse.

## Communiqué du dimanche 21 août 2016

— Dijon – Demandeurs d’asile
— L’ancien Hôtel de la rue des Ateliers occupé

Le bâtiment situé 22 rue des ateliers à Dijon a été occupé il y a quelques jours pour y reloger une soixantaine de demandeurs d’asile expulsés le 8 juillet dernier du squat de la rue Reggio, dans la zone Cap Nord et laissés sans solution d’hébergement depuis lors. L’ancien hôtel de la rue des ateliers était laissé vacant depuis plusieurs années. En ce dimanche matin, des militants associatifs sont rassemblés devant le bâtiment pour affirmer leur soutien à cette réquisition [Note de Squat!net: il s’agit d’une occupation et non d’une réquisition…], s’assurer que les occupants ne subissent pas de tentative d’expulsion illégale et qu’ils bénéficient d’une procédure judiciaire contradictoire où ils puissent défendre leurs droits.

Cette occupation vise à la fois à donner des solutions concrètes de relogement et à marquer notre solidarité avec les demandeurs d’asile qui fuient les persécutions et guerres dans leurs pays : Érythrée, Soudan, Somalie, Éthiopie, Mali, Tchad… Elle est une manière d’affirmer que nous ne pouvons les laisser seuls face aux expulsions et face à une administration qui ne respecte toujours pas ses obligations de logement des demandeurs d’asile pendant la durée de la procédure. Nous voulons qu’à Dijon comme ailleurs l’esprit d’accueil, d’entraide et le goût de la rencontre priment sur les réflexes de peur et les politiques de rejet des migrants. Les liens tissés depuis plusieurs années avec nombre d’entre eux nous ont enrichis et stimulés. Ils nous ont poussé par ailleurs à prendre la mesure des crises sociales, économiques ou climatiques qui secouent le monde, ainsi que le rôle des gouvernements et compagnies occidentales dans leur aggravation. Ils nous ont fait percevoir la nécessité d’en sortir sans se replier dans une “Europe forteresse”.

Nous vous invitons à passer échanger quelques mots et partager un thé dans les jours qui viennent avec les nouveaux habitants du 22 rue des ateliers.

Collectif de soutien aux demandeurs d’asile et migrants

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Sarkozy, le burkini et l’Arabie Saoudite sont dans un bateau…

sako-carla-tissusIl n’y à pas plus fort que Nicolas Sarkozy pour démontrer à quel point la politique est un jeu de dupes. De grandes déclarations, des coups de menton, et des actes à l’opposé de ce qui est dit ou fait. Ce n’est pas une découverte, mais l’épisode du burkini vient le confirmer. Attention, Pièce tragi-comique en trois actes :

  1. Pour l’ancien chef de l’Etat qui trouve une oreille complaisante dans la presse française, le burkini  est « une provocation au service d’un islam politique » […] « Si nous n’y mettons pas un terme, le risque c’est que, dans dix ans, les jeunes filles de confession musulmane qui ne porteront pas le voile ou le burkini seront montrées du doigt et seront sous la pression quotidienne de l’entourage ». « Porter un burkini est un acte politique, militant, une provocation. Les femmes qui le portent testent la résistance de la République. Ne rien faire, c’est laisser penser que la France apparaît faible et ce serait acter un nouveau recul de la République. »
  2. Quelques semaines plus tôt, Nicolas Sarkozy rencontrait en catimini le roi saoudien Salmane Abdelaziz Al Saoud au Maroc.
  3. En Arabie Saoudite, il est quasiment impossible pour une femme de se baigner sur une plage.

Moralité de cette pièce tragi-comique ?

Il n’y en a pas.

Maloka - Brèves : Tous Dehors

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Lisbonne : Salon Anarchiste du Livre, les 24 et 25 septembre 2016

« Partout où les civilisés firent leur apparition pour la première fois, ils furent considérés par les indigènes comme des êtres malfaisants, comme des revenants, des spectres. Jamais comme des vivants ! Intuition inégalée, coup d'œil prophétique, s'il en fut. »
E. Cioran

Le début de la tragédie a peut-être eu lieu avec l'avènement de l'humanité, mais jamais, comme de nos jours, la vie a été si acculée et si enchaînée. Les utopies sociales sont tout à fait mortes, les nouveaux messies de la démocratie tombent bien avant de pouvoir nous indiquer le chemin du salut… et les dominés et dominées ? Ceux-ci se résignent de plus en plus à leur condition de troupeau, le progrès technologique les conditionne plus que jamais et rien dans cette histoire nous fait attendre qu'elle finira bien. Nous savons que tout va finir très mal et c'est pourquoi nous n'avons plus rien à perdre : nous sommes prêts à saisir la vie de nos dents et de nos poings fermés, parce que notre sang brûle encore dans nos veines ! Voilà pourquoi nous tenons à faire un Salon Anarchiste du Livre encore une fois : parce que nous avons toujours à cœur de répandre la parole des révoltés, des criminels, des conspirateurs ; parce que nous avons à cœur de maintenir en vie les mémoires et les savoirs, dont on veut à tout prix que nous devenions les orphelins ; parce que nous savons que la défaite n'est plus un choix, car on nous a mis au bord de l'abîme et le seul choix est celui de résister…

Donc, après deux années de Rencontres des Éditions Subversives (2014 et 2015), nous avons choisi de récupérer un nom déjà vieux (avec un petit changement dans l'ordre des mots, toujours traîtres) mais non, nous ne sommes pas en train de devenir des nostalgiques pour autant. Maintenant que l'anarchie devient à nouveau le plus grand de tous les crimes, que la répression prend pour cible des groupes et des individus partout dans le monde (Espagne, République Tchèque, France, Grèce, Chili, etc.), on a décidé que ce mot n'est pas vide, il porte sur ses épaules des siècles de hurlements qui crient « Non ! ».
C'est, donc, comme une sorte de champignon particulièrement têtu que nous sommes et tenons à persister ici…

Pour participer au Salon Anarchiste du Livre de Lisbonne, veuillez nous contacter par e-mail : feiranarquistadolivro@@@riseup.net

À propos de la «mise à l’abri» du 17 août

Terrorisme : am, stram, gram, pic et pic et Telegram

lolcat-telegramIl est toujours passionnant de faire un post-mortem  d’une opération de communication rondement menée à grands coups de  sabots bien lourds. Rembobinons. Au fil des attentats, en particulier depuis l’assassinat d’un prêtre fin juillet à St-Étienne-du-Rouvray par deux djihadistes se revendiquant de l’État Islamique, un nom a pris toute la place dans la Presse™ : Telegram.

Pourquoi Telegram ? Mystère. Est-ce son côté russe qui renvoie à la guerre froide (pour les plus vieux) et qui inquiète plus que les applications de l’Oncle Sam comme WhatsApp ou Messenger ? Quoi qu’il en soit, Telegram a retenu toute l’attention des politiques (dont bon nombre l’utilisent) et de la Presse qui a aligné article sur article à propos de cette application supposément prisée des djihadistes. A bien y regarder, l’application ne ressemble plus aujourd’hui à autre chose qu’à une maskirovka (normal, elle est d’origine russe).

Faisez-moi tailler un sacré costard sur mesure

La compétition de FUD a fait rage autour de cette application « ultra-sécurisée », cette « messagerie  cryptée », avec des articles excessivement nombreux et, pour certains, très longs. Pour Libération, cela ne fait aucun doute, « le  jihad  est dans l’appli », et Telegram est une application taillée «  sur mesure pour les terroristes ».

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Taillée sur mesure pour les terroristes ? Voilà une affirmation qui mérite que l’on s’y arrête. Telegram n’est pas choisie pour ses supposées tonnes de chiffrement impénétrables comme on nous le raconte, mais pour d’autres qualités.

Cette diversion « Telegram » tombe tout de même fort opportunément, le bateau « pas de failles » si cher à Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, commençant à prendre l’eau sérieusement. Le ministre profitant du soudain et opportun engouement médiatique pour Telegram… pour annoncer, suite à un Conseil de défense restreint, une nouvelle offensive anti-chiffrement, cette fois-ci à l’échelle internationale, ou plus exactement européenne (il faut bien commencer quelque part) :

« Beaucoup  des messages échangés en vue de la commission d’attentats terroristes  le sont désormais par des moyens cryptés, ce qui rend difficile le  travail des services de renseignement. Et c’est un enjeu considérable,  sur lequel les interpellations récentes, les enquêtes conduites,  montrent (…) la nécessité d’y faire face au plan international – parce  que ce n’est pas un pays seul qui peut prendre des initiatives. »

Et le premier flic de France d’enfoncer le clou, le 23 août, lors d’une conférence de presse commune avec son homologue allemand, en demandant un « acte législatif » qui permettrait de « rapprocher les droits et les obligations de tous les opérateurs […] pour les obliger à […] déchiffrer  des messages dans le cadre d’enquêtes ». Figurez-vous qu’il s’agirait « d’armer véritablement nos démocraties », rien que ça, « sur la question du chiffrement ».

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Paf  ! Le bel effet kiss-cool ! On te fait plein de bruit qui fait peur avec Telegram, l’outil chiffré des djihadistes, puis quand tout le monde a  peur de Telegram et du chiffrement, Bernard Cazeneuve annonce qu’il va lutter avec tous ses amis, contre… Non, pas contre Telegram. Non, pas contre le terrorisme, vous ne suivez pas. Non, pas contre le chiffrement non plus. C’est là toute l’astuce… Bernard Cazeneuve vise apparemment à s’affranchir de la lourdeur des commission rogatoires internationales. C’est long une commission rogatoire internationale. C’est triste. Et puis des fois ça sent pas bon. Et puis c’est dur, on sait pas comment on doit demander. Ni si les copains policiers et juges à l’étranger vont faire leur boulot correctement. Parfois, même, quand l’entreprise daigne répondre, elle n’a même plus les logs demandés sous la main. Trop vieux.

Mais revenons à Telegram. L’application propose différents modes de fonctionnement. Les conversations privées  sont réservées à deux interlocuteurs. Certaines d’entre-elles peuvent  être chiffrées de « bout en bout ». Ce n’est pas le fonctionnement par  défaut, ce qui est d’ailleurs l’une des critiques que les  spécialistes de la sécurité informatique adressent à Telegram. Dans le cas, et uniquement dans le cas, où cette fonctionnalité est activée, les clés de chiffrement et de déchiffrement des messages reposent uniquement sur les appareils de leurs propriétaires. Même Telegram ne  peut pas déchiffrer les messages, raison pour laquelle on parle de  chiffrement de bout en bout.  Sauf à ce que le protocole de sécurisation de Telegram ait été cassé —  ce qui n’a pas été démontré à ce jour malgré des reproches fondés des  spécialistes du sujet, ces messages ne peuvent donc être récupérés qu’en mettant la main sur les clés de chiffrement, donc sur le terminal ­— téléphone ou l’ordinateur — de l’un des interlocuteurs.

Dans tous les autres modes de fonctionnement, groupes et chaînes, le chiffrement n’a lieu que lors du transport des messages entre les appareils des utilisateurs et les serveurs de Telegram, qui a donc accès à l’ensemble de ces messages. La société Telegram n’est apparemment pas très chaude pour répondre aux réquisitions des autorités, mais cela pourrait changer, surtout s’agissant de terrorisme. Et c’est un peu ça le nouveau projet de Bernard Cazeneuve. Passer des accords avec d’autres pays pour forcer les éditeurs ou fournisseurs de service à répondre quand on leur demande quelque chose. Et le doigt sur la couture, s’il vous plaît. Étonnamment, on exige tout ça très vite mais on attend toujours une interdiction de la vente de pickups Toyota, de camions et de couteaux de cuisine. En France et à l’étranger, bien entendu. On ne sait jamais. Soit dit en passant, en matière de sécurité des communications (les amateurs d’acronymes qui claquent parlent de COMSEC), le fait que les messages soient accessibles par Telegram s’apparente à une authentique catastrophe. Mais passons.

Viendez dans ma chaîne djihadiste ouverte-fermée

Une intéressante enquête de l’Express, où réside selon toute vraisemblance un journaliste qui regarde la lune plutôt que le doigt, relate qu’Adel Kermiche, l’un des deux meurtriers du prêtre, fréquentait régulièrement une chaîne Telegram francophone. Cette chaîne désormais fermée — Ansar At-Tawhid, était appréciée des Abou de nerf et autres énervés du djihad. Elle fut « un temps l’une des  plus populaires dans la sphère djihadiste française », toujours selon  L’Express, et était fréquentée par plusieurs centaines de membres.

Il s’agissait d’une chaîne « privée ». L’accès à ce type de chaîne nécessite l’obtention un lien d’invitation fourni par l’un des administrateurs, ou l’un des membres (tant que le lien n’a pas été révoqué). Il faut ainsi, au préalable, entrer en contact avec l’un d’entre eux, ce qui implique assez  logiquement un mécanisme de cooptation. D’après le MEMRI, qui a étudié la chaîne entre mai et juillet 2016, les  administrateurs d’Ansar At-Tawhid jouaient le rôle de médiateurs et mettaient en relation les membres les uns avec les autres. D’après L’Express, Adel Kermiche était aussi l’administrateur de sa propre chaîne, forte de 200 membres, sur laquelle il avait, entre autres, décrit son projet  d’attentat une semaine avant de passer à l’acte.

Cet entrelacs de chaînes et de groupes formait donc une sorte de réseau de confiance dans lequel la cooptation jouait le rôle, de proche en proche, de sésame. Ceci plaçait leurs administrateurs devant une contradiction. D’un côté, de la nécessité de relative discrétion découle une forme de contrôle et de surveillance. De l’autre, le besoin de recruter un maximum de membres pour diffuser la  propagande, ou celui de les mettre en relation  pour renforcer la cohésion du réseau, impliquent une relative ouverture ainsi qu’une grande quantité d’échanges. Plus le nombre de membres augmente, plus il devient difficile d’éviter  que le réseau de confiance soit infiltré. Pour rappel, il s’agit ici de chaînes ou groupes comptant plusieurs centaines de membres, ne se connaissant souvent pas, en dehors de contacts en ligne. Contrôler l’accès à des réseaux de relations aussi larges semble très difficile, sinon impossible. Le fait que L’Express ou le MEMRI aient eu accès à ces échanges le démontre : il fallait bien qu’ils aient infiltré le réseau.

Alors franchement, on s’en tape de Telegram et du chiffrement. Contrairement à ce que l’on a pu lire ici ou là, ce sont des canaux de communication très difficiles à sécuriser qui ont été utilisés, des groupes et chaînes comptant des centaines de membres, dont l’une des plus connues, Ansar At-Tawhid, a été infiltrée au moins à deux reprises et pendant de longs mois. Adel Kermiche était quand à lui un membre actif de ce réseau de relations. Les administrateurs d’Ansar At-Tawhid avaient même vanté ses mérites. Il avait annoncé sur sa chaîne très explicitement ses intentions, le type de cible et le mode opératoire, une semaine avant de passer à l’acte.

Les administrateurs des chaînes et groupes Telegram doivent recruter de nouveau membres, c’est pour eux impératif. Le fait que ces conversations aient pris place sur Telegram est anecdotique. Les djihadistes utilisent cette application parce que, comme l’écrit Jean-Marc Manach, ils « sont des internautes comme les autres », et parce qu’avec ses 100 millions d’utilisateurs, Telegram est devenue mainstream. Surtout, certaines caractéristiques ou fonctionnalités, en particulier les chaînes, la disponibilité sur de nombreuses plateformes, la facilité d’utilisation, correspondent à leurs besoins. Ils se servent de Telegram pour créer leurs propres « réseaux sociaux » et diffuser leurs contenus et cela, par définition, ils ne peuvent le faire secrètement. On peut noter qu’ils ont migré massivement vers Telegram après que Twitter a mis en place plusieurs campagnes très actives de suspensions de comptes, et ce dès fin 2014.

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Enfin, il est utile de préciser que les djihadistes n’utilisent pas « que » Telegram. Le réseau Internet, comme le monde IRL pourvoit de très nombreux recoins, chiffrés ou pas qui permettent d’échanger sans forcément être entendu.

On va vous boîte-noiriser tout ça !

Loin de constituer les citadelles imprenables que l’on nous vend à longueur de temps, ces  « petits » réseaux sociaux représentent au contraire des opportunités pour les services de renseignement. Les interpellations de cette adolescente de 16 ans, administratrice d’une chaîne Telegram, ou de cette jeune femme, montrent que Telegram est surveillée par la Sécurité Intérieure.

Comment, dans ces conditions, Adel Kermiche a-t’il pu échapper à la vigilance des services de renseignement ? Ignoraient-ils l’existence d’Ansar At-Tawhid ? Ce serait très surprenant. Ont-ils échoué à infiltrer ce réseau très populaire, qui comptait des centaines de membres ? C’est peu probable. Ont-ils sous-estimé la menace que représentait Adel Kermiche, été pris de vitesse, eu des difficultés à corréler les informations glanées pour retrouver son identité ? Avaient-ils au contraire connaissance de son identité et de son sinistre projet mais ont-ils échoué à le surveiller, lui qui avait tenté de se rendre par deux fois en Syrie en 2015 ? Quelle que soit la réponse, cela sent tout de même le bon gros fail… Car encore une fois, Telegram n’est pas un monstre de chiffrement impénétrable comme veulent nous le faire croire Bernard Cazeneuve et la Presse, mais bien une sorte de réseau social où les utilisateurs parlent ouvertement.

Tout cela laisse entrevoir un gros problème de capacité des services de renseignement, non sur le plan technique mais sur le plan humain. Ils ne sont pas infaillibles, surtout lorsqu’il s’agit de détecter et de suivre des individus déterminés mais relativement isolés. Interrogée par Reflets, une source confirme très explicitement que les services ont « un nombre très important d’individus à suivre sur toutes ces chaînes » et qu’ils ne peuvent pas « mettre le paquet à chaque fois ». D’autant que pour surveiller un groupe ou un individu, il faut une multitude de fonctionnaires et de moyens. Or ni le nombre de policiers, ni le nombre de véhicules, ni le temps que l’on peut attribuer à chaque cas ne sont illimités. Davantage encore lorsque, suite à l’intervention d’un politique ou à cause de la pression médiatique, une chaîne Telegram est fermée et que les services doivent repartir à zéro…

C’est peut-être ce qui alimente, chez certains responsables des services ou du monde politique, le fantasme d’une surveillance algorithmique « boite-noirisée », évidemment magique et forcément efficace (impossible n’est pas français, après tout), qui pallierait les limites bien humaines des services. Mais sur le plan technique, les services anti-terroristes sont déjà bien équipés. Plus des données sont remontées par la technique, plus il y a d’informations qui doivent être traitées par des êtres humains déjà saturés. De plus, la judiciarisation d’une affaire n’est pas opérée par  une boîte noire. Les boites noires ne fournissent pas les éléments juridiques qui permettront d’éventuelles poursuites, pas plus qu’elles ne préparent un dossier qui permettra à un juge de mener une instruction. Pas encore, tout au moins.

En outre, les services sont condamnés à échouer de temps en temps, il faudra bien le reconnaître et l’accepter. Mais pour un ministre de l’Intérieur sans failles et sans reproches, il est bien plus commode et médiatiquement rentable de profiter d’une campagne d’opinion contre l’application Telegram… Et à travers elle, contre ce satané chiffrement qui fait un bien placide bouc émissaire. Sa diabolisation permet, au passage, d’accentuer la pression sur des fournisseurs de services en ligne souvent récalcitrants, afin de les contraindre à répondre aux réquisitions concernant les échanges qui, Ô ironie, ne sont souvent pas chiffrés, en tout cas pas du point de vue desdits fournisseurs. Ou encore pour les obliger, indirectement, à rendre toutes les communications déchiffrables by design.

And like that, he’s gone.

Les jeux de l'été d'Acrimed : les vrais-faux débats

Parmi toutes ces confrontations, saurez-vous démêler celles qui rythment effectivement le débat démocratique dans les grands médias [1] de celles qui ne font malheureusement pas (encore) l'objet de rendez-vous réguliers ?

1- « Le clash » : Renaud Dély/Guillaume Roquette





2 - « Le tête à tête » : Eric Zemmour/Alain Duhamel





3 - « Le choc » : David Pujadas/Jean-Michel Aphatie





4 - « Ferry/Julliard » : Jacques Julliard/Luc Ferry





5 - « Accords, Désaccords » : Philippe Tesson/Bruno Roger-Petit





6 - « Les complices » : Yves Thréard/Agnès Verdier-Molinié




7 - « Le sujet qui fâche » : Nicolas Beytout/Laurent Joffrin





8 - « Le choc des titans » : Alain Duhamel/Olivier Mazerolle





9 - « Le face à face » : Natacha Polony/Caroline Fourest





10 - « Va y avoir du sport » : Bernard-Henri Lévy/Alain Finkielkraut




11 - « Tirs croisés des éditorialistes » : Jean-Claude Dassier/Françoise Degois




12 - « Tirs nourris des éditorialistes » : Elie Cohen/Nicolas Baverez





13 - « Dos-à-dos » : Michel Onfray/Franz-Olivier Giesbert




14 - « Côte à côte » : François Lenglet/Nathalie Saint-Cricq





15 - « Le match des éditorialistes » : Philippe Tesson/Bruno Roger-Petit





16 - « Main dans la main » : Alain Minc/Jacques Attali





17 - « Le combat des chefs » : Christophe Barbier/Catherine Nay




Réponses :
- Les combats fratricides institués dans les grands médias : 1, 4, 5, 7, 11, 15.

- Les duels impitoyables qui restent, pour l'heure, de simples fantasmes éditocratiques : 2, 3, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 13, 14, 16, 17.

Thibault Roques


[1] Ou qui l'ont rythmé.

Maintien en détention du journaliste syndicaliste palestinien Omar Nazzal (SNJ, SNJ-CGT, CFTD-journalistes)

Nous publions ci-dessous le courrier que le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes ainsi que la FIJ et la FEJ, ont adressé à Mme Aliza Bin-Noun, ambassadrice d'Israël en France, à propos de la prolongation de trois mois de la rétention administrative d'Omar Nazzal, journaliste et syndicaliste palestinien, détenu sans motif depuis avril dernier par les autorités israéliennes.

Madame l'Ambassadrice,

En avril dernier, les participants du Congrès de la Fédération européenne des journalistes (FEJ) réunis à Sarajevo (Bosnie) ont vainement attendu l'arrivée du deuxième invité de la délégation palestinienne, Omar Nazzal, 54 ans, cadre du Syndicat des journalistes palestiniens. Arrêté par l'armée israélienne le 23 avril à la frontière entre la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, et la Jordanie, il est, depuis cette date, placé en rétention administrative.

Ce régime extrajudiciaire, hérité de l'occupation britannique, est utilisé par votre pays pour mettre et garder en détention des personnes suspectes, sans avoir à justifier des raisons qui ont fondé contre elles ces mises en accusation. Pire, ces mesures administratives peuvent être prolongées toujours sans avoir à en justifier les motifs.

Les syndicats de journalistes français (SNJ, SNJ-CGT et CFDT-journalistes), membres de la Fédération internationale des Journalistes (600.000 membres dans le monde), et de la Fédération européenne des journalistes ainsi que ces organisations internationales, ont, à plusieurs reprises, dénoncé la répression quasi-permanente dont sont la cible les journalistes palestiniens et leur syndicat Palestinian Journalists Union (PJS).

Selon les précisions de l'armée israélienne, la détention par un tribunal militaire d'Omar Nazzal serait motivée par le fait d'appartenir à une « organisation terroriste » et non « pas du fait de ses actions en tant que journaliste ».

Nous doutons fortement de cette accusation. Omar Nazzal est un journaliste professionnel compétent, expérimenté et avisé.

Nous venons d'apprendre que sa détention serait prolongée de trois mois sans procès ni inculpation.

C'est un véritable déni de justice.

Nous vous appelons, Madame l'Ambassadrice, à transmettre aux autorités de votre pays que nous considérons que :
– notre confrère Omar Nazzal doit être libéré sans retard. En grève de la faim depuis le 4 août, ce journaliste entend protester contre sa détention injustifiée. Nous rendons Israël responsable de son état de santé ;
– doivent cesser les détentions arbitraires des journalistes et les poursuites injustifiées dont ils sont l'objet ;
– doivent cesser les pressions, censures, restrictions de circulation ainsi que les brimades qui ont pour conséquence d'empêcher les journalistes palestiniens d'exercer librement leur mission d'informer ;
– doivent être respectées les conventions internationales sur la protection des droits de l'Homme, la liberté syndicale, la liberté d'expression, dans les territoires palestiniens, comme partout dans le monde.

Restant à votre disposition, veuillez agréer, Madame l'Ambassadrice, nos salutations syndicales les plus déterminées.

Paris, le 21 août 2016

SNJ/SNJ-CGT/CFDT-Journalistes

FRENCH JERKS : Canine - [kanin]J’avais plus d’ordinateur, alors laisse tomber...



Canine - [kanin]

J’avais plus d’ordinateur, alors laisse tomber le bordel pour vivre ces derniers temps. Mais on va dire que c’est la rentrée et qu’on commence une nouvelle saison pour French Jerks. 

Canine, c’est un groupe de Marseille, qui fait dans le Screamo plutôt moderne, la voix est parfois un peu too much, mais il reste cette intro délicieuse, et ces plans de guitares / batteries qui sont assez bien trouvé. Le chant en anglais n’est pas un atout pour eux je trouve, une voix en français fait l’affaire. Ce groupe me fait pas mal penser aux trucs qui se font sur Strasbourg depuis quelques années, genre Another Five Minutes, More Dangerous…

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La bergerie des Malassis rumine la ville ! SideWays #9

couv

Extrait de SideWays #9:

Prélude

Dans un quartier de Bagnolet, on nous a parlé d’un berger.

Il sort avec ses chèvres pâturer dans la cité. Cela fait des années qu’il passe ses journées à créer mille activités pour lui et pour les gens du quartier.

 

Il dit qu’il vient d’ici, du 93, et qu’il se sent chez lui. Presque tous les enfants du quartier le connaissent, parce qu’il plantait des légumes en bas de l’immeuble à côté de l’école maternelle, qu’il venait dans leur école, dans leur collège et qu’il animait des ateliers.

On l’appelle Petit Pois parce qu’il racontait des histoires avant que les enfants sèment des graines et qu’une histoire est restée. Des parents pensent qu’il s’agit de son nom de famille, alors ils l’appellent Monsieur Petit Pois eux aussi…

Des chèvres à quelques minutes de Paris, ça interpelle. C’est pour cela qu’on y est allé. Et qu’on l’a rencontré.On a rencontré Lucas aussi, les chèvres, les brebis et les jeunes qui passent beaucoup de temps à la bergerie.

On y a vu des palettes, des pneus, des bouchons de bouteilles, des dessins, des statues, des télés toutes cassées et des couleurs partout.

On a parlé de chèvres, de plantations, mais aussi de rêves, de mots qui ne veulent rien dire, de la vie dans un quartier, d’imaginaires à ouvrir, de grafs, de hip-hop, de politiques publiques, de bordel encadré, de gestion et usage des espaces, de coups de gueules et de déclics.

 


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La websérie SideWays, ce sont des films indépendants et libres de droit. Découvrez notre fonctionnement et notre modèle de financement alternatif et participez vous-même à l’enrichissement de la série : side-ways.net

 

Les exilé.e.s face aux violences policières

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