sous pression! #332

artist – album – titre

amnésie – rien de neuf – regarde c’qui s’passe
brume rétina – agresse gueule – prends ta place
anomie – discographie – indifférence = mort
fuck toute – fuck toute – normal dans le néant
la crève – la crève – plus que de la musique
placard – démo 2012 – placard comme placard
l’affaire pélican – le moins pire – morphée
kroska – punk ska même combat – tôt ou tard
mayday – excepté une fois à verdun – si seulement
contingent anonyme – split avec torquemada – le diable est avec nous
district – la mort dans l’âme – déja mort
lora – lora – Голод
lora – lora – Город
les prostiputes – split bonne journée! – éternité
nanana – la route des affamés/litebrite – la route des affamés
guérilla poubelle – inferno – le pour et le contre
les partisans – le sourire au lèvres – rouge baiser
dynamite express – dynamite express – sound system souvenirs
troubles – démo 2015 – take it easy
francbâtards – francbâtards – rude boy

clic droit pour télécharger l’émission

antifa-qc

festival contre le racisme, février 2017 (Québec). Photo par Cédric Martin.


« Nous voulons accueillir » : manif géante à Barcelone en faveur des réfugiés

Au moins 160 000 personnes – près de 300 000 selon les organisateurs – ont manifesté le 18 février à Barcelone pour réclamer que l'Espagne accueille « dès maintenant » les milliers de réfugiés qu'elle s'était engagée à recevoir dès 2015. Le défilé était organisé dans le cadre de la campagne #VolemAcollir (« Nous voulons accueillir ! »), lancée par l'association catalane Casa Nostra, Casa Vostra (« Notre maison est la vôtre »). Les manifestants ont exhorté le gouvernement espagnol à respecter ses engagements d'« (...)

- En bref / , , ,

« Si nous y allons avec trois candidats, ou même deux, aucun n'a de chances d'aller au second tour »

A la tête d'une liste d'alliance de la gauche écologiste et de citoyens, Eric Piolle est élu maire de Grenoble en mars 2014. Depuis, la ville reste un laboratoire, inédit en France, où travaillent ensemble dans une même majorité des élus issus d'EELV, du Parti de Gauche – rallié depuis à la France insoumise – et de mouvements citoyens. A quelques semaines de l'élection présidentielle, Eric Piolle plaide pour un large rassemblement. Il propose à Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot de se désister (...)

- Décrypter / , , , , ,

Siamo Tutti Antifascisti

derryDerry-Bogside- (Irlande 2017)

En direct sur France Culture : les aboiements de Laurent Joffrin contre Acrimed

Le jeudi 16 février, dans la matinale de France Culture, Henri Maler, pour Acrimed, était invité à débattre de cette question : « La défiance à l'égard des médias est-elle justifiée ? ». En deux temps : 20 minutes d'interview par le journaliste Guillaume Erner, suivies d' un « débat » d'une vingtaine de minutes avec Laurent Joffrin, directeur de Libération.

Nous reviendrons dans un prochain article sur le déroulement de l'ensemble de l'émission et notamment sur ce qu'il nous enseigne quant à la possibilité de formuler une critique des médias comme la nôtre au sein même des grands médias. Mais il valait la peine de nous arrêter d'abord sur la prestation de Laurent Joffrin lors de son « débat » avec Acrimed, tant il a donné à voir ce que l'éditocratie peut produire de pire : arrogance, mépris, mensonges… le tout en déployant des efforts constants pour tenter d'empêcher son interlocuteur d'exprimer son point de vue.

Laurent Joffrin ne débat pas, il aboie

Quiconque a entendu jeudi 16 février la « discussion » entre Acrimed et Laurent Joffrin a constaté à quel point ce dernier a une conception singulière du débat. Ainsi, s'il s'est un peu moins exprimé, en temps cumulé, qu'Henri Maler, il a multiplié les interventions intempestives, destinées à empêcher son interlocuteur de développer ses arguments. Nous avons ainsi décompté 27 interruptions de Laurent Joffrin alors qu'Henri Maler s'exprimait, ce qui, rapporté au temps de parole total, représente, en moyenne, environ une interruption toutes les 20 secondes.

Le tout non pour exposer un argument ou dissiper un malentendu, mais pour entraver le raisonnement de son interlocuteur, tenter de lui faire perdre le fil de son propos et le déstabiliser.

Ainsi en va-t-il, dès le début de la séquence, alors qu'Henri Maler entend répondre à certaines accusations portées par Laurent Joffrin contre Acrimed – au cours d'une intervention où Laurent Joffrin n'a pas, lui, été interrompu.

On écoute :



Ce qui, donne, une fois retranscrit :

- Henri Maler : « […] Il y a des choses que je ne peux pas laisser passer, et en voici deux. La première c'est que monsieur Laurent Joffrin a des kilomètres de papiers d'expression dans les médias, des centaines, voire des milliers, d'heures d'expression dans les radios et les télévisions. C'est la première fois que… »
- Laurent Joffrin : « C'est mon métier, c'est normal. »
- Henri Maler : [Rires] « Oui. Défenseur du pluralisme… »
- Laurent Joffrin : « Vous savez, de faire "ahahaha oui", ce n'est pas un argument. C'est un argument un peu faible. »
- Henri Maler : « Écoutez je sais pour vous avoir… »
- Laurent Joffrin : « C'est un argument nul, même. »
- Henri Maler : « … Je sais pour vous avoir entendu que vous êtes un spécialiste de l'intervention arrogante et qui coupe systématiquement… »
- Laurent Joffrin : « Non je vous contredis… »
- Henri Maler : « … et qui coupe systématiquement… »
- Laurent Joffrin : « Permettez-moi de vous contredire, c'est dommage, c'est embêtant pour vous… »
- Henri Maler : « … et qui coupe systématiquement la parole à tous ses contradicteurs. »
- [Guillaume Erner : « Laurent Joffrin, s'il vous plait, laissez répondre Henri Maler. »]
- Laurent Joffrin : « Allez-y, parlez ». [Rires]
- Henri Maler : « C'est gentil… »
- Laurent Joffrin : « Je suis très gentil. »
- Henri Maler : « J'ai quelques minutes d'expression pour vingt ans, vous avez des heures d'antenne, il y a une inégalité structurelle qui est une inégalité fondamentale, il me faudrait des centaines… »
- Laurent Joffrin : « Mais vous avez qu'à vous porter candidat à l'élection pour être directeur. »
- Guillaume Erner : « Laurent Joffrin s'il vous plait, laissez parler Henri Maler ! »
- Henri Maler : « Il continue, hein… Et il s'étonne qu'on l'épingle. Arrêtez de jouer ce rôle de chien de garde qui passe son temps à mordre les mollets de tous ses interlocuteurs, comme vous l'avez fait… »
- Laurent Joffrin : « Effectivement vous n'aimez pas la contradiction. »
- Henri Maler : « C'est ce qu'il appelle la contradiction… »
- Laurent Joffrin : « Bah oui. » [Rires]
- Henri Maler : « C'est ce qu'il appelle la contradiction : interrompre, interrompre… »
- Laurent Joffrin : « Bah allez-y, exprimez-vous ! »
- Henri Maler : « … interrompre de façon systématique, alors qu'on a un droit de parole absolument illimité, un interlocuteur qui n'a que quelques minutes pour s'exprimer, c'est la conception que monsieur Joffrin se fait de la démocratie, première remarque. […] »


Où l'on constate :

- Que Laurent Joffrin considère que pérorer à longueur d'antenne est « son métier » et que, pour avoir le droit de s'exprimer équitablement face à lui, il convient de « se porter candidat à l'élection pour être directeur [d'un média] » (nous y reviendrons).
- Que lorsque l'on fait remarquer à Laurent Joffrin qu'il passe son temps à interrompre ses interlocuteurs, il se défend en… interrompant son interlocuteur.
- Que Laurent Joffrin, qui se croit sans doute dans une cour de récréation, pense que couper la parole à quelqu'un pour lui dire que son argument est « nul », c'est le « contredire ».
- Que Laurent Joffrin se comporte d'une manière tellement insupportable que même Guillaume Erner tente deux fois de le rappeler à l'ordre (ce qu'il fera de nouveau à plusieurs reprises au cours de l'émission).

Et encore ne s'agit-il ici que d'une première « vague » d'interruptions joffrinesques : nous vous épargnons les autres [1].


Laurent Joffrin est arrogant

Les interruptions ponctuées de ricanements de Sa Suffisance Laurent Joffrin, visiblement fier de son entreprise de destruction de la discussion, sont un sommet d'arrogance. Mais le directeur de Libération ne s'est pas contenté de tenter d'empêcher Henri Maler de s'exprimer. Cette arrogance a en effet été redoublée par une succession de propos méprisants à l'égard d'Acrimed, accusée, d'une part, de ne rien connaître à la vie des rédactions et aux conditions de travail des journalistes et, d'autre part, de répéter toujours la même chose ou, dans les termes de Laurent Joffrin, d' « écrire toujours le même article ».

Ainsi :

- « Vous écrivez le même article depuis vingt ans sur les journaux que j'ai eu l'honneur de diriger ou d'animer pour nous expliquer qu'on n'est pas indépendants. »

- « La critique ça ne consiste pas toujours à miner les choses à la base, en disant "voilà, ils sont sous influence, sous la coupe de…". C'est toujours le même article qui revient quoi, c'est toujours la même chose… »

- « J'en ai lu beaucoup, mais j'ai arrêté, c'est toujours la même chose, donc évidemment au bout d'un moment je m'arrête. »

Toujours la même chose ? C'est manifestement faux, comme n'importe quel lecteur moins occasionnel que Laurent Joffrin peut s'en convaincre. Et comme il serait excessif d'affirmer que Laurent Joffrin, cet éternel modernisateur de la gauche, écrit le même éditorial depuis 35 ans. Notons au passage que la richesse de la pseudo-argumentation de notre éditocrate est telle qu'il a répété trois fois le même propos en quelques minutes – ce qui ne manque de piquant lorsque l'on sait que « l'argument » consistait à accuser Acrimed d'écrire toujours la même chose.

« Argument » ressassé une quatrième fois, avec une dose d'arrogance supplémentaire :

- « Ce qui me frappe, bon je ne les lis pas beaucoup hein, mais j'ai regardé, puisque j'étais invité, c'est… il n'y a jamais rien de bien. Quand vous lisez ce truc-là, il n'y a jamais rien de bien. Tout est euh… critiquable. Enfin, tout est critiquable, par définition, mais la conclusion c'est toujours : c'est pas bien. »

Acrimed est donc en réalité, selon l'immense Laurent Joffrin, un « truc ». Les adhérents et les contributeurs de notre association apprécieront, de même que les dizaines de milliers de personnes qui fréquentent régulièrement notre site. On en vient même à se demander pourquoi Laurent Machin a accepté de descendre de son piédestal pour s'asseoir dans le même studio de radio que l'un d'entre nous.…

Autre ressassement accusateur, asséné avec tout autant d'arrogance : Acrimed ne connait rien à la vie des rédactions et des journalistes :

- « Je voulais vous faire une invitation, puisque si vous considérez que notre journal est mal géré, vous devriez y venir, vous voyez. Vous devriez venir, moi je vous invite. vous venez, ce matin par exemple, ou demain, quand vous voulez, au comité de rédaction, et puis vous verrez comment on travaille, ce serait intéressant pour vous de faire une enquête de terrain, pour une fois, hein ? »

- « Vous savez il y a un proverbe en journalisme, qui est un peu sarcastique, qui dit "l'enquête est l'ennemi de l'angle". Ça veut dire que si vous avez un préjugé sur quelque chose, si vous faites une enquête, c'est embêtant parce que vous êtes obligés de changer d'idée. C'est juste un conseil que je leur donne : vous devriez faire ça, dans les journaux, aller voir, vraiment, comment ça se passe ».

- Henri Maler : « […] Dialoguer avec une rédaction cela ne pose absolument aucune question… »
- Laurent Joffrin : « C'est une idée qui ne vous était pas venue à l'esprit jusqu'à présent, manifestement. »

Simples d'esprit que nous sommes ! Voilà vingt ans qu'Acrimed observe les médias, informe sur l'information, et formule des propositions de transformations des médias. Mais nous n'avions jamais pensé, avant que son altesse Laurent Joffrin ne nous éclaire gracieusement de ses lumières, à nous intéresser aux conditions concrètes d'exercice de la profession, et à « enquêter » à ce propos… De toute évidence, le directeur de Libération, qui expliquait quelques minutes plus tôt que son « métier » consistait à pérorer à longueur de temps dans les studios de radio et sur les plateaux de télévision, ferait bien, plutôt que de nous donner des leçons, d' « enquêter » un peu plus. Cela lui éviterait de se ridiculiser en racontant n'importe quoi.


Laurent Joffrin raconte n'importe quoi

Car Laurent Joffrin a en réalité démontré qu'il possédait, entre autres qualités, une capacité à aligner les contre-vérités sur un ton empreint de l'assurance de celui qui croit – ou veut faire croire ? – qu'il sait absolument tout. Menteur ou bonimenteur ? Les deux sans doute.

Ainsi, lorsque Laurent Joffrin recommande à Acrimed de s'intéresser à la vie des rédactions et aux conditions de travail des journalistes, on se demande s'il se rend compte de l'énormité de son propos. « J'ai regardé [le site d'Acrimed] puisque j'étais invité », prétend-il. Mais si Laurent Joffrin avait effectivement regardé le site d'Acrimed, il n'aurait pas dû manquer de remarquer, par exemple, que le jeudi 16 février au soir, c'est-à-dire le même jour que l'émission de France Culture, Acrimed organisait un débat, en présence de trois journalistes (dont Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos, anciens de… Libération), consacré aux conséquences de la prise de contrôle par des oligarques d'un nombre toujours plus important de médias. Une soirée au cours de laquelle a notamment été évoquée la longue grève d'i-Télé contre l'actionnaire Bolloré.

Une initiative qui est loin d'être isolée : depuis plus de quinze ans, Acrimed organise régulièrement des réunions publiques de ce genre [2], au cours desquelles nous convions régulièrement des journalistes de tout type de médias qui viennent échanger avec nous (et le public) à propos de leur travail, qu'il s'agisse de leurs enquêtes, de leurs publications ou des conditions d'exercice de la profession. Ces derniers mois, nous avons même organisé un cycle de projections-débats intitulé « À l'intérieur des rédactions », avec quatre documentaires consacrés précisément au thème que Laurent Joffrin nous accuse de ne pas traiter : le travail quotidien des rédactions. Des journalistes sont membres d'Acrimed, et notre association est en lien avec bien d'autres professionnels des médias, y compris des journalistes de « grandes » rédactions, ainsi qu'avec les principaux syndicats de journalistes. Bref : nous n'avons pas attendu monsieur Laurent Joffrin pour nous intéresser de près à la vie des rédactions et aux transformations de la profession.

Le directeur de Libération ferait d'ailleurs bien, plutôt que de nous administrer ses conseils, de s'intéresser à sa propre rédaction. Il apprendrait peut-être, par exemple, que pas plus tard qu'il y a un an, Acrimed a invité Johanna Luyssen, cheffe de service web à… Libération, pour discuter des transformations du métier de journaliste à l'heure d'internet [3]. Selon nos dernières informations, Libération ferait même partie de ces « grands médias » qui comptent au sein de leur rédaction des membres d'Acrimed. En d'autres termes : nul besoin de nous inviter dans ces rédactions, puisque nous y sommes déjà quotidiennement !

Les « enquêtes » de l'inspecteur Joffrin laissent visiblement à désirer. On comprend mieux, s'il a été aussi persévérant dans la lecture de nos articles que dans ses investigations concernant notre intérêt pour les conditions d'exercice de la profession de journaliste, pourquoi il prétend que nous écrivons « toujours le même article ». Il n'a probablement, du haut de sa superbe, pris le temps d'en lire qu'un seul, ayant mieux à faire que de se documenter davantage sur notre « truc », ce qui expliquerait pourquoi il a été incapable de citer un seul exemple à l'appui de ses élucubrations.


***


Fermement décidé, comme cela fut rappelé à l'antenne, à « prendre ses interlocuteurs pour des imbéciles » et à confirmer le rôle de « psychiatre » qu'il s'est attribué en rédigeant, sans le moindre fait à l'appui, Média-paranoïa, un impérissable ouvrage de vanité appliquée [4], Laurent Joffrin était venu sur le plateau de la « matinale » de France Culture, non pour débattre de la question posée – « La défiance à l'égard des médias est-elle justifiée ? » – mais pour régler ses comptes avec Acrimed [5]. Plus exactement : fâché parce que nous ne l'avons jamais appelé au téléphone (comme il l'a répété à plusieurs reprises), ses propres comptes personnels. Mal lui en a pris : en offrant aux auditeurs, comme nous l'avons souligné lors de l'émission, un « concentré du pire de l'éditocratie », il a involontairement justifié, et probablement renforcé, la défiance à l'égard des médias, du moins la critique de certaines de leurs sommités.


Julien Salingue




Annexe : transcription intégrale de la séquence


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Guillaume Erner : Nous retrouvons Henri Maler, le fondateur de l'observatoire des médias Acrimed, qui est également maître de conférences en Science politique. À côté nous accueillons Laurent Joffrin, bonjour.

Laurent Joffrin : Bonjour.

Guillaume Erner : Vous êtes directeur de Libération. Suite à ce que vient de dire Frédéric Says, Frédéric évoque ce qui est au cœur de l'actualité depuis l'arrestation brutale du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois, il y a eu un intérêt des médias pour la banlieue avec une couverture de ce thème. Votre avis sur cette couverture Henri Maler ?

Henri Maler : Sur la couverture récente je n'ai pas grand chose à dire, on n'a pas fait les observations détaillées, qui sont en cours, sur la façon dont c'est traité. Mais il y a un problème général du rapport des médias et des banlieues. Je vais l'énoncer très rapidement. D'abord on dit « les banlieues », mais Levallois-Perret et Neuilly c'est en banlieue. Ensuite on dit « les quartiers sensibles ». Sensibles à quoi ? On pourrait dire les quartiers populaires, ce qui est plus exact, qu'on distinguerait des quartiers bourgeois. Et si on parle des quartiers populaires il faudrait espérer que les journalistes aient les moyens, la possibilité de se livrer à de véritables enquêtes. On évoquait tout à l'heure le risque d'une homogénéité croissante dans la façon de percevoir le monde. Bah oui. Nous en avons un autre exemple, j'évoquais le journalisme économique. Je prends les choses par le bout le plus extrême. Quand un Premier ministre dit que « expliquer c'est justifier », c'est inquiétant. Quand des journalistes, ou plus exactement des commentateurs, laissent entendre que tenter d'expliquer quelles sont les motivations des jeunes qui se mobilisent dans les banlieues, la nature des problèmes qui s'y posent, et laissent entendre que là encore expliquer ce serait justifier, c'est passablement angoissant. Il y a un excellent livre, qui est paru il y a quelques années maintenant, de Julie Sedel, sur les médias et les quartiers populaires, où elle met en évidence l'ensemble des biais, une façon homogène de poser les problèmes, on va dire comme cela. Ce qui homogénéise les sommets du journalisme, c'est une façon homogène de poser les problèmes. Alors ensuite, sur la façon d'y répondre il peut y avoir des petites différences : c'est ce qu'on appelle le pluralisme. Mais si on pose les problèmes toujours de la même façon, il y a fort peu de chances qu'on ait affaire, d'abord, à un journalisme d'enquête sociale, et ensuite à un journalisme effectivement diversifié.

Guillaume Erner : Laurent Joffrin, votre opinion à ce sujet, avez-vous l'impression qu'un certain nombre de thèmes sont traités de manière homogène dans les médias, qu'il s'agisse donc la question des banlieues, ou si vous souhaitez reformuler ce terme, ou sur la question économique par exemple ?

Laurent Joffrin : J'ai du mal à répondre pour « les médias » puisque je suis d'un média, mais je peux répondre pour Libération, si vous voulez, mais les autres, chacun a son prisme, ils sont différents, et on peut en faire la critique d'ailleurs. Mais nous on essaie d'aller sur place, de faire parler les gens, de donner les motivations des uns et des autres, et de comprendre comment fonctionne la police en tout cas à Aulnay-sous-Bois, il y a une question importante qui se pose puisque ça a été d'une violence extrême cette affaire. Donc je ne crois pas qu'on tombe sous la généralisation que monsieur Maler vient de faire, je suis content de le voir d'ailleurs puisque ça fait à peu près 20 ans qu'ils publient des articles contre moi, et contre Libération, et contre d'autres euh, je ne le connaissais pas bien, on ne s'est jamais vus [Je suis beau hein] beau je ne sais pas, mais enfin je suis content de voir votre tête en tout cas. Et je voulais vous faire une invitation, puisque si vous considérez que notre journal est mal géré, vous devriez y venir, vous voyez. Vous devriez venir, moi je vous invite. vous venez, ce matin par exemple, ou demain, quand vous voulez, au comité de rédaction, et puis vous verrez comment on travaille, ce serait intéressant pour vous de faire une enquête de terrain, pour une fois, hein ?

Henri Maler : Pour une fois ? Non mais attendez… Il y a des choses que je ne peux pas laisser passer, et en voici deux. La première c'est que monsieur Laurent Joffrin a des kilomètres de papiers d'expression dans les médias, des centaines, voire des milliers d'heures, d'expression dans les radios et les télévisions. C'est le première fois que…

Laurent Joffrin : C'est mon métier, c'est normal.

Henri Maler : [Rires] Oui. Défenseur du pluralisme…

Laurent Joffrin : Vous savez, de faire « ahahaha oui », ce n'est pas un argument. C'est un argument un peu faible.

Henri Maler : Écoutez je sais pour vous avoir…

Laurent Joffrin : C'est un argument nul, même.

Henri Maler : … Je sais pour vous avoir entendu que vous êtes un spécialiste de l'intervention arrogante et qui coupe systématiquement…

Laurent Joffrin : Non je vous contredis…

Henri Maler : … et qui coupe systématiquement…

Laurent Joffrin : Permettez-moi de vous contredire, c'est dommage, c'est embêtant pour vous…

Henri Maler : … et qui coupe systématiquement la parole à tous ses contradicteurs.

[Guillaume Erner : Laurent Joffrin, s'il vous plait, laissez répondre Henri Maler]

Laurent Joffrin : Allez-y, parlez.

Henri Maler : C'est gentil…

Laurent Joffrin : Je suis très gentil.

Henri Maler : J'ai quelques minutes d'expression pour vingt ans, vous avez des heures d'antenne, il y a une inégalité structurelle qui est une inégalité fondamentale, il me faudrait des centaines…

Laurent Joffrin : Mais vous avez qu'à vous porter candidat à l'élection pour être directeur.

Guillaume Erner : Laurent Joffrin s'il vous plait, laissez parler Henri Maler !

Henri Maler : Il continue, hein… Et il s'étonne qu'on l'épingle. Arrêtez de jouer ce rôle de chien de garde qui passe son temps à mordre les mollets de tous ses interlocuteurs, comme vous l'avez fait…

Laurent Joffrin : Effectivement vous n'aimez pas la contradiction.

Henri Maler : C'est ce qu'il appelle la contradiction…

Laurent Joffrin : Bah oui. [Rires]

Henri Maler : C'est ce qu'il appelle la contradiction : interrompre, interrompre…

Laurent Joffrin : Bah allez-y, exprimez-vous !

Henri Maler : … interrompre de façon systématique, alors qu'on a un droit de parole absolument illimité, un interlocuteur qui n'a que quelques minutes pour s'exprimer, c'est la conception que monsieur Joffrin se fait de la démocratie, première remarque. Deuxième remarque : monsieur Joffrin est l'auteur d'un ouvrage qui s'appelle Média-Paranoïa, il a affaire ce matin, tant mieux pour lui, à l'un de ces paranoïaques, bien, qu'il a épinglés, dans lequel il n'y a, dans cet ouvrage, pas un exemple, pas un fait, pas une information exacte sur la nature des critiques qui sont faites, d'ailleurs qui sont très diverses, parce que des critiques des médias il y en a autant de variétés qu'il y a de champignons : il y a des champignons [vénéneux], il y a des champignons hallucinogènes, il y a des critiques des médias extrêmement diversifiées… Pour monsieur Joffrin, c'est un monde homogène. Je vous remercie de m'avoir permis de terminer les quelques phrases que je pouvais prononcer en votre présence…

Laurent Joffrin : Bah il ne fallait pas m'inviter si vous ne vouliez pas que je vous contredise [rires].

Henri Maler : Mais ce n'est pas des contradictions, c'est des aboiements !

Laurent Joffrin : C'est nul, ce que je dis est évidemment nul, et ce que vous dites est intelligent, c'est normal.

Guillaume Erner : Non mais plus généralement, puisque vous souhaitez inviter Henri Maler à Libération…

Laurent Joffrin : Mais oui, il est invité quand il veut !

Guillaume Erner : … qu'est-ce que vous aimeriez lui montrer… qu'est ce que vous aimeriez lui montrer ?

Laurent Joffrin : Mais ce qu'il veut ! Il peut se mettre dans mon bureau, puisque je lis sur son site que… enfin il sous-entend, je n'ai pas la citation exacte, que comme Libération est la propriété de Patrick Drahi, qui est un grand capitaliste des médias, etc., que on est sous influence et qu'il y a une censure, ou une autocensure, j'imagine que ce n'est pas direct, que c'est subreptice, donc je l'invite à venir voir comment…

Guillaume Erner : Est-ce que vous dans votre quotidien, Laurent Joffrin, vous avez l'impression d'être, effectivement, sous la coupe de votre actionnaire, en l'occurrence de Patrick Drahi.

Laurent Joffrin : Je vais vous expliquer, excusez-moi de parler encore hein, je suis désolé, on m'invite, donc je parle…

Henri Maler : Mais moi je ne vous interromps pas, hein.

Laurent Joffrin : Je parle parce qu'on m'invite, je n'ai pas du tout un temps de parole illimité, on me fait venir, je réponds. J'expose. Alors le journal fonctionne de la manière suivante, pour faire bref : moi je suis désigné par les actionnaires, mais je suis ensuite élu par l'équipe, à bulletin secret. Comme j'ai changé plusieurs fois de journal j'ai été élu six fois. Donc j'en déduis, si vous voulez, que si j'étais vraiment le valet de l'actionnaire, je pense qu'ils ne m'auraient pas réélu. Je pense qu'ils me font confiance. Premier point. Deuxième point, il y a une charte dans le journal, une société des rédacteurs. C'est pour ça que je vous invite : parlez à la société des rédacteurs de Libération, moi vous ne me faites pas confiance, c'est normal, mais parlez à la société des rédacteurs, elle vous dira si Drahi intervient ou si son influence se fait sentir dans les choix rédactionnels, de manière même inconsciente hein, de manière, comment dire, comme une sorte d'autocensure, qu'on se pratiquerait parce qu'on a au-dessus de nous un capitaliste puissant… Et vous verrez comment on choisit les reportages, comment on définit les angles des articles, et vous verrez comment moi je co-dirige la rédaction avec les autres rédacteurs en chef, si j'exerce une espèce de, de je-ne-sais-pas-quoi, d'orientation générale. Ce qui vous dérange au fond, c'est parce qu'on n'a pas les mêmes idées politiques. Vous vous êtes de la, de l'ex… de la gauche, de la gauche de la gauche, c'est marqué sur votre site donc je ne dévoile pas un secret, et donc vous considérez que ceux qui sont moins à gauche ne sont pas bien… Et je comprends ça, c'est ça votre motivation. Et vous écrivez le même article depuis 20 ans sur les journaux que j'ai eu l'honneur de diriger ou d'animer pour nous expliquer qu'on n'est pas indépendants… Mais venez voir !

Guillaume Erner : Henri Maler, pour reformuler ce que Laurent Joffrin vient de dire, est-ce que l'on pourrait par exemple vous demander si la critique n'est pas plus aisée que le fait d'informer, autrement dit lorsque vous rédigez les différentes notices sur le site d'Acrimed, qu'est-ce que vous auriez à dire, à ceux qui vous disent, voilà, aujourd'hui il faut produire de l'information quotidiennement lorsqu'on est dans un journal et il est plus facile de critiquer les différents défauts de ces journaux que de produire de l'information quotidiennement.

Henri Maler : Alors je réponds directement à votre question mais je voudrais revenir sur un certain nombre de propos tenus par Laurent Joffrin. Ce que nous faisons, une association composée essentiellement de bénévoles, nous avons un salarié dans toute la rédaction, ce que nous faisons c'est que nous informons sur l'information. Nous essayons d'informer à la fois sur son contenu, les conditions de sa fabrication, et les différents biais. Première remarque. Deuxième remarque : quand j'écoute Laurent Joffrin, il parle comme parlait son ouvrage Média-Paranoïa, c'est-à-dire qu'il fait en même temps les questions, les réponses, il présente de façon schématique. J'ai dit tout à l'heure, je le dis simplement, que l'indépendance d'une rédaction ça n'est pas forcément l'indépendance de chaque journaliste pris individuellement. J'ai dit tout à l'heure, et je le redis, que l'on voit apparaître maintenant dans les différents médias des techniques de management qui sont empruntées aux techniques capitalistes. Je ne me suis pas prononcé sur la façon dont fonctionne Libération, qui est un média parmi d'autres. J'ai dit tout à l'heure, tout ça monsieur Joffrin qui peut-être l'entendait dans son taxi n'en a tenu absolument aucun compte. Il a dans la tête un petit film qu'il déroule consciencieusement, selon lequel toute critique des médias qui n'a pas reçu l'aval de la profession ou plus exactement de la façon dont monsieur Joffrin prétend représenter la profession, est nulle. Il ne faut pas, monsieur Joffrin, prendre vos interlocuteurs pour des imbéciles.

Guillaume Erner : Mais, au-delà de ça, et je vais laisser répondre Laurent Joffrin, l'invitation n'est pas malhonnête, le fait de venir dialoguer avec la rédaction.

Henri Maler : Ah mais j'en parlerai à mes camarades mais dialoguer avec une rédaction cela ne pose absolument aucune question…

Laurent Joffrin : C'est une idée qui ne vous était pas venue à l'esprit jusqu'à présent, manifestement.

Henri Maler : Mais enfin…

Laurent Joffrin : Vous ne m'avez jamais posé une question !

Guillaume Erner : Laurent Joffrin.

Laurent Joffrin : Vous êtes un procureur…

Henri Maler : [Rires] Extraordinaire !

Laurent Joffrin : Je lis ce que vous écrivez, excusez-moi !

Henri Maler : Vous êtes un psychiatre.

Laurent Joffrin : Non mais, vous êtes un accusateur, un procureur, un critique, comme vous voulez, peu importe…

Henri Maler : Ce n'est pas pareil.

Laurent Joffrin : Donc vous êtes un critique qui ne pose jamais de questions aux gens dont vous parlez, c'est quand même bizarre.

Henri Maler : C'est absolument inexact.

Laurent Joffrin : Mais vous ne m'avez jamais posé de question ! Vous m'avez posé une question déjà, dans votre vie, à moi, pour m'écouter, ce que je pouvais dire ?

Henri Maler : Vous avez dit quelque chose à notre propos qui ne soit pas faux, falsifié, malhonnête, globalisant ?

Laurent Joffrin : Mais vous n'aviez qu'à me poser la question, puisque vous le faites maintenant, 20 ans après, c'est quand même bizarre ?

Guillaume Erner : Il ne s'agit pas d'un débat sur Acrimed ou sur Libération

Laurent Joffrin : Mais si c'est un débat sur Acrimed ! Pourquoi pas ?

Guillaume Erner : Laurent Joffrin, vous qui êtes aujourd'hui à la tête d'un journal, ça n'est pas ce journal en particulier qui est incriminé, mais les médias en général car ceux-ci sont aujourd'hui accusés d'avoir fait le lit du populisme…

Laurent Joffrin : Oui, enfin oui, oui et non, oui.

Guillaume Erner : … est-ce que vous avez aujourd'hui le sentiment d'être, en quelque sorte, responsable d'une montée des populismes, est-ce que vous avez au contraire l'impression, au travers de votre exercice journalistique, de maintenir un certain nombre de digues démocratiques ?

Henri Maler : Excusez-moi…

Guillaume Erner : Laurent Joffrin d'abord, et ensuite vous aurez la réponse.

Henri Maler : Oui mais je voudrais lui répondre quand même.

Guillaume Erner : [Rires] Si on répond à la réponse… Allez-y Laurent Joffrin, et Henri Maler ensuite.

Laurent Joffrin : Est-ce qu'on est responsable du populisme ? En partie oui, parce qu'on fait des erreurs, les médias se trompent, prennent des mauvaises voies, des mauvais angles… oui on a une part de responsabilité je pense. Alors, comment l'analyser, c'est autre chose. D'abord notre pouvoir n'est pas celui qu'on dit. SI on avait autant de pouvoir que ça, l'opinion évoluerait dans le sens qu'on souhaite. Ce n'est pas du tout le cas, manifestement. Par exemple au moment du Traité constitutionnel européen, la plupart des médias, ou des éditorialistes en tout cas, se sont prononcés pour le Traité, et les gens ont voté contre. Comme quoi notre pouvoir n'est quand même pas formidable. Et par ailleurs les gens se méfient des médias, comme vous le savez. Donc c'est difficile de prêter aux médias beaucoup de pouvoir, dès lors que les gens s'en méfient. Si vous vous méfiez de quelque chose, vous ne faites pas ce que vous dit celui dont vous vous méfiez. Autrement, sur la réalité des banlieues populaires, on a peut-être commis des erreurs, mais dans tous les sens. Peut-être qu'on n'a pas très bien entendu, compris, les réactions des populations qui étaient là avant, qu'elles soient d'origine française ou étrangère d'ailleurs, peu importe mais, et qui se sont retrouvées dans des situations très difficiles, et on n'a pas très bien compris cette protestation-là, ou les… ce que les gens appellent maintenant la France périphérique, peut-être qu'on n'a pas vraiment donné la parole à ces gens-là et qu'ils se sentent abandonnés ou, comment dire, méprisés même, à certains égards, par la presse parisienne, pas par la presse régionale mais par la presse parisienne.

Guillaume Erner : Henri Maler, une réaction par rapport à ce que vient de dire Laurent Joffrin.

Henri Maler : Non, je voudrais terminer d'argumenter sur ce qu'il a dit précédemment. Le problème de l'indépendance des rédactions, ce n'est pas quelque chose que l'on juge journaliste par journaliste ou en rendant visite aux responsables de Libération. La question de…

Laurent Joffrin : Pas aux responsables, aux journalistes.

Henri Maler : Et il continue à m'interrompre.

[Rires de Guillaume Erner]

Laurent Joffrin : Mais non mais vous dites…

Guillaume Erner : Laissez parler Henri Maler.

Henri Maler : Le grand démocrate Laurent Joffrin…

Laurent Joffrin : Mais c'est un débat, mais calmez-vous.

Henri Maler : … quel que soit…

Laurent Joffrin : Mais c'est un débat contradictoire, voilà, c'est un direct, on s'interrompt, il faut s'habituer, ce n'est pas grave !

Henri Maler : Mais vous ne faites que cela…

Laurent Joffrin : Mais non, vous aussi !

Henri Maler : Mais vous ne faites que cela…

Laurent Joffrin : Allez-y, parlez, parlez, parlez, parlez, parlez.

Henri Maler : Arrêtez de jouer au roquet, c'est un rôle qui vous va très mal.

Laurent Joffrin : Mais non, mais non. Ne vous inquiétez pas…

Henri Maler : Laissez-moi simplement…

Laurent Joffrin : Allez-y !

Henri Maler : … calmement, sereinement, développer un argument jusqu'au bout, peut-être même une phrase avec une subordonnée, vous vous rendez compte ?

Laurent Joffrin : Ah oui, j'aurais du mal à la comprendre. [Rires]

Henri Maler : [Soupir]

Guillaume Erner : Henri Maler, Henri Maler, regardez-moi et continuez.

Laurent Joffrin : Non mais allez-y, non mais allez-y !

Henri Maler : Si vous voulez savoir ce qu'est l'éditocratie, quelle est l'arrogance absolument insupportable de ses représentants, vous écoutez Laurent Joffrin ce matin. C'est tout ce que j'ai à dire. Maintenant je veux bien parler des sujets que vous abordez, mais je trouve inutile de dialoguer avec quelqu'un qui ne dialogue pas, qui ne discute pas, qui aboie…

Guillaume Erner : S'il vous plait, si vous pouvez par exemple réagir à ce que Laurent Joffrin vient de dire, non pas en vous interrompant mais précédemment, sur la responsabilité des médias dans la montée du populisme.

Henri Maler : Alors c'est un point avec lequel je suis d'accord avec Laurent Joffrin. Les médias ne sont pas tout-puissants. Ils sont beaucoup moins puissants qu'ils ne le disent, que parfois ils le croient, ou qu'ils le laissent entendre. Ils ne sont pas tout-puissants, ça ne veut pas dire qu'ils sont impuissants. Bien sûr, si les médias faisaient l'opinion ou si l'opinion était placée sous le contrôle permanent des médias, et de médias de la Corée du Nord, ça risquerait de provoquer un certain nombre de dégâts. Simplement ils ont des pouvoirs. Des pouvoirs qu'il faudrait distinguer, ce qui prendrait plusieurs heures d'argumentation, et notamment ils ont un pouvoir de problématisation. C'est-à-dire une capacité de dire comment les problèmes doivent être posés, et à partir du moment où de façon convergente, non concertée, mais de façon convergente, la façon dont les problèmes sont posés est relativement homogène, ils ont un effet de légitimation. Et nombre de critiques, de méfiance à l'égard des médias, vient de la façon, est contestée la façon de poser les problèmes. Je termine d'une phrase sur les quartiers populaires. Si on pose les problèmes des quartiers populaires essentiellement, je ne dis pas uniquement, ce serait faux, sous un angle sécuritaire, sous l'angle de comment assurer le maintien de l'ordre, chasser les délinquants, éviter que les voitures s'enflamment, etc., etc., vous êtes sûrs que vous passez complètement à côté de la façon dont vivent les gens dans les quartiers populaires. Dans la presse écrite cela n'est pas homogène, bien évidemment, bien évidemment, mais il y a une façon de poser les problèmes qui est convergente. Je vais citer un exemple : quand monsieur Philippe Val, j'ai cité peu de noms vous voyez, explique que le plus grand danger pour le journalisme c'est le « sociologisme », je suis halluciné. Et quand il explique, je suppose que je vais faire sourire Laurent Joffrin là, qu'il explique que ce qui ne va pas dans la journalisme c'est l'influence d'Acrimed dans les écoles de journalisme, on se demande comment l'ancien directeur de France Inter a pu le rester, avec de telles idées, d'une stupidité sans limite.

Guillaume Erner : Laurent Joffrin, une réponse à ce sujet. Est-ce que vous considérez là aussi qu'il y a en quelque sorte un ferment dissolvant dans cette critique des médias qui est faite par Acrimed, ou au contraire un aiguillon utile à la profession.

Laurent Joffrin : Dissolvant non. Qu'ils donnent leurs opinions, c'est normal. Mais ce qui me frappe, bon je ne les lis pas beaucoup hein, mais j'ai regardé, puisque j'étais invité, c'est… il n'y a jamais rien de bien. Quand vous lisez ce truc-là, il n'y a jamais rien de bien. Tout est euh… critiquable. Enfin, tout est critiquable, par définition, mais la conclusion c'est toujours : c'est pas bien. C'est pas indépendant c'est néolibéral, c'est je-sais-pas-quoi, etc. Il y a… par exemple, depuis un certain temps, la presse a sorti un certain nombre de choses, par exemple sur Fillon, ou sur la Syrie, moi je trouve que c'est plutôt du bon travail, qu'ils ont bien travaillé les gens du Canard enchaîné par exemple, ou les gens de France 2. Ils ont bien fait de faire ça. Bah il faut le dire ! La critique ça ne consiste pas toujours à miner les choses à la base, en disant « voilà, ils sont sous influence, sous la coupe de… ». C'est toujours le même article qui revient quoi, c'est toujours la même chose…

Henri Maler : Que vous n'avez pas lu.

Laurent Joffrin : Si si, j'en ai lu beaucoup, mais j'ai arrêté, c'est toujours la même chose, donc évidemment au bout d'un moment je m'arrête.

Henri Maler : C'est faux.

Laurent Joffrin : Et donc euh, voilà. Il faut faire la… Et il faut quand même aller sur place ! Vous dites non je n'ai pas besoin d'aller sur place. Mais si, il faut aller sur place ! Vous savez il y a un proverbe en journalisme, qui est un peu sarcastique, qui dit « l'enquête est l'ennemi de l'angle ». Ça veut dire que si vous avez un préjugé sur quelque chose, si vous faites une enquête, c'est embêtant parce que vous êtes obligés de changer d'idée. C'est juste un conseil que je leur donne : vous devriez faire ça, dans les journaux, aller voir, vraiment, comment ça se passe. Venez ! Encore une fois, venez voir ! Si on est si évidemment sous la dépendance de quelqu'un, ça doit se voir quand même !

Guillaume Erner : Henri Maler, là aussi pour reformuler ce que vient de dire Laurent Joffrin, est-ce que vous avez la sensation de trouver dans certains organes médiatiques plus d'articles, ou de couvertures qui vous paraissent satisfaisantes ?

Henri Maler : Évidemment oui.

Guillaume Erner : Est-ce que vous pouvez, dans ce cas-là, nous donner des exemples, ou des noms ?

Henri Maler : Nous rêvons depuis plusieurs mois et même plusieurs années d'avoir une rubrique qui s'intitulerait, le titre est une peu long, « un autre journalisme est possible, la preuve c'est qu'il existe déjà ». Le problème, qui échappe totalement à Laurent Joffrin et à un certain nombre de ses confrères…

Laurent Joffrin : Comme tant de problèmes.

Henri Maler : [Silence agacé]

Laurent Joffrin : [Rires]

Guillaume Erner : Vous l'avez un peu titillé, c'était normal.

Laurent Joffrin : Décontractez-vous, c'est un débat démocratique.

Guillaume Erner : Allez-y Henri Maler.

Henri Maler : Ce n'est pas un débat. Ce n'est pas un débat. Un débat cela consiste à échanger des arguments monsieur Joffrin, et donc laisser l'interlocuteur développer…

Laurent Joffrin : Allez-y.

Henri Maler : … et ne pas passer son temps à mordre les mollets de l'interlocuteur quand on n'est pas d'accord avec lui. Il faudra que vous appreniez à être moins arrogant, et à…

Laurent Joffrin : Donc quand on vous contredit on est arrogant.

[Guillaume Erner : Un mot de conclusion Henri Maler.]

Henri Maler : Mais ce n'est pas, ce ne sont pas des contradictions, ce sont des assertions…

Laurent Joffrin : Oui, c'est des piques. Excusez-moi, je suis désolé, voilà, je m'excuse.

Henri Maler : Il a, je le répète, des heures et des heures d'antenne…

Laurent Joffrin : Mais ce n'est pas moi qui ai choisi ça.

Henri Maler : … et dès qu'il a affaire à un interlocuteur minoritaire et minorisé, il essaie de l'empêcher de parler. Il est un concentré de ce qu'il y a de pire dans l'éditocratie. Voilà monsieur Joffrin.

Laurent Joffrin : Voilà. C'était la prémisse, Et on en arrive à la conclusion. [Rires]

Guillaume Erner : Merci à tous les deux, je ne sais pas si l'auditeur s'y retrouvera mais voilà, on a essayé effectivement de proposer un débat sur la manière dont les médias s'intéressent à la démocratie. Merci d'avoir été en notre compagnie, on vous retrouve donc dans les colonnes de Libération et sur le site Acrimed.


[1] Voir la transcription intégrale de la séquence en « annexe ».

[2] Les « Jeudis d'Acrimed » et les « Journées de la critique des médias » notamment.

[5] Ainsi qu'il l'a lui-même reconnu à mots à peine couverts :
- Guillaume Erner : « Il ne s'agit pas d'un débat sur Acrimed ou sur Libération... »
- Laurent Joffrin : « Mais si c'est un débat sur Acrimed ! Pourquoi pas ? »

FRENCH JERKS : Fatal Nunchaku - Bombs, blood and blooms - C.D-rJ’ai pas été...



Fatal Nunchaku - Bombs, blood and blooms - C.D-r

J’ai pas été vérifier sur notre ancien blogspot si on avait déjà posté ce disque, et puis de toute façon quasi tous les liens sont morts. Là on remonte en 2006, date à laquelle les trois toulousains ont sortis ce C.D-R, qui est leur première trace matérielle. Je vous parlerais pas de l’objet en lui même, vu que c’est introuvable (d’ailleurs un.e opportuniste se permet de le vendre 10€ sur Discogs). Niveau musique violente contre le pouvoir c’est tout bon, on est dans la lignée de groupe comme Capitalist Casualties, Hellnation, Spazz, etc… Je sais qu’on retrouve un des membres de ce défunt groupe dans Boom, groupe de la même ville, dans le même style. On se refait pas. C.D-r auto-produit, dans un état d’esprit D.I.Y qui m’a l’air d’être politisé et revendiqué, mais aussi dans l’humour sans prise de tête. Bref bien dans l’imaginaire de ce que peut être de la power-violence des familles.

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Taulard/Ultrademon split 10 »

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Ce qui frappe d’entrée de jeu sur la face Taulard, c’est le son, qui opère un virage à 180° par rapport aux enregistrements précédents. Alors qu’ils lorgnaient vers un certain minimalisme, un peu lo-fi, mettant en valeur le caractère naïf des paroles de Taulard, il s’est épaissi ici, le synthé et la voix sont un peu plus prises dans le mix où basse et batterie se sont musclés. Taulard ressemble presque à un groupe de punk-rock, tout à coup.

Ca fait bizarre, au début. Mais pourquoi pas ? Et, de toutes façons, la personnalité du groupe traverse cette mue sans encombres. On retrouve les textes personnels où le réalisme peut cotoyer la poésie, comme dans « Sombre et inquiet » – le morceau le plus fort du disque, à mon avis, et qui lui donne son titre. Si « Stressé » nous refait le coup du morceau débordant et frénétique, « T’es susceptible » vibre de ces mélodies simples typiques du groupe, un peu sous influence new-wave, pleines d’allant et néanmoins toujours menacées d’une pesanteur sournoise. Toujours entre légèreté apparente et anxiété déclarée.

De leur côté du disque, Ultradémon proposent deux morceaux, alternant mélodies vénéneuses, grooves surfisants décalés et explosions de démence, qui devraient eux-aussi retenir toute votre attention.

Ce disque est disponible pour 5 euros auprès des groupes : Taulard et Ultrademon.


« Ceci n’est pas du sport »

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Camarade Boris Wankovich dans la sympathique voie glaciaire de la cascade de Saix. (Massif des Bornes, Haute-Savoie)

Croyez-le si vous voulez, l’ambition de ce fanzine n’était pas, au départ, de se focaliser sur la scène musicale mais d’inclure aussi régulièrement des articles en rapport avec les activités sportives, de montagne notamment mais pas que. Comme en témoignent certains articles ou interviews déjà relativement anciens.

Ca peut paraître étrange comme idée mais la démarche de ce zine est d’abord d’explorer l’endroit où j’habite et d’en donner à voir certaines choses qui m’intéressent avec un angle personnel. Et puis, on pourrait s’amuser à trouver des points communs : même passion légèrement monomaniaque et même engagement assez radical avec l’élément – le son d’un côté, les élément naturels – glace, neige, rocher – dans l’autre…

Tout n’a pas exactement marché ainsi et c’est très bien comme ça. Mais bon, je pense que toute personne qui a découvert la musique « alternative » dans les magazines de skate – Helmet ou Black flag dans Thrasher, Fugazi ou les Bad brains dans Noway… –  et la façon dont « sport » et musique étaient imbriqués dans cette culture pourra comprendre cette idée un peu absurde.

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Saint-Denis (93): rassemblement pour l’abandon des poursuites contre la famille Benkelfallah

RDV MARDI 21 FEVRIER A 9H

Mme Fatma BenKelfallah doit se présenter devant l’adjoint du procureur mardi 21 février (à 9h, au 16 allée des boucheries, à Saint-Denis) car elle est accusée d’avoir occupé un logement vide : pour avoir voulu se loger par ses propres moyens, elle risque des poursuites judiciaires.

En réalité, Fatma et sa famille sont victimes de mal logement et frappent à toutes les portes depuis plus de 2 ans pour obtenir un logement décent près de l’école Louise Michel à Saint Denis où sont scolarisés leurs enfants.

La Mairie, les élus, le CCAS et le 115 n’ont pas apporté de solution réelle à ce jour. La préfecture à été condamnée par la justice et la famille Benkelfallah est reconnue prioritaire DAHO (droit à l’hébergement opposable), le 115 les chasse de chambre d’hotel insalubre en chambre d’hotel insalubre. Après avoir été hébergés à l’hotel du Parc aux Francs-Moisins, ils ont dû déménager au Blanc-Mesnil à plus de 2 heures de trajet de l’école.

L’Etat ne réspecte pas la loi, laisse des milliers de personnes sans réponses, sans toit, et les pousse à choisir des solutions extrêmes ou illégales.

Nous sommes solidaires de Fatma et lui apportons un soutien total. Son action est légitime. Nous réclamons l’abandon des poursuites, et que la justice laisse la famille Benkhelfallah en paix.

Il est temps que la mairie et la préfecture prennent leurs responsabilités : un logement proche de l’école et décent pour Fatma, son mari, ses enfants et toutes les familles mals logées en Seine-Saint-Denis !

RASSEMBLEMENT MARDI 21 FEVRIER 2017 A 9H A SAINT DENIS
DEVANT LA MAISON DE LA JUSTICE ET DU DROIT
située au 16 rue des boucheries

[Publié le 19 février 2017 sur le blog de l’Attiéké.]

Contre-Choc : Contre-Choc - ACTU (19 02 2017)

12/02/2017

Missratched - Synanthropie (LP)

Il est arrivé par la punk poste... le premier album de Missratched, groupe punk lyonnais un peu mélodique et beaucoup véner, emmené par Fleur (ex Mon Dragon).
L'artwork est sublime, il est signé Ivan Brun.

On le trouve bien évidemment sur LaDistroy ! Et si vous êtes disquaire, ou que vous avez une distro, et que vous voulez proposer ce superbe album, rendez-vous sur le nouveau site "pro" de LaDistroy, www.ladistroy.pro

J’ai des ennuis judiciaires, Je suis beau, j’ai un bel ego ou la viduitude d’une campagne

L’expression « on a les politiques que l’on mérite » ne s’est probablement jamais mieux justifiée que pour cette campagne présidentielle. On avait bien noté que depuis François Mitterrand, le niveau baissait à chaque élection, pour finir en apothéose avec Nicolas Sarkozy, probablement le président le moins cultivé de la Vème république. Mais là, en 2017, c’est le pompon. 
A ma droite (dure), François Fillon, incapable de placer une proposition depuis trois semaines. Ses ennuis judiciaires accaparent toute l’attention des médias. Toute déclaration du candidat Les Républicains est immédiatement comparée aux salaires versés à sa femme et à ses enfants. Elles perdent immédiatement tout leur sens et deviennent un révélateur de sa duplicité. A tel point que personne ne se sent obligé de rappeler, ce qui serait utile, que François Fillon a surtout été l’homme qui a mis en musique et appliqué les actions délirantes de Nicolas Sarkozy. Le premier ministre qui a laissé la plus grosse dette de ce pays. Une augmentation jamais enregistrée en si peu de temps. La situation de François Fillon est tellement désespérée qu’il en est réduit à faire du Sarkozy, c’est à dire à multiplier les déclarations fracassantes qui provoqueront des débats sans fin tant elles sont délirantes. Pendant la guerre froide, les services de renseignement russes appelaient cela une Maskirovka.Rien de neuf sous le soleil, donc.
A ma droite (extrême et hystérique), on aligne les contrevérités (ça à marché outre-Atlantique, pourquoi pas ici) et l’on fait comme si l’on avait rien vu, d’autant que pour l’instant, la presse ne s’énerve pas trop sur le sujet. Le sujet ? Le même que celui de François Fillon. Des centaines de milliers d’euros payés par le contribuable qui ont fini dans les poches d’assistés parlementaires (désolé, on sort). Notamment son garde du corps qui en plus de la protéger d’on ne sait quoi, l’assistait parlementairement parlant.
A ma droite à nouveau (si, si), Emmanuel Macron. On nous glisse dans l’oreillette qu’en dépit de deux mois de quête effrénée, Indiana Jones n’a toujours pas trouvé le programme du candidat. A tel point que lorsque l’émission Quotidien de Yann Barthès interroge les groupies assistant à un meeting sur les propositions de leur candidat, elles ne trouvent rien de mieux que de dire qu’il est beau ou que c’est une rock star. 
Enfin, à ma (presque) gauche, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se disputent le titre de meilleur représentant de la gauche. C’est moi qui doit y aller, tu dois me rallier. Non, c’est toi. Non toi. Si tu le fais pas on va perdre. Non, c’est l’inverse. Non…
En d’autres termes, la campagne pour les présidentielles se réduit à des ennuis judiciaire, une belle gueule (selon les militants) et à des problèmes d’ego. 
Ce qui est fascinant, c’est que les Français se contentent de cela et qu’ils acceptent tout de même d’aller voter. N’ont-ils rien appris au fil des élections ? Ces hommes et femmes politiques professionnels n’ont qu’un but : accéder au pouvoir. Pour régler leurs problèmes (Chirac, Sarkozy), pour renvoyer des ascenseurs (Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy), pour mieux trahir leurs promesses électorales (Hollande, pour ne citer que le plus emblématique). 
Ce système ne perdure que parce qu’il y a encore des gens pour aller voter. Sans votants, pas d’élus. Et inutile de croire qu’en élisant un homme providentiel, le système sera défait. Il n’existe pas un tel politique.

[release] MissRatched, "Synanthropie"

Missratched - Synanthropie (LP)

Cette pochette sublime signée Ivan Brun est celle du premier véritable album de Missratched, groupe punk de Lyon emmené par Fleur (ex Mon Dragon). Missratched fait dans le punk véner tout en gardant une touche mélodique (qui n'est pas sans rappeler La Fraction), et sort son album "Synanthropie" notamment chez Contre-Choc (et Zone Onze, Bisounours prod, Keponteam).

 

Les infos utiles :
Vous pouvez écouter l'album sur la page Bandcamp du groupe et aussi >ici<, sur le site de Contre-Choc.
Vous pouvez l'acheter auprès du groupe évidemment, chez nos camarades des distros (l'album devrait commencer à se diffuser), et dans nos bacs.

Infos distros :
Et si vous êtes disquaires ou que vous avez une liste de distro... n'hésitez pas à passer sur le site "pro" de LaDistroy et à vous y inscrire pour choper les prix distro. Et sinon les échanges sont comme d'hab, les bienvenus.

La séance du dimanche : « Les Misérables » /Ladj Ly

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« Les Misérables » de LAdj Ly vient de remporter le prix CANAL+ au Festival de Clermont-Ferrand. Possibilité de le regarder encore 48h.

Sig-Sauer à la ceinture et Tonfa à la main, Pento vient d’intégrer la brigade anti-criminalité de la Seine-Saint-Denis. Au contact de ses deux coéquipiers, il développe des méthodes particulières.

Critique: « Les Misérables met en scène une équipe de la brigade anti criminalité, le temps d’une journée de violence quotidienne. C’est le baptême de feu pour Laurent, baptisé Pento par ses co-équipiers de la Brigade Anti Criminalité (BAC) de Seine-Saint-Denis (93). Le temps d’une journée  dans la cité des Bosquets à Montfermeil, Pento va s’initier à l’art de la « vraie interpel’ ». Mais le rite de passage tourne au drame. Ici, la violence commence dans la voiture de la BAC, un huis clos dans le huis clos. Nerveux, inquiétants, à l’affût d’une interpellation qui calme leurs ardeurs zélées, les co-équipiers se parlent mal. Alors forcément, quand ils sortent de la voiture avec flashball, matraque télescopique, SIG-Sauer et Tonfa, ils parlent encore plus mal aux habitants de la cité « – Tourne-toi, mets-toi droit, enlève tes chaussures, enlève ta capuche. » Au gré du rodéo, la cité se métamorphose : grand ensemble, labyrinthe, souricière… Et la « vraie interpel’ » finit par arriver, dans les règles de l’art : contrôle au faciès, course poursuite et coups portés au corps d’un mineur menotté au sol, derrière des poubelles. Des coups portés par Pento, désormais initié à « l’esprit BAC ». « L’esprit BAC », c’est … dire à une adolescente de 15 qui fume du shit : « – C’est l’état d’urgence si je veux j’ai même le droit de te mettre un doigt dans le cul ». » Harcelé pendant plusieurs heures par ses co-équipiers, « – Qu’est-ce qu’y a ? T’es pédé ? T’as pas l’esprit BAC, tu bouges ! », Pento est donc passé à l’acte. »

http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/8vk5qu.DGT/les-miserables-le-film-choc-de-ladj-ly-sur-les-violences-policieres.html

Grenoble: rassemblement samedi 18 février au parc Paul Valmy en soutien aux personnes à la rue ou en cours d’expulsion

Communiqué de presse de l’Assemblée des locataires, mal logé·e·s et sans logement

Face à l’indignité, appel à l’action fraternelle :

Le 18 février à 15h au parc Valmy : demandeurs et demandeuses d’asile, locataires, mal logé·e·s et sans logements, rassemblons-nous !

En Isère, au mois d’octobre 2016, c’est environ 4 000 personnes qui étaient à la rue ou en habitats très précaires. En janvier c’est seulement 275 places d’hébergement hivernal qui étaient ouvertes, la préfecture déclare pour se dédouaner de ce nombre trop faible avoir affaire à des mairies pas toujours favorables. Lorsque les températures sont descendues en dessous de -11° c’est seulement 205 places en gymnase qui s’y sont ajoutées. De fait, aujourd’hui de plus en plus de personnes sont à la rue que ce soient des hommes, des femmes, des personnes âgées ou malades ou des enfants. Pourtant à Grenoble on compte plus de 10000 logements vacants.

Comme si les personnes sans logement n’étaient pas assez stigmatisées, les pressions continuent : la police municipale harcèle chaque jour des personnes à la rue, de nombreuses tentes ont été détruites cet hiver. Mais dans quel recoin de Grenoble la mairie conseille-t-elle de s’installer ?

Nous rappelons que la loi prévoit que toute personne sans logis en situation de détresse doit être hébergée, puis orientée vers un relogement, un hébergement stable ou une structure de soin. Nous rappelons aussi que les lois obligent l’accueil des demandeurs d’asile, par la France dans son préambule à la Constitution de 1946 :

« Article 4. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République. »

« Article 10. La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. »

L’État et le Conseil Départemental, pour les mineurs ou familles avec enfants, bafouent ces droits.

Les loyers démesurément élevés et l’augmentation du prix des charges étouffent les locataires forcés parfois de choisir entre manger, se chauffer ou payer le loyer. La menace de la rue, l’impossibilité de se projeter, sont le quotidien de nombreuses personnes et des familles. La fin de la trêve au 31 mars est une perspective morbide pour nombre d’entre nous, dans la peur de l’exécution des jugements pour expulsions sans relogement préalable ou dans l’attente d’une coupure d’électricité.

Mais ce n’est pas tout, la trêve hivernale ne protège ni les occupants d’hébergements, ni les étudiants en résidence, ni les occupants sans titres. À ce jour, les pressions relatives aux expulsions sont plus présentes que jamais. Par exemple, sous les ordres de la préfecture, les associations hébergeuses soucieuses de gérer le rendement des places d’hébergement, expulsent les occupant·e·s en les assignant au tribunal ou parfois plus simplement en brandissant la menace d’une obligation de quitter le territoire.

Face à cette situation insupportable, nous assemblée des locataires mal logés et sans logements, adressions le 6 janvier 2017 par fax une lettre à l’intention des pouvoirs publics (communes, intercommunalité, préfecture, sénateurs et députés) demandant la mise en place d’arrêtés municipaux contre les expulsions domiciliaires sans relogement. En retour un silence assourdissant fait écho, seul le conseil municipal de Grenoble a pris position : un refus net en rejetant la responsabilité sur l’État…

Pour que les personnes à la rue ou qui vont s’y trouver, puissent s’organiser et sortir de l’isolement, nous appelons à une large mobilisation à l’endroit même où en décembre dernier un campement avait été « nettoyé » : au parc Valmy.

Un toit c’est un droit !
Application de la loi de réquisition !
Pas d’expulsion sans relogement !

Contact: assembleelogement@@@riseup.net

[Publié le 17 février 2017 sur Indymedia-Grenoble.]

Mise à jour du 18 février 2017 : On nous signale l’installation d’un campement au parc Mistral, qui aurait besoin de nourriture, de gamelles, de vêtements, de couvertures, de tentes, et de plus de gens.

Keep the rage : Keep The Rage #204 - Vendredi 17 Février - Playlist et podcast

Keep The Rage #204 - Vendredi 17 Février - Playlist et podcast
Playlist:

01 - E.ONE (Première Ligne) -  En paix - ( William Blake - 2017)
02 - FIRE WALKER - Darken My Door - ( démo - 2016)
03 - HENRY FONDA - Front Antinational - (Front Antinational - 2017)
04 - S-21 - Brass Gavel - ( démo - 2016)
05 - FAKE OFF - Taïga - (Boreal - 2016)
06 - MISSRATCHED - épicène - ( synanthropie - 2017)
07 - THE DESPONDENTS - Gotta Get Away (England Sucks) (The Despondents - 2016)
08 - 8°6 CREW  - Lion en cage - ( Working class reggae - 2017)
09 - SAINT GEORGES B - Quand on est skin - ( Nos Années Chaos - 2005)
10 - THE HEADLINERS-  Will You Bring Joy - ( Self love affair - 2016)
11 - MON AUTRE GROUPE - L'Eglise + Les Dents + Les Vers (Omega - 2017)
12 - P.M.S - P.M.S. - ( démo - 2017)
13 - SEX PRISONER - Church Key - (Tannhauser gate - 2016)
14 - LOS FASTIDIOS - No Borders No Walls - ( The Sound Of Revolution - 2017)
15 - AGNOSTIC FRONT - Police Violence - (The american dream died - 2015)
16 - SKASSAPUNKA - Hashtag la Victoria - ( Rudes Against - 2017)
17 - GENERAL LEE - Fuel Injected Suicide Machine - (Knives out, everybody! - 2015)
18 - EMMA PILS  - Partir - ( LP - 2015)
19 - DAMPNESS - State Of Orphans - (Split w Hekata - 2016)
20 - PARASYTES - Out On The Streets - ( split Ep avec secta - 2016)
21 - BOLT THROWER - Cenotaph - (War master - 1991)
22 - SECTA - No Religion - ( split Ep avec PARASYTES - 2016)
24 - Angelic upstarts - Live in yugoslavia - (1985)

Pour télécharger le podcast, cliquez sur l'article.

France socialiste

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http://www.huffingtonpost.fr/2017/01/08/medecins-sans-frontieres-accuse-la-police-de-confisquer-leurs-couvertures-aux-migrants-a-paris/

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http://www.lexpress.fr/actualite/societe/centre-humanitaire-apres-les-grilles-des-pierres-pour-dissuader-les-migrants_1878638.html

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http://www.20minutes.fr/paris/2015651-20170216-paris-autorites-recadrent-distribution-nourriture-migrants-pres-centre-humanitaire

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FRENCH JERKS : Riposte - Feed The Maggots - CassetteJe me rend compte que je...



Riposte - Feed The Maggots - Cassette

Je me rend compte que je suis vraiment pas bon pour l’auto-promotion. Je vous causais de ce groupe y’à déjà quelques mois. J’étais vraiment curieux de découvrir le groupe en live, ce qui a donné lieux à des rencontres humaines, en prime de ça. Le pire c’est qu’il faut même que je fasse la vaisselle du bassiste à mes heures perdues dorénavant. Trêve d’affinités, trêve de pseudo-gossip. Avec notre label on a sortit cette cassette, leur deuxième, y’à pas mal d’autres label sur le coup, dont I Feel Good et les copains de Paris. Je sais pas quoi vous, dire, le groupe joue vite, fort, bien et sait où il veut en venir avec la musique. Pas de grand speech, pas de quoi faire une thèse de philosophie politique, juste un exutoire. Le reflet de nos vies, angoissantes, et maladroites parfois. Clairement, c’est dans la veine d’INFEST. Voilà je vend bien le truc. Il me reste quelques cassettes. nox.morveux arobas riseup point net ou eterneldetour etc…

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Livre du samedi : 100 portraits contre l’état policier / Cases Rebelles

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Le livre « 100 portraits contre l’état policier » du collectif Cases rebelles vient de paraître aux éditions Syllepse.

« Ce petit travail de contre-histoire autour de portraits a été initié à l’occasion d’une commémoration en juin 2016, celle de la mort de Lamine Dieng tué par la police le 17 juin 2007. Il s’agissait pour nous d’associer dans un même espace-temps 100 victimes de la police, de la gendarmerie, de la prison, 100 victimes selon nous de la violence d’Etat.(…)Nous avons modestement essayé de faire qu’il soit un outil parmi tant d’autres pour une éducation populaire. »

« Ce que nous attendons des portraits ? Sans doute qu’ils interpellent. […] Des peintures murales politiques et culturelles chicanas ou irlandaises, en passant par le graff qui honore traditionnellement ses morts en les peignant dans la rue, le portrait des défunts réaffirme leur place et leur présence dans la communauté, leur empreinte sur elle. Il dit l’amour, le refus d’oublier et le désir de faire avec les morts. Ceci veut aussi dire, agir en conséquence. Garder vivant le souvenir de ces existences précieuses nous engage à la lutte, nous rappelle à notre devoir de vivant·es qui est de lutter pour la vérité et la justice pour celles et ceux parti·es.
L’art populaire, militant, de l’affiche on le retrouve dès les premières mobilisations des populations non-blanches en France pour Mohamed Diab en 1972 ou Malika Yazid en 1973 par exemple. Les marches contre les crimes racistes et sécuritaires ont elles aussi très rapidement intégré des portraits brandis des victimes. […] Ces portraits réaffirment aussi le caractère sacré de la vie, bafoué par la mort brutale. Ces vies volées ne sont pas seulement les symptômes d’une violence d’État : il s’agit d’individu·es qui avaient des rêves. Des personnes sensibles qui étaient aimables et aimées. Et ces morts auraient pu être évitées. »

Ce livre rend visible le flux permanent de personnes qui meurent victimes de l’État policier français de 1947 à aujourd’hui.
Elles ont été étouffées, abattues, percutées, battues à mort, lors de contrôles, d’arrestations, d’expulsions, de mouvements sociaux ou de manifestations, par les forces de l’ordre. D’autres encore sont mortes en prison.
Les auteur-es s’emparent de la forme du portrait militant, hérité de l’art mural, du graff, d’artistes comme Emory Douglas, et réactivé dans les mouvements actuels contre les violences policières aux États-Unis, par Oree Originol notamment.
Le dessin rompt avec la froideur clinique de la liste des morts. Sous forme d’affiche, il est une tentative de reprendre la rue et ses murs.
Le récit des circonstances et des suites judiciaires permet de saisir comment toutes ces petites histoires, souvent tombées dans l’oubli, forment la grande Histoire de la domination policière en France et son caractère à la fois de classe, raciste et colonial.
Les dessins se veulent aussi porteurs d’amour pour les victimes et de solidarité pour leurs proches.

adama

De qui François Fillon est-il le prête-nom ?

fillon-explicationsAutour des articles du Monde Diplomatique de Février 2017 :
De qui François Fillon est-il le prête-nom ? : Qui soutient l’irréprochable François Fillon ? Quels réseaux  ? : Les riches, anciens et nouveaux : Financiers, banquiers, industriels… et catholiques intégristes…

USA : Trump : L’Amérique d’abord.

USA : Au Pentagone, la peur pour carburant.

Cet article De qui François Fillon est-il le prête-nom ? est apparu en premier sur Polémix et la voix off.

la Justice pille leurs casiers judiciaires pour l’exemple

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Relai des comptes-rendus du Comité de Soutien Juridique, qui appellent à soutien financier dans une Cagnotte pour les inculpés du 93 et leurs familles.
Les autres textes, qui retracent l’ambiance au tribunal de Bobigny depuis le début des révoltes : l’embuscade du TGI de Bobigny, les embuscades continuent au trib’, les peines brûlent au tribunal.

Mardi 14 février, la Justice ne lâche pas le morceau, et c’est au tour de 5 jeunes des quatre coins de l’Île-de-France (91/93/95) de passer dans le box. Ils ont tous été interpellés le soir du 11 février, pendant les révoltes qui ont suivi le rassemblement de soutien à Théo et à toutes les victimes des violences policières à Bobigny.

Remettons les choses dans leur contexte concernant cette soirée : aucun transports ne circulaient en direction de l’Est du 93. Certains bus étaient déviés bien loin de leurs arrêts habituels ou ne circulaient tout « simplement  » pas, ce qui a forcé des centaines de personnes à rentrer chez eux à pied. Sur le chemin, une immense chasse à l’homme s’est orchestrée de Boboche à l’Est du département : les flics prenaient en chasse les groupes qui tentaient de quitter Bobigny, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc pleuvaient dans tout les sens. Des scènes d’une grave violence qui ne provenait, pas des jeunes comme les médias et la Justice s’efforce à faire croire, mais bien de la police et de la BAC (« Brigade Anti Criminalité « ).

C’est lors de cette chasse à l’homme, dont certains d’entre nous ont été témoins, que les 5 jeunes se sont fait interpeller dans les alentours du pont de Bondy (à environ 15 minutes de Boboche à pied). Ils sont tous accusés d’avoir participé au pillage du Décathlon de Noisy-le-Sec donc de « vol en réunion « . Le parquet compte bien leur faire payer des faits commis à plus de 300 personnes ce soir-là.

Quelques questions donc : comment peut on leur imputer la responsabilité de « vol en réunion  » alors qu’ils ne se connaissent pas, et comme pour mercredi dernier, ils se sont fait interpeller chacun à des endroits différents. Les 2 premiers se sont fait interpeller au niveau du MacDo de Bondy, le 3ème dans le Décathlon même (on peut féliciter les vigiles de collaboration, ‘faut pas qu’ils s’étonnent si ils se prennent des patates après, non ?),  le 4ème à été arrêté au niveau de l’arrêt « Pont de Bondy  » du bus 105, et le dernier au niveau de l’avenue Aristide Brillant sur la N3.

« Ils arrêtent tous le monde, ne font aucune différence » déclare l’un d’entre eux.

Seul 3 d’entre eux avaient des produits dits « volés  » sur eux lors de leur interpellation et seul l’un d’entre eux a été semi-reconnu par la vidéo-surveillance. De plus, un des cinq jeunes à eu deux jours d’ITT, après avoir été touché par un tir de flashball à la jambe.

Presque tous ont un casier vierge (sauf un, pour un vol d’il y a 10ans…). Ils sont en formation, en BTS ou en CAP. On se répète, mais c’est toujours la même histoire : aucun d’entre eux ne pouvait prouver ses dires, car ils n’avaient pas de garanties de représentation, sauf un (merci les potes présents).

La colère des avocats de la défense gronde alors dans le tribunal. Ils parlent de « prise d’otage de la défense ».

Les 3 avocats réclament la nullité, pour faute de dossier incomplet et parce que l’OPJ a signé les PV de fin de GAV exactement à la même heure pour 3 d’entres eux. Il manquait pas mal d’infos dans les dossiers transmis à la défense (2 pdf sur 8) et les avocats n’auront accès aux dossiers complets qu’entre midi 30 et 13 heures, soit moins d’une heure avant le début des CI (comparutions immédiates).

« Ce jugement n’est pas légitime  » affirment les avocats de la défense. La procureure, qui est toujours là pour les grosses affaires de révoltes, rappelle encore une fois son amour pour l’ordre public et les policiers, elle affirme à demi-mots son envie de faire des exemples – comme mercredi dernier – tout en affirmant que les avocats de la défense sont malhonnêtes et qu’elle non plus n’a pas eu les dossiers complets à temps pour pouvoir les travailler.
Alors pourquoi elle tient à ce point là à les juger ?!

Craignant la détention, les avocats de la défense optent pour une comparution immédiate sachant que certains avaient une carte de séjour et qu’un autre était sans domicile fixe. Comme a leur habitude, les juges demandent au cinq le pourquoi de leur présence ce jour là. L’un d’entre eux lui répond tout simplement :

« Je viens du 93, je vis les violences policières, moi aussi je me suis déjà fait frapper, j’étais là car je comprends et soutien Théo ».

Chacun leur tour, ils expliquent leur version des faits : certains ne faisaient que rentrer chez eux, d’autres ont trouvé des affaires par terre et les ont ramassées, ou encore certains ont expliqué qu’ils avaient eu la chance de participer à la distribution de produits dans la rue. L’un d’entre eux affirme : »Je n’ai pas volé le pantalon, je l’ai trouvé par terre et je l’ai ramassé. »

« Je ne suis pas rentré dans le Décathlon, des gens distribuaient des doudounes et on m’en ont donné une » explique le 3ème.

Celui qui a été retenu par les vigiles affirme qu’il a suivi les gens dans un effet de groupe, et que c’est après coup qu’il s’est rendu compte qu’il était dans le magasin.

Les juges refusent d’écouter tout discours qui fait le lien entre les révoltes et l’affaire de Théo.

On commence à se rendre compte que la réquisition du procureur et toujours la même, qu’elle l’adapte juste aux affaires. Elle s’acharne à dire que le soutien à Théo est juste un prétexte pour taper du flic.

C’est plus tard qu’un des potes des prévenus nous fait remarquer qu’elle a utilisé exactement la même phrase que Marion Maréchal Le Pen, en nous montrant l’article en question sur son téléphone : « Regardez,  j’ai trouvé de qui s’inspire la procureure ! En plus elles ont la même coupe de cheveux ! »

C’est pas nous qui iront le contredire. La procureure continue son monologue, en expliquant qu’elle ne comprend pas pourquoi les gens iraient voler des produits pour ensuite les donner. Il faut croire que les mots Solidarité et Partage ne font pas partie de son vocabulaire. Au delà de ça, certains sont sûrement sortis du Décathlon avec du surplus et en on fait profiter leurs potes, d’autres ont dû avoir peur et ont lâché leur butin sur le chemin.  Y a quoi de si étonnant là-dedans ?!  Sérieux on voit pas…

Elle soutient qu’affirmer que les articles volés dans le Décathlon aient été « gratuits et distribués » est un mensonge, et que quand bien même, la gratuité ne fait pas la légitimité. Elle essaie de faire pleurer dans les chaumières en racontant que les vigiles qui ont été frappés ne portent pas plainte. C’est raté, la salle à rit (elle veut qu’on leur offre une médaille pour avoir fait les bon chiens de garde ou c’est comment ?).

Alors que c’est leur première fois au TGI, la procureure demande 10 mois ferme avec mandat de dépôt (mais on va nous faire croire qu’après son réquisitoire et sa demande, il n’y a aucune volonté de faire un exemple).

L’ambiance dans la salle était déjà bien tendue, et à ce moment là, les soutiens étaient sur le point de craquer. A l’annonce de la demande du procureur, le ton monte dans la salle. Nous avons rappelé aux amis des prévenus qu’il fallait qu’ils prennent sur eux, qu’ils sont là pour soutenir leur pote et pas prendre leur place.

Nous rappelons que nous sommes là pour soutenir et essayer d’assurer la sécurité des gens au tribunal, tout le monde ne sait pas qu’on peut finir en GAV juste pour avoir crié dans la salle. Rajoutons à ça le fait que les flics sont dans la provocation et que ceux de cette salle sont les pires du TGI.

Pour un simple « waw ! « , la salle s’est vu octroyer 7 flics en plus. Pour avoir sorti son téléphone, M à été entouré par 6 flics et viré de la salle à deux reprises. La 2ème fois, il se fait sortir du TGI, ce qui ne la pas empêché de revenir une heure plus tard, en notre présence.

Une précision : les élans militants pour foutre le bordel dans un tribunal ne servnt pas du tout ni les prévenus ni leurs familles, et met en danger les soutiens.
Nous ne rappellerons jamais assez que la répression vécue par les militants parisiens est très loin d’être au niveau de celle vécue par les jeunes racisés du 93.

Après 5 heures d’audience vient le délibéré qui va lui même durer 45 bonnes minutes. L’un des avocats de la défense, exténué, est en stress pour son client. La famille et les amis aussi. Tous le monde essaie de se calmer à sa façon.

La juge qui présidait était la même que jeudi dernier. A son habitude, elle leur à fait une leçon de morale tout en leur criant dessus, pleine de maternalisme poisseux, avant d’annoncer son verdict : elles refuse la nullité du procès demandé par les avocats de la défense et requalifie les faits de « recel » pour l’un des prévenus. 

Les 5 sont reconnus coupables (requalification de « vol aggravé  » pour 4 d’entres eux, sauf celui qui s’est fait péter pour recel). Ils sont condamnés à faire 210 heures de TIG, ont l’obligation de trouver un taf ou une formation, et si ces deux conditions n’étaient pas réunies, ils risquent tous les cinq 8 mois de prison ferme d’emprisonnement.

Notons qu’évidemment, le Décathlon porte plainte. L’affaire n’est donc pas finie et 4 d’entre eux sont convoqués en Juin pour le procès au civil, cette fois.

 

Mise à jour du 17/02/2017 : Nous avons appris que le parquet a décidé de faire appel sur la décision du Juge aujourd’hui. Nous y voyons clairement une volonté politique de mettre la jeunesse du 93 en prison, de faire des exemples, et de faire bien plus que de salir le casier judiciaire de ces jeunes, qui est déjà un énorme handicap pour trouver un boulot quand on a un nom « pas français  » et qu’on à un code postal que la plupart des employeurs assimilent aux bas-fonds pouilleux de la République, grâce au fantasme alimenté par les médias et la classe politique sur les quartiers populaires.


Pour les contacter : comitedesoutienjuridique@riseup.net

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NEFASTE – Faut que ca change

Un tabloïd allemand invente des agressions sexuelles commises par des réfugiés

Le 6 février, le tabloïd allemand Bild (qui édite à plus deux millions d'exemplaires) publiait un article racontant des agressions sexuelles commises en groupe par des réfugiés en état d'ébriété, à Francfort la nuit du Nouvel An. L'article citait plusieurs témoins, employés et patron d'un bar, décrivant ces présumées agressions.
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Qui cherche à museler la liberté de la presse ?

Nous publions un communiqué du SNJ-CGT (Acrimed).

Après François Fillon, qui fait huer la presse dans ses meetings, parce qu'elle révèle les affaires très lucratives du député Les Républicains et de sa famille, la police tombe à bras raccourcis sur la presse.

Mardi [14 février] sur France Inter, la secrétaire générale du syndicat national des commissaires de police, Céline Berthon, a laissé planer des menaces sur notre consœur Rosa Moussaoui, grand reporter à L'Humanité, à la suite de son article de la veille évoquant « le trouble passé judiciaire du commissaire d'Aulnay-sous-Bois ». Elle y révélait la précédente condamnation, en 2008, de ce policier qui dirige les agents poursuivis pour le viol présumé de Théo : il avait écopé de dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis et un an d'interdiction professionnelle pour des faits similaires.

La journaliste n'a fait que son travail. Céline Berthon trouve le procédé « dégueulasse » et estime qu'il s'agit d'une « mise en danger de la vie d'autrui » [1]. Mais enquêter, recouper des informations par ailleurs publiques (le nom du commissaire, comme sa condamnation, avaient été en leur temps donnés par les médias) est l'essence même de notre métier. À L'Humanité, elle est même inscrite au cœur de l'ADN du journal : « C'est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde », écrivait son fondateur Jean Jaurès dans le premier éditorial du quotidien, le 18 avril 1904.

En remettant en cause cette liberté qui est la nôtre et constitue un des piliers de la démocratie, qui plus est, sans contradiction à l'antenne d'un service public d'information, c'est à la liberté d'informer, à la liberté de la presse que s'attaque la fonctionnaire de police. A travers notre consœur de L'Humanité, c'est à tous ceux qui ont relayé cette information que s'adresse cette menace. Le SNJ-CGT apporte tout son soutien à Rosa Moussaoui et appelle la profession à continuer à faire son métier honnêtement, au service du public.

Le 15/02/2017


Source : site du SNJ-CGT


[1] La citation complète de la commissaire est la suivante : « Nous mettons en garde ceux qui se livrent à ce type de procédés aujourd'hui sur le fait qu'ils sont dans une mise en danger de la vie d'autrui » (note d'Acrimed).

Quand l'avenir de l'humanité dépend d'un doughnut, symbole d'un « espace juste et sûr » pour tous

L'avenir de l'humanité dépend-il d'un doughnut ? C'est à partir de cette image d'une viennoiserie américaine que l'économiste Kate Raworth explique le lien intrinsèque entre inégalités sociales et limites environnementales. Avec l'objectif d'assurer un bien être minimal à l'ensemble de l'humanité sans franchir les seuils physiques et écologiques – dérèglement climatique, disparition de la biodiversité, pénurie d'eau potable… – qui la mettraient en danger. « Le défi est aujourd'hui de repenser l'économie de sorte (...)

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Bruxelles: manif le 21 mars 2017, un logement pour toutes et tous !

A Bruxelles comme ailleurs en Belgique, les problématiques liées au logement sont de plus en plus importantes. Les loyers ne cessent d’augmenter poussant les locataires à consacrer une part toujours plus importante de leurs revenus. Le loyer moyen est passé de 346€ en 1992 à 695€ en 2013 et rien qu’entre 2004 et 2013 le loyer moyen a augmenté de 20%… Rappelons également que le revenu mensuel d’un.e isolé.e au CPAS est de 860€ tandis que celui d’un.e isolé.e touchant des allocations d’insertion du chômage est de 760€, la recherche d’un logement devient dès lors un véritable parcours du combattant. Sans compter nombre de propriétaires véreu.×.ses qui refusent de louer à des allocataires du CPAS ou du chômage et ceux-celles qui n’hésitent pas à louer des logements complètement insalubres à des prix exorbitants sachant très bien que leurs locataires n’oseront pas se plaindre de peur de ne plus retrouver de logements.

Le nombre de SDF a lui aussi fortement augmenté (on estime cette augmentation à plus de 33% entre 2010 et 2015 allant jusqu’à atteindre 5.000 personnes. Pendant ce temps le nombre de logements vides serait compris entre 15.000 et 30.000 ce qui représente de 3 à 6 logements laissés à l’abandon par SDF dans la capitale. S’il y a des SDF ce n’est donc pas dû à une fatalité mais bien à une volonté politique de mettre la propriété privée au-dessus du droit au logement. La spéculation immobilière joue un rôle prépondérant dans ce nombre élevé de bâtiments abandonnés. En effet, en laissant volontairement des logements inoccupés, les gros.ses propriétaires rendent l’offre virtuellement plus faible que la demande ce qui engendre… une hausse des loyers !

La situation dans les sociétés de logements sociaux n’est guère meilleure. La mauvaise gestion et le manque de volonté politique font que bien des logements publics restent eux aussi à l’abandon pendant que près de 50.000 ménages restent sur des listes d’attente, parfois pendant de nombreuses années. Dans certains quartiers cette situation désastreuse saute aux yeux comme par exemple à la Roue à Anderlecht où plus de 80 logements sont murés et laissés à pourrir. La cité-jardin du Floréal à Watermael-Boitsforts où le nombre de logements abandonnés atteint le chiffre faramineux de 164. Ces sociétés de logements publics n’hésitent pas à expulser les locataires qui ne peuvent ou ne veulent plus payer et sont bien souvent plus expéditifs que les propriétaires privés à virer les squats.

Face à cette situation nous n’attendons rien de l’État. Ses réponses restent toujours les mêmes : répression, contrôle et mesures médiatiques ridicules. Les procédures d’expulsion de squats et de locataires sont de plus en plus expéditives. Des projets de loi visant à criminaliser les plus pauvres en punissant le squat sont régulièrement remis sur le tapis ces dernières années. Autre exemple : la loi Onkelinx de 1993 permettant aux bourgmestres de réquisitionner les logements vides n’a presque jamais été appliquée et ce n’est pas la réquisition avec un but purement médiatique d’un étage d’immeuble pour en faire des logements qui va y changer grand-chose, surtout quand on sait que la ville de Bruxelles elle-même possède de nombreux bâtiments vacants.

Notre réponse aux problématiques de logements se veut directe, autonome de tout parti politique ou syndicat et mise en œuvre par les premier.e.s concerné.e.s. Nous prônons l’occupation des bâtiments vides tant pour y habiter que pour y mener des activités, y créer des espaces de rencontres, de discussions, de créations. Ces espaces se veulent autogestionnaires, horizontaux et libérés autant que possibles des rapports marchands ainsi que des oppressions racistes, sexistes, homophobes, transphobes et autres dominations qui régissent actuellement la société. Nous ne nous laisserons pas intimider par la répression ! Organisons-nous collectivement pour lutter contre les expulsions de squatteur.euse.s et de locataires ! Un toit pour toutes et tous !

C’est pour défendre ces revendications que nous appelons comme nous l’avions déjà fait l’année dernière à venir manifester en cette date symbolique du début de printemps et du début des expulsions de locataires de logements sociaux ce 21 mars 2017.

Notre combat politique ne se limite pas au logement, nous combattons également tous les rapports de domination et d’oppression. Dès lors, les comportements oppressifs en tout genre ainsi que les photographes, policiers ou journalistes mal intentionnés sont priés de rester à l’écart de la manifestation. Pour des raisons de respect et de sécurité, ne filmez ou ne prenez personne en photo sans son accord.

Bruxelles : Lieu précis de départ à venir.

[Publié en janvier 2017 sur le site Piratons BXL.]

La CFTC à l’heure des choix : l’ambiguïté ou le combat sans merci contre le FN et l’extrême droite.

La CFTC est, pour VISA, une organisation syndicale, qui, quelles que soient les appréciations que chacun peut avoir sur son orientation, défend des valeurs antagonistes avec l’idéologie et les projets du Front National concernant la défense des ouvriers et des salariés.

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Le collectif INDICE est un groupe informel de personnes agissant politiquement à Lyon grâce à la diffusion de brochures. C'est un groupe indépendant, non partisan mais dont les participants entretiennent un réseau avec plusieurs autres collectifs dont Piratons 2017 (Lyon), Cortecs (Grenoble) et Infokiosques.net (un peu partout). INDICE (Infokiosque Nuit Debout, Influences Collectives Entropiques) est un groupe ouvert, qui se retrouve autour d'une envie de mettre en commun des idées et arguments et de faire de la politique hors des partis. Il se réunit irrégulièrement et échange lors d'évènement, de réunion ou par courriels. Indice vise aussi à former à la production collaborative de nouvelles brochures, à la formation des participants et au travail collaboratif. Il souhaite agir par l'organisation de rencontres, de discussions, par l'écriture et la mise en page et en circulation d'idées.

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Contact : indice [at] riseup.net

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