Six mois après le Ségur de la santé, « rien ne change » : les soignants appellent à la mobilisation

Ils veulent faire entendre la voix de l'hôpital public le 21 janvier. Des soignants et usagers appellent à sauver notre système de santé, en embauchant notamment du personnel en nombre suffisant partout sur le territoire. Voici leur appel et vidéo commune.
Les professionnel·le·s et usager·e·s des hôpitaux publics et établissements de santé, de la psychiatrie, pour personnes âgées et de l'action sociale dénoncent la dégradation des conditions de travail des personnels ainsi que les difficultés d'accueil et (...)

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Une famille en détresse en montagne héliportée vers un poste de police sans même être emmenée à l'hôpital

Des personnes exilées secourues en haute montage ont été renvoyées à la frontière franco-italienne sans recevoir des soins ni pouvoir déposer une demande d'asile. « Le harcèlement policier s'accentue », constatent les citoyens sur place.
Ce 16 janvier, un hélicoptère de secours embarque en haute montagne une famille avec deux enfants. Mais au lieu, comme c'est l'usage, de les transporter vers un hôpital, l'hélicoptère les dépose à un poste de police de l'air et des frontières (PAF) ! C'est la scène (...)

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Grève à Sanofi : 1000 postes supprimés pour 3,8 milliards versés aux actionnaires

  Les salariés du groupe Sanofi étaient en grève ce mardi 19 janvier à l’appel de la CGT et de plusieurs organisations syndicales en fonction des différents sites (FO, CFDT, SUD). L’annonce de la suppression de 1700 emplois dans le monde, dont […]

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Vidéos de violences policières : Le Parisien lave plus blanc

Des manifestations des Gilets jaunes à l'affaire Michel Zecler, les vidéos de violences policières ont joué un rôle important pour révéler au grand jour les pires pratiques des forces de l'ordre. Des images souvent très diffusées sur les réseaux sociaux, et qui finissent par attirer l'attention des grands médias.

Sur son site, Le Parisien rend ainsi régulièrement compte des vidéos de violences policières. L'occasion d'informer sur les dérives du maintien de l'ordre ? Voire. Car dans ses commentaires et « mises en contexte », le quotidien se fait trop souvent l'écho de la communication policière, dans la plus pure tradition du journalisme de préfecture.

Pour rendre compte de la manière dont Le Parisien traite les images de violences policières, nous avons examiné les articles dédiés à une dizaine de vidéos depuis 2019. Le constat : le quotidien de Bernard Arnault donne systématiquement la parole aux autorités et à la police en réponse aux images ; quitte à euphémiser les violences ou à énumérer les éléments « à décharge » des policiers impliqués [1].


La parole à la préfecture


Dans un article daté du 2 mai 2019, Le Parisien revient sur la vidéo d'un CRS qui jette un pavé sur une foule compacte pendant la manifestation du 1er mai. Dès le chapô, le quotidien plaide le contexte pour justifier son geste :

Une vidéo montre un policier jeter un pavé à Paris lors du défilé du 1er mai. Selon une commerçante, des manifestants avaient lancé de nombreux projectiles sur les forces de l'ordre.



Les limiers du Parisien ont mené l'enquête… et elle est entièrement à décharge. Une fleuriste interrogée par le quotidien affirme que les policiers étaient la cible de jets de pierre (sans préciser s'il s'agissait de cet instant précis). Et l'article d'avancer une suggestion :

On ne voit pas précisément le moment où le policier récupère le pavé, ce qui ne permet pas de savoir s'il s'agit d'un projectile qu'il vient de recevoir ou qui traîne simplement au sol.

Le reste de l'article (près de la moitié) s'attache à distiller les éléments de langage du Service d'information et de communication de la police nationale (Sicop). On y apprend que le geste du policier n'est pas forcément illégitime, tout dépend du « contexte »… Nul doute que le travail d'investigation du Parisien sera mis à contribution pour l'enquête interne.

Les autres commentaires du Sicop repris dans l'article sont à l'avenant : « On n'est pas sûr que le projectile ait atteint quelqu'un » ; ou encore « Si ce policier a jeté un pavé, c'est peut-être car il n'avait plus de grenades sur lui ». Quant aux manifestants, ils n'auront pas droit au chapitre dans l'article. Un bijou de journalisme de préfecture.

Quelques mois auparavant, le 30 janvier 2019, le quotidien revenait sur la blessure à l'œil de Jérôme Rodrigues. Les sources de l'article ? Une vidéo tournée par des manifestants, et surtout le rapport d'un policier ayant reconnu avoir tiré au lanceur de balles de défense… mais pas sur Jérôme Rodrigues. C'est également ce qui ressort des déclarations du ministère de l'Intérieur et des « sources policières », qui alimentent l'article : le gilet jaune n'aurait pas été touché par un tir de LBD. Par quoi alors ? Mystère.

Pas un mot d'un témoin côté manifestant. Une phrase seulement revient sur une contradiction dans la déclaration du policier, qui n'aurait « pas mentionné le bon horaire » dans sa déclaration sur le tir. Pas suffisant, apparemment, pour susciter la curiosité des enquêteurs du Parisien


Une présentation des faits à décharge


Même procédé lors d'une manifestation des Gilets Jaunes pendant l'acte 8 à Toulon, le 5 janvier 2019. Un policier est filmé en train de boxer un manifestant pourtant calme, puis de repousser violemment d'autres manifestants et de les frapper. Qu'en dit Le Parisien ? Dans un article publié le lendemain, le quotidien revient sur ces images.



Dans son commentaire, Le Parisien s'empresse de rappeler les bons états de service de Didier Andrieux, le policier violent :

Le policier filmé est un commandant divisionnaire, « actuellement responsable par intérim des 400 policiers en tenue de Toulon », a indiqué une source proche du dossier. Didier Andrieux, après 34 ans de service, fait également partie de la promotion à la Légion d'honneur du 1er janvier 2019.

Autant de « témoignages de moralité » qui apparaissaient dans le titre initial, encore visible dans le lien de l'article : « Un policier décoré filmé en train de frapper des manifestants à Toulon » [2]. Mais ce n'est évidemment qu'un maigre aspect du travail de réhabilitation opéré par Le Parisien. Une fois de plus, le quotidien consacre entièrement son texte aux sources officielles : préfet du Var, police du Var (dont on apprend qu'elle a placé l'homme tabassé en garde à vue pour outrage), Didier Andrieux lui-même (qui justifie son geste en affirmant que l'homme était en possession d'un tesson) ou encore… les collègues de Didier Andrieux, qui chargent une des personnes violentées :

Il s'agissait d'un homme identifié comme un meneur, qui donnait instruction de prendre des palettes et de former des barricades qui ont été incendiées.

N'en jetez plus… À ces témoignages s'ajoute encore celui du procureur de la République, affirmant quant à lui que Didier Andrieux a agi « proportionnellement à la menace » en neutralisant « des casseurs ». Puis c'est Hubert Falco, le maire Les Républicains de Toulon, et le syndicat Alliance Police Nationale qui concluent l'article en condamnant les violences contre la police. À peine apprend-on qu'une manifestante a porté plainte : circulez, il n'y a rien à voir !

Autre exemple avec cette vidéo tournée le 11 septembre 2019, où l'on voit un policier agressant physiquement un homme non-violent en 2019 à Sevran (qui finit, après plusieurs coups, par répliquer). La séquence inspire au Parisien un titre pour le moins trompeur : « Une bagarre éclate entre un policier et un médiateur de la ville ». Puis, en surimpression de la vidéo, l'indispensable « source policière » vient disculper la police :



À noter tout de même que ces déclarations sont, pour une fois, opposées à celles d'habitants du quartier, décrivant notamment le médiateur comme quelqu'un de « doux » et de non violent.


La « mise en contexte » des violences


Autre vidéo, autre affaire. Dans une vidéo du 18 janvier 2020, on voit un policier frapper par deux fois à la tête un manifestant ensanglanté et immobilisé à terre. Plus tard, un autre policier lui écrase le bras avec son genou. En amont de la vidéo, dans le montage du Parisien, une longue séquence est réservée à Christophe Castaner, alors ministre de l'Intérieur, qui explique longuement qu'il s'agit de vérifier s'il y a « des explications » et de « comprendre cet acte » avant de conclure : « S'il y a faute établie, il y aura une sanction ». Encore une fois, les images sont accompagnées de commentaires en surimpression :



Œil pour œil, dent pour dent, en quelque sorte. Le manifestant, quant à lui, n'aura pas voix au chapitre dans la publication. L'article du Parisien évoque dès son introduction, des « soupçons de violence policière ». Il cite longuement le parquet de Paris, le ministère de l'Intérieur et le syndicat Alliance. L'avocat de la victime a droit, quant à lui, à trois phrases dans l'article. Pas plus.

Le 16 juin 2020, c'est encore une femme enceinte de sept mois qui est violemment plaquée au sol par trois agents de la police ferroviaire. Le Parisien y revient dans un montage et un article. Là encore, c'est une « source proche du dossier » qui donne le contexte censé justifier l'intervention : « La personne interpellée n'avait pas de titre de transport, pas de masque, et a refusé le contrôle ». Et le quotidien d'ajouter :



La femme interpellée était pourtant bel et bien enceinte, comme cela sera confirmé par la suite. Ce qu'aurait pu d'emblée indiquer Le Parisien s'il s'était donné la peine d'enquêter ailleurs qu'auprès des « sources proches du dossier »… À la lecture de l'article, on apprendra tout juste, par la SNCF et une « source proche de l'enquête », que les agents se sont vus délivrer plusieurs jours d'incapacité totale de travail (ITT) ; et que la femme ainsi que son conjoint ont été placés en garde à vue. Une fois de plus, la parole n'a pas été donnée à la victime.

Un des derniers exemples en date est celui d'une vidéo filmée le 12 novembre 2020 à Asnières-sur-Seine. On y voit un jeune homme de 22 ans faire face à un fonctionnaire qui lui assène plusieurs coups de tonfa, dont au moins un à la tête (illégal donc). L'homme perd connaissance et sera transféré aux urgences par le Samu.



L'article du Parisien qui revient sur cette vidéo commence par un appel à « remettre dans leur contexte » les images : « Comme toujours, la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux ne montre qu'une partie de la scène. » Là encore, parole à une « source policière » qui explique que l'homme, qui devait être contrôlé pour tapage et non port du masque, se serait montré menaçant.

Enfin, Le Parisien a également rendu compte de l'affaire Michel Zecler, un producteur de musique dont le passage à tabac par quatre policiers pendant 13 longues minutes a été filmé par une caméra de vidéosurveillance ; puis a été diffusé le 26 novembre 2020 par Loopsider. Un des premiers articles du Parisien se contente de relater les faits en mettant en regard les déclarations des policiers et les images de la vidéo.

Mais dans un second article le quotidien s'emploie à relayer intégralement la parole des policiers mis en cause et celle de leurs collègues. Le Parisien précise d'emblée que les policiers sont « appréciés » dans leur commissariat et « bien notés par leur hiérarchie » ; que leur brigade est décrite comme « multiculturelle » et n'a fait l'objet d'aucune plainte pour des faits de racisme. On apprend également que l'un d'entre eux est « expérimenté » et a « la confiance de sa hiérarchie ». Un autre, « bon fonctionnaire, motivé et disponible », est « le père d'un nourrisson ». Autant d'informations essentielles. Tout comme l'explication des policiers largement relayée dans l'article, selon laquelle « pris de panique » ils auraient été « dépassés physiquement par la force d'un homme de 110 kg pour 1,86m, féru de sport de combat ». Bref : tabassé Michel Zecler à l'insu de leur plein gré ?


***


Dans un État de droit, l'usage de la contrainte physique par les forces de l'ordre doit être rigoureusement encadré. Et une couverture médiatique sérieuse de l'action policière se doit de ne pas prendre pour acquise sa légitimité, ni sa légalité. Tout l'inverse de ce que fait Le Parisien, en relayant à longueur de colonnes les éléments de communication de la police, comme les éléments à décharge – contexte, état de service, etc. Dans la plus pure tradition du journalisme de préfecture.

Disons-le clairement : un tel traitement des violences policières n'est pas systématique. Dans certains cas, les articles du Parisien se bornent bel et bien à en rendre compte, sans faire œuvre d'un journalisme de préfecture outrancier [3]. Mais disons-le également : ces cas restent des exceptions, et la norme, celle d'une parole policière prédominante. Et même lorsque Le Parisien ne s'applique pas à faire le service après-vente de la communication policière, on reconnaît dans ses articles les biais caractéristiques du journalisme de préfecture.

Sans les vidéos de violences policières tournées dans la plupart des cas par des témoins non journalistes, les différentes affaires mentionnées précédemment n'auraient par ailleurs pas existé – ou si peu – dans les grands médias. C'est dire toute l'importance des mobilisations contre les projets de loi « Sécurité globale » ou sur le « séparatisme », deux textes qui visent (entre autres !) à entraver la diffusion de ces images. Parce que leur médiatisation est un enjeu démocratique, elle doit rester un droit.


Julien Baldassarra et Frédéric Lemaire


[1] Nous avons déjà plusieurs fois documenté comment Le Parisien se fait l'écho de la communication policière, par exemple dans notre article : « Confinement : Le Parisien coiffe le képi et surveille les quartiers populaires ».

[2] On notera à l'inverse que dans de nombreuses affaires de violences policières, certains journalistes n'hésitent pas à éplucher le casier judiciaire des victimes pour y trouver d'éventuels délits ou infraction, des affaires Adama Traoré à Cédric Chouviat, comme si le « pedigree » des victimes pouvait légitimer d'éventuelles violences.

[3] C'est le cas pour cette vidéo du croche-pied d'un policier sur une femme marchant dans la rue, ou des images de l'évacuation d'un squat de migrants par la police.

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TGV : la SNCF bientôt incapable d’anticiper les grèves ?

Rapports de force SNCF
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sous pression! #520

artiste – album – titre

bye bye theresa – second souffle – on t’emmerde
resaka sonora – frekuenzia – clandestin
los foiros – los foiros – old school
faux départ – démo – hiver solitaire
2 stone 2 skank – viva béru – fils de
nique à feu – RNHC v.2 – demain, c’est nouveau
corrigan fest – la victoire en chantant – la victoire en chantant
heyoka – état des lieux – dans l’ombre
maou mindu – stay inside – just a flu
maou mindu – stay inside – stay inside
maou mindu – stay inside – bleach injection
gerbia – voué à l’échec – rock n roll chômage
oppression – le coeur plein de rage – je serai ton pire ennemi
béton armé – au bord du gouffre – mythomane
nuclear device – western electric – la roue s’arrête
les gens d’ici – sacré lascar – opération tempête
les partisans – sono mondiale – rien à perdre
la gachette – en route vers demain – enfile tes bottes

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maou mindu

Amazonie détruite, violences contre les minorités : le bilan calamiteux de deux ans de Bolsonaro au Brésil

Après deux ans de présidence de Jair Bolsonaro, une coalition d'organisations dresse un terrible baromètre de la situation dans le pays. À la destruction de la forêt et aux violences s'ajoute la désastreuse gestion de l'épidémie, niée par le président.
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Femmes de chambre : que sont devenues les promesses de Marlène Schiappa ?

femmes de chambre
femmes de chambre

  Changer la vie des femmes de chambre dans l’hôtellerie. C’était l’engagement de Marlène Schiappa en 2019. Un an et demi plus tard, les conditions de travail difficiles de ces travailleuses invisibles se sont-elles améliorées ? Rapports de force a […]

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Une pétition au Sénat pour une véritable autonomie des personnes en situation de handicap

Une pétition sur le site du Sénat a recueilli plus de 55 000 signatures pour demander aux parlementaires d'adopter une proposition de loi visant à désolidariser le paiement de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) des revenus du conjoint.
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Après le Congrès de Tours – Episode 5 – Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz – 1921 – Quand la CGT était … anticommuniste !

La question syndicale est au coeur des débats du Congrès de Tours de 1920, qui débouche sur la scission de la SFIO


Autre conséquence, en 1921 : La scission de la CGT.


Comme à la SFIO, des dirigeants de la CGT étaient eux aussi corrompus par la grande bourgeoisie industrielle et bancaire.

Dirigée par Léon Jouhaux, la CGT fera notamment régner l’ordre patronal dans les usines pendant la Grande Boucherie de 14-18. Guerre pendant laquelle travailleurs et travailleuses sont réduits en esclavage ou en chair à canon.

La CGT de Jouhaux fera aussi échouer des grèves.
Epoque où les dirigeants de la CGT étaient farouchement … anticommunistes.


Révoltés par ces trahisons, écoeurés par cette corruption, en 1921, d’authentiques syndicalistes révolutionnaires fondent la CGTU.
« U » comme unifiée


Toujours avec la très méchante historienne Annie Lacroix-Riz,
Professeur émérite à l’Université Paris VII.

Son dernier ouvrage en date : Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants 1939-1949. Editions Delga.

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Gap : Communiqué sur le délibéré du procès du squat Chez Roger

Rien de nouveau sous le soleil gapençais.

Une nouvelle fois le verdict tombe: une expulsion dans six mois pour « Chez Roger ». Le 5 juillet, on recommence. Une cinquantaine de personnes vont se retrouver à nouveau dans une situation d’extrême précarité, d’instabilité sociale, d’insécurité physique.

Une nouvelle fois, on est plongé dans une situation schizophrénique. Un État, une mairie, incohérents, qui soutiennent une expulsion sans proposer de solution et légitiment donc l’occupation de tels lieux. Conséquences de l’absence de considération et du cercle vicieux enclenché depuis 2016. Maison Cézanne, Cesaï, Chez Roger, et après ?

Une nouvelle fois, monsieur le Maire nie la question des exilé·es sur le territoire en refusant de réagir à la fois à titre privé et à la fois à titre d’élu. Estimant que c’est « une affaire privée », Roger Didier refuse également en tant que Maire de répondre à nos sollicitation de coopération face à cette situation et ne se souci donc pas des conséquences d’une telle inconsidération et irresponsabilité. Monsieur le Maire a récemment communiqué qu’il se « souciait de ces concitoyens », mais a priori pas de tous.

Une nouvelle fois, le problème de fond n’est pas traité, aucun solution d’accueil pérenne n’est envisagé. Être logé, nourrit, dans des conditions dignes d’existence n’est toujours pas possible à Gap. Des enfants de trois ans vont commencer leur scolarisation en septembre et vont donc se retrouver dans un contexte incertain.

Des jeunes mineurs vont certes terminer leur année scolaire mais leur scolarisation n’est pas terminée et se retrouver à la rue juste avant la rentrée n’est pas une solution.

Certains majeurs travaillent, certains ont besoin d’être accompagnés pour leur demande d’Asile, au niveau de la santé et de leur droits. Les femmes présentes sur le lieu s’y sentent en sécurité (au regard de l’accueil proposé par le 115), c’est encore une nouvelle insécurisante et instable que de s’imaginer encore sans toit sur la tête.

Une nouvelle fois, il n’y a pas non plus de prise en compte que c’est une situation globale aux frontières qui est gérée de manière inhumaine. Que dans le contexte mondial politique, social, économique et écologique, les exilé·es tentent de trouver de meilleurs conditions de vie, et qui ne ferait pas la même chose ? La situation à Gap n’est que la conséquence d’une gestion inhumaine de l’État à la frontière, qui est reproduite à l’identique de manière locale.

Une nouvelle fois le collectif de soutien et les habitants de « Chez Roger » n’ont pas de raison d’être satisfait de cette décision. On appelle encore à la solidarité, à l’humanité, à la mise à disposition de logements vides, à considérer et protéger toutes les personnes dans le besoin sans conditions, ni discrimination, à trouver une solution pérenne d’accueil et hébergement pour tous et toutes.

Signer la pétition.

Actions directes et revendications de groupes autonomes sur le territoire allemand

Comment communiquer à travers les murs, les kilomètres, les océans et les barrières de la langue ? Parfois, une voiture qui crâme en dit beaucoup. Les actions directes sont un des moyens privilégiés de communication de groupes autonomes entre eux et avec les autres. Ils permettent des échanges d'idées et de salutations dans l'anonymat des revendications, qui se font sous des noms de code tels de que "groupes autonomes", "anarchistes", "des ami.es", "FAI" ou rien du tout.

Pourquoi le territoire allemand ? Parce que beaucoup de ces actions ont eu lieu dans des métropoles et des grandes villes, et sont des exemples intéressants de ce qu'on peut faire dans ces lieux sur-contrôlés. Les actions directes n'ont certes pas besoin de traduction, mais nous avons eu l'envie d'élargir le spectre de propagation de leurs revendications.

Les actions ne nous servent pas seulement à communiquer entre nous, mais aussi à faire campagne à notre façon : pour assurer des compas de notre solidarité pratique, pour faire partager nos derniers débats et luttes avec nos voisin.es, ou bien pour faire pression sur des entreprises, sur la "Justice" ou sur l'État.

Voici un florilège d'actions directes avec leurs revendications, dont nous espérons qu'elles vous plairont, vous réjouiront, vous inspireront.

Feu et coups de marteau aux ennemies !


Berlin : attaque solidaire avec Damien - 12 janvier 2017

Le 25 décembre 2016, nous avons allumé un feu sous le container de l'Ordnungsamt [1] de ‘Steglitz' à Berlin. A cause des chantiers en cours sur le terrain de l'institution, des auxiliaires de police étaient à ce moment-là logés dans ces containers servant de bureaux. Nous avons été inspirés par cette méthode après l'attaque incendiaire contre les flics dans le quartier ‘Rissen' à Hambourg.

Que le nouveau clown au poste de sénateur à l'intérieur fasse taire cette attaque, contrairement à son prédécesseur qui faisait signaler chaque trace de craie comme une attaque, ne nous afflige pas du tout.

Si le monopole de l'information, nous revenant de fait, peut avoir des effets sur les débats dans le scénario de la lutte radicale, cela semble plutôt douteux concernant le bas niveau de la formation théorique anarchiste en zone germanophone.

Néanmoins, nous tenons à dire quelque chose quant à nos motivations pour cette attaque.

Les « zones de non-droit » pour le quartier Friedrichshain voulues par certains par ici devraient, soit correspondre à un véritable besoin, du moins pour une partie des habitant-es, ou bien à un embryon de perte de pouvoir de l'organe étatique. Actuellement, les deux cas de figure sont visibles n'importe où à Berlin. Bien sûr, il existe des quartiers où la joie secrète suscitée par les attaques contre les flics est plus importante qu'ailleurs. Pourtant, la participation à de telles attaques n'est pas assez forte. Cette faiblesse est apparue par des années d'isolement, par une poursuite incohérente d'objectifs et de nouveaux thèmes dans la société. Mais l'un des facteurs principaux est sans doute le vide de contenu qui flotte comme un tapis d'algues dans la mer des fois à la surface, des fois au fond.

Dans le même temps, plus aucun groupe de gauche radicale ou antifasciste n'est disposé à créer des priorités en matière de lutte. Ni les quartiers ni les structures de clandestinité pour les gens qui en ont besoin ne sont débarrassés des nazis avec des moyens pratiques et de propagande élargis.

C'est pourquoi il nous paraissait judicieux d'attaquer l'ennemi là où il est faible. Pendant que les gorilles patrouillent en ville et s'essoufflent pour l'ordre, terrorisent des groupes marginaux et exigent de l'argent pour tout chewing-gum collé sur le trottoir, nous sommes allés chez eux.

A ‘Steglitz', la plupart des gens n'auront pas de problème avec l'Ordnungsamt mais ici aussi il y a « des groupes et des zones à problèmes » qui, du moins, ont un petit sourire en coin pour notre petit feu. Et si ce n'est pas le cas, nous vous avons fait un cadeau pour la fête de l'hypocrisie.

Nos faits d'agitation ne se conforment pas aux priorités locales, même après la situation actuelle, mais en fonction de nos objectifs politiques. L'ordre en place est partout présent et conduit les gens à l'obéissance et à la servitude, donc l'ordre social s'oppose à nous.

Par cette attaque, nous approuvons les objectifs formulés dans certains textes d'appel au contre-sommet du G20 à Hambourg, qui ne veut justement pas rester un appel temporaire mais veut créer une explosion de rage diffuse et continue contre l'ordre existant par-delà les frontières thématiques et nationales.

Mais surtout une augmentation de la confrontation directe avec les forces du régime dans les rues est de fait nécessaire pour augmenter les actes de sabotage. Le chemin vers Hambourg en juillet a besoin de davantage d'émeutes que ce qu'il ne s'en produit en ce moment.

C'est pourquoi nos salutations vont aussi particulièrement aux prisonniers des affrontements de l'année dernière, à Thunfisch incarcéré dans la prison de Lichtenberg et Damien dans la prison de Fleury.

Des groupes autonomes


Berlin : incendie d'un véhicule de l'ambassade en solidarité avec Damien Camélio - 8 février 2017

Parlons le langage de la fumée… Un véhicule de l'ambassade de France incendié. Armés d'un engin incendiaire, nous avons traversé les rues de Berlin par une nuit froide, à la recherche d'une cible par laquelle communiquer le fait que nous avons connaissance des luttes de compagnon-nes anonymes contre la poubelle nucléaire de CIGEO dans la forêt de Bure, dans la ZAD et contre l'état d'urgence en France de manière générale, et qu'en conséquence nous les soutenons. De la même manière que nous soutenons aussi les autres interventions anarchistes sur le continent européen, tel que « Lutte Révolutionnaire » en Grèce.

La nuit passée, nous avons donc incendié un véhicule diplomatique de l'ambassade de France à « Willmanndamm » dans le quartier berlinois de « Schöneberg », par lequel nous voulons saluer les compagnons Damien Camélio, ainsi que Pola Roupa et Konstantina Athanasopoulou, récemment arrêté-e-s à Athènes.

Ceci est également un appel au G20 à Hambourg pour coordonner notre théorie et notre praxis afin de parvenir à une offensive anarchiste continue dans tous les secteurs au-delà de ces rencontres programmées au mois de juillet. Cette pourriture française, qui entend représenter son régime au sommet du G20 à Hambourg, est tout naturellement à accueillir là-bas comme tout autre pouvoir. Nous conseillons au diplomate berlinois de se planquer dans les « Gated Communities ».

FAI – Cellule « Rémi Fraisse »
Berlin, 6 février 2017


Berlin : double attaque en solidarité avec les prisonniers du G20 [+ quelques mots pour Kara et Krem] - 9 octobre 2017

Marteaux, pierres et peinture contre l'imprimerie d'Etat et le groupe de presse « DuMont »

Lorsque les va-t-en-guerre des vingt États industriels les plus puissants du monde sont arrivés à Hambourg, on pouvait lire sur les couvertures de la presse du jour les termes de « Guerre civile et de terreur urbaine », « de partisans du chaos mus par la haine » et « d'incendiaires meurtriers ». Non pas pour désigner les criminels en costard-cravate dans leurs limousines blindées, mais pour diffamer, rendre illégitime et salir la révolte festive qui s'est enflammée contre le monde du G20. Presse bourgeoise, politicards et flics se sont mutuellement surpassés dans la compétition aux néologismes les plus créatifs, dans la bataille de propagande au sujet des événements. Le vocabulaire des dominants et de leurs scribouillards dociles de la presse poubelle avait pour but de nous diviser et de forcer les acteurs à agir dans la logique des criminologues afin de jeter les bases pour un traitement judiciaire des événements. Il en résulte désormais des procès-spectacle lors desquels les serviteurs de l'État appliquent « toute la sévérité pénale » pour en faire des exemples. Toutes les personnes qui ont participé à cette chasse portent la responsabilité d'avoir foutu en taule des gens à Hambourg et de les priver de liberté, probablement pour un long moment encore.

Dans la continuité de cette campagne médiatique, les fauteurs de trouble du ministère de l'intérieur comme Thomas de Maizière saisissent l'occasion pour partir en guerre contre ce qu'ils appellent « l'ultra-gauche » et pour donner une importance à son existence paranoïaque. Néonazis et fanatiques islamistes sont pour lui des terroristes, de la même façon que les personnes qui sont descendues dans la rue contre la domination du G20. La propagande pour l'état d'urgence se poursuit joyeusement. A l'intervention des unités de police antiterroriste de la SEK à la Schulterblatt d'Hambourg devait succéder deux autres cet été, comme celle lors de l'expulsion du squat de l'ancienne usine de confection de tapis (la « Teppischfabrik ») ou encore lors d'une manif antifasciste à Wurzen.

Des menottes aux pieds et des interdictions de voyager sont demandées pour les émeutiers et après que le secrétaire général de la CDU Stefan Evers a déjà exprimé au printemps dernier son rêve « de gazer les fascistes de gauche », dans la plus pure tradition nazie, il est demandé pour finir d'évacuer les Hausprojekte et centres autonomes comme la Rote Flora et la Rigaer Straße. La ZDF en remet une couche en allant chercher conseil auprès d'un politicien de l'AfD pour leur reportage intitulé « Le danger de la gauche » dans lequel elle tente désespérément d'établir un lien entre les journées de rébellion à Hambourg et la Fraction Armée Rouge afin d'étayer ses thèses sur le terrorisme.

Il est évident que le fait que les néonazis entachent de sang la république depuis de longues années représente une imperfection esthétique dans la vision du monde réactionnaire de ces théoriciens de l'extrémisme. Mais les quelques 200 meurtres racistes depuis le début des années 90 ne rentrent pas du tout dans leur comparaison gauche/droite. Il n'est donc pas étonnant que les campagnes anti-réfugiés et les mobilisations racistes des dernières années se perdent dans le consensus social alors que dans le même temps, par le biais d'une mise en scène médiatique de grande envergure, on interdit la plate-forme internet linksunten.indymedia. […]

De telles attaques contre nos structures et la répression à laquelle sont désormais confrontées les personnes incarcérées ayant pris part aux protestations anti-G20 ne nous étonnent pas particulièrement et nous n'avons finalement encore jamais cru à l'État de droit civil. Mais de voir avec quelle véhémence le pouvoir serre la vis et comment les ennemis de la liberté font tomber leur masque démocratique sans que cela ne suscite d'indignation en dit long sur l'état dans lequel se trouve leur prétendue société démocratique. Cela ne fait que renforcer davantage notre conviction que l'ordre social dominant appartient aux tas d'ordures de l'histoire.

C'est pourquoi nous avons attaqué dans la nuit du 26 au 27 septembre la Bundesdruckerei [2] et le bâtiment du groupe de médias « du Mont » de la Alten Jakobstraße avec de la peinture, des pierres et des marteaux et laissé le slogan « Free G20 prisoners ». Par ce geste de solidarité nous envoyons des salutations combatives aux prisonniers du G20 à Hambourg, aux personnes ayant créé Indymedia Linksunten, aux personnes perquisitionnées hier matin [3] à 14 endroits différents à travers le „Soko Schwarzer Block“. Nous souhaitons plein de force et d'endurance à Kara et Krem inculpé.e.s à Paris parce qu'on leur reproche d'avoir participé à la destruction d'une voiture de flics.

La Bundesdruckerei, qui est de nouveau entre les mains de l'Etat depuis 2009, et la Veridos GmbH, une coopération de la Bundesdruckerei avec Giesecke & Devrient (G&D) siégeant dans le même bâtiment sont en ce moment en train de construire un pare-feu biométrique autour de l'Europe forteresse, au nom de la lutte antiterroriste. Les installations aux frontières africaines sont ainsi équipées de lecteurs de cartes biométriques et les cartes d'identité appropriées avec photos biométriques sont imprimées ici à Berlin pour les différents États africains. Le but est d'enregistrer les données biométriques de tout habitant de l'ensemble du continent afin de protéger les frontières extérieures de l'Union Européenne des mouvements migratoires en amont, sur le continent africain. La Bundesdruckerei est donc un soutien important en matière d'architecture de sécurité de l'Europe et du renforcement de ses frontières mortifères.

Le « DuMont Mediengruppe » est l'éditeur des divers quotidiens en Allemagne, notamment du Hamburger Morgenpost, du Berliner Kurier et de la Berliner Zeitung. A travers leur campagne de dénigrement et de diffamations, ceux-ci sont en partie responsables de la criminalisation des manifs contre le G20 et des attaques qui s'en sont suivies contre les structures anti-autoritaires. Eux et leurs collègues de la maison d'édition Springer [4] sont les larbins des fanatiques réactionnaires de la sécurité.

A bas l'État et ses défenseurs !
Liberté pour tous les prisonniers !
Feu aux prisons !


Berlin : un message à nos compagnon.ne.s inconnu.e.s dans la jungle de la société prison - 27 mars 2018

L'incendie de véhicules de sécurité privée à Berlin comme outil utile de communication.

En citant d'autres communiqués de revendication, nous rejoignons la proposition de se mettre en relation les un.e.s aux autres, afin de développer une mobilisation plus large des groupes combatifs en Europe, ainsi que de développer notre base théorique.

Nous reconnaissons vos mots à propos de la solidarité et nous les partageons, quand le groupe Rouvikonas a écrit au sujet de l'attaque de l'ambassade de l'Arabie Saoudite à Athènes, le 19 décembre 2017 :

« En tant qu'anarchistes, nous savons que la seule réponse définitive se base sur la solidarité internationale entre les personnes opprimées, organisées et en lutte. Nous ne nous faisons pas d'illusion sur le fait que la solidarité, encore naissante, puisse renverser les plans des dirigeants globaux. Dans la situation actuelle, ce que nous pouvons atteindre c'est de mener des petites batailles, là où cela est possible, afin de saboter le processus de guerre qui est en cours. (Cela est nécessaire pour) préserver la conscience sociale, (afin) qu'elle soit utilisée dans le cas où l'enfer devienne inévitable ».

Des personnes à Rome ont exprimé nos pensées quand ils ont revendiqué, en tant que cellule Santiago Maldonado de la FAI/FRI, l'attaque explosive contre une caserne des Carabinieri dans le quartier de San Giovanni :

« Ceux et celles qui veulent rester à regarder, resteront à regarder. Ceux et celles qui ne veulent pas agir en se donnant des justifications politiques, continueront à ne pas agir. Nous n'attendons aucun train de l'espoir, nos n'attendons pas des temps mûrs. Les conditions changent grâce à la lutte. Le mouvement est mouvement s'il agit, faute de quoi il reste immobile. L'émancipation de l'individu vis-à-vis de l'autorité et de l'exploitation est faite par le premier concerné.

L'action directe destructrice est la réponse élémentaire face à la répression. Mais pas que. La praxis anarchiste est aussi une relance, une proposition qui va au-delà de la solidarité, brisant la spirale répression-action-répression. Les actions de solidarité sont importantes, mais nous ne pouvons pas nous enfermer dans la critique, bien que armée, d'une quelconque action répressive o d'un quelconque procès.

Frapper là où ils ne t'attendent pas. Aujourd'hui nous frappons au cœur de la capitale militarisée, pour défier les délires sécuritaires. Demain, qui sait, peut-être en banlieue, où vous ne vous l'imaginez pas. Ne pas laisser de trêve, mais en choisissant nous-mêmes ces moments. C'est depuis toujours le principe même de la guerilla métropolitaine.

Avec cette action nous lançons une campagne internationale d'attaque contre les hommes, les structures et les moyens de la répression. Chacun.e avec l'instrument qu'il/elle considère le plus approprié et, s'il/elle le désire, en participant au débat. »

Nous n'aimons pas uniquement parler de l'ennemi, mais aussi de nous, comme quelques compas, quand elles ont attaqué la gendarmerie de Meylan, en France :

« Parce que nous ne voulons pas rester dans la position de victimes dans laquelle la société voudrait nous placer en nous reconnaissant comme meufs. Victimes, parce que nous ne serions pas capable d'être autonomes, de nous défendre, de mener nos vies comme nous l'entendons. Nous serions des individues faibles, trop sensibles, soumises aux humeurs hormonales, dépendantes et fragiles. Nous aurions besoin de figures fortes pour nous en sortir, de médecins pour nous soigner, d'hommes pour nous épauler, d'enfants pour nous épanouir, de flics pour nous protéger.

On prépare nos revanches pour toutes les fois ou l'on s'est découragées en se persuadant que l'on était pas capables, qu'on avait pas les compétences, pas la force, pas les moyens, pour désamorcer cette logique qui nous fait repousser à toujours plus tard le moment d'exprimer nos colères et nos désirs.

Nous avons ciblé les voitures privées des flics, au détriment des quelques sérigraphiées, parce qu'on avait envie de s'attaquer plutôt aux individus qui portent les uniformes qu'à leur fonction, plutôt à leurs biens personnels qu'à leurs outils de travail. Nous pensons que les rôles existent parce qu'il y a des personnes pour les remplir. Si derrière l'uniforme il y a un humain, c'est à lui que nous avons cherché à nuire.

Nous sommes persuadées que nos limites sont à la fois mentales et sociales, qu'en endossant ces rôles, nous sommes nos propres flics.
Par l'organisation affinitaire, et par l'attaque, nous repoussons ces limites. »

Parfois il est nécessaire de définir le cadre dans lequel nous agissons, comme l'ont fait des anarchistes à Bar-le-Duc, quand ils ont dépensé beaucoup de rage et quelques flammes dans un parking d'Enedis :

« Ces derniers mois, plusieurs attaques contre ENEDIS ont été revendiquées, nous avons voulu y faire écho, ça nous a fait plaisir, et la nôtre est un clin d'oeil aux personnes qui se sont mises en jeu pour les faire.
Nous pensons qu'il n'y a pas besoin d'attendre d'être beaucoup et faire masse pour attaquer, qu'il est aussi possible de le faire a quelques un-e-s, les possibilités sont différentes, mais pas moins réjouissantes. Nous nous réjouissons des attaques récentes sur les antennes relais, qui ouvrent de nouvelles perspectives d'actions directes. »

Au petit matin du 6 mars, nous avons attaqué l'illusion de sécurité à Berlin. Même quand nous sommes peu nombreu-x-ses, nous pouvons nous organiser, au lieu d'attendre qu'une opportunité nous soit offerte par les soit-disant « organisateurs du mouvement », ou au lieu de simplement réagir à l'énième attaque des autorités. Nous pouvons agir et choisir nos occasions par nous-mêmes.

On nous dit tous les jours de rester silencieux.se.s, gouverné.e.s par l'État et ses institutions, qui sécurisent le monde capitaliste. Les gens se bourrent le crâne de conneries, tête baissée pour fixer leurs smartphones, juste pour regarder ailleurs quand un contrôleur demande les tickets dans un train, quand un flic est en train de dire à un SDF de partir de là où il a trouvé un peu de chaleur, quand les armes allemandes sont en train de tuer le peuple kurde dans la guerre génocidaire d'Erdogan. Pour l'instant nous avons ciblé des sociétés de sécurité, mais toute autre entreprise qui maintient les structures capitalistes et autoritaires peut être une cible. Chaque nuit peut être une nuit d'attaque.

Nous avons incendié des voitures de Bosch et de Tyco à Berlin-Pankow. Bosch est une entreprise de sécurité privée bien connue. On trouve sa technologie dans des nombreuses installations de sécurité, dans les postes de police, les prisons, les barrières aux frontières, les caméras de surveillance…

Tyco est une entreprise qui fait fonctionner les installations d'alarme dans les prisons, avec ce qu'ils appellent « Businness Logic Engines ». Ils donnent aux matons les opportunités de la « ville intelligente » : traquer les prisonniers avec des puces RFID.

Nous envoyons rage et solidarité aux antifascistes et aux anarchistes emprisonnés et persécutés en Russie. Nous entendons vos voix, vous n'êtes pas seul.e.s. Même si nous n'avons pas la capacité d'ouvrir physiquement les portes des prisons, les idées et la solidarité anarchistes dépassent les frontières, les portails et les murs et peuvent remplir nos esprits dans les moments de torture et de répression les plus durs.

Nous avons suivi la lutte de Dinos, en Grèce, contre l'administration pénitentiaire. Avec nos incendies, nous soutenons ce type de résistance – la déclaration des prisonniers de Korydallos et les menaces des groupes d'affinité dehors, d'attaquer et de détruire la ville, sont la stratégie adéquate dans cet affrontement avec l'État.

Cette action est aussi dédiée à Lisa, dans la prison de Willich, et aux prisonnier.e.s de la forêt de Hambach en résistance.

6 mars 2018
Fédération Anarchiste Informelle – Cellule Minorité Violente


Munich : attaque du consulat de France en solidarité avec la ZAD - 23 mai 2018

Dans la nuit du 16 au 17 mai, nous avons peint la façade du consulat français avec de la laque de couleur rouge.

Il y a quelques semaines, le gouvernement français commençait à expulser la ZAD à Notre-Dame des Landes. Des centaines de personnes ont occupé la ZAD plusieurs années pour empêcher la construction d'un aéroport. Les squatteur.e.s ont emménagé dans des maisons qui auparavant avaient été expulsées par la police, ont érigé des cabanes et construit de nouveaux bâtiments. Au fil des ans, la ZAD est devenue une expérience d'une nouvelle société et d'une vie dépassant l'égoïsme, la précarité et l'exploitation du système capitaliste.

Après que le gouvernement français a renoncé à l'aéroport l'année dernière [5], il veut désormais mettre fin à l'expérience de la ZAD de toutes ses forces : 2500 flics ont commencé à expulser la zone au printemps 2018 avec leurs matraques, grenades lacrymogène, blindés et bulldozers. Ils n'ont que partiellement réussi jusqu'à présent. Des parties de la zone sont toujours occupées.

Nous sommes solidaires de la résistance de la ZAD contre l'expulsion et aussi des grèves et de la résistance dans les lycées et les facs, dans les boîtes et dans la rue contre la politique néo-libérale de Macron qui consiste à démonter les droits sociaux et à renforcer le contrôle de l'Etat. Nous saluons aussi tou.te.s les migrant.e.s qui luttent pour une vie de dignité et d'autodétermination ainsi que pour le droit de libre circulation.

Cinquante ans après le mois de Mai Parisien « historique », c'est le moment pour un nouveau soulèvement !
Ils commémorent, nous luttons, ensemble !
Liberté pour tous les prisonniers du G20 !


Hambourg : attaque d'un centre de visa russe - 26 juin 2018

Des inconnu.e.s ont détruit les vitres du centre d'émission de visa russe, au 14 de la Kanalstrasse à Hambourg, dans la nuit du 22 juin. Les messages « Fuck FIFA » et « Fight Repression », ainsi qu'un A cerclé ont été tagués sur la façade.

Depuis l'automne 2017, il y a des attaques répressives contre des anarchistes dans différentes villes russes, en Biélorussie et en Crimée. Ils/elles sont visé.e.s par la torture, l'intimidation, le chantage et l'emprisonnement.

En même temps, la coupe du monde, un des plus grandes spectacles du pouvoir, se déroule en Russie. Les riches peuvent s'enrichir davantage et, loin des caméras, cela peut être utilisé, comme c'est le cas pour les jeux olympiques ou les summits, pour développer la répression et le contrôle à l'encontre des marginaux, des pauvres et des groupes sociales indésirables et pour développer une gentrification agressive.

La liberté et la solidarité n'ont pas besoin de visa !


Berlin : voiture de SPIE enflammée, solidarité de Berlin à Nantes ! - 5 juillet 2018

La nouvelle de l'exécution d'un jeune par un flic dans une banlieue de Nantes nous a choqué.es. Nous avons enflammé une voiture de l'entreprise "SPIE" en solidarité. Notre haine n'est pas expliquable.

Nous voulions montrer notre solidarité en enflammant une voiture d'une entreprise qui fait fonctionner la machinerie de la prison : SPIE. Nous voulons montrer que nos luttes contre le système policier et autoritaire sont connectées. Nous voulons aussi encourager l'échange des idées anarchistes et de la solidarité plus souvent au-delà les frontières.

Force et Amour de Berlin à Nantes pour les jeunes dans les rues !
Contre la prison et pour une vie sans autorité !


Berlin : ils approchent... Appel international au soutien de Rigaer94 - 20 décembre 2018

Le 15 novembre, 500 flics, dont des forces spéciales avec des fusils d'assauts, ont pris d'assaut Rigaer94 afin de mener une perquisition dans le cadre d'une enquête sur un peu de bordel qui a eu lieu dans une supérette, quelques mois auparavant. L'affaire est classé « vol et blessures ». Une vidéo publiée par le boutiquier montre que cela est une mensonge évidente, mais le but est de donner des raisons pour une attaque militaire contre les structures rebelles.

Les flics sont arrivés à 6 heures du matin et ont réussi à ouvrir rapidement les portes, pendant qu'ils visaient avec leur fusils toute personne se montrant aux fenêtres.

En même temps, quatre autre maisons ont été perquisitionnées dans différents secteurs de Berlin. Plus tard, le Ministre de l'intérieur [6] (du SPD) a déclaré que tout cela n'avait pas de raisons politiques, mais était une opération contre le milieu criminel. Mais ce que tout le monde sait est que ces opérations n'étaient rien d'autre que des attaques contre les idées anti-autoritaires et des structures combatives, afin de réaffirmer le monopole étatique de la violence.

En plus des flics, est arrivé à Rigaerstrasse aussi un mec disant être l'avocat du propriétaire officiel (la société financière britannique Lafone Investments Ltd.), accompagné par quelques ouvriers du bâtiment, pour détruire les portes de la maison. Il a cependant été bloqué par la présence des camarades et à la fin il est parti, suite aux menaces de poursuites légales de la part de l'avocat de Rigaer94. Néanmoins, la présence aujourd'hui des cercles douteux qui réclament depuis des années la propriété de la maison est un signe qui veut dire quelque chose. La dernière fois que cela est arrivé c'était en 2016, lors de la tentative d'expulsion de la maison/bar Kadterschmiede. A l'époque, on avait vu une opération massive, de la durée de trois semaines, guidé e coordonnée par la police. Cette opération comprenait différentes entreprises de construction et de sécurité, tout comme l'entreprise de maintenance qui jouait le rôle de propriétaire légal. Mais après leur épique défaite dans la bataille pour Kadterschmiede, nos ennemis ont perdu plusieurs recours dans des tribunaux visant à prouver l'existence d'un mandat légal.

Ces mêmes personnes ont toutefois commencé à nouveau des procédures contre Rigaer94, pour expulser le bas Kadterschimiede et détruire les portes. Les portes de Rigaer94 sont connues pour être une épine dans le flanc de ceux qui veulent pacifier la maison et la rue. Il y a quelques mois, le Ministre de l'intérieur a defini ces portes « un obstacle pour les chasses à l'homme policières dans ce secteur ». Nous ne savons pas si cet avocat représente Lafone Investments Ltd. ou pas, ni si les flics vont attendre une décision de tribunal, ou en respecter une en notre faveur. Malgré tout, même si nous choisissons d'utiliser aussi les procédures judiciaires, nous pensons que seulement notre présence dans les rues empêchera une attaque, ou transformera l'attaque contre nous en une contre-offensive contre l'État, ses institutions et le capital. Cela est, de toute façon, le vrai objectif de projets anarchistes comme Rigaer94.

Récemment, comme presque toujours ces dernières années, il y a une forte présence policière dans le secteur de Friederichshain et une large utilisation d'hélicoptères de la part de la police. Il paraît que les stratégies de l'administration répressive de Berlin veulent nous forcer dans une position de défense, en attaquant au même temps Rigaer94 et le projet d'habitation anarcha-feministe Liebig34, qui perdra ses baux au début de la prochaine année. Il y a des grandes expectatives pour une forte résistance pour défendre Liebig34, mais avec les menaces qui pèsent sur Rigarer94, qui est situé à quelques pâtés de maisons à peine de là, nous qui habitons et/ou luttons dans la « Zone dangereuse » de Friederichain avons besoin de votre aide.

Qu'est ce que vous pouvez faire ?

Si nous avons des informations en avance à propos d'une action de la police contre Rigaer94, pour détruire les portes ou expulser les parties squattées du bâtiment, avec la sentence d'un tribunal, vous trouverez des nouvelles ici. En ce cas, nous invitons les gens à venir à Berlin et créer avec nous des situations comme celle de janvier ou de l'été 2016, quand l'énorme opération de police contre Rigaer94 a été repoussée par la mobilisation violente et non-violente…

Pour transformer le moment de l'attaque contre nous en un moment de chaos, solidarité et destruction, nous avons besoin de plusieurs mains… Venez à Berlin quand la situation chauffe – mais soyez conscient.e.s que nos structures sont limitées.

Si vous ne pouvez pas venir à Berlin, nous serons ravi.e de toute action de solidarité. Tout ce qui touche aux intérêts allemand, à l'économie allemande et tout ce qui appartient à l'apparat répressif et au système capitaliste est une cible.

Des ami.e.s de Rigaer94


Leipzig : attaque incendiaire contre un tribunal fédéral - 24 janvier 2019

Le soir du Nouvel An, à Leipzig, dans l'est de Allemagne, la nuit des excès a été utilisée pour lancer une attaque sur une cible qui, jusqu'à là, se présentait comme lourdement protégée et intouchable. Chaque année, lors de la première demi-heure de la nouvelle année, les grandes villes sont couvertes par des épaisses couches de brouillard et de fumée, il y a des très nombreux bruits d'explosions et des masses de gens qui se déversent sur les trottoirs et les espaces publiques pour regarder les feux d'artifice.

Le but de l'attaque était le Tribunal Fédéral, avec les bureaux du Parquet. Cette institution représente, métaphoriquement et littéralement, le centre de l'appareil judiciaire, de l'État et de sa société démocratique.

Une barricade en feu bloquait le carrefour à 200 mètres du tribunal, de façon que le groupe puisse mener l'attaque contre le Tribunal Fédéral et l'avoisinante Confrérie étudiante Lusatia sans être dérangé. Des pierres ont transpercé les fenêtres de la Maison de la Confrérie et des bombes de peintures ont été jetées sur sa façade. Les caméras de surveillance du tribunal ont été aveuglées avec des jets de peinture, après quoi des personnes ont franchi la clôture et essayé de défoncer les vitres blindées. La porte principale et l'encadrement d'une fenêtre du tribunal ont été incendiées, mais malheureusement l'intérieur du bâtiment n'a pas été endommagé. Une autre barricade a été allumée devant le tribunal : des voitures ont été détruites et brûlées. Toute la rue était couverte de fumée sortie des fumis des assaillants.

Une chorégraphie qui a poussé la Procureur Général de Saxe a penser que derrière cette attaque il y aurait un niveau élevé de professionnalisme. Il a tout de suite parlé d'un saut de qualité dans la violence de la part de la gauche radicale. Les délinquant.e.s n'ont pas attaqué seulement l'État, mais toute la société. Rien qu'on n'ait pas déjà entendu par le passé.

Autour du Nouvel An, ont été menées plusieurs attaques contre des propriétés de l'État. Par exemple l'attaque incendiaire contre le tribunal du quartier de Berlin-Wedding, le tribunal local et le bureau du Procureur à Hambourg, pendant la dernière semaine de décembre. Les premières semaines de janvier, il y a eu des attaques contre des tribunaux dans l'Allemagne méridionale, comme à Stuttgart et quelques jours plus tard à Fribourg, ainsi que contre le tribunal de Göttingen, des attaques motivées par les expulsions des sans-papiers et les lois racistes du régime.

Continuons à cibler ces institutions !
Tant que nous marcherons dans ces rues, nous essayerons de brûler chacun des tribunaux où des personnes sont traînées chaque jour !


Nuremberg : le centre de recrutement de l'armée pris pour cible - 13 février 2019

Dans la nuit de dimanche à lundi [7], on a profité de la couverture de l'obscurité pour attaquer un outil de l'impérialisme allemand. Nous avons pris pour cible le centre de recrutement de la Bundeswehr (les Forces armées allemandes), à côté de la gare Frankenstrasse. On a détruit l'entrée, ainsi que quelques vitres, à coup de pierres et de peinture. On a choisi la Bundeswehr parce qu'elle sert directement à mettre en œuvre les intérêts géopolitiques de l'impérialisme allemand. Peu importe s'ils qualifient leurs guerres d'aides humanitaires ou de mesures visant à l'établissement de la démocratie, ils ne peuvent pas cacher la vraie nature de la Bundeswehr et de ses missions.

Leur paix signifie guerre, leur justice signifie oppression et leur liberté signifie surveillance.

Tout le monde à Munich le 16 février pour manifester par milliers contre la militarisation interne et les guerres à l'étranger.

Contre la guerre et l'armée, feu et flammes pour la Bundeswehr !


Berlin : la voiture privée d'un flic incendiée - 25 février 2019

Ils tuent, ils torturent, ils expulsent. La bande la plus répugnante et la plus détestée du monde : la police.
Que ce soit le NSU [8] 2.0, 3.0 ou 4.0, que ce soit la police anti-émeute, les flics en civil, la Crim' ou les flics qui protègent les personnalités, ils et elles tou.te.s suivent une logique qui met les profits de la classe dominante avant la liberté, l'amour et la vie.

Meurtres, tortures et menaces ne sont pas des cas isolés, mais la cruelle réalité, dans chaque commissariat. “Auch Mensch” (“Des êtres humains aussi”) c'est le nom de leur campagne de communication publique, dans laquelle par contre l'humanité des “contreparties de la police” est niée.

Nous avons lu à propos des lettres de Frankfurt [9].

Nous avons vu les images de la femme SDF à laquelle ils ont mis un sac sur la tête.
Nous avons entendu vos discussions à propos des nouvelles lois sur la police.

Nous en avons assez !

Pour ces raisons, le 20 janvier, on a cramé le véhicule privé d'un flic qui vit dans le quartier de Lichtenberg, à Berlin.

Le travail et la vie privée ne peuvent pas être séparés. Spécialement quand ce travail est une prise de position contre l'humanité.
On est furieux d'apprendre que des compagnon.ne.s soient enfermé.e.s dans des cachots [10]. Cette tentative de les isoler ne marche pas, à cause de la résistance qui relie l'intérieur à l'extérieur. Notre réponse ce sont les salutations et la force envoyés à tou.te.s les prisonnier.e.s.

Cette action voulait ôter l'anonymat des ceux/celles qui sont les responsables de ce système d'oppression, pour leur montrer qu'on sait où ils/elles vivent et que, par le futur, ils/elles devront regarder plus souvent par dessus leurs épaules.

Cela nous a fait plaisir d'apprendre que la même nuit d'autres véhicules d'institutions et d'entreprises ont reçu de la visite [11].

Cette année, encore une fois, nous nous mobilisons contre le Congrès Européen de Police. On devrait prendre cette rencontre de politiciens, de hommes d'affaire et de gouvernement comme une opportunité à saisir pour faire payer ceux/celles qui laissent leurs traces de sang partout dans le monde.

Feu à toutes les prisons !
Feu à toutes les voitures de flics !
Lutte contre l'État !


Berlin : notre propagande reste l'attaque... les flics sont des assassins ! - 11 mars 2019

Ce qui est arrivé à un poste de police de Berlin le matin du 27 février 2019 n'a besoin d'aucun mot de justification. Tous ceux qui ont déjà été menottés, humiliés par les flics, agressés sexuellement, tabassés, chassés dans les rues, emprisonnés ou enfermés dans des prisons pour mineurs, comprennent notre langage. Notre feu parle à ceux qui ont compris ou appris que tomber dans les mains de l'État est toujours un danger pour son corps et pour sa vie. Nombreux sont ceux qui, traînés dans des voitures de police ou des commissariats, n'en sont pas sorti vivants.

Nous n'avons pas d'espoir dans la justice, ni dans des flics plus humanistes. Au lieu de cela, nous approfondissons notre définition de l'ennemi et nous traçons une ligne de séparation qui est adaptée au conflit social. Il n'y rien à discuter avec des assassins et avec leurs collaborateurs. Même pas si, tous les ans à l'occasion de leur congrès de police, ils se présentent comme des amis et des secours – mais, au même temps, leur guerre contre la société s'intensifie, avec leur réarmement.

On n'oublie rien, et nous ne sommes pas prêts à pardonner. Au lieu de célébrer son propre rôle de victime, il faut organiser encore plus d'attaques contre les flics et démonter pas à pas leur sensation d'inviolabilité.

Avec notre action, nous avons en partie contribué à cela. La nonchalance avec laquelle flics et journaux parlent de l'attaque du bâtiment de l'Invalidensrasse voudrait cacher leurs pertes. Puisque on a allumé les 60 litres d'essence sous le auvent de l'entrée, le feu a pu passer sous le plafond et y causer des dégâts de taille, chose qui leur rappellera pendant longtemps qu'ils ne peuvent s'attendre à rien d'autre qu'à notre haine.

Nous saluons Loïc [12], enfermé dans la prison de Hambourg, ainsi que tous les prisonniers de la guerre sociale qui restent droits, et leur promettons que nos continuerons à cibler les keufs.

Pour Ebuka Mama Subek, récemment assassiné dans un poste de police d'Athènes. Pour Oury Jalloh, Hans-Jürgen Rose et Mario Bichtemann, assassinés par les keufs à Dessau. Pour Halim, Carlo, Dennis et Amed !

Pour la vengeance révolutionnaire !


Ça chauffe à Berlin - 27 mars 2019

Berlin est bien connue pour ses batailles de rues dans les années 90, ses squatteurs et ses autonomes. Un mythe dont la scène militante profite encore de nos jours. Tous les grands squats connus ont finalement été légalisés, par des contrats d'habitations ou bien par des achats d' associations ou de personnes privées. Et la légalisation des squats est restée une pratique courante jusqu'à nos jours. Le but était de garder les projets à long terme. Cela présentait et présente de nombreux avantages et de nombreux inconvénients.

Certain(e)s des militant(e)s étaient heureux du mouvement apaisé et d'autres étaient agacés par la pacification et donc la division du milieu. Les luttes de cette époque de révolte rayonnent inévitablement jusqu'à aujourd'hui, les militant(e)s font leur réunions, tiennent des discours, discutent, boivent de la bière ou profitent des diverses offres culturelles de ces lieux. Les vieux racontent des histoires des combats des années 1990, et se reposent un peu trop souvent sur le fait que eux aussi ils ont déjà lancé une pierre ou ont squatté une maison. Certains milieux militants sont devenus calmes, emprisonnés dans la vie quotidienne, d'autres sont restés résistant(e)s, dans cette ville qui se remplit de plus en plus de d'habitants, qui devient de plus en plus riche, hédoniste et assainie. Mais le problème de la gentrification est un problème commun à toutes les personnes qui vivent dans cette ville et qui n‘ont pas un porte-monnaie rempli ou des parents bourgeois. Les loyers montent, les gens sont expulsés, les espaces vacants sont en cours de développement, en construction d'appartements trop chers, d'hôtels à haut prix ou de centres commerciaux pour consommer encore plus.

Berlin est en train de mourir et la plupart de ses habitant(e)s restent passifs. Cette passivité est favorisée par l'isolement, l'anonymisation et la destruction systématique de quartiers résistants et populaires. Mais il y a possibilité de rupture, les premières fissures sont déjà visibles.

Cette année, 6 lieux associatifs, cafés, bars et squats légalisés sont menacés d'expulsion et il y a des gens qui résistent. La Potse et le Drugstore sont les centres de jeunesse les plus anciens de la ville. Le Drugstore a du rendre ses clés en janvier au nouveau propriétaire qui veut agrandir son nouvel hôtel. La Potse, qui est située dans le même bâtiment a squatté son étage depuis janvier. Le Syndikat et la Meuterei sont deux cafés/bars collectifs. Ce sont des lieux de rencontre et d'organisation importants pour la scène militante de Berlin et font partie des derniers bars populaires du quartier de Kreuzberg/Neukölln. Le Syndikat n'a pas rendu ses clés et a continué à maintenir le café/bar ouvert et la Meuterei à laquelle il reste encore deux mois jusqu'à la fin de leur contrat ne va surement pas partir sans lutter. Puis il y a la Kadterschmiede, dans la maison de la Rigaer94, le projet duquel tous les bourges, la police et la politique en Allemagne ont peur. La Kadterschmiede est le rez-de- chaussée du bâtiment arrière, une salle de jeunesse autogérée. La Rigaerstraße se trouve à Friedrichshain, où ces fameux combats de rue ont eu lieu et ont en quelque sorte encore lieu. C'est l'un des derniers bastions de ce qui est resté du quartier résistant. Ils luttent avec la Liebig34 contre la gentrification du quartier et contre cette passivité, que la plupart des Berlinois.es rejoignent silencieusement. La Kadterschmiede compte être expulsée en été 2019. La Liebig Strasse 34, le projet d'habitat anarcho queer-féministe dans lequel des femmes, des personnes transgenres et non-binaires s'organisent et vivent depuis 29 ans, est à deux pas de la Rigaerstr. La Liebig34 est un point de référence important pour les luttes anarchistes queer-féministes de la ville et du monde entier. C'est un symbole de résistance et de lutte, offrant aux résidents et aux voisins non seulement un lieu safe, mais également un lieu où les gens peuvent échanger des idées et s'organiser.

Tous ces projets luttent contre des grands investisseurs (à Berlin, la plupart des maisons appartiennent à de grandes sociétés immobilières), contre les auberges de tourisme de masse et les espaces de coworking et se solidarisent avec ces milliers de personnes sans nom qui ont dû quitter leurs maisons. Mais la lutte contre la gentrification doit être également une lutte contre le capitalisme et les projets essayent de forcer ce discours en ville, pour ne plus faire les mêmes erreurs que dans les années 90. La résistance se forme. Les projets s'organisent et travaillent de plus en plus ensemble. De nouvelles alliances sont crées, des démonstrations sont organisées, des actions ont eu lieu, des stratégies sont discutées. Berlin pourrait se libérer de sa passivité, car il est certain que la ville ne restera pas calme, si la Kadterschmiede ou la Liebig34 venaient à être éxpulsées cette été.

L'été chauffe à Berlin et on serait content.es de votre visite !


Berlin : Liebig34 restera bruyante, sale, résistante… et plus que jamais ! - 21 mars 2019

Vous l‘avez probablement déjà entendu : le bail du lieu, projet anarchiste, queer et féministe Liebig34 situé à Berlin-Friedrichshain prend fin le 31/12/18. Dès le 01.01.19, le projet est menacé d‘expulsion. Mais juridiquement, avant que nous puissions être expulsé.es, Gijora Padovicz, spéculateur immobilier et propriétaire de notre maison, doit porter plainte contre l‘association et les habitant.es de la Liebig34. Une perquisition pourrait être le premier pas pour vérifier qui sont les habitant.es. Chez nos ami.es de la Rigaer94, on a pu voir à quoi une telle perquisition pourrait ressembler. Le passé a pu montrer encore et encore, que les keufs n‘agissent pas forcément sur une base juridique solide et qu‘ils peuvent expulser des squats, des projets en toute illégalité. Donc, tout est possible.

Il nous faut profiter du temps restant pour augmenter la pression. Nous ne voulons pas quitter notre maison et nous allons la défendre. Nous n‘accepterons pas que notre espace de vie, de protection et d‘organisation doit disparaître en faveur des intérêts économiques d‘un spéculateur. Par l‘expulsion, la rénovation et la location de la Liebig34, Padovicz deviendra encore plus riche pendant que nous nous retrouverons dans la rue. Le quartier sera encore plus gentrifié, les loyers encore plus chers, le voisinage sera privé d'espaces non-commerciaux et autogérés, et le monde privé d'espaces féministes et safe. Nous ne partirons pas. Nous resterons et nous n‘arrêterons pas d‘être désagréables.

Nous avons expliqué que nous n'allons pas passer d'accords sales sur les dos d‘autres locataires.trices. Nous souhaitons garder notre maison, mais pas à n‘importe quel prix (politique) et seulement en solidarité avec tout.es les personnes concerné.es. Nous sommes conscient.es que l‘intérêt de l‘État pour la négociation ne vient pas de nulle part. Notre voix vient de la popularité internationale de la Liebig34 et des liens de nombreux.ses personnes autour du monde. De plus, notre position dans la partie nord de Friedrichshain (quartier de l‘est berlinois), à proximité d'autres projets politiques, notamment le squat de la Rigaer94 qui résiste depuis des années, nous donne de la force. L‘expulsion du squat de la Liebig14 qui était imminent en 2011 a produit un moment de résistance collective et est devenu une motivation pour la gauche radicale.

La Liebig34 n‘est pas tout seule. Solidarité avec toutes les personnes concerné.es par la gentrification et l‘éviction. Solidarité avec Potse, Drugstore et Syndikat qui sont priés de partir de leurs espaces, avec Meuterei, Großbeerenstraße 17a et B5355 qui tournent leurs yeux vers un avenir incertain.

Même si nous n'arrivons pas à sauver notre maison, nous n‘avons pas non plus aboli le capitalisme. Il reste beaucoup à faire.

(...)


Berlin : incendie de trois voitures du vautour de l'immobilier "Deutsche Wohnen" - 27 mars 2019

Le 27 mars 2019, des « groupes autonomes » ont revendiqué l'incendie de trois voitures de la société immobilière Deutsche Wohnen à Berlin. Les incendiaires ont tenu entre autres à dédier « ce feu ardent ‘contre la ville des riches' aux compagnon-ne-s en lutte, qu'ils/elles soient en taule ou en cavale ». Voici des extraits du communiqué :

Parc automobile de Deutsche Wohnen décimé. Journées d'action contre la folie des loyers inaugurées.

Cher-e-s voisin-e-s, locataires, expulsé-e-s, SDF et camarades/compagnon.ne.s,

Pendant que votre loyer augmente en continu et que vous êtes évincé-e-s ou expulsé-e-s par la force, votre propriétaire a pu augmenter son bénéfice annuel de 2018 de 11% en atteignant 480 millions d'euros, leurs actionnaires enregistrent des bénéfices d'1,9 milliard d'euros et leurs patrons gagnent 6 500 euros par jour.
En fait, nous savons toutes et tous que le fait d'habiter est une marchandise au même titre que les autres. Elle est soumise aux conditions d'exploitation capitalistes et est source de maximum de profits pour les propriétaires. L'action politique du Sénat en est en grande partie responsable, et même au-dessus des partis.

De graves défauts dans les maisons et les appartements ainsi qu'un manque de réparation pour des loyers relativement élevés. Rigueur budgétaire dans les segments de prix les plus bas pour garantir le maximum de profits. […]

Nous avons détruit par notre action une petite partie de cette propriété. Nous aimerions ainsi faire comprendre aux investisseurs à quel point ils sont vulnérables et appelons en même temps d'autres groupes à montrer aux porcs de l'immobilier qu'il s'agit ici d'un capital-risque.

Nous adressons un sourire malicieux à toutes les personnes ciblées par cet incendie qui pour nous représente une petite satisfaction face à toutes les privations et le stress auquel vous exposent vos proprios.

Nous dédions les cendres des trois voitures cramées à toutes les personnes ciblées par les lettres de résiliation de bail, les avis d'expulsion et les augmentations de loyer. […]


Allemagne : chronique d'actions directes contre la domination - du 1er au 13 mai 2019

13 mai 2019, Berlin : dans la nuit, deux véhicules d'entreprises de ce monde de merde crament à une demi-heure d'intervalle dans deux quartiers différents. Une camionnette de GL3 NET [13] est brûlée dans la Joseph-Jung-Strasse à Lichtenberg. Cette boîte est spécialisée entre autres dans le raccordement de câbles en fibre optique. Un communiqué qui revendique l'attaque dit : « nous voyons cet incendie comme faisant partie de la lutte contre « l'intelligence artificielle » et la domination technologique à Berlin et ailleurs. Quelques minutes plus tard, une camionnette de VONOVIA a pris feu à Prenzlauer Berg ». Cette société immobilière est régulièrement prise pour cible partout en Allemagne pour sa responsabilité dans le processus de gentrification.
« Contre la ville des riches. Contre toute domination. Pour un mois de mai subversif et après. Vive l'anarchie ».

13 mai 2019, Leipzig : durant la nuit à Connewitz, une voiture de la société SPIE se fait crever les pneus, péter ses vitres et taguer d'un « Profiteur des prisons ». Le communiqué rappelle le rôle que cette entreprise joue dans l'enfermement : « SPIE tire profit en construisant des prisons et en leur installant des équipements pur maintenir ce système de domination et d'oppression […] Pour un mois de mai subversif ».

13 mai 2019, Wuppertal/Haan : les locaux de la Croix-Rouge et du parti de la CDU (droite) sont attaqués « à l'occasion des journées d'action contre les expulsions et les centres de rétention qui ont lieu durant le week-end partout dans le pays ». Vitres brisées et peinture. Si le rôle de la Croix-Rouge comme rouage de la machine à expulser n'est plus à démontrer en France comme en Espagne, en Suisse ou en Italie, la CDU vient d'adopter une nouvelle loi dégueulasse sur les réfugiés : la « loi sur le retour ordonné aggrave encore davantage la situation des réfugiés qui doivent être expulsés, par des exigences plus strictes concernant les déclarations, le blocage des permis de travail, l'allongement de la durée de rétention en vue de l'expulsion (cf. « Loi Asile et Immigration » en France).

10 mai 2019, Berlin : au cours de la nuit, dans le quartier de Lichtenberg, une voiture de l'entreprise de sécurité WISAG est incendiée dans la Rathausstraße. Un communiqué affirme que cet incendie est « une contribution à la campagne des actions directes contre les acteurs de la gentrification et de l‘éviction. L‘agence de sécurité WISAG contribue à la chasse des SDF de la Rummelsburger Bucht au profit des investissements de Padovicz là-bas ».

7 mai 2019, Berlin : un véhicule de patrouille des flics reçoit plusieurs pavés à l'angle de la Rigaer Straße et de la Zellestraße, dans le quartier de Friedrichshain, classé en « zone de sécurité » depuis plusieurs années en raison d'une hostilité ancrée envers les larbins de l'État. Le pare-brise est brisée et un flic est légèrement blessé au visage par des éclats de verre.

7 mai 2019, Böblingen : dans la nuit, plusieurs véhicules de l'entreprise Boels sont sabotés en solidarité avec la lutte contre la mine à Hambach. Manettes et portes sont collés à la mousse isolante. Un communiqué revendique l'action et dit entre autres : « Boels est une entreprise qui loue des engins de chantier… L'an dernier déjà, elle avait mis des projecteurs à disposition des flics lors de l'expulsion de l'expulsion de la forêt de Hambach. […] Attaquons celles et ceux qui coopèrent avec les flics ! Jusqu'à ce que chaque cage soit vide ! »

3 mai 2019, Wuppertal : au cours de la nuit, les vitres de plusieurs agences bancaires (Deutsche Bank, Sparkasse et Volksbank) sont fracassées, ainsi que celles du poste de police du quartier de Cronenberg. La Deutsche Bank reçoit en rab' de la peinture sur sa façade. Le communiqué rappelle que « les arrestations du 1er mai de l'an dernier ne sont pas oubliées ! Solidarité avec les personnes victimes de la répression, qui passent prochainement devant le tribunal à Wuppertal ».

1er mai 2019, Hambourg : sur le parking de la douane à Tonndorf, trois véhicules de fonction crament dans la nuit. Les pompiers ne parviennent pas à sauver deux voitures Polo-Volkswagen, qui sont entièrement carbonisées. Un troisième, un Caddy-VW, est fortement endommagé par la chaleur des flammes, tout comme une partie du bâtiment. Les flics affirment « qu'à l'heure actuelle, il n'y a aucune preuve sur le fait qu'il s'agirait d'un défaut technique, si bien que les enquêteurs s'orientent vers un incendie d'origine volontaire ».

1er mai 2019, Brême : deux agences immobilières perdent leurs vitres et quelques tags sont laissés sur leurs façades. Le communiqué précise : „Hausse des loyers, évictions et expulsions sont les conséquences pour beaucoup de gens. […] Pour un 1er mai combatif ! Pour une lutte au quotidien !“


Allemagne : feu et flammes à la domination - chronique d'actions directes du 12 au 14 mai 2019

14 mai 2019, Berlin : incendie de deux véhicules de Securitas

Deux véhicules de l'entreprise Securitas partent en fumée au cours de la nuit. Pour la police, c'est clairement intentionnel. Vers 3h, un habitant prévient les pompiers après avoir remarqué la lueur des flammes et la fumée qui s'en dégage. Vers 0h45, un autre véhicule est en feu à Reinickendorf et atteint une voiture garée juste à côté. En rab', un répartiteur électrique et un lampadaire sont endommagés par l'incendie. Il semblerait donc qu'aucun citoyen ne se baladait dans le secteur à cette heure de la nuit.

13 mai 2019, Ravensburg (Baden-Württemberg) : les réseaux de téléphonie ne répondent plus

Après l'incendie d'une antenne de téléphonie mobile sur un toit de gratte-ciel, beaucoup de gens ne peuvent plus passer d'appel avec leurs portables. Sont particulièrement affectés le réseau ‘Vodafone' et le réseau O2 de ‘Telefónica Germany'. Dans l'agglomération de Ravensbourg, mais aussi la zone de Bad Waldsee, de Biberach ou d'Illmensee, presque plus rien ne passe. Plus personne ne peut téléphoner ou surfer sur internet. On ignore combien de temps durera la panne de réseaux ». C'est par ces mots que la SWR relate ce sabotage dans un article mis en ligne le 14 mai à 9h31. Au moment d'écrire ces lignes, le journal précise que « les enquêteurs travaillent toujours sur le toit de la tour. « La réparation ne pourra commencer seulement lorsque l'endroit sera libéré », confie un porte-parole de ‘Telefónica'. Comme l'a annoncé l'opérateur de téléphonie mobile ‘Telefónica', il faut notamment remplacer le revêtement du toit de la tour [cramé] avant de changer les antennes et les câbles détruits. Selon la police, des inconnus ont forcé l'accès à la tour de 13 étages dans la nuit de dimanche à lundi et mis le feu aux installations du réseau mobile dressées sur le toit. Selon la police, le feu a provoqué des dégâts à six chiffres [ça donne une idée quand même]. Des saboteurs il n'y a jusqu'à présent aucune trace ».

12 mai 2019, Bamberg/Strullendorf (Bavière) : attaque incendiaire contre un profiteur de la société carcérale

Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs individus ont pénétré sur le parking de la société « MassakLogistikGmbH », situé sur le zone industrielle de Strullendorf dans l'arrondissement de Bamberg. Quatre camions et une camionnette ont été réduits en cendres.

Cette entreprise s'engraisse chaque jour comme prestataire de service dans les prisons. L'attaque incendiaire a été revendiqué par « Limes et gâteaux » entre autres en solidarité avec le compagnon de la bibliothèque anarchiste Fermento arrêté le 29 janvier à Zurich et Loïc, incarcéré à Hambourg pour les émeutes du G20 de l'été 2017. Les incendiaires ajoutent également « participer au mai subversif en solidarité avec les compagnon.ne.s incarcéré.e.s en Italie ».

« Selon ses propres affirmations, l'entreprise „MassakLogistikGmbH“ est leader lorsqu'il s'agit de tirer profit des besoins des gens. Werner Massak, qui se met en scène dans des interviews en tant qu'expert pour ces besoins justement, a fondé l'entreprise en 1993. Une entreprise qui ne se cache pas d'être spécialiste en matière de rendement des courses des prisonniers.

MassakLogistik fournit des biens uniformisés d'articles de première nécessité à des prix exorbitants derrière les murs des prisons. Puisqu'il n'existe aucune concurrence en prison pour de tels sous-traitants, l'entreprise Massak peut concrétiser son despotisme dans ce système. Leurs clients, les prisonniers, sont ainsi privés de la possibilité de choisir eux-mêmes quels biens ils veulent acheter et à quels prix.

L'enfermement systématique des gens, ici sous forme de prisons, est une des formes les plus évidentes de la domination et de l'oppression quotidiennes. En coordonnant entre autres la pauvreté, l'humiliation et la marginalisation, l'Etat décide qui il faudrait enfermer. Celui qui est ensuite enfermé peut être encore plus exploité en prison qu'en dehors des murs. A partir de là, le secteur de « l'industrie pénitentiaire » s'est développé comme une nouvelle forme d'esclavage. Elle n'est nulle part aussi perfide qu'aux États-Unis. […]

Cela nous paralyse parfois et fait nous sentir impuissant.e.s à mesure que nous prenons conscience de l'existant et de ses évolutions. Mais nous continuons à réfléchir à nos idéaux de liberté, de communauté et de solidarité et nous parvenons à ressentir les pulsations de nos cœurs. L'impuissance se transforme en rage.

Pour exprimer notre rage contre ce système de manière pratique, nous sommes sorti.e.s dans la nuit du 12 mai. Avec plusieurs engins incendiaires, nous avons enflammé quatre camions et une camionnette de la sociétéMassakLogistikGmbH. […]

Pour un monde sans prisons ni oppression » ! Contre toute forme « d'esclavage moderne » ! […] Liberté pour TOU.TE.S les prisonnier.e.s !


Allemagne : chronique d'actions directes enflammées - du 14 au 22 mai 2019

22 mai 2019, Berlin : un véhicule de la police fédérale, garé dans la Schöneberger Str. à Kreuzberg, est réduit en cendres vers 04h20. Les flammes ont entièrement détruit le fourgon de type ‘Mercedes Sprinter', ainsi que deux autres voitures garées à côté : il s'agissait d'une BMW et d'une Volkswagen.

20 mai 2019, Berlin : les flics et des journaux locaux nous informent que « des individus ont mis le feu à un véhicule d'entreprise garé dans la Friedenstr. à Friedrichshain peu avant 3h ». Il s'agissait en réalité d'un véhicule utilitaire de l'entreprise Vinci : « Un peu partout, cette entreprise construit non seulement des autoroutes, des aéroports…, mais aussi des prisons et des centres de rétention. Feu à toutes les prisons ! Liberté pour tou.te.s ! »

20 mai 2019, Berlin : à Friedrichshain, quartier classé en « zone de sécurité » depuis quatre ans, il n'est pas rare que les flics qui occupent la rue reçoivent quelques actes d »hostilité. Vers 22h20, lundi 20 mai, un fourgon qui stationnait sur la Dorfplatz, au croisement de la Rigaerstr. et de la Liebigstr., s'est mangé plusieurs sacs remplis de peinture. D'après les flics, ces projectiles colorés ont été jetés depuis le haut d'un immeuble de la Liebigstr. Ca aurait pu s'arrêter là, mais non. Lorsque les agents en vert sont sortis pour prendre en photo les traces de peinture sur leur véhicule, d'autres sacs volants leur sont tombées dessus. Ces deux averses de peinture leur ont une nouvelle fois signifiées qu'ils n'étaient pas la bienvenue dans ce quartier encore populaire, où les habitant.e.s tentent toujours d'occuper la rue pour boire un coup et discuter, tandis que des immeubles et commerces à hypsters poussent comme des champignons à l'autre bout de la Rigaerstr.

19 mai 2019, Leipzig : deux pelleteuses d'un chantier sont incendiées à l'ouest de la ville « contre la rénovation urbaine et la ville des riches ». Le communiqué explique les raisons de cet incendie. Leipzig est en transformation permanente, et ce déjà depuis des années. Les loyers augmentent, les pauvres sont forcés de quitter leurs logements, les murs et les façades de la ville sont aseptisés par un nettoyage régulier et l'enlèvement systématique des tags et des affiches. De nouveaux immeubles de copropriétés et ensembles d'appartements de luxe sont mis à disposition des riches pendant que dans le même temps, les autorités expulsent les espaces libres.

17 mai 2019, Berlin : vers 3h du mat' à Pankow, une voiture de sécurité privée est incendiée sur un parking de la Neumannstrasse. Une photo publiée dans un journal du coin montre que le véhicule enflammé appartenait à la société ‘Kötter-Security'.

Un peu plus tôt, peu après minuit, une BMW d'une société de voitures d'autopartage part en fumée dans la Wildenbruchstraße, à Neukölnn. Cinq minutes plus tard et à 250 mètres de là, une bagnole de bourges (Mercedes) est cramée dans la Laubestraße. Dans la presse, on apprend que les pompiers ont eu toutes les peines du monde à éteindre une des voitures qui était électrique. La chaleur de la batterie peut atteindre jusqu'à 1000 degrés.

14 mai 2019, Berlin : dans les précédentes brèves, nous évoquions l‘incendie de deux voitures de sécurité, sans connaître précisément le nom de l'entreprise visée (puisque repris des flics et de la presse). Le 22 mai, la cellule « Renards libres » de la « FAI/FRI » a revendiqué l'incendie de deux voitures de Securitas à Wedding « pour un mois de mai noir ». Le texte cite notamment : « feu à toutes les prisons, avec ou sans murs », extrait de l'appel à un mois de mai subversif en vue d'élargir la proposition à un 1er mai anarchiste à Berlin.


Allemagne : chronique d'attaques contre ce monde - du 19 au 26 mai 2019

Brême, 26 mai 2019 : du foot de rue à l'émeute

Vers 23h45 samedi, près de 300 personnes se sont retrouvées au carrefour de Sielwall pour une partie de football. Un appel avait circulé peu de temps avant sur internet. Les affrontements commencent au moment où les flics interviennent vers 00h30 pour rétablir le trafic : les larbins de l'Etat ne s'attendaient certainement pas à une réaction aussi hostile. Sacs de peinture, bouteilles et feux d'artifice ont immédiatement volé en leur direction, en en blessant quatre légèrement. Les postes de police de divers quartiers (du centre-ville (Wall), de Gröpelingen et de Woltmershausen) sont attaqués à coups de pierres, de marteaux et de peinture. Cinq véhicules de patrouille sont endommagés au total.

Plusieurs vitrines de magasins du centre-ville ont volé en éclats. La mairie a aussi perdu une vitre. Preuve que les flics locaux ont été totalement pris au dépourvu, des renforts ont du être appelés de Basse-Saxe, augmentant le nombre de flics anti-émeutes mobilisés à 100 agents. Ce n'est que vers 1h45 que les flics ont pu rétablir l'ordre. Une personne aurait été interpellée. Cf. le communiqué de revendication signé « des groupes autonomes ».

Erfurt, 24 mai 2019 : tôt vendredi matin, une camionnette du parti fasciste « Troisième Voie » (« Der Dritte Weg ») est réduite en cendres sur la Stielerstraße. Le bureau du parti qui se trouve juste à côté a aussi été endommagé. Après avoir pété une vitre, les vandales ont propulsé de la peinture à l'intérieur du bâtiment. Les flics évaluent les dégâts à plus de 10.000 euros et sont sur la piste d'un « acte à caractère politique ».

Hanovre, 24 mai 2019 : attaques simultanées contre des sociétés immobilières

« Vonovia : acide butyrique dans le système de ventilation d'une camionnette, slogans sur le capot et peinture sur les vitres. Agence de ‘Weiden Immobilien' : bitume sur la façade et les vitres (cf photo ci-contre). Agence ‘Gerlach' : vitres de l'entrée brisées » [14]. Un communiqué publié sur internet revendique ces actions directes coordonnées en l'espace d'une nuit : « nos attaques se dirigent de manière générale contre le principe visant à s'enrichir en vendant et en gérant des logements ».
La suite ici.

Hambourg, 23 mai 2019 : nouvelle attaque contre les partis politiques. Au cours de la nuit de mercredi à jeudi, deux bureaux de partis politiques sont pris pour cible à Eimsbüttel. Les vitres de deux partis de gauche comme de droite sont brisées : celles de la permanence parlementaire du parti libéral du FDP de la Schopstraße, ainsi que celle du bureau du parti des Verts de la Methfesselstraße. Ces deux attaques interviennent quelques jours seulement avant les élections européennes.

Lübeck, 20 mai 2019 : la voiture du député au Landtag de l'AfD, Claus Schaffer, est détruite par les flammes dans la nuit de dimanche à lundi. Les dégâts s'élèvent à plus de 10 000 euros. Un membre du groupe de l'AfD au Landtag de Kiel a repris la version policière (celle d'un commissaire du service « incendie criminel »), à savoir que des inconnus auraient allumé un des pneus du véhicule à l'aide d'un produit inflammable.

Bielefeld, 20 mai 2019 : au cours de la nuit, des pavés sont jetés sur les vitrines du siège du parti libéral du FDP situé dans la August-Bebel-Straße. L'attaque se serait produite lundi entre 2 et 3h du matin, d'après les flics. C'est un citoyen du secteur, réveillé par le bruit, qui a immédiatement prévenu les autorités. D'après une porte-parole de la police, les dégâts se chiffreraient à près de 8 000 euros.

Dresde, 19 mai 2019 : au cours de la nuit, plusieurs voitures de la société immobilière VONOVIA sont détruites par le feu. Peu après 2h, l'une a complètement flambé, deux autres ont brûlé à l'avant au niveau du moteur et une quatrième a souffert de la chaleur des flammes. Et bonne nouvelle, les flics n'ont aucune trace des pyromanes inspirés. Aucun témoin ne s'est signalé auprès de leur service pour cette nuit enflammée. Vonovia est l'un des principaux acteurs de la gentrification et de la guerre aux pauvres en Allemagne, ce qui explique en partie pourquoi elle est régulièrement prise pour cible.


Fribourg-en-Brisgau : attaque de la préfecture aux cocktails Molotov - 5 juin 2019

Feu et flamme(s) pour la police !

Dans la nuit du 5 juin 2019, la préfecture de Police de Fribourg a été attaquée avec des cocktails Molotov et des bombes de peinture. Nous espérons que dès aujourd'hui, il y aura moins de voitures de police à sévir dans les rues de Fribourg !

Cette action est une réponse claire face au nouveau durcissement prévu de la loi sur la police dans le Bade-Wurtemberg et fait partie d'une série d'actions contre la militarisation de la police et la formation de plus en plus autoritaire de la société.

Cette action n'est pas qu'une simple critique de telle réforme ou de telle loi mais appelle à abolir la police, l'armée et la prison comme un tout ! Puisque les manifs, les pétitions et les appels n'ont abouti à aucun changement de la future loi sur la police, nous nous voyons contraint.e.s de jeter des engins incendiaires et des bouteilles sur celles et ceux qui exercent le monopole de la violence d'État. Car la police est et reste vulnérable. Cela a clarifié l'action d'aujourd'hui et alimenteront les actions futures.

Mais encore une fois, dès le début : pas qu'en 2019 mais déjà en 2017, en prenant pour prétexte « la protection face au terrorisme » le Bade-Wurtemberg votait une nouvelle loi conférant à la police de nouveaux pouvoirs élargis. Ainsi les flics sont désormais autorisés à utiliser du matériel explosif tel que des grenades offensives et à lire les conversations par système de messagerie cryptée via des chevaux de Troie de l'État. La classification de personnes « fichées » se fait selon des critères douteux tels que les contacts avec de « fausses personnes » ou les images de vidéo-surveillance dites « intelligentes » dans les espaces publics capables d'analyser et de classifier automatiquement des comportements et qui, dans certains cas extrêmes, peut conduire à des interdictions de résidence et de contacts. Cette loi sur la police a reçu en 2017 la bénédiction des Verts, de la CDU (droite) et du SPD (sociaux-démocrates) par ces mots : « Nous atteignons la limite de ce qui est possible sur le plan constitutionnel » (Kretschmann).

Néanmoins, un nouveau durcissement de la loi sur la police dans le Bade-Wurtemberg est à l'ordre du jour, et qui a reçu encore très peu d'attention comparé à l'amendement adopté en Bavière et qui doit être adopté en silence autant que possible. […]

La nouvelle loi sur la police ne tient pas toute seule : elle fait partie d'une évolution radicale vers un État autoritaire sécuritaire doté d'un dispositif de surveillance axé sur le contrôle qui combat avec véhémence non seulement ces ennemis de l'extérieur, mais aussi de l'intérieur. L'objectif est l'assimilation et l'oppression, la peur et l'uniformité. […]

Nous pensons qu'il est important, d'un point de vue pragmatique, d'empêcher le durcissement prévu de la loi sur la police dans le Bade-Wurtemberg et ailleurs ! Toutefois, la solution ne peut pas être uniquement une police avec un peu moins de grenades de désencerclement ! Le retrait de ces rares réformes ne change rien aux principes injustes sur lesquelles repose notre société. C'est pourquoi nous nous opposons à toute domination et à un système qui es basé sur la répartition inégale du pouvoir, la propriété privée, le contrôle et la coercition.

Nous devons toutes et tous nous demander ce qui nous sécurise vraiment : sûrement pas l'institution policière, dont la mission consiste à protéger la propriété et donc les intérêts des riches et des puissants.

Nous voulons développer et mettre en place de nouvelles formes de vie par-delà « l'État de Droit ». Nous voulons avoir la responsabilité de nos actions, autant sur le plan individuel que collectif, sans être menacée de la taule et de violence. Pour la liberté et la solidarité, pour une vie en Anarchie !

La liberté meurt avec la sécurité.


Leipzig : un engin de chantier d'Eurovia-Vinci incendié en solidarité avec Anna et Silvia - 25 juin 2019

Nous haïssons les prisons ; beaucoup de nos compas y sont enfermé.e.s, quelques un.e.s y sont torturé.e.s et les prisons sont le cœur de l'ordre établi. Vinci construit des prisons, cet engin leur appartient, du coup on a voulu l'incendier. Du coup, le processus de pensée qui a porté à la destruction d'un engin de chantier routier le 24 juin a été assez simple.

On peut aussi présenter cela d'une façon légèrement différente : nous vivons dans un monde où c'est trop compliqué de pouvoir dire clairement qu'est ce qui est connecté à quoi. Du coup, des gens qui réparent une route se trouvent à travailler pour une filiale de l'empire de Vinci, une des plus grandes entreprises de construction du monde. Ces personnes n'ont rien à voir avec des prisons. L'engin de chantier routier n'a probablement jamais été utilisé pour construire des prisons. Si une entreprise gigantesque fait des choses odieuses d'un côté, est-ce que cela c'est assez pour frapper toute autre partie de cette entreprise ? Pourquoi incendier ce véhicule précis, au lieu d'aller sur le site d'une prison et attaquer là bas ?

L'ordre établi nous dirige chaque jour, à l'école, au travail, en tant que citoyen.ne.s, nous soumet à des stéréotypes de genre et ainsi de suite. Il est très créatif et ouvert d'esprit dans le choix de ses moyens. Cette attaque étatique contre l'humanité est permanente. Par conséquent, l'État et ses sbires méritent d'être attaqués tout le temps et de plusieurs façons. La complexité du pouvoir et le fait qu'il se dissimule ne nous empêchent de contre-attaquer quand et où cela nous convient.

Force aux anarchistes Anna et Silvia, qui sont en grève de la faim dans la prison de L'Aquila pour en finir avec l'isolement dans le régime 41bis.

Liberté pour tout.te.s les prisonnier.e.s !


Berlin (Allemagne) : Salutations enflammées aux trois de la Parkbank, à Hambourg - 27 juillet 2019

Nous envoyons amour et force à tou.te.s les rebelles dans les prisons de ce monde, dont les messages (même venant de la part de personnes qui combattent l'autorité et la domination très loin d'ici) nous arrivent comme des salutations d'ami.e.s

Nos salutations sont aussi remplies de haine envers les porcs des forces répressives, qui essayent constamment de nous empêcher d'avancer, avec la menace et l'application de la prison.

Ces flammes sont pour vous, les trois de la Parkbank.

Un court frisson nous a parcouru le dos lorsque nous avons lu les articles de la presse, puisque cela aurait pu arriver à n'importe quel autre groupe d'activistes nocturnes.

Les accusation d'avoir planifié des délits dans le cadre du deuxième anniversaire du sommet du G20 de Hambourg en 2017 et les arrestations qui en sont suivies semblent une occasion de rêve pour les autorités publiques. Cependant l'écho reste modéré. Il y a un an, ils ont menacé de démanteler tous les petits groupes, en réseau à travers l'Europe, qui avaient été responsables des émeutes. Même si des sentences sévères ont été prononcées dans les tribunaux, ils soupçonnent maintenant qu'ils ne se sont pas rapprochés de cet objectif ; il n'y a eu que très peu d'arrestations, malgré tous leurs gadgets technologiques.

Pour nous, peu importe ce que les dirigeants pensent pouvoir juger. Qu'est-ce que les catégories de culpabilité ou d'innocence devraient nous dire, au delà d'un sourire résigné face à la propagande d'un État ?

Un crime est pour nous un acte illégal. C'est à dire un acte que tu n'es pas autorisé à faire et auquel tu ne devrais même pas penser, dans le cadre d'un État. Aller au-delà de cette logique, le fait de piquer des chewing-gum ou de chourer le plein de carburant fait partie de notre vie quotidienne, une façon d'apprendre, petit à petit, à échapper à cette propagande.

Ce que nous faisons, c'est de voir la douleur causée par l'arrestation de nos compas comme une occasion pour appeler à une prise de conscience de nos luttes actuelles et passées : « Jetons dans la poubelle de l'histoire tout ce qui fait obstacle à une utopie révolutionnaire. » (Hambourg, 7 septembre 2016 : Attaque contre COSCO, avec de la fumée, des pierres et de la peinture).

Dans l'un des premiers appels à une coordination subversive en vue d'attaques contre le sommet du G20, Deutsche Telekom a trouvé sa place comme acteur mondial de la répression et de l'exploitation. Quelques mois plus tard, en novembre 2016, cette renommée a porté à la destruction d'une partie d'une flotte de véhicules de Telekom, à Berlin.

Hier, une autre voiture de Telekom a été incendiée à Berlin.

Pour plus d'attaques contre la normalité sexiste, raciste et autoritaire ! Nos cœurs brûlants dépassent les murs !

Amour et force pour les compas emprisonné.e.s à Hambourg et leurs proches !

Anarchistes


[1] NdT : correspond à la police municipale en France.

[2] La Bundesdruckerei, que l'on peut traduire par « l'imprimerie fédérale », est un fabricant de billets de banque, de timbres, de cartes d'identité, de passeports et visas, de permis de conduire et de cartes grises. Créée en 1879 sous le nom de « Reichsdruckerei », elle était alors au service du pouvoir jusqu'en 1945. Connue depuis 1951 sous son nom actuel, elle a par la suite été privatisée en 2000 et de nouveau nationalisée en 2009. Elle s'est spécialisée depuis dans le domaine de la sécurité, du contrôle et du fichage.

[3] NdT : 27 septembre 2017.

[4] Le groupe Springer a une longue histoire avec les groupes révolutionnaires. C'est entre autre le rédacteur du journal de la Bild-Zeitung, conçu sur le modèle des tabloïds anglais. Au début des années 70, ses bureaux avaient été attaqués à de nombreuses reprises, notamment pour appeler à s'en prendre régulièrement à l'extrême-gauche et aux révolutionnaires. Juste après la tentative d'assassinat d'un révolutionnaire du mouvement étudiant, Rudi Dutschke, le 11 avril 1968, ses locaux ont été attaqués lors de manifestations pour ses appels aux meurtres de militants du mouvement étudiant. Des camions du groupe ont également été incendiés.

[5] NdT : l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport a été faite début janvier, et non l'an dernier comme il est dit dans le texte.

[6] Note d'Attaque : de la ville-land de Berlin.

[7] Note d'Attaque : 28 janvier2019.

[8] Note des traducteur.ice.s en anglais : Nationalsozialisticher Untergrund, groupe nazi clandestin responsable, entre autres, de la mort de neuf immigrés entre 2000 et 2006 – ils avaient été “couverts” par la police.

[9] NdT : des menaces de mort envoyées par des policiers à un témoin à leur charge, signées “NSU 2.0”.

[10] Note d'Attaque : dans la revendication, un lien renvoie à une lettre du compagnon Nero, sorti de prison depuis peu.

[11] Note d'Attaque : cette nuit-là, neuf véhicules ont brûlé dans le parking du Ordnungsamt – sorte de police municipale – du quartier de Neukölln ; dans la semaine du 14 au 21 janvier, trois véhicules des entreprises ThyssenKrupp, DB Schenker et Wisag ont été incendiés en solidarité avec la résistance au Rojava et contre la menace d'expulsion du squat féministe Liebig34.

[12] Note d'Attaque : camarade français accusé de participation à l'émeute de juillet 2017 contre le sommet G20.

[13] NdT : le communiqué parle de l'incendie d'une camionnette GLS, société spécialisée dans la mise en réseau par fibre optique et dans les télécommunications. Or, d'après un commentaire en bas de l'article, il s'avère qu'il s'agit d'une autre entreprise, GL3 Net, elle aussi spécialisée dans les télé-communications et la fibre optique.

[14] Note de Sans Attendre : les dégâts pour cette agence immobilière de la Rafaelstr. s'élèvent à 4000 euros selon la presse.

Les traductions publiées dans cette brochure et d'autres sont accessibles sur :

https://attaque.noblogs.org/
https://sansattendre.noblogs.org/
https://nantes.indymedia.org/

La plupart des textes originaux en allemand sont accessibles sur :

https://de.indymedia.org/
https://chronik.blackblogs.org/

Urgence dans les facs et dans les boîtes

  Extrême précarité, isolement et dépression, à Lyon, le mal-être étudiant a finalement pris la forme de deux tentatives de suicides en quelques jours. Pendant ce temps dans les boîtes, plans sociaux et grèves se succèdent. Heureusement, celles-ci sont parfois […]

L’article Urgence dans les facs et dans les boîtes est apparu en premier sur Rapports de Force.

Penser l’intersectionnalité avec Mame-Fatou Niang

Mame-Fatou Niang est chercheuse et maîtresse de conférence en littérature française et francophone à l’université Carnegie-Mellon. Dans ses travaux, elle explore comment se construisent les identités des personnes noires dans une France qui se voudrait universaliste. Elle en avait fait le sujet de Mariannes noires, un documentaire interrogeant plus particulièrement la place des femmes noires dans la nation qui « ne voit pas les couleurs ». Pour elle l’intersectionnalité, bien loin d’être la cause, est la réponse à la crise que traverse la République à l’heure actuelle (05:38). Elle dénonce d’ailleurs les accusations d’importation de ce concept (08:52). Bien que le terme ait été forgé par une juriste américaine, Kimberlé Crenshaw, la réalité qu’il définit est, quant à elle, vécue et énoncée par de nombreuses voix françaises depuis des décennies, des sœurs Nardal à Maboula Soumahoro. Si les recherches utilisant l’intersectionnalité comme outil sont aujourd’hui menacées par la Loi de programmation de la recherche (17:27) qui attaque durement les libertés académiques, pour Mame-Fatou Niang de nombreux signes sont sources d’espérance, comme les manifestations antiracistes de l’été 2020 (22:38). Elle considère qu’il est essentiel de déconstruire la supposée opposition antiracisme-universalisme (27:08) pour bâtir une nouvelle res publica qui laisserait de la place à toutes les voix françaises (30:03). Pour cela, il est également temps de réviser l’imaginaire construit autour des marges et notamment des banlieues. Un imaginaire que Mame-Fatou Niang a longuement exploré (41:39) pour démonter le récit produit sur les populations minorisées. La solution : donner voix aux chapitre aux concerné·e·s, plutôt que de laisser leurs contours être délimités selon un point de vue prétendument universel et « neutre » (49:23). Le chemin est encore long, mais la résolution et l’espoir de Mame-Fatou Niang ne peuvent qu’inspirer force et courage.

Loi « Sécurité globale » : les angles morts de l'information sur France Inter et France 2

« Désinformation par omission » : ainsi avions-nous qualifié le traitement que BFM-TV et LCI avaient réservé aux manifestations du 21 novembre contre la loi « Sécurité globale ». Qu'en est-il du service public ? Du 15 au 29 novembre, nous avons visionné et écouté deux des tranches d'information les plus suivies sur France 2 et France Inter [1]. Et si les deux journaux n'ont pas fait l'impasse sur le projet de loi et les mobilisations qu'il a suscitées, leur traitement présente plusieurs angles morts.

Dans les deux dernières semaines de novembre, la question de la loi « Sécurité globale » a bien été à l'ordre du jour des journaux d'information de France Inter et de France 2. Mais de quelle manière ? Du 15 au 29 novembre, les journaux de 8h sur la radio publique ont cumulé 3 heures et 52 minutes d'antenne. Sur cette période, la couverture relative à la loi « Sécurité globale » a représenté 14 minutes, soit un peu plus de 6% des journaux au total. Un temps en réalité concentré sur quelques jours : on ne recense par exemple aucun traitement les 22, 23, 24 et 25 novembre – soit les quatre jours ayant suivi la première journée de mobilisation nationale contre cette loi.

Du côté du 20h de France 2, on enregistre sur les deux mêmes semaines une couverture de 46 minutes et 57 secondes, soit environ 8% du temps total des JT (9h48 d'antenne en tout). Là encore, on distingue deux périodes, avant et après l'affaire Michel Zecler le 26 novembre [2]. Les jours précédant cette affaire, le temps consacré à la loi « Sécurité globale » ne dépasse jamais les 3 minutes d'antenne. Du 26 au 29 novembre, on compte une moyenne d'environ huit minutes par soirée. Une durée toutefois loin d'être entièrement dévolue au traitement de la loi « Sécurité globale » en tant que telle, puisqu'elle comprend également la couverture de l'affaire Zecler. Enfin, durant le mois de décembre (non inclus dans notre étude), le temps consacré au projet de loi retombe très rapidement, avoisinant rapidement… le zéro !

Les deux journaux ont donc réservé un temps d'antenne faible en proportion – mais tout de même non négligeable – au projet de loi « Sécurité globale ». Sur le fond en revanche, leur traitement s'est caractérisé par plusieurs angles morts [3].


Focalisation presque exclusive sur l'article 24


L'article 24 a été quasiment le seul aspect de la loi traité par les deux rédactions nationales [4]. Les autres dispositions problématiques (surveillance par drones, nouveaux pouvoirs en faveur de la police, privatisation de la sécurité, etc.) bénéficieront d'un temps d'antenne nul sur France 2, et dérisoire sur France Inter.

Dans le journal de 8h, on recense à leur propos un peu plus d'une minute le 17/11 et une dizaine de secondes seulement le 28/11. Et on peut dire que cette grosse minute a été mise à profit ! Le 17, le journaliste ne fait que mentionner les articles 21 et 22, ainsi que deux amendements proposés… par le gouvernement. Le tout emballé dans la philosophie de la majorité :

L'article 21 doit permettre aux policiers en intervention de transmettre leurs propres images pour que leurs directions puissent contrer en temps réel celles de manifestants, de témoins ou de médias qui n'auraient qu'une vue partielle d'une séquence de charge des forces de l'ordre […].

Au moment d'évoquer l'amendement « permett[ant] aux forces de l'ordre d'utiliser si besoin en direct les flux vidéos dans les gares ferroviaires ou les métros […] [et] des bailleurs sociaux dans les halls d'immeuble », le journaliste rassure les auditeurs avec la berceuse gouvernementale :

Dans les deux cas, cela doit permettre des interventions mieux coordonnées entre les agents de la sûreté de la SNCF, de la RATP ou les policiers municipaux et les forces de l'ordre de l'État.

Des présentations bien sympathiques, qui ne feront évidemment jamais l'objet d'une contre-argumentation. Des spécialistes étaient pourtant clairement identifiables, à l'instar de la Quadrature du Net, qui, deux jours plus tard, publiait sur son site une analyse de la loi un tantinet plus inquiète concernant les libertés individuelles…

Onze jours plus tard, le journal d'Inter n'a pas progressé d'un pouce dans sa présentation du projet de loi ! « Une loi qui prévoit d'interdire la diffusion d'images malveillantes des forces de l'ordre, mais aussi des drones ou des caméras embarquées pour surveiller les manifestations » se contente ainsi d'annoncer la présentatrice. Une journaliste politique prend la suite, mais ne détaille pas davantage le fond de ces dispositions. L'opposition à ces dernières étant réduite à une singularité des seuls partis de la gauche radicale : « Le NPA, les communistes, la France insoumise considèrent qu'au-delà de l'article 24, l'utilisation de drones, de caméras de surveillance dans des lieux privés, mais aussi le schéma national du maintien de l'ordre, qui n'est pas dans la loi, doivent être retoqués. » Pourquoi ? On n'en saura rien. Ni que bien d'autres collectifs s'y opposent, au premier rang desquels la coordination « StopLoiSécuritéGlobale »… avec laquelle la société des journalistes de France Inter s'est mobilisée.

Que le mouvement social ait (surtout dans un premier temps) lui-même mis l'accent sur l'article 24 ne justifie pas que le reste de la loi soit passé sous silence par les journalistes. Silence qui interroge : routines de travail ? Manque de temps ? Défaut de spécialisation ? Prisme « professionnel » conduisant à focaliser l'attention sur ce qui concerne seulement les journalistes ?

D'autant plus qu'exposer un projet de loi par le menu semble pourtant bel et bien dans les cordes du journal de 8h de France Inter. Le 18/11 par exemple, la rédaction consacre près de quatre minutes aux différents articles du projet de loi sur le « séparatisme » [5]. Un temps que n'atteindra jamais le moindre sujet sur la loi « Sécurité globale » [6]


La coordination « StopLoiSécuritéGlobale » : inexistante


Au cours de la période étudiée, téléspectateurs et auditeurs n'entendront jamais prononcer le nom de cette coordination. Que cette dernière rassemble à l'origine la LDH, l'intégralité des syndicats de journalistes et différentes associations (auxquelles se sont depuis ajoutés une trentaine de sociétés de journalistes, des collectifs de familles de victimes de violences policières, gilets jaunes, exilés, etc. – soit désormais plus de 70 structures), et qu'elle soit à l'origine ou coordonne des appels à manifester partout en France ne change visiblement rien à l'affaire.

En tant que telle – c'est-à-dire en tant qu'acteur collectif majeur au sein de la mobilisation – elle ne sera mentionnée dans aucun des 20h de France 2, ni dans aucun des journaux de 8h sur France Inter durant la période observée !

Fâcheux oubli, a fortiori quand des journalistes en sont partie prenante ! Et qui a pour fâcheuse conséquence de fabriquer une vision à la fois distordue et hors-sol de la contestation sociale. Mieux encore : sur ses quinze journaux de 8h, et à la différence de France 2, France Inter réussit l'exploit de ne jamais faire entendre aucun des membres de la Coordination, même à titre individuel !

Nous reviendrons plus largement dans la seconde partie de notre étude sur le traitement qui fut réservé à l'opposition. Mais soulignons d'ores et déjà un fait marquant : l'extrême suivisme des deux rédactions à l'égard de la communication et de l'agenda gouvernementaux implique que ce qui n'est pas abordé (ou ne fait pas l'objet de réactions) dans le camp de la majorité présidentielle n'existe pas. Ainsi, ne seront par exemple à aucun moment mentionnées les inquiétudes du Conseil des droits de l'Homme de l'Onu et de la Commission européenne [7]. Des contributions et prises de positions pourtant non négligeables dans le débat, provenant de surcroît de sources institutionnelles que France 2 ou France Inter n'ont pas pour habitude de dédaigner…


La France ? C'est Paris


Comme tout traitement d'une mobilisation par les médias dominants, le parisiano-centrisme des rédactions nationales fait des dégâts. La présidente de Radio France a beau emberlificoter les auditeurs en prônant le « maintien d'un lien authentique avec les habitants sur les territoires » et appeler de ses vœux une « grande plateforme de la proximité » [8], pour le journal matinal le plus écouté de France, point de salut en dehors des frontières parisiennes ! Sur cette radio, l'absence de reportages en régions caractérise en effet la période, à une seule exception près : le 29/11, on entendra une manifestante de Périgueux durant quelques secondes. Pas de quoi remplir les objectifs d'une information dite « de proximité », pas plus que n'y parvient la simple évocation de cortèges défilant ailleurs qu'à Paris, quand bien même cet « ailleurs » serait nommé !

On fait peu ou prou le même constat sur France 2 : hormis le 17/11, où quelques images des manifestations organisées en dehors de Paris sont diffusées, de réels reportages sur les mobilisations et leur construction en région sont introuvables. Le 22, la voix off se contente de signaler que les défilés organisés la veille ont eu lieu dans plusieurs villes et le 28, plus rien n'existe en dehors de la capitale.


Les violences ? Trou noir avant « l'affaire Zecler »


Le dernier angle mort concerne les violences policières à l'encontre des manifestants et des journalistes, en particulier indépendants. Si un net tournant est pris dans la foulée de la publication, par David Perrotin et Loopsider, des vidéos du passage à tabac de Michel Zecler, les jours précédents (15-25 novembre) se caractérisent une nouvelle fois par l'absence de traitement des violences policières. Que ces dernières concernent de simples citoyens, des journalistes indépendants et même, dans une certaine mesure, des journalistes venant de médias « classiques ».

Sur France 2, Anne-Sophie Lapix s'interroge le 17/11 sur la possibilité de montrer ces violences policières dans son introduction [9], mais le reportage ignore les nombreuses violences policières de la manifestation du jour même. Le 19/11, soit deux jours après les faits, elle se contente d'un simple commentaire entre deux reportages, informant le téléspectateur qu'un journaliste de France 3, Tangi Kermarrec, a été interpellé et que sa rédaction condamne cette « restriction des droits de la presse ».

Le samedi 21, soit le jour de la manifestation parisienne au Trocadéro, Laurent Delahousse pratique lui aussi le service minimum, ne rapportant que « quelques incidents [ayant] eu lieu en fin de journée ». Sous-entendu : à l'initiative des manifestants. Le téléspectateur ne saura donc rien d'un autre type d' « incident », rien de moins que le nassage… d'une cinquantaine de journalistes. Quant au 20h du 24/11, s'il mentionne bien les violences lors de l'évacuation de la place de la République, aucun lien n'est fait avec la loi « Sécurité globale » ni avec les restrictions qu'elle impose au droit d'informer.

Même tendance du côté de France Inter. Au lendemain du premier rassemblement, le 18/11, le journal de 8h parle d' « échauffourées », sans aucune mention de violences policières, ni du sort des journalistes. Le 19 novembre, c'est un deux poids deux mesures… doublé d'une erreur factuelle ! Florence Paracuellos évoque ainsi la garde à vue du journaliste de France 3, mais se garde bien d'informer les auditeurs du sort des confrères indépendants, en particulier celui d'Hannah Nelson, qui a été elle aussi gardée à vue. Une délégitimation, par le silence, du travail pourtant colossal que fournissent les jeunes journalistes indépendants. Silence qui place de surcroît ces derniers hors du champ « respectable » de la profession, conformément à un souhait formulé de longue date… par le gouvernement. Au moment de mentionner la déclaration de Gérald Darmanin à la presse, dans laquelle le ministre évoque « un journaliste menacé d'interpellation », Florence Paracuellos fait en outre une erreur sur l'identité de ce dernier, parlant une nouvelle fois du journaliste de France 3 alors qu'il s'agissait en réalité de Clément Lanot. Mais là encore, ce dernier n'est « que » freelance : pas de quoi paniquer, donc...

Qu'il s'agisse de désintérêt ou de mépris, le silence à l'égard des indépendants et des entraves qu'ils subissent est une constante dans le journal de France Inter. Pas un mot sur celles qui advinrent par exemple le 21/11, à Paris notamment. Et pour cause : le rassemblement du Trocadéro, comme ceux organisés dans près d'une centaine d'autres villes, ne fera tout simplement l'objet d'aucune couverture, ni le lendemain, ni le surlendemain.

***


Focalisation quasi exclusive sur l'article 24, parisiano-centrisme, invisibilisation de la coordination « StopLoiSécuritéGlobale », silence sur les violences à l'encontre des journalistes indépendants… Face à un tel bilan, on est en droit de se poser une question simple : mais de quoi les journalistes ont-ils donc bien pu parler ? Suspense… et réponse dans la deuxième partie de notre étude !


Arnaud Gallière et Pauline Perrenot


[1] Le 20h pour la première, qui rassemble plus de 5 millions de téléspectateurs chaque soir. Pour la seconde, le journal de 8h, le plus écouté du pays sur cette tranche avec 2 252 000 auditeurs chaque matin selon les derniers chiffres de Médiamétrie (19/11). Ce qui valut à sa présentatrice les félicitations de Léa Salamé, le jour de la publication des audiences : « La femme la plus écoutée de France, c'est encore et toujours la barock'n'roll, l'exquise, la délicieuse Florence Paracuellos ! C'est vous Florence ! »

[2] Producteur de musique parisien, Michel Zecler a été passé à tabac dans ses propres locaux par des policiers le 21 novembre. Les images de ces violences ont été révélées par Loopsider le 26 novembre.

[3] Si les points suivants ont pu être traités dans d'autres émissions, il est significatif qu'ils ne l'aient pas été dans deux des principaux journaux d'information générale que comptent France 2 et France Inter.

[4] Pour plus d'information sur les dispositions prévues par l'article 24 de la proposition de loi, lire cette tribune cosignée par Acrimed.

[5] Récemment renommé « Projet de loi confortant les principes républicains ».

[6] Un temps vraiment minimal, mais vraisemblablement trop long pour un sans-faute : on relève en effet, au passage, une fake news de taille concernant le CCIF, à propos duquel la présentatrice affirme (sans conditionnel et sans source) qu'il « avait participé à la fronde contre Samuel Paty ». À moins que France Inter ait accès à d'autres sources que celles du Monde ou de Mediapart, rien ne permet de porter une telle accusation.

[7] Lire cet article du Monde concernant les critiques de l'Onu et celui de LCI au sujet du rappel à l'ordre de la Commission européenne. Lors d'une intervention d'une trentaine de secondes le 21/11 dans le journal de France Inter, Julien Bayou mentionne l'opposition du Conseil de droits de l'Homme, mais au détour d'une phrase : pas de quoi considérer que cette position ait fait l'objet d'un traitement à part entière par la rédaction d'Inter.

[8] « L'instant M », France Inter, 17/11. Sibyle Veil atteint dans cette émission le sommet du verbiage marketing.

[9] « Retour en France, plusieurs milliers de personnes ont manifesté aujourd'hui à Paris, Rennes ou encore Lyon contre le projet de loi "Sécurité globale". Ce projet donne de nouveau pouvoir à la police municipale. Il se veut aussi plus protecteur des policiers et gendarmes en interdisant la diffusion d'image permettant de les identifier. Comment dès lors montrer les violences policières lorsqu'elles ont lieu ? »

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Des nouvelles de Geneviève Legay

Grièvement blessée par un policier lors d'une manifestation à Nice en mars 2019, Geneviève Legay va mieux. À 74 ans, la militante d'Attac garde toutefois de lourdes séquelles de ses blessures. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à manifester. Rencontre téléphonique.

La Une du n°194 de CQFD, illustrée par Julien Loïs {JPEG}

Lorsqu'Emmanuel Macron a contracté le coronavirus, Attac lui a souhaité « un prompt rétablissement et peut-être une forme de sagesse ». Juste retour à l'envoyeur : c'est exactement en ces termes que le président s'était adressé à Geneviève Legay, porte-parole de l'organisation altermondialiste dans les Alpes-Maritimes, après sa grave blessure à la tête provoquée par une charge policière. C'était à Nice, le 23 mars 2019, lors d'une manifestation. En plein mouvement des Gilets jaunes.

La vieille dame et l'amer

Vingt-et-un mois plus tard, à l'heure de la sieste, Geneviève Legay tarde un tantinet à décrocher son téléphone. « Je m'étais endormie… » On lui demande des nouvelles de sa santé : « Elle s'est bien améliorée. À l'hôpital, on avait dit à mes filles que, si je ne mourais pas, je serais peut-être un légume à vie. »

Geneviève Legay n'a plus d'odorat. Côté goût, elle ne reconnaît plus que le sucré et le salé : la vieille dame et l'amer, c'est du passé. Elle souffre aussi de fantosmie : « C'est une odeur fictive qui tourne dans le nez 24 heures sur 24. En général, c'est une mauvaise odeur ; moi j'ai de la chance, c'est une odeur de bergamote. »

What else ? « J'ai perdu 35 % d'audition à l'oreille droite. Et quand je marche, je tangue. Je dois aller chez le neurologue, chez l'orthoptiste, chez l'ORL… Je suis tout le temps chez le docteur, ça me pourrit la vie. »

Elle raconte une anecdote : « Une fois, je suis allée chez un expert de mon assurance ; sans me regarder, il a passé une heure à lire mon dossier médical, qui est assez épais, et puis il a relevé la tête et m'a dit : “Madame, comment se fait-il que vous soyez en vie ?” Mon pronostic vital a été engagé. Je suis une miraculée, même si je ne crois en aucun dieu ! » Elle rit.

Puis, rire en berne, elle évoque les autres victimes de la répression policière des deux dernières années : « Tous ceux qui ont perdu un œil, une main… les pauvres. Et ceux qui sont morts. Zineb qui fermait ses volets, Steve qui dansait. Moi je m'en sors finalement pas si mal. »

Plus tard dans la conversation, la vieille militante rappellera que les violences policières existent depuis longtemps. Et esquissera une autocritique collective : « Je pense que la gauche n'a pas été assez vigilante, que nous n'avons pas assez défendu les gens des banlieues. [Les policiers] se sont fait la main sur les Africains et les Maghrébins des banlieues… »

« Triquer du manifestant »

Ce fameux 23 mars 2019, Nice s'apprête à recevoir le président Macron et son homologue chinois. Une partie du centre-ville est interdite à tout rassemblement. Mais la joyeuse militante est quand même là, justement pour défendre la liberté de manifester – « un droit cons-ti-tu-tion-nel ». Un rassemblement de quelques dizaines de personnes, assez âgées. Calmes. Geneviève avec son drapeau pacifiste arc-en-ciel. Et le commissaire Rabah Souchi qui – saura-t-on jamais pourquoi ? – ordonne à ses hommes de charger.

Un capitaine de gendarmerie refuse d'obtempérer : dans son rapport, publié par Mediapart [1], il arguera que la charge était disproportionnée et décrira Souchi comme « un individu qui ne se maîtrise plus et qui devient presque dangereux », « hurlant » et parlant de « triquer » du manifestant. Les gendarmes mobiles ne bougent donc pas, mais des policiers obéissent au commissaire. À la fin de leur charge, Geneviève Legay est à terre, la tête ensanglantée. « Mon dernier souvenir, c'est d'avoir vu derrière moi les policiers casqués, les boucliers, les matraques. Puis je suis tombée, inconsciente, et je me suis réveillée six heures plus tard à l'hôpital. »

L'addition est sévère. Dans son livre, Celle qui n'était pas sage [2], Geneviève Legay fait le détail, en d'obscurs termes médicaux, du grave traumatisme crânien qui lui a valu près de deux mois d'hospitalisation : « hémorragie méningée frontale gauche, hématome occipital droit, hématome cérébelleux droit, fracture de l'os rocher droit, fracture de l'os pariétal droit, fracture médio-sphénoïdale ».

Le commissaire mis en examen

Depuis, un policier a reconnu avoir poussé la militante. Au vu de ses blessures, elle est persuadée qu'elle a reçu un coup de tonfa sur le crâne avant de heurter le sol.

Trois mois après les faits, le commissaire Rabah Souchi a été décoré de la médaille de la sécurité intérieure – « une honte », lâche sa victime. En novembre dernier, il a finalement été mis en examen pour complicité de violences volontaires. « Je suis très contente que ça avance, commente la vieille dame. Mais, comme j'ai dit à mes avocats : je veux toute la brochette. » En d'autres termes, Geneviève Legay aimerait voir répondre de leurs actes tous les maillons de la chaîne de commandement : le policier, le commissaire, mais aussi le directeur départemental de la sécurité publique, le préfet, le ministre de l'Intérieur (Christophe Castaner à l'époque) et Emmanuel Macron. « Reste à savoir comment la justice va terminer les choses. » Un silence, puis : « Je n'ai plus du tout confiance dans la justice française. » Comment le pourrait-elle ?

Dès le début, l'affaire a été marquée par de multiples mensonges et aberrations. Emboîtant le pas à Emmanuel Macron, le procureur de Nice a affirmé deux jours après les faits que la militante n'avait pas été touchée par le moindre policier. Il a même eu l'audace de confier l'enquête à la compagne du commissaire qui avait dirigé les opérations – opérations auxquelles elle avait elle-même participé ! Trop absurde, trop flagrant : les avocats de la militante ont réussi à obtenir le dépaysement de l'affaire, désormais instruite à Lyon.

Une famille de « droite extrême »

L'histoire de Geneviève Legay a fait le tour du monde occidental. « J'ai été contactée par des journaux des États-Unis, j'ai reçu des lettres de soutien du Chili, du Portugal, du Canada… » Un vrai choc de notoriété, pas évident à digérer : « Vous étiez quelqu'un d'insignifiant, comme tout le monde, et, du jour au lendemain, vous faites la une des journaux, des gens vous reconnaissent, veulent vous toucher. Je comprends ce que vivent les artistes : vous ne vous appartenez plus. J'ai dû aller chez le psy pour apprendre à vivre cette “gloire”. »

Victime de violences policières, gilet jaune, altermondialiste, féministe, membre de la CGT, adhérente au parti Ensemble ! et j'en oublie sans doute : Geneviève Legay est une convergence des luttes anticapitalistes à elle toute seule. À gauche, elle a quelque chose du symbole ; son histoire est un point de ralliement, un dénominateur commun à des sensibilités très diverses. Cocasse destin, pour l'aînée d'une famille de « droite extrême »…

Dans son bouquin, la septuagénaire raconte que ses parents se sont rencontrés en 1938 chez les Croix-de-Feu [3]. Que, dans le village du Tarn où elle a grandi, sa maison était la seule à arborer le drapeau national pour le 14 juillet. Qu'avec le père de ses filles, elle forma un temps, « en conformité avec l'éducation [qu'ils avaient] reçue », un couple d' » anticommunistes primaires ». Et que, quand elle prit sa première carte à la CGT en mai 1968, ce fut sous la pression de ses collègues du Prisunic.

Le militantisme de gauche la cueillit plus tard, au mitan des années 1970, quand elle emménagea dans un nouveau quartier HLM des environs de Nice où personne n'avait songé à construire d'école. Elle adhéra à l'association des parents d'élèves. Geneviève avait franchi Legay : à partir de là, elle n'arrêta plus d'adhérer. Confédération nationale du logement, Union des femmes françaises (aujourd'hui appelée Femmes solidaires), Parti communiste (qu'elle quitta en 1989)... Devenue éducatrice spécialisée et cégétiste convaincue, elle ferrailla jusqu'à la retraite pour obtenir davantage de moyens pour les foyers de l'enfance.

« Vous croyez que ça me fait plaisir ? »

Forcément, on a posé la question. Et forcément, d'autres journalistes la lui avaient déjà posée : ses blessures lui ont-elles coupé l'envie de battre le pavé ? « Quand j'étais à l'hôpital, je leur ai répondu que, dès que je serais en état, je retournerais dans la rue. Ma première manifestation après ça, c'était en août 2019, au contre-G7 à Hendaye. Je ne tenais pas encore debout ; j'avais quelqu'un qui m'accompagnait en permanence. »

La prochaine manif au programme ? « Après-demain » : un rassemblement devant le tribunal de Nice, le 17 décembre, en soutien aux neuf militants jugés pour avoir redécoré la façade d'une agence de la Société Générale avec de la peinture biodégradable maison (du blanc de Meudon et du charbon) [4].

Sans même qu'on ait posé la question, Geneviève Legay évoque la loi « Séparatisme » : « Ils pondent des lois, ils pondent des lois et on n'arrête pas de régresser… » Et celle sur la « sécurité globale » : « Elle ne rend service à personne. Les policiers la demandent, mais je pense qu'au final elle les desservira, parce qu'elle leur permet d'être dans les instincts primaires, de fracasser du militant. Ça va les faire retourner à l'état bestial, ce qui n'a jamais élevé personne. »

La septuagénaire le répète : tant qu'elle le pourra, elle continuera de manifester, d'essayer de peser dans la balance. À ceux qui lui suggéreraient de lever le pied, elle réserve une réponse sans équivoque : « Vous croyez que ça me fait plaisir de laisser cette société-là en héritage à mes petits-enfants alors que ça fait quarante-cinq ans que je me bats pour que le monde soit meilleur ? » Dont acte, Madame Legay.

Clair Rivière

La Une du n°194 de CQFD, illustrée par Julien Loïs {JPEG}

- Cet article a été publié dans le dossier « Vieillesses rebelles » du n°194 de CQFD, en kiosque du 2 janvier au 4 février. Voir le sommaire.

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[1] Dans un article du 21/09/2020 intitulé « Affaire Legay : l'IGPN conclut à la disproportion de la charge et dément Macron ». C'est à Mediapart qu'on doit la plupart des révélations sur cette affaire.

[2] Issu d'entretiens avec Bruno Della Sudda, il est paru fin 2019 chez Syllepse.

[3] Ou plus exactement au Parti social français, une organisation nationaliste qui avait remplacé les Croix-de-Feu, dissoutes par le gouvernement du Front populaire deux ans plus tôt.

[4] Le 26 octobre 2019, ils entendaient ainsi dénoncer l'évasion fiscale et les investissements de la banque dans les énergies fossiles. Pour cette action symbolique, ils ont subi 48 heures de garde à vue et, au moins pour certains, des perquisitions. Le 17 décembre dernier, les poursuites ont finalement été abandonnées pour vices de procédure.

Et puis après... ça bouge !

Pour démarrer 2021 nous avons choisi de faire un retour sur 2020 et d'y glisser nos aspirations pour un a-venir : fortes, fières, féministes, radicales et en colère !

En 2021 on arrête de… et on… ! des idées pour avancer…
avec aussi de la musique, des lectures, un podcast et des sourires plein les voix !

Musiques :

* Des coups et des coeurs – Mansfield TYA
* I hate you – IZIA
* La famille de bon sang – Mariame Kadi ou M'âme
* It – Jeanne Added
* Cancion sin miedo ; Sorora – Vivir Quintana
* Jeunesse du monde – Keny Arkana
* Million voice – Muthoni Drummer Queen

Les Références / extraits :

* Petits morceaux de jeune homme, par Les Valéries, dans la collection Nullica chez L'oie de cravan
* Florence Foresti : « Je suis courageuse d'être là ce soir » César 2020
* « Désormais, on se lève et on se casse », Article de Libération 2 mars 2020
* Injustice/ou peut-être une nuit
* Chavirer, Lola Lafon – Ed. Actes Sud 2020
* Appel des zapatistes
* Interview complète de Vivir Quintana : « la lutte pour rendre visible le mouvement féministe ne se confine pas »

Dijon: procès des jardins de l’Engrenage, rassemblement de soutien

Les jardins de l’Engrenage sont à nouveau en procès, petit déjeuner résistant et solidaire pour les soutenir devant le tribunal de Dijon !
Début novembre 2020, un premier jugement a ordonné l’expulsion des terrains et donc la destruction des potagers, mais nous sommes restés et aucune tentative d’expulsion n’a encore eu lieu (depuis celle ratée du 23 juillet). Vendredi 15 janvier, c’est au tour de la maison de l’Engrenage et de ses occupants d’être menacés, sur requête de la Ville de Dijon. Malgré la trêve hivernale et la situation de crise sanitaire, l’expulsion des habitants de la maison pourrait être ordonnée par la justice, comme elle a ordonné récemment l’expulsion de la Maison du Colonel rue de Mirande, mise à exécution par le Préfet.
Un rassemblement de soutien se tiendra devant le tribunal à partir de 8H45 et toute la matinée. Nous invitons les dijonnais.es qui veulent des arbres et des jardins plutôt que du béton, à nous soutenir sur place. Plus nombreux nous serons, plus sûrement nous gagnerons !!

Jardins de l’Engrenage
61-63-65 avenue de Langres
21000 Dijon
jardinlengrenagedijon [at] riseup [point] net
https://squ.at/r/7wl8


Des squats à Dijon https://radar.squat.net/fr/groups/city/dijon/squated/squat
Des squats expulsés à Dijon https://radar.squat.net/fr/groups/city/dijon/field_active/1/squated/evicted
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) à Dijon https://radar.squat.net/fr/groups/city/dijon
Des événements à Dijon https://radar.squat.net/fr/events/city/Dijon/country/FR


Radar https://squ.at/r/866p

L’agresseur de quatre colleuses féministes écope de quatre ans et demi de prison

colleuses féministes
colleuses féministes

  Quatre ans et demi de prison ferme, non assortie de sursis. Une peine d’une rare fermeté dans ce genre d’affaires. Mais un verdict dans lequel le casier très fourni de l’inculpé a lourdement pesé. Ce 14 janvier, l’agresseur des […]

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Les salariés de Schneider Electric durcissent la grève

Schneider Electric
Schneider Electric

  Après une première journée d’action vendredi à Lattes (Hérault), les salariés de Schneider Electric concernés par la fermeture du site, annoncée avant la fin de l’année, démarrent une grève reconductible. La production tourne au ralenti depuis l’annonce de la […]

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AUTOTEST

« Économie de l'anthropocène, Covid 19 et mondialisation »

Cette semaine au menu des oreilles loin du front, on vous a proposé d'écouter une réflexion de l'économiste atterré Benjamin Coriat sur l'anthropocène et comment la pandémie du Covid-19 n'est nullement accidentelle et est déterminée par les formes actuelles de la mondialisation des échanges basées sur des pratiques « extractivistes » (déforestations massives, extraction de minerais ou d'hydrocarbures…) dans des zones de plus en plus sauvages et reculées…. Cet extractivisme favorise le passage de virus animaux chez l'homme, provoquant des « zoonoses ». Celles-ci qui se multiplient aujourd'hui (le Sars 1 et 2, le VIH Sida, le MERS, Ebola …) sont typiques de l'âge de l'anthropocène et donc d'autant plus appelées à se développer dans l'avenir que des voies de circulation (avions, routes terrestres ou maritimes) facilitent la diffusion du virus à travers l'ensemble de la planète. L'intervention propose pour conclure, quelques pistes à suivre pour une autre mondialisation, protectrice des hommes et de la nature.

Cette intervention a été enregistrée dans le cadre des 20 ans de Savante Banlieue le 9 octobre 2019.

A lire : La pandémie, l'Anthropocène et le bien commun , publié aux éditions Les liens qui libèrent.

Pour compléter l'émission, dans l'archive du jour on est revenu sur l'assassinat de Patrice de Lumbuma en 1961, avec Daniel Bensaid avec qui nous avions fait une série d'entretiens réalisés en 2008 dans lesquels il expose ses analyses sur 13 dates marquantes du XXe siècle.
Cette série a été publié en livre Fragments radiophoniques aux éditions du Croquant.

La P'tite Blan et la biodiversité...

Notre monde s'effondre... Cette semaine, depuis sa campagne, la P'tite Blan nous parle de la biodiversité.

Nos libertés sont en danger ! Le 16 janvier, reprenons la marche

Nous relayons le texte de la coordination « StopLoiSecuriteGlobale », dont Acrimed est signataire, appelant à une journée de mobilisation nationale le samedi 16 janvier.

Depuis le 17 novembre 2020, l'opposition à la proposition de loi Sécurité globale ne cesse de se renforcer. Initiée par une coalition inédite de la société civile [1], elle a été rejointe et amplifiée par des centaines de milliers de manifestant·e·s, dans plus de 150 villes de France, qui ont bravé dans certains cas les violences policières et les arrestations arbitraires pour dénoncer dans la rue cette proposition de loi, et exiger notamment le retrait de ses articles 21, 22, et 24.

Ce projet porte des graves menaces à la liberté d'informer et d'être informé. Son article 24 vise à dissuader de filmer ou de photographier les interventions policières. L'importance de telles images est pourtant cruciale pour attester des cas de violences policières, comme l'actualité nous l'a rappelé ces dernières semaines :

- Le 31 décembre 2020, les forces de l'ordre expulsent violemment un campement de personnes migrantes à Calais. En plein hiver, leurs tentes sont lacérées, afin d'être rendues inutilisables : ce sont les photos de deux journalistes qui ont permis de faire connaître cette nouvelle violation des droits fondamentaux, alors que ces pratiques sont documentées de façon quasi quotidienne par les associations.

- Le 3 janvier 2021, une marche commémorait la mort de Cédric Chouviat, mort étouffé des suites d'un banal contrôle policier. Ce sont des vidéos amateur de témoins de l'interpellation, recueillies par les avocats de la famille suite à un appel sur les réseaux sociaux, qui ont permis de démontrer la violence et l'illégalité de l'interpellation.

- Le même 3 janvier, une enquête de Mediapart, basée sur l'analyse de dizaines de vidéos amateurs, démontre d'une part des charges et violences policières illégales lors de la manifestation du 12 décembre 2020 contre la loi Sécurité globale et la loi Séparatisme à Paris, d'autre part une communication gouvernementale mensongère sur les interpellations menées ce jour-là, dont la plupart se sont révélées infondées, voire totalement arbitraires.

- Le 8 janvier, le journaliste Taha Bouhafs a comparu pour outrage aux forces de l'ordre. Les vidéos de son interpellation, alors qu'il couvrait un piquet de grève, démontrent le contraire. Vidéos qu'il a pu récupérer après que son téléphone a été illégalement placé sous scellé pendant des mois.

- À l'inverse, depuis le 6 octobre 2019, la famille d'Ibrahima Bah réclame les vidéos des trois caméras de surveillance qui ont filmé la mort de leur fils et frère, lors d'une intervention de police à Villiers-le-Bel. Mais la justice leur en refuse l'accès.

L'article 24 de la loi Sécurité globale ne vise pas à protéger les policiers, mais bien les violences policières. Et la surenchère sécuritaire du gouvernement ne s'arrête pas là. D'autres dispositions de la loi visent à permettre à l'État et à sa police d'accroître le contrôle sur la population (articles 21 et 22), à travers des outils de surveillance indiscriminés (drones et caméras-piétons), utilisables en manifestation ou lors de contrôles d'identité. La loi dite « Séparatisme » intègre et élargit les dispositions de l'article 24 de la loi Sécurité globale. Et tandis que les propositions élargissant les mesures de surveillance de toute la population ont été votées à bas bruit par l'Assemblée nationale, le Conseil d'État vient quant à lui de légitimer les décrets d'extension du fichage de chacun·e sur la base de nos « opinions » supposées.

Confronté à une mobilisation sans précédent pour la défense des libertés, le gouvernement a opposé une fin de non-recevoir. Les enjeux sont pourtant majeurs. Ils touchent au respect même de l'État de droit, qui suppose le contrôle effectif des pratiques des personnes dépositaires de l'autorité publique par les citoyens, le parlement, la justice et la presse. Les mesures de surveillance de la population doivent quant à elles demeurer l'exception.

En France, la Défenseure des droits, la Commission Nationale Consultative des droits de l'homme, et à l'international, 5 rapporteurs spéciaux des nations unies, et la commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe ont tous vivement critiqué la proposition de loi Sécurité globale. Notre coordination a demandé à être reçue par le président de la République, censé veiller au respect des libertés constitutionnelles. Notre requête est à ce jour restée lettre morte.

Face à la stratégie de l'évitement et de déni, et jusqu'à ce que nos revendications soient entendues, nous nous mobiliserons de nouveau partout en France. Nous marcherons le 16 janvier, et tant qu'il le faudra : pour le droit à l'information, contre les violences policières, pour la liberté de manifester, pour le respect de notre vie privée.

Pour nos libertés.


Signataires :

Acrimed ;
Alternatiba / ANV-COP21 ;
Amnesty International France ;
Association du cinéma pour sa diffusion (Acid) ;
Association des cinéastes documentaristes (ADDOC) ;
Association Heure Bleue ;
Association Paris d'Exil ;
Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac) ;
Basta ! ;
Black Robe Brigade ;
CFDT-Journalistes ;
Conseil national de la nouvelle résistance (CNNR) ;
Collectif de journalistes Kelaouiñ ;
Confédération générale du travail CGT ;
Droit au logement (DAL) ;
Guilde des auteurs réalisateurs de reportages et de documentaires (Garrd) ;
Informer n'est pas un délit ;
Justice Pour Ibo ;
Les Amis de la Terre France ;
Ligue des Droits de l'homme ;
Mutilés pour l'exemple ;
Politis ;
La Quadrature du Net ;
Reporterre ;
Reporters en colère (REC) ;
Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) ;
Syndicat national des journalistes ;
Syndicat national des journalistes-CGT ;
Syndicat général des journalistes-FO ;
Société des réalisateurs de Films (SRF) ;
Union des clubs de la presse de France et francophones (UCP2F) ;
Union syndicale Solidaires ;
SDJ France 3 National ;
SDJ Mediapart ;
SDJ NRJ Group ;
SDJ Radio France ;
SDJ RFI ;
SDJ Télérama ;
Société des personnels de l'Humanité ;
La rédaction d'Alternatives Economiques.


[1] La coordination rassemble une soixantaine d'organisations syndicales, de défense des droits humains, d'associations, de sociétés de journalistes et des collectifs de victimes de violences policières.