Le testament de Michel Field

Nous publions un communiqué de la CGT de France Télévisions revenant sur la démission du directeur de l'information du groupe public – et sur les surprenantes justifications qu'il a avancées.

Alors Michel Field démissionne ! Pourtant ses derniers jours à la tête de l'info ont été marqués d'un immense élan de lucidité. Avec son humour inoxydable, dans une tribune à Libération du 16 mai, il se lamente sur : « Le manque de diversité sociale et géographique dans le recrutement des grandes rédactions […] l'absence d'approche contradictoire des grands enjeux économiques et sociaux […] n'abuse-t-on pas de ce « journalisme incarné » où le reporter met en scène son investigation ou son questionnement ? »

Une véritable volée de bois vert. Dans Libé, Field sermonne Michel nommé directeur de l'info depuis décembre 2015. Un an et demi d'action passé à la paille de fer de sa propre critique : les recrutements de jeunes journalistes pas vraiment à l'image de la diversité, D. Pujadas qui en fait des tonnes en soupesant le code du travail et qui ne représente pas vraiment l'idée qu'on se fait de l'approche contradictoire, pas plus que F. Lenglet récitant du Gattaz à longueur de 20 heures. Et tous ces stand-up devant l'Élysée, ou ailleurs qui relèvent plus que de la mise en scène que du journalisme.

Quelle repentance ! Ou quelle désinvolture ? Ceux qui se retrouvent piégés, ce sont les journalistes. Confortés par des dizaines de mails de félicitations émanant de leur directeur de l'information, ils croyaient bien faire, ils se rendent compte qu'ils ont tout faux.

Et en pleine nomination des ministres, mercredi dernier, le présentateur du 20 heures annonce qu'il ne va plus présenter à la rentrée. On a même cru un instant que c'était parce qu'il allait entrer au gouvernement ! En fait, avec un sens inné du timing et de l'indépendance c'est Delphine Ernotte et Michel Field qui ont pris la décision.

Michel Field s'en va, mais son testament reste : « Les JT vont retrouver et fortifier le lien social et la confiance de nos concitoyens avec leurs grands médias […] pour leur offrir une information certifiée et impartiale et […] rétablir un rapport de confiance avec ses téléspectateurs. »

On va en finir avec le « casting du 20 heures », Anne-Sophie Lapix devrait maintenant lancer les sujets des journalistes des régions et d'outre-mer comme on le fait au 19/20 : « Avec son maillage dans les régions, dans les outre-mer, avec la qualité et le professionnalisme de ses rédactions nationales […] le service public de l'information en a les moyens et les ressources. Il en a aussi la volonté ».

Fini la torture en salle de montage avec trois rédacteurs en chef dans le dos, fini les V7, V10, V12 [1], la SDJ de France 2 qui depuis des mois estimait urgent de débattre « sur les conditions de réalisation et de fabrication du 20H, sur la brutalité, le respect des journalistes et la ligne éditoriale » va devoir se trouver rapidement d'autres urgences.

Paris, le 22 mai 2017


[1] Nombre de versions d'un sujet au montage.

Le jour du début [global zero day] (2)

Siège de la NSA, Fort Meade, Etats-Unis d’Amérique, le 3 novembre 2017

Le directeur opérationnel de la branche 5, Robert Shenley avait du mal à respirer malgré la clim qui tournait à fond. Il desserra le nœud de sa cravate d’un geste lent de ses doigts boudinés, et présentement tremblants. Bob, comme l’appelaient ses vieux amis du Club de Golf, avait de sérieux soucis, depuis une heure. Les plus gros de ses 37 années de carrière dans l’administration américaine. Des problèmes qu’il n’arrivait même pas à envisager globalement, dans leur entière complexité. Une pluie de merde lui était tombée dessus en un instant. C’était comme ça, en tout cas, qu’il voyait, lui, la chose : une pluie de merde. A shitstorm.

Le téléphone posé sur son bureau se mit à clignoter puis à émettre un son aigu. Sous le numéro affiché, un nom : « Stanford. J ». Bob inspira un grand coup et décrocha.
— « Salut Bob… Tu tiens le coup ? » dit la voix sépulcrale à l’autre bout du combiné.
Jerry Stanford avait le chic pour en rajouter, et là, c’était la totale.
— « Je ne sais pas, et toi Jerry, comment tu te sens depuis qu’Internet est tombé ? »
Un blanc. Long. Interminable. Puis la la voix sépulcrale repris :
— « Tu n’as toujours pas organisé de cellule de crise, tout le monde court partout, c’est la panique générale, et tu attends dans ton bureau, Bob ? C’est quoi le problème ? Tu démissionnes, tu penses qu’il n’y a plus rien à faire ? »
Robert Shenley tendit une main tremblante vers le verre de bourbon posé à quelques centimètres du téléphone, le but cul-sec et répondit d’un ton glacial à son vieux camarade et collègue de la NSA :
— « Je t’emmerde Jerry. Tu peux lancer la cellule de crise, on se rejoint dans 10 minutes en bas. ». Puis il raccrocha et se servit un autre verre de bourbon avec la bouteille qu’il planquait dans le tiroir de gauche — celui censé contenir les mails urgents que sa secrétaire lui imprimait tous les jours.

* * *

Quinze responsables de services se regardaient en chiens de faïence autour de la grande table ovale de débriefing. Les mains bien posées à plat sur le meuble stratifié, la plupart des chefs en charge de l’administration de la surveillance numérique semblaient impassibles, en apparence. Les rampes de LEDs collées au plafond clignotaient par intermittence. Les groupes électrogènes ne parvenaient pas à maintenir parfaitement l’alimentation de toute la machinerie infernale qui remplissait les bâtiments. Une machinerie désormais inopérante dans sa grande majorité. Sourde et aveugle, en quelque sorte.
Robert « Bob » Shenley était arrivé avec une demi-heure de retard et personne n’avait ouvert la bouche lorsqu’il s’était assis lourdement en face de l’assemblée. Il serra les bras de son fauteuil en cuir comme si c’étaient ceux d’un être humain à qui il s’accrocherait, une sorte de dernière bouée de sauvetage. Il lança la réunion de crise sans vraiment y croire, avec une voix de crécelle, celle des mauvais jours. La voix du type malade qui sait que son temps est compté. Ce qui s’avéra parfaitement exact, puisque Bob Shenley mourut de façon instantanée 6 minutes et 42 secondes après le début des échanges entre lui et ses subalternes. La mort de Bob pétrifia l’assemblée. Le grand manitou de l’écoute planétaire s’était effondré sans aucun signe précurseur. Comme une marionnette. Ou un grille-pain à qui on aurait tiré la prise de courant.

Quelque part dans un coin de nature de l’hémisphère nord, le 3 novembre 2017

Il n’y a rien de plus beau qu’une forêt qui dévale une colline se dit TreasureOne, le cul bien calé sur sa souche. Il était assis là depuis un temps indéfini, au bord de cette clairière, sur cette hauteur, en face de la forêt qui dévalait une colline, justement. Tout était calme, aucun bruit d’activité humaine. Juste le vent dans les feuilles. Il sortit un paquet de cigarettes neuf de son blouson en cuir, prit une tige, la colla entre ses lèvres et l’alluma avec son briquet tempête. La vie avait changé. Pas que la sienne, toute la vie humaine. Sur la planète entière. En quelques heures. Un truc de dingue.

Il se revit avec l’équipe du Global Zero Day en train de programmer les instances virales à distance depuis le QG de Hong Kong, deux jours auparavant. 7 personnes venait de perpétrer l’attaque la plus massive que le réseau mondial n’avait jamais subi. En quelques heures, les logiciels de deep learning volés à Alphabet puis modifiés pour devenir des tueurs informatiques avaient comme rongé Internet. Les routeurs s’étaient mis à dérailler, les serveurs à stopper leurs services, les systèmes d’exploitation à effacer les données, le tout dans une danse frénétique de code en perpétuelle évolution.

La contamination s’était propagée à la vitesse des infrastructures du réseau, laissant des portes dérobées sur les matériels avec leur lots de firmwares changés, d’adresses logiques modifiés, de tables de routages corrompues. L’IA se préoccupait d’empêcher la remise en service des matériels actifs de réseau après redémarrage, et son code était suffisamment évolué et adaptatif pour que la majorité des interventions humaines — remplacement de matériels, restauration des services — ne tienne pas plus de quelques minutes. Une corruption totale, perpétuelle : la fin d’Internet. La fin de la civilisation moderne, en réalité. C’était en tout cas ce que pensait TreasureOne.

TreasureOne attendait sur sa souche, que le « grand écroulement » se termine, et comme ses six comparses, il était rentré en Europe une journée avant l’assaut général, loin des villes qui allaient vivre des temps difficiles, coupées d’un maximum d’outils de communication. Il repensa aux étapes de préparation, 14 mois auparavant. Tout était parti d’une discussion autour de la série « Mr Robot ». Fascinante. Grisante. Mais pas assez radicale pour la bande de hackers qui s’était constituée par étapes, entre 2014 et 2015 après une succession d’OP militantes. Ils étaient tous informaticiens — depuis plusieurs décennies pour la plupart. TreasureOne avait commencé à coder et bidouiller du réseau en 1987. Veracity en 1979. ShameOnYou en 1996. Le plus jeune d’entre eux s’était fait la main sur des matériels militaires déclarés inviolables en 2002. Il y avait une seule femme, CodeIsLaw, redoutable dans son domaine de prédilection, le langage assembleur. Plus toute jeune, elle échangeait peu mais était au cœur du projet d’origine nommé QuanticAttack. Un truc de dingue — se répéta le hacker à haute voix.

C’est là, à cet instant, juste après cette phrase, que les problèmes commencèrent à apparaître. Les divergences, comme elles furent ensuite nommées. Le hacker n’arriva pas à finir sa cigarette, qui tomba de sa bouche. Il émit un « fuck » plus proche d’un croassement qu’autre chose et écarquilla les yeux. Devant lui, au dessus de la forêt, dans le ciel, au milieu des nuages, quelque chose s’était formé. Il se leva et commença à s’avancer pour mieux discerner ce qui venait d’apparaître.

TreasureOne ne put jamais dire par la suite ce qu’il advint du phénomène, puisque le noir complet se fit autour de lui. Il perdit immédiatement connaissance.

Législatives : quatre femmes, quatre manières de renouveler la politique à gauche

Elles sont toutes les quatre candidates aux législatives. Certaines sont soutenues par toute la gauche, de la France insoumise au Parti socialiste, d'autres pas. Les unes sont novices en politique, d'autres ont déjà une certaine expérience. Leur point commun ? Défendre leurs idées avant tout, partager une autre vision de la politique, au plus près du terrain, à l'écoute de ses habitants, y compris les « oubliés », de leurs préoccupations. Pendant toute la campagne, Basta ! a choisi de suivre Sarah Soilihi (...)

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Barbès Blues au temps du couvre-feu (63) / Farid Taalba

 

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

 

Qu’est-ce qu’ils semblaient heureux ! Madjid n’eut pas besoin de comprendre les paroles de leur chanson, pourtant mélancolique, pour mesurer le bonheur de vivre qui les animait. Ils enchaînèrent même dans un roulement de maracas un autre air :

What of a morning

That brings a day so gently

And bathes the leaves

Of memories

That feel so long ago

Il accéléra le train car toute cette joie étalée sous ses yeux lui rappela cruellement que c’eût dû être son tour de se remplir d’allégresse et d’exulter. Au lieu de cela, il allait ivre vers un café. Alors qu’autrefois, il n’aurait accordé aucun crédit à ces endroits que les anciens avaient toujours considérés comme des lieux de perdition, maintenant il s’y jetait dans l’espoir d’une planche de salut. Le maître ne l’avait-il pas invité à venir le voir ? Il n’allait tout de même pas passer la nuit dehors, ni rester dans ce bourg d’Akbou devenu étranger, et où un avis de recherche avait été lancé contre lui par sa famille qui voulait récupérer coûte que coûte son absent. Essoufflé, il répétait : « Disparaître, disparaître ! ». Mais, à quelques mètres à peine, à la vue des premiers clients assis autour des tables de la terrasse du café de l’Etoile, il se reprit en main pour tenter de se donner une certaine contenance et une apparence respectable. A ses talons, ses poursuivants slalomaient comme des chats de gouttière entre les troncs des arbres plantés le long des trottoirs. Il ne s’était toujours pas rendu compte de leur manège mais, mis à part quelques exceptions, il releva qu’une clientèle essentiellement européenne occupait les chaises. Il en fut surpris comme s’il avait oublié qu’il ne se trouvait pas à Porte de Clignancourt. Mais, piqué au vif, il se dit : « En France, je serais entré, ici je ne vais pas entrer ? ». Par défi, il marmotta entre ses dents : «  Impossible ! Si impossible n’est pas français, pourquoi serait-il kabyle ? ». « Encore un de ces jeunes qui roulent carrosse à fond la caisse au frais de papa ! » entendit-il dire parmi les clients qui le regardaient sous cape ou à la dérobée pour ne pas avoir l’air de passer pour des curieux. Malgré son audace, sa détermination inconsciente, il ne se sentit pas du tout à l’aise parmi ces regards ; ils le toisaient sous toutes les coutures comme s’ils épiaient derrière des jalousies. Aller, il traversa d’un pied résolu, ferme mais le cœur battant, l’allée principale qui séparait la terrasse en deux à même le trottoir. Au bout, des serveurs se tenaient à disposition devant l’entrée du café dont les portes vitrées étaient grandes ouvertes. A l’étage, au-dessus de ces portes, un garde-corps de terrasse déroulait son motif ajouré à travers lequel Madjid tenta de s’évader pour échapper aux regards des clients étonnés de son arrivée. Les serveurs s’écartèrent pour le laisser passer. Il entra dans la salle enfumée à souhait et fila jusqu’au comptoir. Il commanda sans frémir une anisette. Quand le serveur lui déposa son verre et sa carafe, il entendit s’échapper de l’arrière-salle quelques accords de mandole. D’autres instruments lui répondirent comme pour s’accorder avant de jouer un morceau. Il y avait là le luth, le violon, la flute de roseau et la cithare. Au-dessus de ce charivari de sons saturés, les flots de paroles du public allaient et venaient dans un murmurant ressac régulier. Quand les instruments se turent, des chuchotements parcoururent l’auditoire. Ce fut alors que le violon entama un prélude sur des arpèges de qanun, bientôt accompagnés par deux banjos. Quand ils la mirent en veilleuse après un décrescendo amené comme une caresse, une voix s’éleva lentement au son d’un mandole, longue plainte qui lui étreignit la gorge, lui donna la chair de poule. Il but une gorgée d’anisette : « C’est la voix du maître ! Tant mieux, je n’aurais pas besoin de demander après sa pomme à quelqu’un pour aller jusqu’à lui. ». Le public était hypnotisé et écouta béat la plainte du maître qui finit bientôt par s’éteindre ; aussitôt, un roulement de tambourin et de cymbales lança le petit orchestre dans un rythme plus entraînant et emmené par la voix du maître qui venait de renaître, suscitant l’enthousiasme de l’auditoire :

A Montparnasse, à Montparnasse

Dieu a décrété et l’exilé n’a pas résisté

Débauché, il est parti, errant dans les rues

Il vit dans la fête sans se faire de soucis

Mais son fils le pleure dans son berceau

Dans cet élan qui le souleva de même, Madjid se rinça encore le gosier avant de se laisser submerger par le chant et la musique. « Il fait du El Hasnaoui ! » remarqua-t-il les yeux humectés de sueur. Et, en voyant tous les clients qui entrèrent tout à coup à sa suite pour prendre le comptoir d’assaut, sans s’imaginer un instant qu’il était pour ces paparazzis l’attraction pour laquelle ils l’avaient suivi jusque-là, il ajouta : « Ah, le maître semble être apprécié ici. ». Et il vida son verre d’un dernier trait pour en commander un autre aussitôt. La voix du maître décuplant les effets de l’alcool, les paupières closes et cachés par ses grosses lunettes noires à la surface desquelles étincelait le rayonnage des bouteilles aux étiquettes multicolores, et remuant la tête dans un carnaval de miroitements impressionnistes, ses doigts tapotèrent le rythme de la derbouka sur le zinc renvoyant les lueurs irisées des lustres suspendus au plafond ; les verres tremblotèrent, les alcools frémirent. Les paparazzis ruminèrent face aux énigmatiques lunettes qui masquaient le portrait de leur proie : « Qu’est-ce qui fait ? Qu’est-ce qu’il a ? Qui c’est celui-là ? ».

Madjid devina cette attention qu’il ne se s’expliqua pas. Le serveur lui apporta son verre, Madjid en profita pour offrir sa tournée à toutes ces personnes. Il pensa qu’il avait n’avait peut-être pas respecté une certaine étiquette, notamment celle d’offrir des tournée comme il avait vu Môh Tajouaqt le faire. Ce n’était pas le moment de se faire remarquer. Les clients furent ravis mais leur curiosité ne fut pas rassasiée pour autant. Môh prit son verre, se dirigea vers l’arrière-salle du café et s’installa à une table de telle sorte que le maître ne pût le repérer :

A Montparnasse, à Montparnasse

Dieu a décrété et l’exilé n’a pas résisté

Madjid avait le tournis, suait à grosses gouttes et son esprit dérivait au gré des arabesques de la voix du maître qui s’enflammait. Il se mit même à fredonner, oubliant qu’il se trouvait dans un lieu public :

Son exil a trop duré tout comme son angoisse

Il a laissé son fils et il l’a oublié

S’il regrette un jour, oh dieu, pardonne-lui

Quand la chanson toucha à sa fin, le public applaudit à tout rompre. Mais le propriétaire du café demanda le silence et déclara que le maître avait quelque chose d’important à dire. Le maître esquissa un large sourire et dit : « Il y a parmi vous une voix que je connais. Je ne l’attendais pas de sitôt mais son timbre ne me trompe pas. Qu’elle vienne se mêler à la nôtre ou qu’elle se taise à jamais ! A celui qui la porte, que dieu lui insuffle l’art de chanter ou alors qu’il devienne muet à vie ! ».

Metro Chapelle représente

« Affaires sensibles » sur Hugo Chávez et la « fermeture » de RCTV

La crise économique, sociale et politique que traverse le Venezuela depuis plusieurs années fait l'objet, en France, d'un traitement médiatique fortement marqué par des partis-pris souvent unilatéraux qui altèrent gravement l'information. Nous y reviendrons. Mais, de même que nous nous sommes toujours gardés d'opposer à la propagande anti-Chávez une contre propagande, que l'on ne compte pas sur nous pour nous ranger dans un camp contre l'autre en lui accordant un soutien inconditionnel, comme le font de nombreux médias hostiles au gouvernement actuel. Ce sont l'exactitude et la qualité de l'information qui nous importent avant tout.

L'objet de cet article est très limité : il vise simplement à relever une désinformation persistante et significative sur un épisode de la « révolution bolivarienne ».

En ce 18 mai, l'émission de France Inter « Affaires sensibles », animée par Fabrice Drouelle [1] était consacrée à « Hugo Chávez et la révolution bolivarienne ». S'il ne s'agit pas, ici, de revenir sur le contenu de celle-ci dans son ensemble, il convient tout de même de souligner la perpétuation d'un mensonge qui, décidément, a la vie longue…

Tout auditeur de France Inter a probablement eu l'occasion d'entendre au moins une fois la promotion de l'émission « Affaires sensibles », dans laquelle son animateur annonce fièrement : « Quand l'histoire éclaire l'actualité »…

En ce jour, Fabrice Drouelle se proposait donc de nous éclairer, à la lumière de l'histoire, sur « Hugo Chávez et ses 14 années d'expérience socialiste. ». L'ambition n'est pas des moindres, puisque, comme le rappelait la page de présentation du programme, il s'agissait de « […] tenter de comprendre ce qui s'est réellement passé durant ces 14 années de « Chavisme » et d'expérience socialiste. L'objectif est que chacun puisse se faire sa propre idée et se forger sa propre conviction ! »

Évidemment, prétendre revenir sur 14 années de régime, voire même sur ce qui les a précédées sur le plan historique, en moins d'une heure est une gageure, que même un journaliste mieux renseigné et plus consciencieux que Fabrice Drouelle, aurait du mal à soutenir. On notera, par exemple, que l'événement tragique du « Caracazo » [2], qui explique pourtant en partie comment un outsider comme Chavez a pu arriver au pouvoir quelque neuf ans après, a malheureusement été négligé… Mais passons.

La question qui nous intéresse particulièrement, c'est lorsqu'il est fait mention de la politique en matière de médias menée par l'ancien chef d'État vénézuélien. Dans cette perspective, nous ne pouvions faire autrement que de relever ce passage (à 31'44 du podcast) :

« En l'espace de quelques mois, sous l'impulsion du président Chávez, le Venezuela prend un virage socialiste radical. Malgré la contestation populaire, le gouvernement décide d'imposer plusieurs mesures fortes, à la symbolique politique non moins forte : d'une part, un contrôle des médias, on notera la fermeture d'une chaîne de radio-télé dont la ligne éditoriale faisait, selon les chavistes, le jeu de l'opposition […] » .

Du « contrôle des médias », l'auditeur avisé de France Inter ne saura pas grand-chose, si ce n'est la mention de la « fermeture d'une chaîne de radio-télé » . Cette chaîne dont il est question et que Fabrice Drouelle ne prend pas le soin de nommer, c'est RCTV (Radio Caracas Télévision). Or, comme nous l‘avions expliqué ici-même, RCTV n'a pas été « fermée » par Chávez. Sa concession n'a tout simplement pas été renouvelée ! Et le motif n'était pas simplement que « la ligne éditoriale faisait, selon les chavistes, le jeu de l'opposition », mais, comme le rappelait Le Figaro – que l'on peut difficilement suspecter de « chavisme » –, du 26 mai 2007, que « pendant des années, la chaîne a ouvertement conspiré contre le président en place en relayant les appels à renverser le régime. Lors du coup d'État du 11 avril 2002, le canal [RCTV ndlr] annonçait qu'Hugo Chávez avait démissionné et accepté que le dirigeant du patronat local, Pedro Carmona, assure l'intérim à la tête de l'État. En réalité, le président était maintenu au secret dans une île au large du Venezuela par des militaires putschistes. »

On peut lire, sur la page Internet de l'émission de France Inter, cette observation d'une grande sagesse : « Une chose est sûre : la personnalité et les idées d'Hugo Chávez suscitent toujours un vif débat parmi les intellectuels que ce soit en France ou à l'étranger. Et bien souvent, ce débat engendre avec lui dans la presse ou sur les plateaux télévisés des raccourcis historiques ou des amalgames maladroits ».

Et à France Inter : « raccourci historique » ou « amalgame maladroit » ?


Nils Solari


[1] Auquel nous avions consacré un article, au moment où son émission se substituait à celle de Daniel Mermet sur les ondes de la radio publique.

[2] « Le Caracazo ou sacudòn est l'ensemble de manifestations et d'émeutes survenues le 27 février 1989 à Caracas, la capitale du Venezuela, et dans les villes alentour. Ces émeutes, les pires de l'histoire du Venezuela, causèrent la mort, selon les estimations, de 300 à 3 000 personnes, en majorité du fait des forces de l'ordre », comme on peut le lire sur Wikipedia.

Mexico : 8e feria des livres et publications anarchistes, les 27 et 28 mai 2017

Le 8e festival des livres et publications anarchistes de Mexico se tiendra les 27 et 28 mai 2017 au centre social libertaire Ricardo Flores Magón, situé au 10 rue Donceles, dans le centre historique de Mexico.

Le programme est disponible ici en espagnol et là en anglais.

S.A.V. : S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 16 mai 2017

Deuxième série de nouveautés d'affilée, cette semaine ! Au programme : l'excellent groupe polonais Pustostany, des nouveaux morceaux de Warm Bodies, Marbled Eye, Violence Creeps et Anxiety, ou encore Vanilla Poppers, Pisse, School Damage, Lux, Elix-R, The Muff Divers, Mala Leche, FNU Clone Inc, Lithics, The Cowboys, Life Stinks, Avenir, La Chasse et Daudyflin. Le tout, à écouter et à télécharger à partir des liens ci-dessous (playlist détaillée à la suite) :



Pour télécharger l'émission, cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous" - en cas de problème, répéter la même opération depuis la page suivante)

Playlist :

WARM BODIES : Stinky
PUSTOSTANY : Tylko ty
MARBLED EYE : Former
VANILLA POPPERS : A better ride than you
PISSE : Fahrradsattel
SCHOOL DAMAGE : Phone drone
LUX : In distress
ELIX-R : Run
THE MUFF DIVERS : Muff divers rule
MALA LECHE : Pantallas
FNU CLONE INC : Shitmouth
LITHICS : Shees
THE COWBOYS : Marjorie
VIOLENCE CREEPS : Sex dwarf
LIFE STINKS : Hanging from the ceiling
AVENIR : Jolie ville
LA CHASSE : Liber woof
DAUDYFLIN : Utlendingastofnun
PUSTOSTANY : Struktura
ANXIETY : Lizard lads under a rock

Rock Against Police / Des lascars s’organisent

 

A la fin des années 70, dans un contexte de crise économique et de chômage, les expulsions de jeunes immigrés et les meurtres en banlieue, qu’ils soient commis par des flics ou des beaufs, se multiplient. Un réseau informel et fluctuant se constitue pour réagir collectivement en organisant une série de concerts Rock against police au beau milieu des cités. De 1980 à 1983, l’initiative fait tâche d’huile. Plusieurs concerts sont organisés en région parisienne : Paris, Vitry, Nanterre, Cergy, Argenteuil. L’idée est également reprise par d’autres groupes en France, notamment à Marseille, Saint Dizier, et Lyon avec les concerts organisés par Zâama d’banlieue.

A partir de ces concerts gratuits et auto-organisés, d’une « musique sociale issue du quotidien », l’idée est « de brancher des gens qui vivent dans la même merde, qui partagent les mêmes besoins, les mêmes envies », de créer des occasions de rencontres et de circulations à l’intérieur des cités, mais aussi entre différentes banlieues. Dans une conjoncture particulièrement tendue, face aux meurtres, au racisme et à l’occupation policière, l’enjeu est de se réapproprier « le territoire social » de la cité. Et donc, pour les « jeunes immigrés et prolétaires de banlieue », cible et bouc-émissaire principaux de l’idéologie sécuritaire, de s’affirmer et de prendre la parole de façon autonome, en dehors des cadres et des discours établis. C’est pourquoi le rock, comme mode de vie et langage, mais aussi le théâtre, la radio, les journaux de contre-information, le super 8 ou la vidéo, dès lors qu’ils sont réappropriés par les « lascars », participent pleinement d’une dynamique de lutte. A travers la recherche d’un imaginaire et d’une identité collective propres, il s’agit très concrètement d’arracher une possibilité d’existence, d’affirmer ses besoins et ses aspirations à une autre vie.

 

Lien avec le blog qui  héberge une série de six documentaires sonores, composés d’entretiens, d’archives et de musiques, qui racontent l’expérience politique du réseau Rock Against Police.

 

Episode 1 : S’affirmer tel qu’on est et pas tel qu’on devrait être

« C’était avant tout l’idée de prendre la parole, c’était pas de la donner. Nous, on n’avait pas les moyens de donner la parole, on se donnait les moyens de la prendre. Et une parole collective qui se fait par tâtons… On se cherche aussi, et on se construit beaucoup, peut-être à la différence d’aujourd’hui, dans le collectif. » Samir

Entre 1980 et 1983, l’expression Rock Against Police donne son nom à une série de concerts organisés au beau milieu des cités. Le réseau à l’initiative de ces concerts s’est constitué à travers des rencontres faites autour de la troupe de théâtre Week-end à Nanterre, des coordinations de luttes lycéennes, du journal de l’immigration Sans Frontière, des radios libres, des mobilisations contre les expulsions de jeunes immigrés et contre les crimes racistes et sécuritaires. Autant de réalités qui disent le bouillonnement « politico-culturel » qui caractérise alors la jeunesse métropolitaine et la banlieue. Les concerts Rock against police en seront l’une des expressions importantes : la tentative par des « jeunes immigrés et prolétaires » de se réapproprier leur « territoire social » quotidien et de se doter d’une « histoire politique propre ».

 

 

 

 

 

S.A.V. : S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 9 mai 2017

Que des nouveautés, cette semaine ! Au programme : un coup de coeur pour les californienNEs de Violence Creeps, un extrait de l'excellent nouveau EP des écossaisEs d'Anxiety mais aussi de Sarcasm, Daudyflin, Avenir, BB Eye, The World, Skull Cult, Vintage Crop, Warm Bodies, Muff Divers, Wall, Diktat, du LP des Pinku Saido et de la réédition du groupe de punk japonais entièrement féminin du début des années 1980 The Nurse. Le tout, à écouter et à télécharger à partir des liens ci-dessous (playlist détaillée à la suite) :



Pour télécharger l'émission, cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous" - en cas de problème, répéter la même opération depuis la page suivante)

Playlist :

VIOLENCE CREEPS : Windowshopper
ANXIETY : Lizard lads under a rock
SARCASM : Miasma
DAUDYFLIN : Ovinir
AVENIR : Jolie ville
BB EYE : Marinated toe
THE WORLD : New pearls
SKULL CULT : Black mask
SKULL CULT : WTTT
SKULL CULT : Bye
VINTAGE CROP : Headache
VIOLENCE CREEPS : Sewer baby
VIOLENCE CREEPS : Scent
AVENIR : Noir
WARM BODIES : I need a doctor
MUFF DIVERS : Robot in a movie theater
WALL : High ratings
VINTAGE CROP : One way street
THE NURSE : ?
PINKU SAIDO : Coco the gorilla
DIKTAT : Merde
VIOLENCE CREEPS : Leatherpig

Entre les cases

Cassis / Hénin-Beaumont : Salarié/e/s et syndicalistes dans la ligne de mire du FN

    
Il n’y a pas de trêve électorale pour l’extrême droite quand il s’agit de s’attaquer à des salariés qui relèvent la tête ou simplement se défendent face aux imposteurs qui prétendent être le « parti du peuple ».

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Doomsisters : Faites de la zik

Samedi 24 juin, au Thillot, 18h, place de la république. Organisé par OK CHAOS


Grenoble : Agression au camp Valmy, et pétition de soutien à ses occupants

Ce samedi 20 mai dernier se tenaient simultanément à Grenoble et à Saint-Martin-d’Hères une réunion avec Louis Aliot, vice-président du Front National, et un meeting avec Alexandre Gabriac, qui se présente aux prochaines élections législatives sous l’étendard de Civitas.

Ces rassemblements, accueillis avec la bienveillance des municipalités Vert/Parti de Gauche et communistes, bénéficiaient tous les deux d’une belle protection policière.Lors de la nuit suivante, dans ce climat à mettre en confiance le plus timoré des raciste, une bande de motards est passée au camp installé parc Valmy, et ce pour les terroriser en tournant autour d’eux, en leur proférant des menaces et des insultes racistes, le tout armé de bâtons ou de barres de fers.

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Quelques informations supplémentaires sur le site de France 3.

Pour les soutenir, vous pouvez passer voir les gens sur place, déposer des tentes, jerrican d’eau, des bouteilles de gaz, nourriture, à discuter avec les habitant·e·s et les militant·e·s présent et voir à y camper.

Sinon, il est possible de signer la pétition de soutien au camp Valmy, dont voici le texte d’appel :

Membres ou soutiens de l’assemblée des locataires, mal logé·e·s et sans logement nous occupons le parc Valmy depuis le 18 février pour soutenir les demandeurs et demandeuses d’asile qui y vivent et qui font également partie de l’assemblée.

Ensemble, nous déclarons que :

Nous ne quitterons pas le parc Valmy tant que toutes personnes s’y trouvant ne sera pas préalablement relogée de manière décente et adaptée à ses besoins.

Nous n’accepterons pas les différentes pressions policières (nationale et municipale) visant au démontage et nous voulons qu’elles cessent immédiatement.

Nous nous interposerons physiquement et juridiquement pour que tentes et couvertures, propriété des grenoblois·e·s solidaires ne soient ni confisquées ni détruites.

Nous appelons les citoyen·ne·s à passer sur le campement pour se rendre compte des conditions de vie, aider, voire camper en solidarité avec ceux et celles qui n’ont pas la possibilité de se loger, d’avoir des papiers ni le droit de travailler.

Il y a, dans l’agglomération de Grenoble, dix milles logements vides pour quatre milles personnes sans logement en Isère, qu’elles soient victimes d’expulsion ou de la politique des décideurs politique, qui est de voir les personnes en procédure de demande d’asile quitter le territoire français par la force des choses. Nous exigeons de la préfecture, de la direction départementale de la cohésion sociale, de la mairie de Grenoble et des mairies de l’agglomération qu’elles répondent à l’urgence de la situation en réquisitionnant et en se positionnant contre les expulsions.

Stop à l’hypocrisie, un accueil réel et digne est possible ! 

Un toit c’est un droit !

Application de la loi de réquisition !

Pas d’expulsion sans relogement !

[Publié le 23 mai 2017 sur Indymedia Grenoble.]

Turin: suite de la répression du 3 mai… trois personnes en prison, trois autres assignées à résidence

Résultat des audiences de ré-examen pour les 6 compagnon-nes emprisonné-es depuis le 3 mai à Turin.

Vendredi 19 mai, les tribunaux ont rendu leur décision à travers la sale bouche de la juge Loretta Bianco. Sans en connaître les motifs, les juges ont décidé de garder en prison Anto, Antonio et Fran, et de mettre sous assignation à résidence avec interdiction de communication Fabiola, Cam et Giada.

Les compagnonnes sortent donc ce vendredi soir de prison, mais elles ne pourront recevoir ni visites, lettres, coups de téléphone de la part des ami-es et compagnon-nes, hormis par les résident-es de la même habitation qu’elles.

En ce qui concerne la re-définition des chefs d’inculpation, l’accusation de séquestration de personnes est tombée, par contre la rebellion aggravée est maintenue.

On invite celleux qui veulent à écrire aux trois compagnons encore emprisonnés à le faire, en solidarité.

Antonio Pittalis
Antonio Rizzo
Francisco Esteban Tosina

c/o casa circondariale Lorusso e Cutugno
via Maria Adelaide Aglietta 35
10151 Torino

[Publié le samedi 20 mai 2017 sur Indymedia-Nantes.]

Brésil : le président accusé de corruption, la rue demande de nouvelles élections

Cela fait à peine plus d'un an que la Câmara brésilienne, la chambre basse du Parlement, a voté la destitution de l'ancienne présidente élue, du parti des travailleurs (PT), Dilma Roussef. Aujourd'hui, c'est le président intérimaire, Michel Temer, qui est sur un siège éjectable.
Issu d'un parti de droite (PMDB) et ancien vice-président de Roussef, il a pris la place de président, sans élection, après le coup d'État parlementaire, orchestré par la droite et l'extrême droite en 2016. De nouvelles révélations (...)

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« Tuerie » pour animaux, souffrance des travailleurs : « Il faut briser l'omerta qui règne dans les abattoirs »

A quoi ressemble le quotidien des ouvriers qui travaillent dans des abattoirs industriels ? Le journaliste Geoffrey Le Guilcher s'est fait embaucher dans l'un d'entre eux, sous une fausse identité, en Bretagne. Pendant plus d'un mois, il y a découpé à la chaîne des vaches en une minute et partagé les souffrances physiques et psychiques des ouvriers. Il raconte son expérience de l'un des métiers les plus difficiles du monde industriel dans le livre « Steak machine ». Et révèle que les résistances à toute (...)

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Bruxelles: le Centre Social Anarchiste a été expulsé

Vendredi 19 mai 2017, le CSA de Bruxelles a été expulsé. Il y a eu 28 arrestations. Tout le monde a été relaché entre 22h le soir-même et le lendemain matin. Plus d’infos sur Indymedia-Bruxelles.

Les menstruations de la honte

Il n est pas très habituel de lire des choses au sujet de la contraception sur Reflets mais quand contraception cohabite avec sociologie, Reflets semble un bon lieu pour une telle réflexion.

Il n’a certainement pas échappé à certains ou certaines d’entre vous que le stérilet hormonal Mirena est sous le feu des projecteurs et pas de la meilleure manière. Depuis une dizaine de jours, ce petit objet de silicone rempli d’hormones, semble être la cause de nombreux effets secondaires et pas des moindres.

Crises d’angoisse, syndromes dépressifs, humeur sombre, vertiges, chute de la libido, troubles neurologiques, chutes spectaculaires de cheveux, prise de poids, inflammation des articulations, douleurs gynécologiques et j’en passe et des meilleures. Et tout cela dans un silence assourdissant du corps médical. Les remontées des effets indésirables sous la forme de pharmacovigilance sont tellement importantes que l’association SHV Stérilet Hormones Vigilance, tout récemment créée et validée par la préfecture, a été invitée par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) à travailler sur le sujet.

Au delà de ce petit objet et de ses conséquences désastreuses, une vraie question se pose, celle de la place de la femme dans notre société hyper médicalisée.

L’origine du monde un utérus ou une femme ?

Il n’est pas besoin de remonter le temps bien loin pour observer que l’utérus de la femme a été souvent exploré d’une manière un peu péjorative par le monde des hommes. À la fin du dix neuvième siècle, on parlait des humeurs néfastes et polluantes utérines pouvant rendre folles les femmes. Le terme hystérie vient d’ailleurs du mot utérus. Ces messieurs de l’académie des sciences médicales décrivent des manifestations quasiment diaboliques de maladies mentales de femmes, qui semblaient possédées par cet utérus maléfique.

Pauvres femmes débordées par leurs hormones et dépassées par ces mêmes hormones et ne pouvant pas faire face à ce débordement d’émotions voire de violence. Mais oui ce ne sont que des femmes…

Quelques décennies plus tard, le lien est fait entre cerveau et hormones. L’hypophyse dans le cerveau se charge de la production hormonale et répond en fait à des commandes bien précises. Ces découvertes vont alors permettre l’émergence des thérapies hormonales contraceptives ou thérapeutiques.

Mais cachez ces règles que je ne saurai voir

Les découvertes hormonales ont alors permis de contrôler LE mystère féminin. Les règles, les anglaises, les coquelicots, les rhagnagnas, les affaires, les ourses… sont autant de termes pour designer ce qui, chaque mois, nous rappelle que nous sommes des femmes, fertiles, et non enceintes. Pour certaines, c’est une contrainte et pour d’autres c’est un passage important dans notre identité féminine.

Dans chaque culture, existent des rituels pour fêter cette entrée dans la vie adulte mais d’une culture à l’autre le regard des hommes sur ces menstruations est très différent et oscille entre dégoût et fascination voire respect. Toujours est-il qu’il n’est pas rare qu’elles soient considérées comme un processus de purification dont les femmes auraient besoin chaque mois.

Dans notre société occidentale soi-disant évoluée, le regard porté sur ces manifestations sanguines est de plus en plus paradoxal. Entre les femmes qui veulent les assumer pleinement au point de laisser couler leurs menstruations sans aucune protection, le fameux « flux instinctif libre », une société médicale qui prône de plus en plus l’arrêt des règles comme un progrès révolutionnaire libérant les femmes, on ne sait plus à quel sein se vouer. Le stérilet hormonal est d’ailleurs vanté pour l’arrêt des règles qu’il provoque, mais à quel prix pour certaines femmes?

Faut souffrir pour être belle

En ce moment, je rencontre des femmes qui préfèrent souffrir mille maux que voir leurs anglaises revenir. J’ai même vu des femmes qui sont très malades et très affectées par les effets secondaires du stérilet mais qui décident de le supporter car leur compagnon ou mari est content de pouvoir profiter du corps de leur dulcinée quand ils le veulent… dommage, le Mirena enlève la libido à beaucoup de femmes. Je n’ose imaginer ce qui se passe dans les lits conjugaux.

Je crois que c’est le must de la soumission. Cette soumission qui nous habite depuis notre adolescence. Les règles ça peut faire mal, mais faut pas le dire. Aller chez un gynécologue, c’est humiliant et parfois douloureux mais faut pas le dire. Les retours de couche sont douloureux psychologiquement et physiquement mais faut pas le dire. Poser un stérilet peut faire très mal, mais faut pas le dire. Et le pire dans tout cela c’est que nous sommes des soumises volontaires, au point de se mentir entre nous, femmes, quitte à faire passer sa congénère pour une chochotte.

Pourquoi cette omerta mesdames ? Pourquoi supporter tout sans rien dire ? Pourquoi cacher que notre corps, parfois, est difficile à gérer dans ses douleurs et dans ses flux ? Pourquoi penser que si nous faisons disparaître nos règles alors nous serons des femmes libérées ?

La position gynécologique, écarter les cuisses et se taire

La position gynécologique est un des actes les plus humiliants dans nos vies de patientes. Elle est pourtant imposée même dans des événements qui ne le justifient pas. En France, accoucher en position gynécologique est toujours de mise, alors qu’elle n’est pas une position naturelle pour accoucher, au contraire elle ne facilite pas la descente du bébé et est plus douloureuse. Il faut se battre dans les salles de travail pour pouvoir accoucher dans la position où on se sent le mieux.

Sans en arriver à l’accouchement, la visite chez le gynéco fait partie de nos vies depuis notre adolescence. La position est par elle même une position où nos moyens sont coupés. On ne voit pas ce qu’on nous fait. On ne voit pas le médecin. Les actes, s’ils ne sont pas annoncés par le médecin, sont surprenants et parfois douloureux. Et la consultation se passe comme si on avait laissé notre personnalité et nos capacités de refus dans le vestiaire avec notre petite culotte.

Est ce le fruit de cette position particulièrement inconfortable et humiliante ? Ou tout simplement de vieilles habitudes transmises de génération en génération de nous sentir honteuses de notre utérus et de ses manifestations ? Ou oserais-je le dire tout simplement le fruit de cette bonne vieille tradition judéo-chrétienne dont nous sommes tous imprégnés ?

Je doute fort que la vierge marie, qui était vierge, ait dû passer par les affres du spéculum et du toubib qui farfouille en grognant dans son utérus. Non parce qu’elle, elle est pure… pas comme nous…

Stérilet hormonal, la consécration de la non féminité

Une fois n’est pas coutume mais je vais oser parler de ma petite expérience personnelle. J’ai accepté le stérilet hormonal à mon corps défendant. Je n’étais pas alors une débutante avec mes quarante quatre ans bien sonnés à l’époque. J’avais déjà eu deux enfants et pas moins de quatre stérilets cuivre non hormonaux. Je déteste les hormones de synthèse. Je suis issue du milieu médical donc assez au fait sur le danger des produits hormonaux. Et pourtant le jour où je me suis retrouvée, jambes écartées sur la table d’examen de ma gynécologue, toutes mes convictions sont tombées et j’ai accepté bêtement ce dispositif sans aller en vérifier la notice. Il faut savoir messieurs que nous allons acheter le stérilet à la pharmacie. On nous recommande de ne pas l’ouvrir car matériel stérile oblige. Le gynécologue pose le dispositif et jette la boite et la notice sans nous lire la liste impressionnante d’effets secondaires. Comment ai-je pu avoir cette naïveté et cette soumission pour ne pas aller me renseigner sur Internet sachant que je ne prends jamais rien sans éplucher les notices ?

Au bout de quelques mois, un état étrange et inhabituel a commencé à m’envahir. Plus de libido, des crises d’angoisse voire de panique, des sensations que j’étais au seuil de ma propre mort, et j’en passe. Il m’a fallu quelques années pour comprendre la cause de mes maux. Une fois cette saloperie enlevée, j’ai mesuré les conséquences vicieuses et insidieuses de ce petit bout de silicone hormonal.

Mon histoire ressemble à celle de milliers de femmes et on recense des cas encore plus graves avec des séquelles physiques, familiales et socio-professionnelles dramatiques sans qu’aucun médecin n’ait pu — ou voulu — faire le lien avec le stérilet.

Heureusement il y a des femmes qui supportent très bien ce stérilet hormonal mais certaines d’entre elles deviennent très agressives quand on parle des quelques milliers de femmes — ou peut être plus — qui souffrent actuellement. Encore un phénomène social ?

Et maintenant on fait quoi ?

L’enjeu n’est pas d’accuser les médecins ni même de pointer du doigt un responsable ou de priver les femmes qui supportent ce stérilet de ce mode de contraception.

Au delà de la volonté que les femmes qui souffrent soient reconnues et informées des risques de ce dispositif, mon propos est de réinterroger la position de la femme et le regard porté par le milieu médical mais aussi par la société toute entière sur nos caractéristiques principales, qui font que nous sommes des nanas.

Cette soumission utérine et hormonale est peut être la pire que nous vivons et celle à laquelle nous participons de notre plein gré. Si le combat des féministes devait se situer quelque part, il devrait peut être commencer là, dans les cabinets des gynécologues, dans notre éducation avec nos filles, mais aussi dans le partage quotidien de notre situation de femmes avec nos compagnons, maris, amants.

Pour ma part, j’ai pris conscience de ma soumission et j’arrête là ce cycle infernal. Je suis une femme qui ne veux plus souffrir quand on lui pose un stérilet, qui désire qu’on entende sa difficulté quand elle a ses règles, qui ne veut plus avoir honte d’avoir des problèmes de femme.

Libérons nos hormones

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Lire : Pour une socioanalyse du journalisme, d'Alain Accardo

Publié par les éditions Agone, Pour une socioanalyse du journalisme est l'introduction remaniée d'un précédent ouvrage publié en 2007, Journalistes précaires, journalistes au quotidien [1].

Le sous-titre de l'ouvrage – « Du journalisme considéré comme une fraction emblématique de la nouvelle petite bourgeoisie intellectuelle » – en définit la problématique qui prolonge un précédent travail de recherche de l'auteur portant sur les classes moyennes [2].

En une centaine de pages (en petit format), Alain Accardo propose une analyse très dense qu'il est difficile de résumer sans la mutiler. On n'en retiendra ici que les aspects les plus saillants, en soulignant la question qui traverse cet ouvrage : dans quelle mesure les journalistes sont-ils individuellement et collectivement responsables de l'état de l'information et des médias ? Dit autrement : le déficit de pluralité, la course aux scoops et la pêche aux buzzs sont-ils imputables à des journalistes qui cavaleraient derrière les desiderata des chefferies, servant diligemment les intérêts et les volontés des puissants au sein du champ, ou bien aux structures économiques, juridiques, sociales et politiques de la production de l'information ? La question interpelle directement les militants politiques eux-mêmes, parfois prompts d'un côté à dénoncer certains comportements dont les journalistes seraient responsables, ou au contraire à les présenter comme surdéterminés par l'organisation de la profession et, littéralement, irresponsables de l'état de la presse.

La bonne focale


Cet essai de « socioanalyse du journalisme » s'ouvre par un préalable d'une quarantaine de pages qui, l'auteur le souligne lui-même, n'est pas « une simple digression théorique » (p. 42), mais un ensemble de considérations indispensables à une bonne compréhension de la suite de sa démonstration. En résumé, l'auteur appelle à sortir des fausses oppositions entre une perspective qui met l'accent sur les déterminations structurelles de l'action, et une autre qui exalte l'indépendance et l'autonomie absolues des individus. Ce qui revient à dire que les contraintes objectives qui pèsent sur les journalistes (produire dans l'urgence un article ou un reportage correspondant à la commande du rédacteur en chef, elle-même dictée par le souci de l'audimat et de la rentabilité du média) ne sont pas subjectivement vécues comme telles par les intéressés, mais plutôt comme les ferments d'une saine émulation professionnelle (la recherche acharnée et fiévreuse de l'information, ou mieux, du scoop, c'est-à-dire de l'information obtenue « en exclusivité », avant les concurrents).

À l'aune de cette démarche, l'auteur évoque les pratiques des journalistes, à commencer par « la perpétuelle urgence dans laquelle [ils] travaillent ». Celle-ci s'explique par la contrainte objective d'un métier dont l'un des rôles est de traiter de l' « actualité » quotidienne, formatée par l'emprise quasi hégémonique de l'audiovisuel et de l'information « en continu », mise à jour heure par heure, quand elle n'est pas « en live ». Or l'urgence se traduit par des manquements systématiques aux méthodes que la profession a historiquement constituées pour travailler à la fois vite et bien. Faut-il pour autant considérer les journalistes comme de simples marionnettes, mues par l'urgence imposée par l'exigence d'audimat des actionnaires industriels des médias ? L'existence de (rares) signes de mécontentement voire de contestation au sein de la profession, des « ferments de résistance interne » [3] qu'il ne faut certes pas « minimiser », sans non plus en « surestimer » la portée (p. 62), conduisent l'auteur à se demander « pourquoi dans leur grande masse les journalistes ne s'insurgent pas davantage contre l'adultération de leur travail » (p. 47).

Pour le comprendre, il faut sortir des limites de l'analyse macrosociologique. Les effets des contraintes économiques se doublent de ceux d'une concurrence spécifique pour des enjeux symboliques et non pas économiques : les journalistes, issus de la « petite bourgeoisie » dans laquelle les capitaux économiques sont suffisants pour être moins valorisés que le prestige symbolique, ne sont pas tant disposés à la recherche de rémunérations matérielles qu'à celle de gratifications symboliques et sociales. Ainsi, sont-ils prompts à dénoncer les milieux d'affaires dont ils sont les « rivaux dominés » (p. 91), riches de capitaux économiques mais souvent moins pourvus en capitaux culturels valorisés par les journalistes. Aussi, cette position ambiguë dans les hiérarchies sociales, à la fois dominants culturellement, prompts à produire des images mélioratives d'eux-mêmes (défenseurs de la démocratie, amoureux de la liberté d'expression), mais dominés économiquement et méprisés par les élites politico-financières, les dispose à une attitude tout aussi ambiguë quant à ces élites : s'il est de bon ton de dénoncer les « affaires » du monde politico-économique, il ne s'agit jamais que de jeter l'opprobre sur telle « brebis galeuse » ou tel « patron voyou ». Or ce mode de dénonciation ratifie implicitement la domination collective des bourgeoisies politico-économiques dont il ne faut souligner que les abus – traités comme de simples et exceptionnelles déviances individuelles –, laissant leur position structurelle de domination immaculée – voire même légitimée par la fascination que la vie mondaine des élites opère sur les journalistes.

C'est la même ambivalence que traduit le « caractère spontanément populiste, voire misérabiliste, du rapport avec les classes populaires » (p. 97), réduites dans les reportages à une collection de cas singuliers, tandis que les collectifs sont abordés avec réticence et que les représentants syndicaux sont maltraités : « Bref, tout se passe comme si le “peuple” n'était intéressant pour les médias qu'autant qu'il est inoffensif, désorganisé, souffrant, pitoyable, mûr pour les Restos du cœur, l'intervention caritative et le miracle du loto. » (p. 100)

Pis, cette position dans les processus de production les conduit à céder à des conditions de travail précaires pour accéder aux situations professionnelles les plus enviées et valorisées (au moins dans les milieux sociaux où ils évoluent). Dans un champ où la compétition pour un poste stable, et a fortiori d'influence, est féroce, l'impression (plus ou moins fondée) de faire partie d'un collectif restreint, d'une élite difficile à pénétrer, nourrit des représentations de soi particulièrement gratifiantes. Lesquelles tiennent très largement du fantasme étant donnée la misère de position de la plupart des journalistes, pris entre le marteau des chefferies éditoriales et l'enclume de leurs rêves de liberté d'informer auxquels ils ne peuvent renoncer sans se renier. Aussi les journalistes n'ont-ils généralement pas intérêt à contester l'injonction à la rapidité, sous peine de passer pour de mauvais professionnels. Les chefs de rédaction, devenus de véritables managers, peuvent ainsi affirmer qu'être un bon journaliste, c'est faire un sujet avant son concurrent plutôt que de le faire bien, faisant d'une règle économique (la concurrence et l'impératif de la profitabilité) une règle journalistique sans rencontrer d'opposition conséquente. Avoir un scoop avant la concurrence tend à devenir une règle journalistique aussi importante, voire plus, que la vérification dudit scoop.

Pluralisme et uniformité sociale


Partant du constat que la pluralité d'opinions des journalistes, mise en scène à grands renforts de débats contradictoires, ne peut occulter le fort consensus au sein de la profession à propos, notamment, de ce que doivent être les médias, l'auteur explique la faiblesse des contestations internes de l'ordre médiatique établi par un recrutement social très homogène.

Il émet en effet « l'hypothèse d'un habitus de classe », c'est-à-dire d'un ensemble de dispositions sociales communes liées à une même classe de conditions objectives d'existence dont chaque habitus personnel (n') est (qu')une variante individuelle. Si les expériences individuelles des journalistes ne sont certes pas strictement identiques, leurs comportements sont comparables.

Alain Accardo ne réfute pas les liens individuels entre certains journalistes et personnalités du monde des affaires et/ou politique. Au contraire, ceci confirme selon lui « l'hypothèse de l'habitus de classe » : les mondes politiques, médiatiques et les milieux d'affaires partagent ainsi des références, des comportements, des codes communs, les foyers sociaux de recrutement de ces différents domaines étant perméables voire quasi similaires.

Certes, l'on pourrait souligner des cas de « transfuges » sociaux, issus des classes populaires et parvenant à intégrer la profession, pour montrer l'ouverture sociale des milieux médiatiques. Le sociologue rappelle cependant qu'en plus d'être numériquement marginaux, les transfuges ne parviennent à pénétrer un champ auquel ils n'étaient pas a priori disposés qu'au prix d'un sur-effort d'abandon des codes des classes populaires qui pouvaient être les leurs et d'adhésion redoublée aux codes de la petite bourgeoisie intellectuelle à laquelle ils doivent donner des gages d'appartenance. Un renoncement pouvant provoquer une divergence entre l'habitus primaire de l'individu et les codes auxquels il est sommé d'adhérer dans les salles de rédaction, et être à l'origine de situations d'inconfort, voire de souffrance, prédisposant les transfuges à la critique de leur milieu.

D'autres médias sont-ils possibles ?


Dès lors, quelle liberté peut-on reconnaître aux journalistes ? Quand ils revendiquent leur liberté, les journalistes, en général, manifestent en réalité la concordance des structures organisant la profession et leurs propres aspirations subjectives, aspirations résultant largement de l'état desdites structures. Bref, « ils font librement ce qu'ils sont socialement programmés à faire » (p. 108) Celles et ceux qui se disent les plus libres sont bien souvent les journalistes qui, précisément, sont en position de domination, et peuvent justement influer sur l'organisation de la profession. Or cette influence se résume bien souvent à verrouiller l'ordre social organisant la profession.

« Quelle thérapie pour les médias dominants ? » : telle est la question à laquelle Alain Accardo apporte une double réponse à la fin de son ouvrage.

« Les grands médias », dit-il, « sont partie intégrante des moyens de défense et de reproduction de l'ordre capitaliste et on ne saurait donc les changer en profondeur sans s'attaquer à ce qui est la racine de leur fonctionnement : la logique de marché et la recherche de la rentabilité et du profit maximum ». La « libération des médias » supposerait donc de « casser les reins aux empires de presse ». Et cela de deux façons : par l'expropriation de groupes industriels et financiers et par la création d'un grand service public de l'information.

Mais cela ne suffirait pas. Il conviendrait encore de « changer le type de journalisme et donc de journalistes que les structures actuelles ont façonné », en modifiant leur recrutement et en créant « un réseau d'écoles du journalisme » ajusté aux besoins d'un service public de l'information, à la différence des médiocres écoles actuelles.

Ce n'est qu'au prix de ce double changement conjointement mené que le journalisme, « métier de la production symbolique » (p. 123) et donc puissant générateur d'affects, cesserait de contribuer à produire des sujets « dévoués corps et âmes » à l'ordre capitaliste établi (p. 125).

Vincent Bollenot (avec Henri Maler)


[1] Alain Accardo (dir.), Marseille, Agone 2007. Cet ouvrage était lui-même la réédition de Journalistes au quotidien, et de Journalistes précaires, Bordeaux, le Mascaret, 1998, fruit d'une vaste recherche collective sur les journalistes, menée dans les années 1990 par Alain Accardo, en collaboration avec des journalistes (Gilles Balbastre, Christophe Dabitch, Georges Abou et Annick Puerto).

[2] Le petit bourgeois gentilhomme, sur les prétentions hégémoniques des classes moyennes, Marseille, Agone, 2009.

[3] Qu'il s'agisse de la création de médias alternatifs, d'enquêtes sérieuses dans les grands médias eux-mêmes ou de critique – syndicale par exemple – des conditions de travail.

[ESP] ¡INVULNERABLE E INMORTAL!

Un paysan tué par les gendarmes : la pression des contrôles sanitaires en question

Un agriculteur a été tué par des gendarmes le 20 mai à Sailly, en Saône-et-Loire, alors qu'il tentait de prendre la fuite. Jérôme Laronze, éleveur de bovins âgé de 37 ans, faisait l'objet d'actives recherches depuis le 11 mai. Ce jour-là, des inspecteurs des services vétérinaires de la Direction départementale de la protection de la population (DDPP) se rendent dans sa ferme, accompagnés de forces de l'ordre. Selon les premiers éléments de l'enquête, Jérôme Laronze « fonce » alors avec son tracteur sur les (...)

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sous pression #344

artiste – album – titre

durs coeurs – durs coeurs – piège
placard – démo – testé cliniquement
faux départ – démo – dans ma grotte
jeunesse apatride – larmes aux poings – clochers
hooligan valstar band – valstar revenge – sous les ponts
capable! – société problème – continue de rêver
monoxyde – monoxyde – pop 101
julie colère – cinq – ton chant
poésie zéro – poésie zéro – hooligan
banlieue rouge – sous un ciel écarlate – dernier sourire
repulsión – repulsión – repulsión
repulsión – repulsión – oposición
charlie foxtrot – la mêche courte – jour par terre
ultra razzia – démo – croire
rixe – baptème du feu – tenter le diable
toujours rien – démo – depuis que tu travail
brume rétina – agresse gueule – dj mucho
fuck toute – fuck toute – j’ai quoi à t’dire
gasmask terror – 17101961 – octobre rouge
serpette – projet hanin – jihad animal
asile – les enfants bâtards d’un pays maudit – ce qu’on nous dit
bérurier noir – macadam massacre – noir les horreurs
stakhanov ss – stakhanov ss – bhochoo ss
les marmottes aplaties – décadents – caroline

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Les étranges déclarations de Gérard Collomb sur les victimes de pédophiles

Photo cc Arthur Empereur

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb a une façon très particulière de dédouaner le cardinal Philippe Barbarin. Ce dernier était accusé de ne pas avoir signalé à la justice des actes pédophiles de la part de prêtres. In fine le cardinal n’a pas été poursuivi, les faits étant prescrits. Le parquet avait tout de même indiqué : « les autorités diocésaines avaient eu connaissance de soupçons visant le père Preynat entre 2005 et 2010, mais que cette période était couverte par la prescription, qui est de trois ans en matière de non-dénonciation« . Quant au cardinal, archevêque de Lyon et primat des Gaules, il avait pour sa part estimé que « La majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits, mais certains peut-être pas« . Pas sûr que Dieu se réjouisse de ce genre de choses. Gérard Collonb, à l’époque maire de Lyon et désormais ministre de l’intérieur, avait pris la défense du cardinal, comme plusieurs personnalités, estimant qu’il lui était fait un faux procès. On peut penser ce que l’on veut de cette prise de position, mais vu le nombre de cas de pédophilie dans l’église catholique, une forme de prudence, par simple respect des victime aurait peut-être été plus appropriée. Mais le plus troublant est à venir.

Le Figaro, avec l’AFP, expose en mai 2016 la position de Gérard Collomb. C’est la chute du papier qui retient l’attention :

« L’Église à la fois doit demander pardon et promettre que cela ne se fera plus jamais ». Mais « quand on voit par exemple que pour quelques cas de jeunes gens, ce sont les parents qui à l’époque leur ont interdit de porter ces faits sur la place publique, cela montre que c’est un peu plus compliqué », a également déclaré Gérard Collomb.

Hors contexte de l’interview, la dernière phrase est particulièrement sournoise. Elle sous entend que si des parents n’ont pas voulu mettre ces faits sur la place publique, c’est que, peut-être, ils n’ont pas eu lieu, ou, que cela excuserait la non dénonciation de ces faits à la justice par l’église.

La faute de l’un n’excuse pourtant pas celle de l’autre. En outre, Gérard Collomb ne tient absolument pas compte de la situation dans laquelle des parents dont l’enfant a été victime d’actes de pédophilie sont plongés. Ni du cataclysme provoqué sur l’enfant.

L’enfant lui-même peut refuser que son drame soit rendu public. Entre le sentiment de honte qu’un tel traumatisme peut susciter, les conséquences à l’école, le droit à l’oubli rendu impossible par l’existence d’Internet, il y a mille raisons pour ne pas vouloir porter plainte. Bien entendu, il est préférable de le faire, ne serait-ce que pour protéger les futures victimes potentielles, mais comment peut-on juger des parents qui ne le feraient pas, à la demande de leur enfant, ou pas ?

La culture du viol est encore bien ancrée lorsqu’un homme politique sous-entend qu’un acte de pédophilie, « c’est un peu plus compliqué que cela« .

 

Punx Forum : NO FUN RADIO - radio épisodique sur Grr

froid a écrit:
Salut, on se lance dans un projet radio à quelques un.e.s, et on va commencer par une journée de diffusion le 18 juin (haha). Pour se faire, on appelle à des contributions sonores de tous types, sur un thème commun, à respecter ou non, "la Fuite".
Voilà du coup hésitez pas !
la deadline est proche, c'est le 3 juin. vous pouvez envoyer des fichiers ou des liens de téléchargement à
nofunradio(A)riseupPOINTnet

allez bisou


Image


Source:
viewtopic.php?f=17&t=19018

Statistiques: Publié par Team_Afpunk — 22 Mai 2017 7:12 — Réponse(s) 0 — Consultation(s) 28


Paris in solidarity with the Palestinian prisoners on hunger strike for dignity

Ryaam – La Cible

Réalisation: Leo KS & Nathan
Montage: David Reinhard

Extrait de One Mic #2 :  https://ryaam.bandcamp.com/

Egalitaire, solidaire, ouvert à tous : un club sportif lillois bannit l'argent-roi et la compétition

Des sportifs unis par leurs valeurs, à commencer par leur volonté d'égalité. C'est à Fives que cela se passe, un quartier de Lille où les membres du Spartak lillois, club fondé en 2010, souhaitent revenir aux bases du sport, sans pression ni enjeux financiers. Pour un euro mensuel, chacun peut pratiquer en loisir le foot, mais également le basket, le handball, le volley, le fitness ou même le Mölkky. Et participer, pour les volontaires, aux actions de solidarité ou de lutte contre le racisme que mène (...)

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Inquiétante augmentation de la mortalité maternelle aux Etats-Unis

Chaque année aux États-unis, de 700 à 900 femmes meurent des suites de leur grossesse ou accouchement révèle une enquête du site d'investigation américain ProPublica, publiée mi-mai. Pourtant, partout dans les pays du Nord, le taux de mortalité maternelle diminue (en France, 85 femmes décèdent d'une cause liée à la grossesse, à l'accouchement ou à leurs suites, soit un taux de mortalité maternelle quasiment deux fois inférieur à celui des Etats-Unis). Aux États-unis, il a augmenté entre 2000 et 2014. « Les (...)

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